|
|  |
|
Elle est debout sur mes paupières Et ses cheveux sont dans les miens, Elle a la forme de mes mains, Elle a la couleur de mes yeux, Elle s'engloutit dans mon ombre Comme une pierre sur le ciel. Elle a toujours les yeux ouverts Et ne me laisse pas dormir. Ses rêves en pleine lumière Font s'évaporer les soleils, Me font rire, pleurer et rire, Parler sans avoir rien à dire. (Capitale de la douleur) |
| |
|
Le bonheur est dans le pré. Cours-y vite, cours-y vite. Le bonheur est dans le pré.Cours-y vite. Il va filer. Si tu veux le rattraper, cours-y vite, cours-y vite. Si tu veux le rattraper, cours-y vite. Il va filer. Dans l'ache et le serpolet, cours-y vite, cours-y vite, dans l'ache et le serpolet, cours-y vite. Il va filer. Sur les cornes du bélier, cours-y vite , cours-y vite, sur les cornes du bélier, cours-y vite. Il va filer. Sur le flot du sourcelet, cours-y vite, cours-y vite, sur le flot du sourcelet, cours-y vite. Il va filer. De pommier en cerisier, cours-y vite, cours-y vite, de pommier en cerisier, cours-y vite. Il va filer. Saute par-desus la haie, cours-y vite, cours-y vite, saute par-dessus la haie, cours-y vite. Il va filé ! Ballades françaises
|
| |
|
J'ai voulu ce matin te rapporter des roses; Mais j'en avais tant pris dans mes ceintures closes Que les noeuds trop serrés n'ont pu les contenir. Les noeuds ont éclatés.Les roses envolées Dans le vent, à la mer s'en sont toutes allées. Elles ont suivi l'eau pour ne plus revenir; La vague en a paru rouge et comme enflammée. Ce soir, ma robe encore en est tout embaumée... Respires-en sur moi l'odorant souvenir. (poèmes posthumes) |
| |
|
Les amoureux fervents et les savants austères Aiment également, dans leur mûre saison, Les chats puissants et doux, orgueil de la maison, Qui comme eux sont frileux et comme eux sédentaires. Amis de la science et de la volupté, Ils cherchent le silence et l'horreur des ténèbres; L'Erèbe les eût pris pour ses coursiers funèbres, S'ils pouvaient au servage incliner leur fierté. Ils prennent en songeant les nobles attitudes Des grands sphinx allongés au fond des solutitudes, Qui semblent s'endormir dans un rêve sans fin; Leurs reins féconds sont pleins d'étincelles magiques, Et de parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin, Etoilent vaguement leurs prunelles mystiques. Les Fleurs du mal |
| |
|
Juste à la sortie de l'école Un flot de couleurs éblouit, Je regarde mais surtout l'ouÏs Ces cris qui font trembler le sol. Foule bariolée et folle Au départ du principe-bruit, Sous la neige où bien sous la pluie, Juste la sortie d'une école. Ces tout petits garçons et filles, Porte-bonheurs de nos familles Bientôt nous traiterons de vieux. L'enfant, admiration naÏve, Rejoint l'adulte sur la rive, N'en déplaise ai diable ou à dieu. |
| |
Page 1
Suivant >>
Blog mis à jour le 05/12/2008 à 00:01:02
|  |