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Braves gens, les cloches qui sonnent Sont tristes comme une agonie Si vous n'entendez que l'ennui; Braves gens n'invitez personne A partager vos litanies, Le malheur des autres est maudit; Braves gens, il est temps de faire Trêve de vos lamentations Même si vous avez raison . Braves gens vous êtes tous frères Il faut aimer votre prochain, Ou ne pas le haïr du moins.... Braves gens, autour de la table Rompez le pain de l'amitié Au seuil des rancœurs oubliées, Et tendez la main secourable Au mendiant tout comme au voleur, Simplement un peu de chaleur . Braves gens, un grand feu de bois Où dansent mille étincelles Qui s'en vont monter jusqu'au ciel Et qui feront autant de joies, Et peut-être encore plus de rêves, Si vous ne rompez pas la trêve, Braves gens, d'un jour de Noël .... |
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Le jour où s'en iront, mourir Les amours habillés d'étoiles, Peut-être mettront-ils les voiles Sur la galère aux souvenirs ? Et, voguant sur l'océan fou De ces ciels ruisselants d'orage Ils feront sans doute naufrage... Et je serai au rendez-vous. Alors pourront bien refleurir Tous les jardins de mon enfance; Dans mon royaume de silence J'aurai d'autres fleurs à cueillir : D'étranges fleurs que ces amours Que je n'ai jamais avoués Et que mon cœur a saccagé Pour ne pas les pleurer un jour... |
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Je m'ennuie, accablée par toutes ces amours, Languissantes, incertaines et sûrement idiotes, Qui attendent en leur coin je ne sais quel retour, Moi j'attends qu'un beau jour le diable les emporte . Comme il fait froid soudain, comme est triste novembre, Qui se traîne en savates, tout sale et mal peigné, Il fait chanter le vent aux faîtes des grands arbres, Et s'habille de pluie pour aller promener . Je m'ennuie doucement, je n'aime pas la neige, Ni les bois dévêtus qui sentent l'abandon, Ni ces pâles amours qui forment le cortège Longuement dépouillé des arrières saisons .... |
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Poète qu'on dit fou à cheval sur la lune A force de lancer ton cœur dans l'univers De voir Vénus danser pâle dans sa lagune, Ne crains-tu pas qu'un jour ton été soit hiver ? Frondeur du porte à faux aux ailes sans fortune, Toi, qui t'en vas pieds nus souvent tête à l'envers Foulant les coins perdus des âmes importunes, Jusqu'où te conduira cette folie du vers ? Salut à toi rêveur forçat de l'écriture Rasant les sols brûlants du temple aux feuillets d'or. Sait-on le prix payé après chaque rature Pour un mot, un seul mot, toute tripes dehors ? Et cela seulement pour une joie future : Sentir battre le cœur de l'étoile qui dort. |
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Tant pis pour l'art princier. Pardon pour l'écriture, Pour l'envie qui me prend et qui prête à brimer. Excusez-moi, seigneurs, chantres, magistrature De mettre mes pieds plats dans vos champs à rimer. Bien sûr Rimbaud n'est plus mais son aurore dure. Comme l'étoile au ciel ou le vent sur la mer, Le ruisseau coule encor dans son trou de verdure; Et le soleil toujours n'a pas de souffle amer. Le livre, et puis mon cœur, tous deux nous nous trouvâmes. Sur les rimes alors, j'ai tant penché mon âme, Que mes yeux éblouis n'en sont point revenus. Pardon pour la syntaxe et le vocabulaire. Pardon Hugo Victor, Pétrarque, Baudelaire... Je chanterai pour moi tout seul. Sur des sols nus. |
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Blog mis à jour le 08/01/2009 à 06:59:54
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