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Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches, Et puis voici mon coeur, qui ne bat que pour vous, Ne le déchirez pas avec vos deux mains blanches Et qu'à vos yeux si beaux l'humble présent soit doux. Jarrive tout couvert encore de rosée Que le vent du matin vient de glacer à mon front. Souffrez que ma fatigue, à vos pieds reposée, Rêve des chers instants qui la délasseront. Sur votre jeune sein laissez rouler ma tête Toute sonore encor de vos derniers baisers; Laissez-la s'apaiser de la bonne tempête, Et que je dorme un peu puisque vous reposez. |
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Sous le pont Mirabeau coule la Seine Et nos amours Faut-il qu'il m'en suvienne La joie venait toujours après la peine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Les mains dans les mains restons face à face Tandis que sous Le pont de nos bras passe Des éternels regards l'onde si lasse Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure L'amour s'en va comme cette eau courante L'amour s'en va Comme la vie est lente Et comme l'Espérance est violente Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure Passent les jours et passent les semaines Ni temps passé Ni les amours reviennent Sous le pont Mirabeau coule la Seine Vienne la nuit sonne l'heure Les jours s'en vont je demeure. |
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Plus ne suis ce que j'ai été, Et plus ne saurais jamais l'être. Mon beau printemps et mon été Ont fait le saut par la fenêtre. Amour, tu as été mon maître, Je t'ai servi sur tous les Dieux. Ah si je pouvais deux fois naître, Comme je te servirais mieux ! |
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Les vieux qui se promènent Dans le jardin fleuri Sont des enfants qui trainent Des bouquets défleuris. "J'sais pus ben où qu'jen s'est, Et pis toué ma pour'vieille ? -R'garde toué t'es renvarsé, T'as pu d'jambes, pus d'oreilles." Les vieux marchent le soir Jusqu'à la Cathédrale ; Une pièce au tiroir Et un cierge banal. Anti-chambre de mort Il quittent les lieux saints Sous leur soleil qui dort ; Esquisse de dessin. |
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Mort, tu viendras bientôt exaucer mes désirs, Comme une bonne fée de nos contes d'antan, Ainsi, dans mon lit noir toutes les nuits j'attends Ton réveil trop patient d'établir son empire. J'eusse pu être fou au lieu de mourir, j'ai écrit la parole à l'inverse du temps, Mais l'homme m'a traité d'ignoble charlatan De NaÏf d'innocent de borné de satyre. Mort, si tu tardes trop je te précéderai, J'invoquerai des dieux malfaisants et sacrés. J'honnererai le mal plus que ma présence. Je ne me contiendrai que devant l'échafaud, Lors tu pourras venir étincelante faux, M'offrir ce qu'on me doit la paix et le silence. |
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