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Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:08  Ho-ho-ho
comme en 2004 et comme l’an passé je suis ici pour vous raconter les Contes de Noël reçus ces dernières semaines | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:09  vous mettrez vos commentaires, ici, sur ce fil, à la suite des contes, et le conte que les forumeux auront préféré sera désigné par "acclamation" (on transposera pour le net comme le dit si bien notre ami alibreville). Alors ? ça vous dit ? en tout cas, d'ores et déjà, je voulais remercier tout ceux qui ont bien voulu jouer le jeu, à savoir : col-alex - 1940628 >> auteur du conte n° 8 alibreville - 709689 >> auteur du conte n° 4 ====<--andémil°°°° - 731109 >> auteure du conte n° 11 beauthier - 1311537 >> auteur du conte n° 12 loulidomi - 634723 >> auteure du conte n° 1 Micki - 1855243 >> auteur du conte n° 7 soledonne Sourire - 1736002 >> auteure du conte n° 2 WhyNotMe - 1843126 >> auteur du conte n° 9 xiane - 381776 >> auteure du conte n° 5 Ylaïashen - 687571 >> auteur du conte n° 3 ^-^zaz – 227027 >> auteure du conte n° 6 et aussi leur dire que tous les contes sont superbes et que, comme les années passées, ça m'a fait très plaisir de les recevoir et de vous les proposer, de leur part | ^-^zaz - 227027  Publié le 24/12/2006 à 09:10 
Nous vous espérions Père Noël
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:10  l'année 2006
se termine | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:12  alors je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous, ainsi que tout plein de bonnes choses pour l'année 2007 à vous, à votre famille, ainsi qu'à tous vos proches ...
 | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:13  je voudrais à titre de préface, pour ne pas oublier ceux qu’on oublie alors qu’on ne devrait pas, vous mettre ici le *billet d’humeur* qu’un forumeux a fait parvenir dans la bal de xiane et qu’elle m’a fait suivre : « C’est la nuit de Noël et un enfant vient de naître dans une maternité toute proprette. C’est la nuit de Noël et un enfant vient de naître dans un taudis d’une grande ville. Une mère pleure de joie et une mère pleure de douleur. Deux existences séparées par quelques boulevards et un univers qui commencent leur parcours sur cette terre. La nuit de Noël est magique, mais la magie n’est-elle pas qu’une illusion ? Petit poupon tout propre, un monde d’illusion t’accueille. Petit poupon tout tremblant ne te fais pas d’illusion sur le monde. Illusion créée par les hommes qui ont oublié qu’il peut y avoir d’autres manières de faire. La nuit de Noël annonce un renouveau plein d’espoir. N’est-ce pas l’ultime but de Noël ? La vie veut vivre malgré les embûches. La nuit de Noël est terminée et un enfant dort sur le sein de sa mère. La nuit de Noël est terminée et un enfant mort est mis à la poubelle. » ce forumeux n’a pas voulu concourir, pour des raisons qui lui sont propres | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:13  maintenant place aux contes de noël le père noël  | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:14  conte n° 1 Y a plus de saisons mon bon monsieur "Y a plus de saisons mon bon monsieur..." dit la vieille dame à son voisin corpulent qui continue à jogger tout en lui parlant. Ca l'a pris dès le début du mois de septembre, il s'est dit qu'il allait se mettre au sport et au régime tout à la fois. Il a commencé par marcher à chaque occasion, puis de plus en plus et a fini par arriver à courir. Tour fier de lui et de plus en plus endurant, il fait ses kilomètres tous les matins. Il a beau changer d'horaire Henriette, sa voisine, le guette pour échanger quelques mots et il râle de l'effort qu'elle casse et aussi parce qu'il n'arrive jamais à compter ses pulsations au bon moment. C'est vrai qu'il se sent une âme naissante de sportif, et puis cet embonpoint qui le quitte doucement, si ça continue il sera tout mince au moment de Noël. Pour la première fois, il glissera sans anicroche par le conduit de cheminée. Tout de même, un père Noël mince c'est plus ... plus quoi d'ailleurs? plus à la mode? plus in? Il se demande si son idée ne va pas en choquer certains, d'ailleurs mère Noël qui grossit autant qu'il mincit ces derniers temps ne se prive pas de l'en avertir. "Les traditions mon bon monsieur.." dirait Henriette, "il faut garder les traditions." Mais lui, ce changement lui plait, lui donne des envies de révolution, il en est à exécrer le rouge, ce fameux rouge de son habit, s'il s'écoutait il proposerait bien un magnifique bleu roi pour son costume, des bottes en daim d'un joli caramel et puis la barbe rasée, les cheveux courts et puis, et puis ... il sent bien qu'il va trop loin mais comment s'arrêter? Il se sent un autre homme, il bouge comme jamais, n'a plus envie qu'on voit le grand père en lui, pour un peu il changerait de métier. Le père Noël qui démissionne? a-t-on jamais vu ça? et les cadeaux? et les enfants? Vraiment, il est coincé, il ne peut rien contre cette vie toute tracée, père Noël quel sacerdoce ! Alors, il fait ses abdos et ses pompes, refuse le pain, les sauces et les desserts tout en se demandant jusqu'où tout ça va le mener. Bien qu'il ne s'en doute pas, il n'est pas le seul à rêver de changement. Mère Noël qui a toujours secondé son époux en toute discrétion se dit parfois qu'elle pourrait faire aussi bien que lui, sinon mieux. Elle le regarde mincir et se "la jouer" jeune et sportif et se dit qu'il a de moins en moins le physique de l'emploi, tandis qu'elle ... Doucement, l'idée fait son chemin. Chaque jour s'ajoute un nouvel argument : les femmes ne deviennent elles pas chef d'entreprise de nos jours? et ministres? et secrétaires d'état? et même .... présidentiables ? Alors oui, la mère Noël pourrait bien supplanter le père Noël, il suffirait de bien peu. Début décembre, les préparatifs sont à leur apogée, les lutins ne savent plus où donner de la tête, le courrier arrive par caisses, mère Noël, toute ronde, le cheveu couleur de neige et les joues rouges est partout. Elle règle, gère, délègue et coordonne son petit monde. Entre deux cours d'aérobic, père Noël se balade d'un pas élastique d'un entrepôt à l'autre, il sifflote désinvolte et élégant dans son survêtement bleu roi, comme il parait loin des fêtes qui approchent. Le 24 tout est prêt, on charge les cadeaux, on attelle les rennes, mais aucun signe de père Noël. L'affolement est général, on téléphone à son club de sport, on le cherche au parc, on se renseigne sur les tournois du jour, l'heure tourne et il va falloir prendre une décision. Mère Noël sait que l'occasion ne se présentera peut être plus jamais, elle n'hésite plus et enfile le magnifique costume rouge bordé d'hermine qu'elle a fait faire sur mesure en cachette ... En ce Noël, plusieurs enfants jureront avoir vu le père Noël en robe, parleront de cadeaux enrubannés de rose, du rire féminin qui remplaçait les "oh,oh,oh" habituels. Certains journaux relaieront la nouvelle avec timidité. Ce n'est pas le grand triomphe et rien ne dit que tout ne rentrera pas dans l'ordre l'année prochaine, mais une femme épuisée n'oubliera jamais un certain Noël où elle a accompli son rêve. Le 25 décembre et les jours suivants, un couple reprendra sa vie comme si de rien n'était, oublieux d'une nuit de Noël un peu particulière. Ce matin, j'ai croisé Henriette... "y a plus de traditions, mon bon monsieur, y a plus de traditions/" disait-elle à son voisin, tout en le regardant manger un pain au chocolat encore tout essoufflé de son jogging hebdomadaire. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:15  conte n° 2 Voilà nous sommes le 1er décembre et ce qui devait m’arriver … vient de m’arriver ! Ils sont venus hier, ont fait jouer scies et « coins » comme à l’ancienne …enfin pour ce que j’en sais…..Certains sont venus pour nous raconter … d’ailleurs l’année dernière je me rappelle de celui qui était revenu vers le 11 janvier juste après la galette des rois .. Je me souviens de la caresse de ses mots et j’avais même prié pour être pris cette année. Je me demande maintenant si cela était une bonne idée … ma vie va se terminer je saurai bientôt comment je vais finir mais en attendant je vais repenser et partager avec vous le souvenir de cet ancien revenu à mon avis rien que pour moi …il me l’a décrite comme une petite femme qui l’avait aimé dès le premier regard, elle avait fait sonner les pièces au fond de son porte monnaie et après un transport un peu chaotique l’avait installé avec amour dans le coin le plus visible de sa salle à manger. Après son installation elle avait commencé le rituel… montant descendant elle l’effleurait et lui passait des fils entre les branches... Il mit longtemps avant de comprendre à quoi allaient servir ces choses puis ensuite vint le moment où elle se mit à déposer à chaque extrémité de ses branches du rouge, du doré …elle l’entoura de guirlandes dorées, lui parla, le complimenta sur sa prestance le félicitant de sa tenue et d’un seul coup tout devint noir …une musique s’éleva et au même moment il senti ses épines se réchauffer il scintillait ! Il était éclairé et se voyait clignoter ! Il vit dans le regard de son hôte la fierté et la joie elle était heureuse ! Et lui trouva sa fin de vie bien agréable ! … oui il avait été élu sapin de Noël cette année là … Pour l’instant la seule chose que je « sens » c’est des bousculades et des cris ! Oh là mais c’est quoi ce tintamarre ?? Et ces cahots ? Mon dieu mais où vais-je atterrir ? …. Tiens plus de bruit mais qu’est ce qu’il fait noir ici … et où sont mes compagnons ? Tiens c’est quoi cette musique et ces paroles ? –« Mesdames Messieurs bienvenue dans notre magasin ! La vente des sapins se trouve à l’extérieur, cette année ils sont tous très beaux, profitez en ! » Et d’un seul coup je sentais que l’on me triturait, certains m’aimaient, d’autres pas … Mais où est donc la petite dame que m’avait décrite l’ancien ?? Voilà je suis choisi ! Mais serais je bien accueilli dans cette famille … mais c’est quoi ce petit truc qui trépigne autour de moi en me tirant les piques ? Non ce n’est pas la petite dame ... Il m’avait dit qu’elle avait une voix douce et qu’elle chantait en le regardant, celle-ci râle après le petit truc ! Hop je suis soulevé et posé dans un endroit encore tout noir … mais rien ne me chauffe…. Et je ne scintille toujours pas ! Sans doute suis-je trop pressé. Et hop je suis encore secoué ! Mais pourquoi ils me couchent par terre ??? Hé ho un sapin c’est debout et bien droit qu’il faut le mettre ! Je n’aurais pas dû écouter l’ancien me raconter sa si jolie histoire ! Je ne veux plus être choisi ramenez moi où il y avait plein de bruit ! Encore un peu et je m’arrange pour faire tomber tous mes piques si l’on ne me redresse pas ! Ah voilà enfin debout ! Mais qu’il fait froid …. Oh la dame dit que je suis bien là … alors un grand bonhomme se hausse et me passe un fil … juste un ? Pas de caresses ? Pas de jolies paroles ... rien … je n’ai pas eu la chance de l’ancien je serai un sapin d’extérieur moi …et je ne vais même pas scintiller de milles lampes … Mais pourquoi la petite dame n’est pas venue ?..... Triste sera ma fin …. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:18  conte n° 3 Mon conte de Noël La Corse comporte de nombreuses tours génoises. Certaines peuvent encore être visitées par les touristes. Mais pas celle de Pietra Ursinu. Celle-ci garde toujours porte close. Les habitants du village d'Urzanu, dans les hauteurs qui surplombent la tour ont longtemps parlé de sombres histoires de fantômes, mais aujourd'hui, ces vieilles légendes sont abandonnées depuis longtemps. A l'époque de la domination génoise, la tour fut commandée par le capitaine Carlo Vizzini. Il mit un point d'honneur à fraterniser avec les habitants du village d'Urzanu. Il se rendait souvent dans le village, achetait charcuterie, miel ou farine de châtaignes auprès des villageois, parlait avec les hommes avec amabilité, et était de ce fait respecté et apprécié de chacun. Mais pour tous, il restait également un génois, un étranger, un envahisseur. Pour tous, sauf pour Maria Lucia, fille du chef du clan Sanguinetti. Le capitaine était jeune, élégant, parlait avec éloquence, et la jeune fille en était tombée secrètement amoureuse. A chaque fois qu'elle le voyait, elle se sentait obligée de se mettre à l'écart, pour ne pas que lui - ou quiconque - voit son trouble. A cette époque, en Corse, une femme n'était pas censée parler à un homme qui ne soit pas de sa famille. Mais Carlo Vizzini était ignorant de ces coutumes. Un jour qu'il revenait du village, il croisa Maria Lucia près d'une source qui coulait non loin. Celle-ci détourna la tête alors qu'il la hélait, ce qui le surpris. "Mademoiselle, qu'avez-vous ?" demanda-t-il doucement. Comme elle ne répondait pas, il vint s'asseoir à côté d'elle, et prit sa main dans la sienne. Elle frémit à ce contact. "Je ne veux pas vous faire peur", dit-il encore. "Vous ne me faites pas peur !" osa la jeune fille. "C'est de moi que j'ai peur. Et… de ce que je ressens pour vous." A ces mots, le capitaine se redressa. "Ainsi donc vous m'aimez…" Comme il caressait sa joue et qu'elle tournait lentement son visage vers lui, il l'embrassa longuement. Mais Maria Lucia se dégagea. "Ma famille n'acceptera jamais, commença-t-elle." "Peu importe votre famille. Je saurais vous en protéger. Ils n'ont nul pouvoir sur moi." Durant de longues heures, il la rassura, la prit dans ses bras. Carlo Vizzini était séduit par sa douceur, sa grâce et sa délicatesse, par sa retenue en même temps. Ils se séparèrent à regret, mais se revirent souvent au cours des jours qui suivirent. L'automne finissait, l'hiver approchait. La famille Sanguinetti ne comprit pas tout de suite pourquoi la jeune fille disparaissait si souvent. Avec eux, elle était plus joyeuse que jamais, mais fuyante. Habile également, elle parvenait toujours à trouver des motifs à ses absences fréquentes. Durant tous ces moments, magiques à ses yeux, elle retrouvait le capitaine, pour l'étreindre durant de longs instants. Malgré le secret, pour la première fois de sa vie, Maria Lucia se sentait libre. Mais ce bonheur ne devait durer qu'un temps. Son frère, s'il ne s'inquiétait pas réellement, reprochait à la jeune fille ses supposées activités qui l'éloignaient de ses devoirs premiers envers la vie du clan. Alors qu'un jour, il venait de se disputer avec elle, et qu'elle avait tourné les talons, apparemment excédée, il entendit une voix derrière lui. "Tu devrais la suivre, Don Saveru." Se retournant, il vit la vieille Marzia, l'une des anciennes du village, une matriarche. Comme il hésitait, la vieille continua. "Tu ne devrais pas laisser courir ta sœur sans surveillance. Elle peut faire des rencontres et jeter le déshonneur sur ta famille." "Qu'y a-t-il ?" demanda Don Saveru Sanguinetti. "Sais-tu quelque chose, Marzia ?" La vieille se contenta d'un sourire narquois. "Suis-la, tu verras de tes propres yeux." Pris de panique, Don Saveru courut dans la direction qu'avait prise sa sœur. Il parvint à l'apercevoir dans les sentiers s'enfonçant dans le maquis. Alors qu'il la suivait, il aperçu soudain une autre personne. Carlo Vizzini, le génois, l'envahisseur, s'avançait vers elle, l'embrassait, posait ses mains sur elle. Dissimulé derrière un buisson, il vit avec horreur le capitaine posséder la jeune Maria Lucia. La colère montait en lui, mais il se retint de se jeter sur eux pour les séparer à tout jamais. Il vengerait l'honneur du clan en temps voulu. Il les entendit encore discuter, s'échanger des mots d'amour, se promettre de se retrouver à nouveau, le soir suivant. Il s'agissait de la veille de Noël. Durant tout le jour, Don Saveru regarda sa sœur s'activer pour les préparatifs de la fête, insouciante, faisant comme si de rien n'était. Mais il savait que la nuit venue, à l'heure où tous allaient suivre la messe de minuit, Maria Lucia allait descendre jusqu'à la Pietra Ursinu rejoindre son amant. Alors que tout le monde se dirigeait vers l'église, une forme sombre emmitouflée dans une cape épaisse se détacha dans l'obscurité, et prit le sentier de la plaine. Une autre la suivit à distance. Un vent glacial venu du nord, du continent, apportait des éclats de givre. Maria Lucia s'introduisit dans la tour génoise, et monta les marches jusqu'à la chambre où l'attendait Carlo Vizzini. Ils ne se doutaient pas que Don Saveru était derrière eux. Les gardes qui festoyaient ne firent pas attention à l'homme armé d'une hache qui montait à leur rencontre. Les deux amants échangèrent encore un baiser, et se promirent de se marier après l'Epiphanie. Ils allaient s'unir à nouveau, Don Saveru franchit le seuil de la chambre, son visage déformé par la rage. "Cela ne sera pas !" Carlo Vizzini eut tout juste le temps de se saisir de sa rapière avant que le frère de son amante soit sur lui. Maria Lucia tenta de retenir son frère, mais il la repoussa sans ménagement. Sous ses yeux horrifiés, les deux hommes commencèrent à se battre, une lutte acharnée. Le capitaine ne voulait pas blesser le frère de celle qu'il aimait, et paraît les coups plus qu'il n'en portait. Le combat les amena jusqu'au sommet de la tour battu par les vents. Carlo Vizzini était un combattant aguerri, mais il ne pouvait rien contre la colère de son adversaire. Bientôt, du sang coula de ses nombreuses blessures. Maria Lucia les avait suivi, et se tordait les mains, profondément désespérée. Le capitaine repartit à l'attaque, et porta enfin une estocade dans la cuisse de Don Saveru qui le déstabilisa. L'héritier du clan Sanguinetti recula, et dut s'adosser contre la balustrade de la tour. Tentant de se remettre d'aplomb, il chancela, et une bourrasque glacée lui fit perdre l'équilibre. Carlo Vizzini se précipita pour le retenir, mais il bascula dans le vide, et chuta de toute la hauteur de la tour. Maria Lucia regarda tour à tour son frère étendu mort en contrebas, et son amant, son meurtrier. Il ne savourait pas sa victoire, il avait l'air épuisé et désolé. Sa tunique était couverte de sang, et une profonde entaille s'ouvrait dans son flanc. Elle le vit enfin s'effondrer sur le sol, et elle se jeta à ses côtés pour le soutenir. "Je n'ai pas voulu cela", dit-il faiblement. Elle ne répondit pas. Elle comprenait cela. Elle osa porter les yeux sur ses blessures. "Je vais vous ramener au village. Là, nous trouverons bien un guérisseur pour vous…". Il sourit, et secoua lentement la tête en signe de dénégation. A l'heure même où toutes les églises de Corse célébraient la naissance de l'enfant Jésus, le capitaine de la garde de Pietra Ursinu ferma les yeux pour la dernière fois. Alors Maria Lucia pleura, et dans ses larmes elle trouva la force de prier. Elle adressa sa complainte à la Vierge Marie, à laquelle la Corse est dédiée. "Hélas, par ma faute deux hommes meurent en ce jour pourtant béni. Ô ciel, entends mon appel. Je n'ai pu aimer mon amant dans cette vie, alors permettez moi de l'aimer dans l'autre. Et pardonnez moi de ce que je vais faire." Saisissant en tremblant l'arme de son amant, elle se transperça le corps, et s'effondra au côté de l'homme qu'elle avait aimé. La douleur qu'elle ressentait au plus profond d'elle-même ne s'arrêta pas, et son âme ne put trouver le repos. Mais le ciel avait entendu sa prière. Désormais, chaque nuit de Noël, elle allait recommencer, descendre du village d'Urzanu et retrouver son amant. Ainsi, les soupirs que l'on peut entendre cette nuit-là venant de la tour de Pietra Ursinu ne sont que l'expression de l'amour de ces deux âmes, se retrouvant dans la mort. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:20  conte n° 4 Histoire de Noël Un jeune garçon rêve d’un poste de radio, une radio rien que pour lui, sur laquelle il pourra écouter la FM. Il a 11 ans et nous sommes en décembre 1977. Les radios ne sont pas encore libérées mais existent déjà et ça excite Fabien, le petit garçon qui ne rêve que de liberté. Fabien vit avec son jeune oncle, Nicolas S. mordu de politique, qui ne regarde que les informations et les émissions politiques à la télé. Ouvertement, il rêve de Pouvoir. La cohabitation est rude, l’oncle est sévère mais juste, l’enfant est rêveur mais sérieux. A 11 ans, on ne croit plus au Père Noël, mais on attend quand même son cadeau avec impatience, Fabien ne fait pas exception à la règle. Peu avant Noël, Nicolas S. fait le mystérieux, lance Fabien sur de fausses pistes, lui faisant croire que son cadeau sera utile, peut-être même ennuyeux. Et l’enfant ne pense qu’à la musique, il a entendu parler de Magma, John Mac Laughlin, Jean Luc Ponty et les autres, tous musiciens qui ne passent pas sur les ondes des radios conventionnelles. A son école, un de ses camarades ne cesse de lui parler de ces musiques fabuleuses (c’est le mot qu’il emploie) mais Fabien n’entend chez lui qu’informations (toujours la même chose, pense-t-il !) et discours politiques (l’ennui total). Nicolas S. lui, ne pense qu’élection, pouvoir, vie politique. Il a une vie austère, aussi Fabien et lui se retrouvent-ils tous deux à Noël devant un maigre sapin peu décoré, dans une ambiance tristounette, quoique Nicolas S. ait visiblement pris beaucoup de plaisir en écoutant le discours du Président de la République, discours un peu faible à son goût, mais digne et dans la droite ligne républicaine. Fabien, lui, s’ennuie. Mais quand minuit sonne, une énorme surprise l’attend. Son cadeau est un poste radio avec la FM. Il est comblé car c’est plus qu’une simple radio, c’est une ouverture sur le monde. Pendant que son oncle regarde à la télé des programmes sans intérêt, Fabien file dans sa chambre et cherche les programmes dont il rêve depuis si longtemps. Il se sent comme un explorateur, et découvre un monde inconnu. Il a la sensation d’être « collé » au poste depuis des siècles quand Nicolas entre dans la chambre et lui demande si son cadeau lui plait, Fabien l’embrasse chaleureusement et lui montre sa joie. Nicolas a ce petit sourire forcé, qu’on lui connaît aujourd’hui et pense à autre chose… à lui-même probablement. Il va quitter la chambre quand on annonce à la radio un flash spécial : « Nous venons d’apprendre que Sir Charlie Chaplin s’est éteint à Vevey, à l’âge de 88 ans… Sous les traits de Charlot, il avait incarné un petit bonhomme sans défense face au pouvoir abusif… Dans ses films apparaît souvent la confrontation avec la police qui semble le pourchasser jour et nuit… Connu dans le monde entier, c’est un des cinéastes les plus important qui disparaît aujourd’hui… » A ce moment là, Nicolas S. s’effondre en larmes. Fabien le regarde attentivement, d’un air étonné, avec son sourire d’enfant. Nicolas passera la journée de Noël en larmes, prostré sur le canapé du salon, totalement inconsolable, tandis que son neveu découvre les joies de la FM dans sa chambre, sautant sur son lit, heureux. Pour Nicolas S., le père Noël est mort pour la deuxième fois et il ne s’en remettra jamais. Toute la journée du 25 décembre, il songera à Charlot, cet homme qu’il aimait tant. Petit comme lui, poursuivi par le sort mais plein de ruse. Devenant riche et estimé après avoir été humilié. Il se souviendra de son émotion à la vue de Charlot, remarquable en dictateur jouant avec une mappemonde, maître du monde. Il était à peine adolescent et avait « mouillé » son pantalon en voyant cette scène. Les meilleurs souvenirs lui reviendront : Charlot devenant richissime, Charlot « récupérant » la plus belle fille de l’histoire, Charlot conquérant le pouvoir… « Non, c’est impossible, se dira t-il. Un tel homme ne peut mourir ! » Dans son entourage, on parle beaucoup de cette journée de Noël 77. Ses proches savent à quel point il s’était identifié au personnage et certains laissent entendre que c’est depuis ce jour qu’il a ses fameux tics nerveux et qu’il est devenu si agressif… | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:21  conte n° 5 Joyeux Noël ! C'était une toute petite fille. Elle avait 7 ans mais en paraissait 5 ou 6. Alors qu'à cet âge là les enfants affichent encore les douces rondeurs de l'enfance, elle était plutôt maigre et ses fins cheveux noirs coupés à la diable lui faisaient tout un tas d'épis autour de sa petite tête triangulaire au menton pointu. Une vieille robe trop grande flottait autour de son corps osseux. Des yeux noirs et perçant lui mangeaient le visage, surtout en cet instant : elle avait pu se connecter sur l'ordinateur des "grands". Toute la famille était allée fêter l'anniversaire de la grand-mère, sauf elle puisqu'elle ne faisait pas partie de la famille ; elle en profitait pour surfer, ce qu'elle ne pouvait faire que rarement. Alors ! qui était connecté ? zut, personne qu'elle connaissait ! bon ! pas grave, elle allait bien trouver quelqu'un à qui parler … tiens, celui-ci par exemple ? et si c'était le vrai ? - 'lut, z'êtes vraiment le père noël ? - oui, je suis le Père Noël, et toi ? comment t'appelles-tu ? dis moi comment tu es habillée ! - j'm’appelle Cendrine ! j'ai une robe ! et vous ? zêtes habillé tout d’rouge ? z'avez vraiment une grande barbe blanche ? - tu me sembles avoir beaucoup d'humour toi ! et sous ta robe ? tu es habillée comment ? raconte ! - arfff vous m’faites rigoler avec vos questions à la c*n ! - écoute, le plus simple est que je te donne mon e-mail, tu sauras toujours où me trouver comme ça, d'accord ? pere_noel lapouet tu as bien noté ? - ouaih ! bon j’dois couper, salut ! Il était quand même bizarre ce type avec ses drôles de questions ! Mais il était tard et il fallait qu'elle se dépêche de finir le ménage, sinon elle se ferait houspiller par la mère tout à l'heure ! "de : cendrine caramel A : pere_noel lapouet.com cher Père Noël, C'est plus possible, j’sais qu'on s'est pas beaucoup parlé l'aut’jour, mais il faut que j’me confie à quelqu'un, j’me sens trop seule, j'ai plus de famille et j'ai pas d'amis ! j’me suis dit que puisque t’es l’vrai Père Noël, tu peux qu'aider les enfants, même s'ils sont pas si sages que ça ! c'est vrai que j’le suis pas trop, mais j'ai des excuses, enfin j’trouve ! et puis depuis que j’suis née, j'ai jamais fêté Noël, j’voudrais tellement avoir pour une fois un cadeau dans mes souliers au pied d'un vrai Sapin de Noël tout décoré ! Alors voilà, si tu m’donnais une adresse, une vraie, parce que j’dois partir d'ici, j’suis trop malheureuse et c'est ton boulot d'aider les enfants, n'est-ce pas ? c'est c’que j'ai lu dans tous les Contes de Noël que j'ai lus jusqu'à présent, bon c'est vrai qu’j'en ai pas lu beaucoup, mais dans ceux qu’j'ai lus c'était l’cas ! alors tu veux bien m'aider ? Réponds vite, c'est très urgent, Cendrine" Le soir même, une réponse l'attendait dans sa messagerie. "de : pere_noel lapouet à : cendrine caramel retrouve moi à la gare Saint-Lazare samedi prochain, à 17 heures, je t'y attendrai" C'était le soir de Noël et les trois hommes de la voirie travaillaient tard ! en fait ils avaient encore plus de travail que les autres jours avec toutes ces bouteilles, ces cannettes de bière et tous ces détritus qu'on retrouvait n'importe où … mais de temps en temps ils tombaient sur un truc qu'ils pouvaient récupérer et restaurer, d'ailleurs ils avaient déjà mis de côté une vieille loco avec 2 wagons, un vieux nounours qui perdait un peu de son rembourrage et une poupée Barbie quasiment neuve ! - hé, t'as vu ça ? c'est quoi encore cette espèce de truc coincé entre ces deux poubelles ? tu veux bien m'aider s'te plait ? je n’arrive pas à le dégager - attends j'arrive, j'espère que c'est un truc intéressant, je commence à en avoir assez des bouteilles vides ! - mince ! une fillette ! qu'est-ce que tu fais ici petite fille ? - s'il vous plait, me faites pas d'mal, j'me suis sauvée, mais le monsieur, c'était pas le vrai ! il m'a menti ! c'était pas le Père Noël, et il a voulu me faire du mal, mais j'me suis sauvée ! il était vieux et il courait pas assez vite ! mais je vais faire quoi maintenant ! j’peux plus rentrer ! j’ai plus d’chez moi ! ooooohhh c'est vraiment trop moche ! c'est pas encore c't'année que j'l’aurai mon cadeau dans mes souliers sous un Sapin de Noël ! - ne pleure plus petite fille, on va te mettre à l'abri et demain on verra ce qu'on fera de toi, d'accord ? - vouihhh, mais s'il vous plait, me faites pas de mal, j’suis trop fatiguée pour courir encore ! Dans le local semi enterré de la voirie, il faisait bon et chaud. Sous la fenêtre qui s’ouvrait sur un jardin public, il y avait une espèce de lit de camp avec une bonne couverture. Les trois hommes couchèrent la fillette et la bordèrent gentiment. Quand elle fût endormie, ils allèrent finir leur travail. A l'aube, leur nuit terminée, ils entassèrent dans un coin leurs balais en plastique vert ... La première chose que Cendrine aperçut en ouvrant les yeux le lendemain matin fût un superbe Sapin de Noël avec des tas de guirlandes autour et, en dessous, les souliers de la fillette soigneusement rangés à son pied. Dans un des souliers il y avait un ours en peluche et dans l'autre une poupée Barbie. C'était les hommes de la voirie qui avec leurs balais avaient fait cette espèce de Sapin de Noël d'une drôle de couleur et qui l'avaient décoré de cannettes de bière et de coca pour cette petite fille qui leur était tombée du ciel. Sur une caisse à côté du lit de camp où elle avait dormi si profondément, il y avait une bouteille de lait et 3 clémentines dans une assiette un peu ébréchée. Un petit mot avait été glissé sous la bouteille de lait : « Cendrine, sois sage et n’aie pas peur, nous sommes allés dormir. Le lait et les clémentines sont pour toi ; le nounours et la poupée aussi, c’est le Père Noël qui te les a déposés cette nuit pendant que tu dormais. On revient tout à l’heure te chercher et on ira déjeuner tous ensemble chez MacDo ! on t’embrasse tous les trois ! Joyeux Noël ! ». C’est à ce moment-là que Cendrine éclata en sanglots : c’était son premier vrai Noël ! | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:22  conte n° 6 "Lui" (ou Le Calendrier de l’Avant) Voilà des mois qu’il ne quitte plus sa misérable petite chambre. De longs mois sans croiser d’autres personnes que ses rares voisins. Cela arrive parfois, bien qu’il prenne soin de ne sortir qu’à la faveur de la nuit. A ces exceptionnelles occasions, il échange quelques politesses avec eux et s’esquive pour rejoindre son «antre». Lui vit reclus, dans un silence voulu, le monde l’a trop déçu. Les mots de ses livres, le net lui suffisent. Magique le net, plus à sortir, Vive les livraisons. Lui, les saisons, il les voit de ses fenêtres, et, profite du temps de son balcon. 1er décembre, petite laine, sortie quotidienne pour admirer le toit des maisons. Lui hume l’air. Une voix familière le rappelle à l’ordre « vous avez un message ! » Lui pense, spam, chaîne, aucune raison que l’on m’écrive, mais, curieux, il vient s’asseoir à son PC, clique sur l’enveloppe « 1er décembre, Des jours, des semaines, des mois… Reclus dans le silence N’est il pas temps ? Destinataire inconnu » Lui se dit c’est une blague Le 2 voit arriver le même message, idem le 3, le 4, le 5 et les jours qui suivent. Lui chaque jour hésite, envoi direct à la corbeille ou pas, puis consciencieusement l’ouvre et le lit, ou du moins le relit. Mêmes mots, mêmes places, même expéditeur inconnu. Inlassablement, chaque jour la voix familière annonce « Le » message. Le 15, Lui attend fébrilement, les heures passent, rien Lui, habitué à ce message récurrent, en ressent le manque. Le 16, « vous avez deux messages » 00.01 - Mêmes mots, mêmes places, même expéditeur inconnu. 00.02 - « N’est il pas temps ? » expéditeur inconnu. Le 17, « vous avez un message » Ange gardien, enfin un pseudo… un nom, et toujours la même question « N’est il pas temps ?» Lui doute, ses livres, son PC… et les autres dans tout ça ? Le 18, le 19, le 20… même et seule voix pour lui parler, et, annoncer que « Son » message est arrivé. Lui perçoit le besoin de ces échanges. Le 21, « Son » message relu, sur son balcon, l’air est doux, son regard ne s’arrête plus aux toits, il se penche, accroche une fenêtre en face, scrute, ça bouge, ça vit. Le 22, la voix, le message de son ange gardien, sa balade quotidienne sur son balcon. Son regard qui glisse le long de la façade pour s’arrêter sur la rue qui grouille de monde. Des lumières, des voix, des rires, la vie. Le 23, sans livre, sans pc. Lui sort de sa chambre en pleine journée, croise ses voisins, s’attarde devant la boîte aux lettres, hésite un moment et remonte à l’étage. Le 24, Lui est là devant la porte, il ose la pousser. Lui redécouvre la rue, des visages inconnus souriants, un air de fête qu’il respire. « N’est il pas temps ? » A cette question, il se sent enfin prêt à répondre : « Il est temps, que je vive vraiment ». Et, c’est ce qu’il poste à son ange gardien, sa modeste chambre retrouvée, après de longues heures à flâner au hasard des rues, à s’extasier devant les vitrines, à se gorger des autres. Lui, son cadeau de Noël, c’est cette intrusion providentielle dans sa Bal. Elle lui permet, enfin, d’admettre qu’il ne peut vivre indéfiniment en retrait des autres. Qu’importe l’identité de « son ange gardien ». Lui a maintenant des jours, des semaines, des mois pour vivre pleinement. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:23  conte n° 7 Un père Noël A.N.P.E le 23/12/2006 -Bon monsieur j'ai bien examiné votre dossier nous n'avons pas d'offre à vous proposer actuellement, je suis navré. Mais permettez-moi, j'ai une demande urgente des Galeries Lafayette, il leur manque un père Noël pour demain, c'est bien payé. Qu'en pensez-vous, cela vous intéresse? -Pour une journée pourquoi pas mais je n'ai aucune expérience dans ce domaine, répondit Vincent célibataire âgé de 45 ans et depuis dix huit mois au chômage. -Ne vous inquiétez pas ils n'ont pas d'exigences bien précises sur une urgence, deux de leurs pères Noël ont craqué et un troisième est malade. -Dans ce cas j'accepte, que dois-je faire, répondit-il. -Présentez-vous à huit heures à cette adresse, tenez......la convocation et vous demandez Mr Teillard, voila je vous souhaite de bonnes fêtes. -Merci à vous également. L'homme sortit le sourire grimaçant dix huit mois sans boulot et résultat, il rentra chez lui avenue de Clichy où il habitait dans un vieil immeuble vétuste, un deux pièces humide, sûr, dans une autre vie il aura femme, enfants, super appartement. Il s'écroula dans le canapé, alluma la télé et se laissa guider par cette boite à images qui nous montre toute la misère, la violence, ou soit un gros mensonge de la vie, et demain réveil à six heures trente, ça fait bien longtemps. Le lendemain. Il arrive au magasin comme convenu, là un grand sec l'attend «Ha oui le père Noël, si vous voulez bien me suivre. » Il l'emmène dans un vestiaire. -Voilà la tenue est là, vous irez à l'entrée sud qui donne sur le boulevard Haussmann, vous sonnerez la cloche en criant joyeux Noël et donnerez des bonbons pour les enfants, pour vous la journée s'arrête à vingt heures trente avec une heure pour déjeuner, pour vos affaires cette armoire ferme à clefs, bon courage à plus tard. Et le voici donc dans la peau d'un père Noël surpris et à la fois amusé de se voir ainsi, il se dirigea vers la porte sud, telle une vache vers son enclos tant la cloche marquait son pas, il était bien content malgré tout de ne pas se sentir inutile en ce jour. Ding Dong.........Ding Dong..... Que la journée commence «Joyeux Noël, Joyeux Noël » et ainsi les heures passèrent dans une foule agitée telle une fourmilière amnésique. Ding Dong.........Ding Dong..... - Tenez les enfants quelques bonbons. - Non moi je veux un rouge, cria un gamin trop gâté et sans merci. - T'es le père Noël toi ! Elle est où ta Ferrari rouge? - Heu non simplement je l'aide, répliqua t-il. -Ha ouais son larbin quoi !! Ding Dong.........Ding Dong..... « Joyeux Noël à tous... » Après un hamburger vite avalé il retourna au labeur. Ding Dong.........Ding Dong.... Drôle de Noël pensa-t-il heureusement qu'il n'avait rien prévu, trop seul ou trop perdu il se sent comme un homard qu'on fait bouillir c'est à dire seul dans la foule. -Joyeux Noël Ding Dong...... Et ainsi dix huit heures..... C'est vraiment devenu une banalité d'être un père Noël dans l'arène. Dix-neuf heures et toujours autant de monde, il faut dire que ce quartier à cette période. Ding Dong.........Ding Dong..... Vingt heures les annonces de fermeture sont passées, la grande bousculade les gens sortent du magasin «vingt heures trente Ouf enfin » Il tenta d'entrer dans le magasin, portes fermées, s’essaya à d'autres entrées mais hélas toutes fermées, contourna le bazar pour trouver une issue de service celle qu'il avait emprunté le matin rien à faire porte close. «Merdum je ne vais tout de même pas rester comme çà » Il aperçut un homme en train de verrouiller une porte vitrée, après une vive foulée cogna fortement aux carreaux, mais d'un geste répété le type continua son action sans prêter attention et appuya sur un bouton qui fit descendre grilles et volets métalliques, il avait beau hurler et cogner rien n'y faisait. Après avoir fait le tour du bâtiment le père Noël en conclut qu'on l'avait oublié, plus qu’à rentrer chez lui. «Mes clefs dans mes affaires!! » La ville se vidait peu à peu de toute vie, il décida de remonter à pied les boulevards passa la gare Saint Lazare pris la rue de Rome, quand une pluie battante se mit à tomber, il courut s'abriter sur un seuil d'entrée d'immeuble et entendit une voix hurlant. - Alors père Noël t'as perdu ton traîneau......ha ha ha Il haussa les épaules, s'assit sur la marche et commença à manger les quelques bonbons qui lui restaient, tout en les savourant il ne pouvait s'empêcher de penser à ses Noëls d'enfant, chaque bonbon pour lui avait un goût de chaleur douce. Un homme s'avança à grandes enjambées, un type bien costumé qui s'exclama «Excusez moi, mais je dois passer » dit-il d'un air vif en sortant ses clefs, Vincent replia ses jambes «Que faites-vous là mon vieux,....en panne? » dit l'individu, l'attente de la réponse obligea notre père Noël à de brèves explications, l’homme l'écouta avec attention. -Écoutez vous n'allez pas passer la nuit de Noël dehors, ma petite famille m'attend avec une belle grosse dinde qui est bien trop grosse pour nous quatre, venez la manger avec nous. -Mais je vous demanderai en contre partie de jouer votre rôle de père Noël, mes enfants sont petits ils seront ravis de la surprise. Le père Noël était bouche bée saisi par tant de générosité «Je ne peux accepter, de m'inviter ainsi c'est très gênant.... » - Pas du tout toute la famille sera surprise et contente de vous recevoir, et d'abord c'est moi qui vous invite allez, suivez moi !! Et le père Noël s’exécuta, le suivit et découvrit un appartement somptueux une famille simple et attachante, il joua son rôle avec beaucoup de sérieux et passa un moment inoubliable accompagné d'un succulent repas de Noël. En faut-il vraiment beaucoup pour que du désarroi le plus total, l'on passe un moment magique........? Parfois un petit rien fait un grand tout....... | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:24  conte n° 8 Quand j’ai rencontré Mélanie elle avait 2 ans. Sa soeur en avait 4, et j’aimais éperdument leur mère. Elle était aussi brune que sa sœur était blonde. Si l’une s’avérait être opiniâtre, volontaire, très engagée dans son parcours scolaire, elle était rêveuse et assez peu concernée par le monde qui l’entourait… Gentille calme et très « cossarde » tous les prétextes étaient bons pour éviter le moindre effort. Je l’adorais. Bien sûr sa mère n’était pas encline à partager mon point de vue sur son détachement, et, je prenais systématiquement sa défense, et bien sûr je la faisais rire, ma vision de la vie probablement. Ainsi me faisait elle entièrement confiance sur tous les sujets, ce qui avait pour effet de faire enrager sa mère. Son humour était de bonne facture ainsi elle avait pour habitude devant le reproche, de dire qu’elle faisait les choses « … à sa lenteur » ! Bien sûr je ne me privais pas de la mette en boite, car sa candeur était à toute épreuve. Je me souviens qu’un jour elle m’avait questionné sur la nature des grains noirs piquants qu’on trouvait dans le saucisson. J‘ai bien sûr répondu une ânerie comme quoi c’était les graines de l’arbre et qu’il fallait les planter dans le sol pour obtenir un « saucissonier »elle avait 9 ans.. Quelque temps plus tard une enseignante nous faisait savoir qu’il n’était pas bon de trop raconter de fadaises aux enfants car ceux-ci défendaient ce qu’on leur disait « mordicus »… J’ai dû m’expliquer. Et la vie nous a séparés quand elle a eu 16 ans, l’amour parait il… bref ! Quand on vit seul le pire jour de l’année c’est la Noël.. Bah quand on vieillit la solitude c’est presque un dû, cette année j’avais invité un vieux pote à boire un coup... On était là à refaire le monde lorsque le facteur nous a rejoint ; il avait un colis pour moi. Je l’ai ouvert et dégagé un bonzaï dans sa caisse de bois, assez vieux semblait-il. J’ai ouvert. L’arbre était magnifique, un très vieux pin, avec accroché en guise de pommes de pins de ci de là de petits saucissons cocktails en boules.. Mon pote était plié : « un saucissonier! » il n’en avait jamais entendu parler… Je ne l’avais plus vue depuis des années, elle se souvenait de moi.. J’en ai pleuré de tendresse. J’ai su plus tard qu’elle pratiquait le rapprochement d’entreprises dans un grand cabinet de juristes. On n’est jamais aussi seul qu’on pourrait l’imaginer. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:25  conte n° 9 A3 dans les WC (Petit Conte de Noël Con) Ce récit se passe pendant la nuit de Noël 2021, dans la grande capitale d’un pays de l’ancienne Europe. Un homme baille dans les toilettes d’un grand restaurant, il n’est plus très frais, il est seul, il a visiblement trop bu. Les deux mains appuyées sur le lavabo il regarde couler l’eau comme si le spectacle de la salle à l’étage ne l’amusait plus. Il se dit qu’il est seul, que partout c’est la fête et qu’il aimerait partager ce moment avec une femme et plus tard des enfants. Mais le temps est passé et il n’a jamais trouvé chaussure à son pied. Le temps, ce lâche s’est enfuit comme l’eau s’enfuit par le siphon du lavabo. Il sent la lassitude et la torpeur l’envahir, il à la tête qui tourne, il ferme les yeux …Quand, trois coups résonnent à la fenêtre du soupirail… Notre homme ouvre celle ci, le vent glacé, chargé de flocons qui fouettent son visage, achève de le réveiller et c’est avec stupéfaction qu’il découvre la silhouette rouge et blanche d’un vieil homme. - « Va falloir que tu m’aides mon petit gars, je suis en retard ! Y’a plus moyen de passer par les cheminées, avec tous ces satanés restaurants chinois, c’est plein de graisse dans les conduits», lui dit l’homme en lui tendant sa hotte pleine de paquets. L’homme s’exécute et saisi la hotte qu’il pose contre le lavabo. - «Tiens en voilà une deuxième, fais attention, c’est des trucs fragiles » La seconde hotte est déposée avec précaution près des w.c. - «Allez, encore une et c’est fini, tu peux tirer fort, elle est grosse, mais c’est que des peluches et des poupées». Après plusieurs tentatives la hotte est enfin à l’intérieur, maintenant c’est au tour du vieil homme de rentrer. Malgré son age, celui ci est d’une souplesse étonnante et en quelques contorsions, il est à l’abri de la tempête de neige. - «Pffff… quel temps de chiotte ! C’est complètement détraqué leur météo, Il y a deux mètres de neige par endroit, tu parles si c’est commode pour bosser !», dit l’homme en rouge en secouant la neige qui le recouvre. L’homme en face est interloqué : - «Mais que faites-vous dehors d’un temps pareil et accoutré comme ça avec vos paniers à vendange ?! » - «Ben je fais la distribution des cadeaux pardi ! On est dans la nuit du 24 au 25, j’ai que quelques heures pour tout faire. », répond le vieux en s’essuyant la barbe après une rasade d’Aquavit. «T’en veux ? Fais gaffe c’est fort, mon garçon ! » - «Volontiers ! », dit-il «Des cadeaux, vous distribuez des cadeaux aux gens ? » Lui répond l’autre à moitié abasourdi. «Mais qui êtes vous ? » - «Enfin voyons, tout le monde me connaît, je suis le père Noël ! Tiens rend moi ma bouteille, avant de la vider ! » L’homme, qui se reprend une bonne gorgée d’alcool, ne comprend visiblement rien à la situation. Il parcourt du regard les hottes pleines de cadeaux et brusquement ses yeux, s’illuminent. - «Alors vous existez vraiment ! Je croyais que c’était une histoire à dormir debout. Vous apportez donc aux gens les cadeaux qu’ils désirent ? » Le père Noël esquisse alors une moue dubitative : - «Holaaa mon p’tit gars, ça dépend… seulement à ceux qui se comportent bien, pour les autres, c’est mon pied au cul ! Mais comme tu m’as l’air sympathique et que tu m’as donné un bon coup de main, je veux bien te faire plaisir, dis moi ce que tu aimerais avoir. » Sans réfléchir, l’homme lui répond : - « Une femme … une femme très jolie ! » - « Une femme !!! Mais c’est pas un cadeau ça, une femme ! », répond papa Noël, un peu surpris par la demande. «Enfin si c’est ton souhait, pourquoi pas, je te dois bien ça… » Le Père Noël se gratte la tête en réfléchissant. - «Bon alors je te propose un dîner avec une femme la haut, j’ignore si elle est très jolie mais tu n’auras qu’à la séduire et tu passeras de bons moments avec elle » - «Ah ! Mais moi je veux qu’elle soit très belle…belle comme une Barbie » répond l’autre. «Et en plus, je ne veux pas gaspiller mon temps et mon argent à la séduire » Le vieil homme en rouge sort une liste de sa poche et la parcourt quelques instants. - «J’ai peut être ce qu’il te faut dans ma hotte de poupées » Il se dirige vers la troisième hotte et fouille dedans, jusqu'à ce qu’il en extirpe un gros paquet rose. - «Voilà qui devrait te satisfaire mon ami, c’est une Barbie géante pour adulte. Gonflable, en pur latex génétiquement modifié, elle a le touché, le goût, l’odeur et la chaleur de la peau. Tout y est fonctionnel et elle parle, avec ça, tu devrais bien t’amuser ! », lui dit-il avec un petit sourire complice. - «Woaaaou ! Père Noël, c’est génial ! donne moi ça que je l’essaie de suite » Le Père Noël est un peu choqué par l’empressement de l’individu et se dit que les hommes sont bien comme les enfants… toujours trop impatients d’utiliser leurs jouets. - «Eh mais doucement, c’est fragile ! En plus pendant le transport, elle était à coté d’un râteau …et comme les femmes détestent se prendre un râteau, ça a fait quelques trous, j’ai dû lui coller des rustines ! Faut la traiter avec délicatesse. » Mais l’homme, déjà tout excité qu’il est, n’écoute plus le Père Noël, il lui arrache le paquet des mains et l’ouvre sans ménagement. Au bout de quelques minutes, après s’être époumoné à gonfler sa Barbie, il se déshabille et se jette sauvagement dessus, avec l’intention certaine de s’essouffler encore un peu plus. Ecœuré par un tel manque de tenue, le vieil homme en habit rouge balance ses hottes dehors et sort en maugréant, laissant derrière lui l’étrange couple vaquer à ses amours incertaines. - « Ben les humains sont vraiment de plus en plus cons ! L’année prochaine, c’est aux animaux que je distribuerais des jouets, au moins eux ils le méritent ! » Dans la rue des policiers sont en train de verbaliser son traîneau. Là c’en est trop, ça le met à bout, il voit rouge (normal …c’est le père Noël) - «Ben vous gênez pas, mettez un sabot à mes rennes pendant que vous y êtes ! Feriez mieux de rester dans votre caserne à cuver votre mousseux, bande d’escrocs !!! » Et c’est ainsi que, cette nuit là, désespéré par tant d’ingratitude, le Père Noël décida de ne plus jamais traîner ses bottes sur terre. Dans la salle du restaurant, une jolie jeune femme jette son rince-doigts et s’en va, elle comprend que l’homme qu’elle attendait ne viendra pas … les hommes ont tellement changé. En bas dans les toilettes, on entend un bruit sourd, comme un ballon qui éclate, puis une voix hurle derrière la porte. - «Raaaaah mais c’est pas vrai ! … J’étais à deux doigts du bonheur et voilà que cette maudite poupée explose avant moi !… » Va alors suivre, une volée d’expressions très crues, que nous tairons afin de rester dans l’esprit familial d’un conte de Noël. Il est 00h42, dehors la neige continue de tomber, bientôt elle recouvrira entièrement les voitures garées sur les trottoirs. Transis par le froid, les policiers décident de rentrer au commissariat pour réveillonner autour d’une bonne bûche au pastis. Il y a une morale à cette histoire : Dans la vie si tu crois trop au Père Noël et que tu imagines que tout s’obtient sans efforts et sans cœur … Au lieu de manger des huîtres en compagnie d’une jolie femme …Tu risques de finir aux chiottes à bouffer des rustines ! Ps : Le Père Noël a oublié quelque chose dans les toilettes du restaurant… mais de quoi s’agit-il donc ? | -démi°°°° - 731109  Publié le 24/12/2006 à 09:27  hé voilà...le plaisir de lire... a commencé...Merci Papa Noël je dis pour ces beaux contes... | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:27  conte n° 10 Une profusion de grands-mères et d’arrière-grands-mères me tint éloignée de l’école maternelle jusqu’à ce que mes parents émigrent vers Monaco où je fis ma première rentrée. La bâtisse peu engageante abritait une congrégation de sœurs augustines dont les robes traînaient au sol. Comme elles se déplaçaient en silence sans jamais laisser voir leurs pieds, j’imaginais qu’elles patinaient sur les mosaïques cirées. La classe commençait toujours par une récitation dont on ne m’avait pas expliqué tous les mots. Au début ça allait : «Je vous salue Marie, pleine de grâces… » C’est vrai qu’elle était bien gracieuse la jolie dame bleue qui trônait au-dessus du tableau. Les choses se gâtaient avec le «Priez pour nous pauvres pécheurs ». L’injustice était flagrante. J’aimais bien les pêcheurs à la ligne que je voyais le dimanche sur les rochers du Cap d’Ail mais je ne comprenais pas pourquoi ils n’y en avait que pour eux. Magnanime et équitable, je distribuais donc mes prières quotidiennes aux facteurs, aux docteurs, aux tailleurs…. Quand vint le tour des dompteurs je fus tirée par l’oreille jusqu’à l’antre d’une momie courroucée. J’en conclus que le Bon-Dieu, déjà injuste envers les hommes, n’aimait pas les animaux. Cette institution m'apprit aussi l'humiliation. Après le goûter, juste avant l’heure de la sortie, se déroulait la cérémonie du pipi. Devant un alignement de petites cuvettes, les cornettes accroupies déculottaient à tour de bras. Mais il fallait attendre son tour. J’étais toujours en bout de file lorsque s’annonçait l’envie pressante. Je tentais bien de l’atténuer en me dandinant d’un pied sur l’autre, puis en serrant les cuisses mais quand j’osais lever le doigt pour signaler l’urgence, l’irréparable était accompli. Et je repartais, affublée d’une culotte démesurée qui pendait jusqu’aux chevilles malgré les épingles de nourrice, stigmatisant ainsi la faute. Longtemps après, lorsque j’empruntais une de ces ruelles en escaliers qui traversaient un Monaco moins hollywoodien qu’aujourd’hui, je surplombais un instant le toit terrasse où s’étendaient les dessous de la congrégation. Et devant les fils tendus de lourdes culottes de coton écru, le rouge me montait encore au front. Plus tard quelques expériences qui n’avaient rien ne mystiques vinrent confirmer que l’habit ne faisait pas le moine, et que le port de la soutane ou du voile n’impliquait pas que l’on méritât le bon Dieu sans confession. Mon éducation religieuse ne démarrait pas donc sous les meilleurs auspices et je souffrais de scepticisme précoce. Cela n’offusqua personne dans une famille qui compte plus de mécréants que de dévots. Une culture familiale qui se fiche des dogmes et pour qui Noël évoque plus un menu qu’une messe. On aime baptiser et marier joyeusement. J’ai même entendu parler de quelques funérailles dont la fin ne fut pas triste. Les fêtes religieuses que nous célébrons ne sont que prétextes pour réunir de grandes tablées où personne ne crache dans le vin de messe. Je ne suis toutefois pas totalement vierge de bondieuseries. Les rituels certes plus sociaux que religieux de la famille me firent passer sur les fonds baptismaux, communier officiellement sous le déguisement chantilly d’une mariée modèle réduit, et convoler en de justes noces qui, pour être consacrées, n’en ont pas moins fini en eau de boudin. Mais c’est décidé, par testament, refusant orgues et ostensoir, j’irai civilement à mon enterrement. La messe était dite. J’étais athée. Mais c’était avant Wesley. Wesley était un ange blond, de ceux qui penchent au plafond des chapelles sixtines, joufflus et tout dorés comme des pains au lait. Il gambadait vers son deuxième Noël quand Dieu, le diable, le destin, la faute à pas de chance ou la fée Carabosse lui a fait le présent de cette chose en «ôme ». Un alien dévorant pour un beau Noël blanc ponctué de croix rouges et pour boules de neige le plastique transparent d’une bulle stérile. D’aplasies en rémissions, d’espoirs en rechutes il a fallu attendre un an pour oser une opération. J’étais là, pas tout le temps, mais la nuit et le jour pour écouter sa mère pleurer les souffrances et la peur. Quand le temps est venu, c’était encore Noël. « Va prier» m’a-t-elle dit. Alors je suis allée, sans conviction, pour lui faire plaisir, à la messe de minuit. J’arrive devant une église moche : trois silos accolés surplombés d’une croix. Mais deux portes opposées ouvrent l’une sur les senteurs du maquis, l’autre sur une mer étale qu’en cette nuit très douce, la pleine lune tapisse d’un bleu métallisé. Il n’y a pas foule. Obligée cependant de sacrifier à d’agaçantes mondanités, je présente mes vœux à quelques visons «emperlousés » dont l’étalage me confirme qu’ici tout n’est qu’apparences. Je me colle tout au fond. Le prêtre parle d’allégresse et d’espérance. Je voudrais crier que lorsqu’un enfant naît, le ciel n’a pas le droit d’en faire mourir un autre. Je ne reste que parce que j’ai promis. Je fais les gestes sans y penser quand je remarque, derrière l’autel, la photo d’un enfant noir décharné. Il y a dans ses yeux la même intensité désespérée que dans le bleu de ceux du petit garçon chauve et émacié vers qui vont mes pensées. Je ne prie pas, je leur parle. Je dis le vent, le soleil, les nuages, les gouttes de pluie, les couleurs de l’aube, les étoiles filantes. A l’un je dis la neige, à l’autre la rose des sables. Je dis qu'en unissant leurs souffles épuisés ils feront tourner le monde, qu’ils doivent lui faire le cadeau d’un jour de plus et retenir leurs vies encore un peu. Un jour fut nécessaire pour extirper de sa poitrine le pamplemousse de cellules empoisonnées. Aujourd'hui Wesley a vingt ans. Il a tout oublié. Gai, fantasque et insouciant, il vit de musique et de surf avec une légèreté qui me réjouit autant qu’elle désespère sa mère. Je ne crois toujours pas en Dieu, mais il me semble que je pourrais croire aux hommes si je savais ce qu’il est advenu de l’enfant noir. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:28  conte n° 11 Gris, il faisait gris,…froid aussi, comme chaque année à cette époque. Lorsque la cloche retentit, Emile reprit le chemin de la maison en traînant les pieds, le sac serré entre ses deux bras, serré tout contre lui. A l’approche des fêtes, les discussions allaient bon train et le sujet du jour était les cadeaux, les menus, les sorties, les restos… -Tout le monde sait que Noël, c’est les parents. Y a que les gros benêts de ton genre pour y croire encore… Ces mots résonnaient à ses oreilles et rythmaient ses pas… Tout son univers basculait, il ne savait plus comment faire… « Surtout, ne plus rien entendre, plus ces paroles. » Il ne voulait pas faire siennes ces paroles qui lui brûlaient les oreilles, qui rongeaient ses pensées. Il s’arrêta un instant devant la fontaine du parc, sortit la pièce qu’il avait en poche. « Maman m’a dit que lorsque j’aurais un vœu important, un vrai vœu qui en vaille la peine, je devais la lancer dans l’eau et prononcer tout bas ce que j’espérais le plus… » Il sentit une main sur l’épaule et se retourna. Emilio avait l’envie irrésistible de s’effacer, comme on gomme le dessin sur la feuille, de se cacher, de cacher ses larmes. -Alors, mon petit, fais attention, tu vas tomber. Prendre un bain à cette époque, c’est pour attraper la crève ! Emile ne connaissait pas cet homme, il ne l’avait jamais vu dans le parc. -Les garçons à l’école, disent que le Père Noël n’existe pas. -Tu sais, Petit, il ne faut pas toujours croire ce que les autres disent. Toi, tu y crois ? -Je ne sais plus. Oui, peut être ! -On a tous nos rêves… et il faut y croire. Il y a toujours des gens jaloux qui prennent plaisir à briser les rêves. Mais si tu les gardes en toi et les protèges, viendra le jour où ils se réaliseront. Parfois le jour où on s’y attend le moins. Emile était heureux de cette rencontre. Parties les pensées tristes, l’angoisse, le vide. Il faisait traîner ses talons sur les dalles qui résonnaient sous les chocs. Il traînait en rue. A quoi lui servait-il de rentrer ? Son père était parti depuis si longtemps qu’il avait perdu le souvenir de ses traits, sa mère ne rentrerait que tard. Elle travaillait jusqu’à la fermeture du magasin. Il avait le temps encore, la voisine qui devait le garder ne s’occupait guère de lui, ni des siens d’ailleurs. Et comme il préférait ne pas être en leur présence. Disputes, bagarres, étaient son lot quotidien. Au gré de ses errances, il avait suivi inconsciemment le chemin que lui avait expliqué le vieux dans le parc. Il découvrit un lieu qui lui était inconnu. Les gens étaient assis sur des chaises au haut dossier, se levaient, s’asseyaient au rythme d’une clochette, un homme, ou une femme sans doute avec une longue robe noire, et une drôle d’écharpe parlait et la foule répondait. Depuis combien de temps se trouvait-il là, il ne savait le dire… Il lui semblait vivre un rêve éveillé. Quand la femme lentement s’approcha pour s’asseoir à côté de lui. Tiens, ce n’est pas une femme ! Quelle drôle d’idée de se déguiser de la sorte ! -Bonjour petit, tu vas bien. -Bonjour Monsieur, c’est la deuxième fois que je vous rencontre, décidément. -Là tu m’étonnes, mais dis-moi ce que tu fais là ? Pendant toute la messe, je t’ai observé. Tu n’as pas arrêté de marmonner… une étrange prière, une prière que je n’ai pas pour habitude de réciter en ces lieux. C’est l’alphabet que tu me récites là ??? -Oui l’alphabet ! cela je connais. Dans le parc après l’école j’ai rencontré un vieux monsieur qui m’a expliqué comment me rendre ici. Mais quelle maison étrange. Il m’a dit de m’asseoir au fond sur cette chaise et de parler à la dame en bois là. Il m’a dit de lui dire une prière et que cette prière serait entendue. Comme je ne connais pas de prière et que je ne sais pas encore lire le français. Je récite mon alphabet. Je ne sais pas les mots qu’il faut dire à la dame, pour qu’elle me comprenne. Je récite alors l’alphabet, elle en fera des mots ceux qu’il faut pour que mon père revienne à la maison. Je voulais maintenant que je suis grand, rencontrer le Père Noël et lui demander d’écrire à mon Père. Depuis toujours je crois… chaque année à la même époque, en souvenir d’Emilio, j’enfile un pantalon, une veste, un bonnet rouges et offre des cadeaux à tous ceux et celles qui gardent dans les yeux ce désir de croire aux rêves, rêves de bonheur, rêves de surprises,…peu importe. Et me voilà qui avance vers ces petiots à qui on n’a pas le droit de dire que les rêves n’existent pas. Pas le droit, pas maintenant en tout cas. Viendra le jour où les rêves d’enfants prennent une autre dimension, et là comme le petit Emilio, il sera temps de comprendre que tous les rêves ne se réalisent pas. Mais le plus important c’est de rencontrer une oreille attentive qui comprend que l’essentiel reste l’écoute. Et que ce cadeau-là on ne l’oublie pas…Jamais. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:30 conte n° 12 Chaque année la même promesse ...non tenue : "je ferai les achats de Noël avant la cohue des derniers jours" Et me voici, comme de coutume, en cette veille de réveillon, m'extirpant des embouteillages de Rennes. Pour gagner du temps je décide de prendre la route de Lorient puis de traverser la forêt de Paimpont. Passé le village de Plélan le Grand je bifurque à droite et j'entre dans les bois. Un vent de noroît précipite les flocons de neige, de plus en plus nombreux, sur le pare-brise, créant l'illusion d'une allure plus rapide que la réalité. Après deux ou trois kilomètres en direction de Paimpont des clignotants oranges barrent la route et un panneau indique, sur la droite, une déviation par une petite route forestière, étroite mais carrossable. -"Fichtre!" me dis-je à voix haute,"on nous dirige vers le château de Brocéliande! ce n'est guère mon chemin!" Une fine couche de neige recouvre la petite chaussée, vierge de toute trace de passage; je me sens bien seul. La radio devient inaudible, je cherche en vain une autre station: le silence! Passé une courbe j'aperçois deux lumières de chaque côté de la route, ouf je commençais à me sentir seul! Très vite je me rends compte que ma route s'arrête face à la grille d'une propriété éclairée par deux lanternes. Je m'arrête. J'ai dû me tromper. Je sursaute en regardant la pendule de la voiture : elle indique 21 heures! Ce n'est pas possible! même si ma montre me le confirme je n'ai pas pu rouler trois heures! Je n'ai pas le temps de raisonner, un homme grand et large d'épaules se dirige vers la voiture une torche électrique à la main. J'entrouvre la vitre, il me dit : "Bienvenue Monsieur, je vous attendais! suivez-moi nous allons ranger votre véhicule" Sans attendre de réponse, il ouvre la grille et me fait signe d'avancer et de le suivre vers un vaste parking contenant des dizaines de voitures. -"Mais ou suis-je ?" demandai-je en descendant. -"Vous êtes chez le Comte Alexis, voyons" -"Mais toutes ces voitures ?" -"Ce sont celles des personnes que le Comte héberge". -"ah bon ! le comte tient un hôtel ?" -"Le Comte Alexis est un hébergeur monsieur" Il m'invite à le suivre à pieds. Passé un rideau de sapins je découvre, illuminé, le plus insolite des châteaux que j'ai jamais vu : circulaire, conique, très haut, enserré par un large escalier extérieur en colimaçon. Comme nous nous approchons de l'édifice je constate qu'il fait de plus en plus chaud. Mon accompagnateur note ma surprise et me dit : -"Oui le Comte Alexis a décidé de chauffer l'extérieur, c'est plus simple, pour avoir chaud les occupants doivent simplement laisser ouvertes les fenêtres." Il y a beaucoup de monde, dans les appartements et dans l'escalier . Par groupes de dix à quinze personnes, les conversations s'animent, ponctuées de rires, d'interpellations, drôles ou sèches selon les cas. -"Ils sont sur leurs fils" me dit mon guide. En fait de fil, je n'en vois qu'un auquel sont suspendues des clochettes. Curieusement les gens vont d'un groupe à l'autre, leur arrivée, selon les cas est ponctuée de "Comment vas-tu ?" "où étais-tu ?" "tient un clone !" "toujours pas crevé vieux facho !" etc... Une dame, dans un duffle-coat impeccable appareil photo à la main parcours les groupes et mitraille à tout va. -"Elle fait de très beaux albums, me dit mon guide, je vous conseille de les consulter" Plus haut dans l'escalier des boissons nous sont offertes :du café "Elfe noir", de la menthe à l'eau, du jus de mangue du sud, du chouchen "Alizel", de la bière Stella, du Champomy, du vin de palme "dimi". Partout ça parle et ça s'agite comme à l'ancienne corbeille de la bourse du palais Brogniart. J'ai du mal à suivre les propos, certains mots me sont inconnus. Nous voici devant des appartements dont les ouvertures sont fermées par des grilles. A l'intérieur une intense activité règne: assis à des pupitres, en majorité des hommes, appuient de façon compulsive sur des croix rouges en émettant des borborygmes de satisfaction. L'un deux est assis sur un WC et tire frénétiquement une chasse d'eau. -"Ce sont les plonkeurs" me dit mon accompagnateur. - "Les planqueurs ???" -"non ! les PLONKEURS, ceux qui plonkent les posts sur les fils" Je n'y comprends rien, il poursuit : -"Au début le Comte Alexis se servait d'eux pour maintenir l'ordre dans les fils mais il se murmure qu'ils sont devenus incontrôlables et que le Comte voudrait bien s'en débarrasser. De temps à autre il en place quelques uns pendant sept jours aux oubliettes !" Nous continuons à gravir les marches. Dans un vaste salon des gens assis bavardent tranquillement autour d'un Rosé de Provence. Une femme joue du piano. Mon guide les salut : "salut Pat, salut Phil, salut Ptit'ange, salut Stella etc..." "des clans se sont crées me dit-il, là c'est le cercle de "La Bannière", un groupe d'amis, les plus agréables du château, de plus voyez ils laissent des places libres avec des verres servis pour ceux qui voudraient se joindre à eux. J'y viens parfois" Plus haut dans un autre salon la discussion est très animée, je ne saisis que quelques mots : "raciste" "fonctionnaires" " colonisation " " Sarkozy" "Royal" "fascistes" etc... -"Ce sont les polémistes me dit mon guide, ils sont incollables! il y a parmi eux un colonel, un professeur, un pilote d'avion, quelqu'un qui vit au Gabon, deux Bretons, un marocain musulman etc..., quand je veux apprendre je viens les écouter, mais quels râleurs !" Nous continuons notre ascension. Mon guide salut à tout va : "Salut Tsippo, Mag, l'ours, saba, jepe, alixe, dior, eve-anne" Plus ça va et plus j'ai du mal à comprendre ce qui se dit. Nous croisons un homme en cote de maille, "salut lejo" , un autre chauve tout sourire "salut Frank". Une fée apparaît, je questionne mon accompagnateur: "la Fée Viviane sans doute ?". Il reste hermétique à mon allusion. -"c'est la fée des houilles" me dit-il - "ah! bon !" Il salue encore: "salut Dimi, salut Nyotta, salut Micki, salut Markooooooooo" puis des noms que je cesse de comprendre : "salut "ig", "jynx" "^-^zaz" " Ylaïashen " "lui" "pour les moiselles" "amy09"." Je regarde ma montre : ma main, mon avant bras sont devenus noirs!!, je lève la tête, mon guide est devenu bleu, des gens alentours sont jaunes, verts, violet, rouges, oranges il y a même des blancs! Mon esprit vacille, je m'approche de la rambarde de l'escalier, dans le parc un immense miroir renvoie l'image du château et soudain je comprends!! Personne ne parle plus la même langue, nous sommes tous d'une couleur différente, nous sommes dans la tour de Babel! et en pleine forêt de Brocéliande! Soudain le Comte Alexis, entouré de ses gardes dont chacun porte un dossard: (modo n°1, modo N°2, modo N° 3 etc...) apparaît. Le silence se fait, Alexis parle: "Je vous héberge depuis des années! je vous ai tous donné la parole et voyez ce que vous avez fait de ce site! une vraie pétaudière! en conséquence j'ai choisi de vous appliquer le supplice de la tour de Babel !" Un silence glacé s'installe puis le Comte Alexis, après d'interminables secondes, ajoute : "Ce soir c'est Noël! je vous demande de méditer sur l'importance du respect de l'autre et par mansuétude, comme cadeau de Noël, dès que j'aurai disparu vous pourrez à nouveau vous comprendre et de plus vous pourrez choisir la couleur de votre peau!" Un éclair zèbre le ciel, le Comte disparaît, les conversations reprennent. Mon guide qui a choisi d'être noir me dit "au fait je me présente, Bass". | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:31  voilà, vous avez en tout 12 contes à lire pour cette année je remercie encore ceux qui ont bien voulu participer à l'élaboration de ce fil pour le plaisir de tous | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:32  je vous souhaite à toutes et à tous un très joyeux noël soyez heureux ! c'est le seul cadeau que je vous espère ...
rendez-vous au 6 janvier pour le résultat des votes | ^-^zaz - 227027  Publié le 24/12/2006 à 09:33  Tchô... merci et bon courage
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2006 à 09:33  je rappelle aux conteurs qu'ils ne se dévoileront qu'après le 6 janvier et après avoir reçu le feu vert de ma part ! pas avant ! par contre vous pouvez d'ores et déjà parier sur qui a écrit quoi !! | Fαŧαℓωεαρση - L'Amish Akulotàlenvair - 1471675 Publié le 24/12/2006 à 09:35  J'ai pas encore la lumière à tous les étages et je ne trouve pas : qu'est ce que le Père Noël a oublié dans les toilettes ? | 862644 Publié le 24/12/2006 à 09:36  Il t'a surtout oubliée, :mdr: | Fαŧαℓωεαρση - L'Amish Akulotàlenvair - 1471675 Publié le 24/12/2006 à 09:45  IG, le Père Noël ne m'a pas oublié. Il pense même à moi, tous les jours ou presque de l'année. j'en ai de multiples preuves. Ou bien est ce le bon dieu ? | -démi°°°° - 731109  Publié le 24/12/2006 à 10:15  mince alors...je viens j'en lis deux... j'écris mon message et m'en vais... il y en avait déjà d'autres déposés... Papa Noël... SOS... comment vais-je tout lire maintenant... j'ai pas le temps... je reviendrai plus tard... | ^-^zaz - 227027  Publié le 24/12/2006 à 14:39  Après les avoir lus et relus, je suis époustouflée par autant d’imagination et de sensibilité (pour certains). Trois m’ont touchés… affectivement je dirais le 8, pour l’humour le 9 et pour l’originalité et la pertinence des propos le 12. Pour ce qui est des auteurs, aucune idée quant aux maternités et paternités respectives… si ce n’est pour le mien ( ) J’attendais donc sagement le 6 janvier pour que nos conteurs se dévoilent enfin En attendant, merci à celles et ceux grâce auxquels nous avons le plaisir, une fois encore, de lire bien jolis contes de Noël Je ne pouvais pas clore cette contribution sans un mot à l’attention du forumeux anonyme auteur du « billet d’humeur », touchée par cette attention qui nous permettra de Citation: ne pas oublier ceux qu’on oublie alors qu’on ne devrait pas
Merci à vous tou(te)s et joyeuses fêtes de fin d'années
| zibeline - 1834225  Publié le 24/12/2006 à 15:35  moi aussi je vous trouve très doué et en favori numero 1 je mets 1,2,5 et 12 donc ça fait 4 médailles d'or et reste 8 en argent!le comité olympique va etre débordé! Bonnes fètes à tous | 1840006 Publié le 24/12/2006 à 16:32  ils sont tous tres bien et perso j'aurai bien été incapable d'en égaler un seul. Ils meritent tous la médaille d'or Par contre le 12 avec ses clins d'oeil je lui decerne sans hesiter la palme d'or de l'humour à tous les auteurs |
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