Papillon, prisonnier au bagne de Cayenne, Lors d’une de ses évasions, trouve le moyen de m’envoyer un mot. Mot banal au départ, auquel vient s’ajouter ensuite la témérité et la curiosité. Sans que je m’en aperçoive, il entre alors que l’accès est fermé. Comprenez par là, que je le laisse entrer car mon esprit, lui, est ouvert. Il extrapole sur mon âme qu’il trouve bien faite puis sur mon corps qu’il imagine De la même façon constitué. S’enchaînent les messages puis vient naturellement le besoin de le lire. Puis le besoin devient nécessité au point de me sentir perdue s’il ne m’écrit pas. Et les mots se transforment… Ils deviennent douceur et tendresse… Et je les prends, tous, avidement. Je viens de naitre… Puis, il prend conscience de son évasion et se dit qu’il faut retourner à Cayenne, Avant que ne viennent ses regrets et sa douleur. Et il me laisse avec le gout amer du fruit vert que l’on a tenté de gouter. Jamais évasion, et je parle de la mienne, ne m’avait paru aussi belle. Je sais qu’il regarde par la fenêtre de sa geôle, l’horizon qui se dessine. Et j’y pense…
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