|  |
Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 27/06/2004 à 14:19  Je prends la liberté d'ouvrir ce petit forum de bases économiques et historiques pour ceux qui en manquent. Le texte ci-dessous pourra sans doute en aider certains.Citation: "Déjà dans le monument juridique d'Hammourabi [1800 avant JC], on trouve des textes qui attestent la tenue des comptes, tel celui qui est relatif au contrat de commission et qui semble bien constituer l'obligation légale sinon de la tenue d'une véritable comptabilité, tout au moins, de l'enregistrement en forme de compte de certaines transactions" Longtemps exilé à mi-volée d'un escalier sombre, le code d'Hammourabi trône désormais en pleine lumière dans une des nouvelles salles assyriennes du Musée du Louvre. Dans la traduction de Vincent Scheil (Scheil, 1904, 17-18), les passages du code donnent : 100 - ... Le commis marquera les intérêts de l'argent autant qu'il en a emporté, et il comptera ses jours, et payera le négociant. 104 - Si un négociant a confié à un commis blé, laine, huile, ou tout autre denrée pour le trafic, le commis inscrira l'argent et le rendra au négociant. Le commis prendra un signé (ou reconnaissance) de l'argent qu'il a donné au négociant. 105 - Si le commis a fait erreur et n'a pas pris un signé (ou reconnaissance) de l'argent qu'il a donné au négociant, l'argent non signé (sans reconnaissance) ne peut être porté à l'actif. Il existe d'autres traductions (Colson, 1992) et il est intéressant d'en examiner quelques unes : Celle de A. Finet, (1973) par exemple, 100 - Si un marchand a remis à un commis de l'argent pour vendre et commercer, et s'il l'a envoyé en mission, le commis, au cours de la mission qui lui a été confiée, commercera. Si là où il est allé, il a eu du profit, il ordonnera tout le bénéfice qu'il a retiré et il fera le compte de ses jours, puis il désintéressera son marchand. 104 - Si un marchand a remis de l'orge3, de la laine, de l'huile, ou quelque bien meuble à détailler, le commis ordonnera l'argent et le rendra au marchand ; le commis prendra une pièce scellée mentionnant l'argent qu'il remet au marchand.
| Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 28/06/2004 à 03:20  Tiens, on en remet une couche sur ce que nos comiques involontaires Berg et Rif nomment ailleurs un vulgaire troc :
Citation: L'immense travail archéologique du début du siècle a permis de mettre en lumière les habitudes des sumériens et des babyloniens. Voyageant du bord de la Méditerranée aux confins de la Perse, ils avaient l'obligation de ne pas risquer de se faire voler l'argent liquide. Ils avaient déjà inventé la lettre de crédit qui leur permettait de limiter les espèces, et ils n'hésitaient pas à s'engager dans des contrats de sociétés où la répartition du capital et la distribution des bénéfices futurs étaient consignés. Le code d'Hammourabi n'était pas unique en son genre. On sait depuis 1947 qu'il avait été précédé de plusieurs autres, ceux d'Ur-Nammu (vers 2100 av. J.C.) traduit en 1952 par Samuel N. Kramer, [etc.] (...) 1.3. La rigueur de l'encadrement financier : fonctionnaires et formateurs Certains auteurs comme A. Dauphin-Meunier n'ont pas hésité à écrire que la tenue des comptes, mais aussi les comptes récapitulatifs étaient familiers aux gens de Sumer. La plupart des documents comptables mis à jour viennent des temples, comme le temple rouge d'Uruk. Les prêtres de Sumer ont "inventé" l'administration et le premier parlement, la bureaucratie, le droit et la jurisprudence, les procédures de contrôle (Kramer, 1957). Le temple était la pierre angulaire de la société et sa vie religieuse s'appuyait sur une activité commerciale importante. A. Dauphin-Meunier soutient que les "dieux-banquiers" étaient étroitement associés au commerce et à l'industrie. Cette association passait inévitablement par les dons, non seulement des simples sujets mais encore des personnages importants et des souverains. Du don spontané à la contribution forcée il n'y a qu'un pas qui fut franchi ensuite. Lorsque les contributions devinrent obligatoires, les temples titulaires de fortunes purent prêter à intérêt et l'affinement de leur technique bancaire permit de gérer les dépôts. Toutes ces opérations devaient être comptabilisées, des reçus étaient nécessaires, aux uns pour être en paix avec le ciel ou avec l'Etat, aux autres pour donner la preuve de la qualité de leur administration. L'historien imaginatif Edward Chiera (1938) a essayé de décrire l'atmosphère d'un bureau de comptabilité d'un temple babylonien d'il y a six mille ans (eh oui, Rif & Berg, un bureau de comptabilité d'il y a six mille ans ). Dans sa vision rétrospective, des rangées de scribes formés à la comptabilité, accroupis devant de petits tas d'argile, confectionnent des tablettes. Ils font essentiellement des additions partielles de colonnes de chiffres, récapitulées par mois et par an. Pour arriver à exercer cette profession enviable, ils avaient dû, pendant de nombreuses années, suivre un enseignement professionnel dans une école, "la maison des tablettes" en sumérien, réservée aux familles aisées, où jour après jour, le futur scribe préparait sa tablette quotidienne, copiant des modèles pour améliorer son écriture, l'apprenait par cœur et ensuite la récitait à un professeur assistant qui vérifiait l'exactitude de la copie, donnait des commentaires et des compléments méthodologiques. Tout ceci était supervisé par le "père de l'école" qui n'hésitait par à utiliser les verges et le fouet pour maintenir les élèves dans le droit chemin. S.N. Kramer pense que les scribes, futurs comptables, consacraient de nombreuses années, de la prime jeunesse à la fin de l'adolescence, à l'étude de la langue et de l'écriture, jour après jour, du lever au coucher du soleil. 2. Les premières techniques d'enregistrement et de reporting Des tablettes aux comptes, des comptes à la gestion, de la gestion à la centralisation du pouvoir financier, l'essence de la science administrative moderne est déjà présente dans les premières techniques d'enregistrement. 2.1. Les tablettes cunéiformes et l'émergence de la comptabilité et de la finance La technique d'enregistrement des comptes évolua durant ces quatre millénaires. Joseph H. Vlaemminck (Vlaemminck, 1956) note qu'au point de vue de l'écriture, les textes de la IIIe dynastie d'Ur (IIIe millénaire av. J.C.) que l'on possède en grand nombre, présentent un net progrès. Dès cette époque, les tablettes distinguent tous les éléments caractéristiques d'un compte : la nature des objets de la transaction, le nom des contractants, les quantités livrées, les montants totaux. De nombreuses tablettes vont même plus loin, en indiquant la situation de la période précédente (solde), les augmentations séparées des diminutions et le solde de fin de période.
Du troc, du troc, on vous dit Pour ne pas mourir idiots, messieurs : http://cref.montesquieu.u-bordeaux.fr/Nouveau%20Site/ARTICLES/Degos%201999.pdf | 1137322 Publié le 28/06/2004 à 05:06  sauf que l'on y trouve aucune trace de monnaie et encore moins de son "invention"
| Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 28/06/2004 à 11:12  1. La dernière histoire belge : "Mais vous êtes hors sujet ! Je cherche des informations sur la culture des céréales en Europe et vous me mettez dans vos chiffres un tableau sur la récolte du blé en France. Assurément, bonhomme, on tenait des tableaux de débit et crédit, calculait des taux d'intérêt, des pourcentages de commission à payer en argent, et tout ça, c'était pas de la monnaie. C'était le Saint-Esprit. C'était le troc. Merci de cette brillante révélation 2. Y'a pas eu d'invention du tout, en effet. Un énergumène ou deux nous "expliquent" (en se gourant au passage de plus de trois millénaires, mais on fermera les yeux sur leur ignorance puisque ça ne change pas le fond) qu'à une date y'avait pas de monnaie, et puis qu'à une autre il y en avait. Et pas d'invention entre les deux, non, non, c'est tombé du ciel également, tout comme les idées de la sandale, de l'engrenage, et certainement aussi du transistor à effet de champ. Je remercie ces créationnistes d'un nouveau genre. On passe en effet beaucoup trop sous silence l'intervention des dieux en économie  | Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 28/06/2004 à 12:05 
Citation: Remarque, peut-être qu'ils travaillent en ce moment
Je ne juge pas. Que chacun fasse de son temps ce que bon lui semble. Moi-même, je ne suis pas certain non plus d'avoir très bien organisé ma matinée  | Marny - 251831 Publié le 17/08/2004 à 23:02  Eduquons ! C'est une insulte à Toulouse, seulement. C'est comme clitoris ! C'est une insulte à Toulouse et région. Pour ceux qui ne comprendraient pas pourquoi, je me ferai une joie de l'expliquer ! |
Page 1  Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact
|  | |