L'amour aveugle

D’où vient cette expression ? Va savoir ! Cependant, elle revêt parfois une importance considérable dans la vie de certains couples. Tout vient, je pense, de ce que Stendhal appelait la cristallisation. Je vous rappelle en quelques mots ce que cela veut dire : La cristallisation, c’est “voir son partenaire tel que l’on voudrait qu’il soit, et non pas tel qu’il est réellement ”. La fin de la cristallisation, c’est cet idéal qui se brise, se casse. Tout se délite en petits bouts ; la vérité apparaît ; le rêve est brisé, lui aussi. La fin du couple est proche. Mais l’amour est aveugle, dit-on (plus précisément, celui (ou celle) qui aime ne veut rien voir). Car l’amour, s’il nous permettait de voir clairement, ne correspondrait plus à l’idée de l’amour qui nous arrange…

Alors l’amour, magnanime, corrige le tir en occultant la réalité : il intime l’ordre à l’esprit de se taire ; il lui bande les yeux ; il lui enlève son sens commun ; il lui montre une réalité qui satisfait son besoin de cacher la réalité. Car cette réalité peut nous faire mal, très mal. Non seulement elle peut révolutionner notre conception de ce que doit être l’amour, pour nous, mais, de plus, la réalité nous projette dans une évidence : nous nous sommes fourvoyés, sur l’autre mais aussi sur nous-mêmes.

Une femme surprise au sortir d’un appartement dans lequel, manifestement, elle vient de se livrer à une honteuse débauche avec son amant, s’explique avec son mari, fou de douleur : “ Ce que tu viens de voir n’est pas la réalité. Si j’étais chez lui, c’est parce qu’il a des problèmes en ce moment, et qu’il voulait en parler avec moi. Et puis, regarde-moi ! Oui, c’est cela, dans les yeux. Tu crois vraiment, moi ta femme, que je suis capable de te tromper, toi mon mari ?”. Bien entendu qu’il ne la croit pas (c’est trop énorme comme explication ! Un enfant de quatre ans aurait des doutes), mais son subconscient lui vient en aide, car il a envie de la croire du plus profond de lui-même ; du fin fond de son être, quelqu’un lui crie de la croire… sinon tout s’écroule. Et il n’a pas envie que tout s’écroule. Alors, il la croit. Il laisse s’apaiser sa douleur…(*) Certes, une petite lueur de doute subsiste, mais il a vite fait de l’étouffer sous des certitudes que l’amour lui obtient à un prix dérisoire. Le prix du silence.

J’ai pris l’exemple d’un homme trompé et crédule mais la femme, en matière de cristallisation, n’est pas en reste. Je pourrais vous aligner une dizaine d’autres historiettes (5 d’hommes, 5 de femmes) sans mal, mais un minuscule doute m’étreint : et si, dans ces exemples, vous reconnaissiez votre propre histoire? Ou la mienne ? Non, non, n’insistez pas, je ne peux pas prendre ce risque. Je vous "m’aime" tant !

(*) J’emploie deux fois “ douleur ” et non “ jalousie ”. C’est intentionnel. Car la première manifestation de la jalousie, c’est la douleur. Faites-en (la triste) expérience et vous verrez que j’ai raison.

Article original sur grOOnk


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