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La fillette hérisson

Impression :

(Détail)
Elle se nomme Kiko, ne se trouve pas belle pourtant elle a 20 ans et à cet âge là, toutes les filles sont jolies mais elle ne le sait pas, personne ne le lui dit.
Elle a de charmants seins en poire, qu'elle cache et écrase sous des chemises étroites, serrées comme des bandages.
Ses cheveux sont très longs, d'un tendre blond foncé, c'est sa seule fierté.
Elle ignore ses fines chevilles, ses jolis petits pieds, ses mains longues et belles, et elle est si timide qu'elle ne parle à personne. Elle a honte d'elle-même.

Elle vit à Cologne, au bord du fleuve Rhin, partageant un modeste studio avec un jeune amant nommé justement Loup. Ce nom lui va bien. Il est grand, souple et musclé. Son regard vert, aigu, ses yeux fendus, ses belles dents blanches et larges qui s'ouvrent sur une large gueule rouge quand il rit aux éclats, d'un rire sonore et long, aigu et modulé.
Loup ne sait pas aimer. Trop libre, indépendant, errant la nuit il laisse Kiko toute seule à l'attendre en larmes.
Elle a peur. Il va la trahir, l'abandonner, lui mentir.
Lui ne le sait pas encore, mais il le fera, sûrement. C'est son caractère de Loup.
Quand à Kiko, c'est dans sa nature d'être abandonnée, d'avoir soif d'être aimée et de ne jamais l'être.
Une nuit, Loup ne rentra pas. Il ne prévint pas Kiko, ne lui téléphona pas.
Elle attendit, hurlant son désespoir, cognant son front aux murs, usant ses ongles au bois des meubles, pleurant et gémissant.
Au petit matin, elle était vraiment laide, les yeux bouffis, les joues gonflées et molles, le nez rougi. Epuisée, elle accueuillit Loup dans les pleurs et les reproches. Il ne daigna pas s'expliquer, prétextant un appel du Patron, une mission, du travail. Loup ne travaille pas la nuit. Elle vit bien qu'il mentait.
Loup repartit après s'être changé, cette fois il se rendait vraiment au travail.
- " A ce soir" dit il dans un baiser distrait
Le bruit de la porte. Ses pas dans l'escalier. Il s'éloigne. Il est parti.
Elle est seule.
Elle pleure encore et encore. Elle sait qu'elle l'a perdu.

Soudain, une affreuse douleur la saisit au pied droit. Son gros orteil se met à enfler, à devenir brûlant, énorme, rouge et atrocement sensible.
Elle ne peut plus marcher. Elle ne pose plus le pied au sol sans pousser un cri. Elle ne peut même pas se chausser. Il fait froid, c'est le 12 novembre, le jour de son anniversaire, elle a 20 ans ce matin.
Elle boite chez le premier médecin du quartier qui l'examine et diagnostique :
- " P.C.E. "
- " Je ne comprends pas" dit-elle en tremblant
- " Polyarthrite Chronique Evolutive " explique le médecin. Il prescrit de l'aspirine et du repos.

Le lendemain, la douleur est montée également au genou droit. Il est devenu énorme, plus gros qu'une tête humaine. Quand elle appuie dessus, un creux se forme qui se comble aussitôt, comme si l'articulation était remplie d'un liquide épais et brûlant.
Puis, cela se propage au genou gauche.
Elle ne peux plus marcher sans hurler de douleur.
Loup ne reconnait plus la charmante jeune fille qui l'avait attirée, vive et pimpante. Elle est devenue grabataire, d'un coup.
Il doit la porter pour qu'elle fasse sa toilette, la porter pour aller aux WC, comme on fait avec une femme vieille et impotente. Loup n'en peut plus.
Kiko est comme une biche apeurée, elle ne comprend pas ce qui lui arrive, n'a plus aucune ennergie que celle utilisée à lutter contre la douleur, les douleurs ...
Elle a mal, si mal. Ses genoux sont raidis, comme deux blocs de métal en fusion. Elle a de la fièvre.
Loup décide de la faire hospitaliser.
Elle est prise en charge par un service de rhumamtologie allemand et plusieurs médecins se relaient autour d'elle.
On lui place une perfusion d'acide salycilique (aspirine) qui la rend encore plus malade. Nausées, maux de ventre et d'estomac, diarrhées.
Elle passe ainsi 2 mois allongée à subir des traitements aussi douloureux qu'inéfficaces. Un médecin optimiste vient parfois lui rendre visite pour lui expliquer sa maladie:
- " C'est très grave, Fräulein, c'est une maladie est auto-immune. Ce sont vos propres globules blancs qui ne reconnaisent plus les cellules de vos articulations. Ils se multiplient anormalement pour attaquer cartilages, os, nerfs, tendons et liquide sinovial qui sont ainsi détruits peu à peu, déformant en "Z" les doigts de vos mains, soudant ensemble vos orteils et vos os. Vous êtes en état inflammatoire permanent et vous pourriez finir dans un fauteuil roulant ! "

Merci toubib ! Voilà qui rassure Kiko.
Loup vient de moins en moins souvent la voir, à l'hopital.
Un jour de février, le dernier jour du carnaval, Kiko se souvient qu'il fait beau et que Loup vient la chercher.
A travers la vitre de leur 2Cv rouge, elle regarde au dehors. Les passants sont joyeux, costumés, maquillés. Certains en groupe, sont hilares et chantent en buvant de la Kölsh, cette délicieuse biere blonde de Cologne que l'on boit bien fraîche.
De la fraicheur, comme elle en a envie sur ses genoux brûlants.
La nuit, dans leur lit, Kiko ne peut trouver aucune position qui soulage la douleur, malgré un gros traversin placé sous ses genoux. Elle ne peut plus allonger les jambes.
Loup est agacé. Il a besoin de sommeil. Il se lève à l'aube pour aller au travail.

Loup est parti comme chaque matin. Un baiser distrait, un " à ce soir", le bruit de la porte, puis ses pas dans l'escalier et plus rien. Elle est seule.

Elle écrit une coute lettre qu'elle dépose bien en évidence sur la table de chevet, près du lit.

Elle passe un long appel téléphique puis commande un taxi qui la dépose à la gare principale, en ville, face à la majestueuse cathédrale gothique.

Elle est dans le train. Elle ne pense pas. Elle est comme assommée, hors d'elle-même. Ce n'est pas elle qui a pris cette décision, c'est son corps.

Arrivée en France, à Toulouse, ses parents viennent la chercher et la conduisent à l'hopital de Rangueil où elle passera encore 3 longs mois.
Mais, là, on la soigne mieux. Un profeseur se prend même d'amitié pour elle, il lui prête et lui emprunte des polars, sa seule lecture pour se "vider la tête".

On pratique dans ses genoux ponctions et infiltrations de corticoïdes, on lui injecte des sels d'or, on lui fait ingérer du Voltarène, du Solupred. Elle supporte vaillamment tout cela.

Elle n'est pas guérie mais "en rémission" quand elle quitte Rangueil. Très vite, elle trouve un petit appartement et un travail de secrétariat trilingue, en Ariège, pour une fabrique de textiles à l'exportation.

Loup vient la voir une seule fois.Puis, c'est elle qui lui rend visite à Cologne pour quelques jours de vacances.

Elle est dans ses bras après avoir fait l'amour. Loup s'est endormi. Kiko éprouve un grand vide, un énorme trou noir. C'est comme une vision, une réèlle sensation physique, comme si elle se penchait au-dessus du néant.

Elle comprend alors que l'amour est fini, c'est une certitude. Cela s'impose à Kiko comme une évidence, cela passe encore une fois pas le corps, par cette incroyable et étonnante sensation de vide et de noir absolu qu'elle vient de connaître pour la première fois.

Ses larment mouillent l'oreiller. Le lien est rompu.Il n'y a plus rien entre elle et Loup. Elle pleure en silence pour ne pas le réveiller.




(fin de la première partie)


écrit le 10.09.2010 à Avignon
par Tendramie

PS:
Si vous voulez une suite, il n'y a qu'à demander ....




Enregistré le 10 Septembre 2010 à 09:13
par 2637131

Oeuvre Originale

Auteur :
Tendramie

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