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Mladen - 595300  Publié le 13/08/2004 à 05:42  Vendredi, 5h13 du matin. Insomnie. Cela fait plusieurs nuits ou l'insomnie me hante, la nervosité me ronge, et dont je n'arrive pas à en trouver la cause. Dans deux ou trois heures, le jour se lèvera. Et je suis là, devant mon écran, hésitant à écrire mes mots malhabiles et ne pensant à pas grand chose. Un sentiment entre tristesse mélangé à des yeux qui ont peine à s'écarquiller. Il faut bien un début à cette chronique. Bien un titre pour m'introduire! Et finalement une personne effacée, ça me va bien. Et ça me rappelle un film que j'affectionne tant, de Jacques Audiard, dont le titre est "Sur mes Lèvres"! Rien que d'y penser et la musique du film est dans ma tête. Une musique lente, qui va si bien avec la solitude des personnages. Et Emmanuelle Devos est sublime dans ce film, elle, jouant Carla, une sourde qui fait le larbin chez un promoteur immobilier, elle, maladroite, et aussi effacée que moi! Avec le don de lire sur les lèvres des autres, de passer, discrète à capter les conversations des gens aux alentours. Des personnes qui vivent leur amour, des personnes qui discutent d'affaires, de dîners. Et des personnes qui la critiquent. Des lèvres qui remuent, détachant leurs paroles trop communes, syllabe après syllabe. J'adore cette héroïne, ou plutôt cette anti-héroïne! Celle qui subit les frasques de sa soi-disante copine qui lui prend pour un faire-valoir en lui donnant son bébé à garder, ou en lui demandant moulte et un services pour pouvoir se planquer de son mari qu'elle n'aime plus, afin de continuer à b.aiser sauvagement avec son autre mec qu'elle a rencontrée par hasard en boîte! Celle qui au détour du hasard, va connaître quelqu'un aussi décalé qu'elle, l'autre, qui a ce qu'elle n'a pas, et elle qui a ce qu'il n'a pas. Deux histoires de solitude passés, l'une trop morne, l'autre trop violente, pour une recherche de l'un et de l'autre dans une histoire si mouvementée, si tumultueuse, voire sanglante. Et pourquoi j'adore le rôle de Carla? J'en sais rien! Quelque part, au fond de moi, je lui ressemble au niveau caractériel, avec une vie que je trouve un peu morne en ce moment. Enfin, j'ai quand même de quoi m'occuper, entre les brochures récupérées à l'office du tourisme hier et la préparation de mon voyage. Et penser à sortir ce week end faire des choses qui m'intéressent. En attendant le retour à mon travail, mardi! Avec je l'espère, beaucoup plus de calme après des semaines mouvementés. 5h42, je sens la fatigue monter en moi, je vais aller dormir.
| 1102749 Publié le 13/08/2004 à 07:43  Tu écris bien, Santino! Et t'es pas si effacé que cela!Allons, allons.. un coup de blues?
| 1097266 Publié le 13/08/2004 à 07:46  Exact, j'aime bien, j'espère une chronique suivie | 792115 Publié le 13/08/2004 à 10:22  Superbe cette chronique Santino | Mladen - 595300  Publié le 13/08/2004 à 10:40  Vendredi, 9 heures du matin. A peine réveillé d'une fin de nuit trop courte et d'un sommeil profond, ou j'ai plutôt l'impression de sortir d'un coma. Une chose que je n'ai plus revécu depuis une dizaine d'années. J'en baille encore. Et l'estomac barbouillé. Me demande encore si je n'aurai pas des nausées aujourd'hui comme les jours derniers. allez, ouverture des volets roulants, pendant que la radio d'information continue diffuse la météo ce matin. Une météo variable avec averses et des températures de 22°C. Déja que la météo m'a joué un mauvais tour hier, en allant à l'office de tourisme. J'étais confiant par rapport aux prévisions. Je pars en T-Shirt, ne prenant ni parapluie ni K-Way. J'effectue le trajet en souterrain via le métro et le RER. Le temps est nuageux à mon départ. J'arrive en haut de la gare RER "Avenue Foch" à 16 heures. Je m'apprête à sortir et prendre un autre métro à une centaine de mètres plus loin, station "Porte Dauphine". Mais voila le déluge tombe, tout à coup! Pfff, quel bande de cons, ces politicards, ces gestionnaires des infrastructures de transports! Alors que l'on a fait des correspondances entre RER et Métro dans la majeure partie de la capitale, voila que l'on n'a pas daigné construire ici un tunnel pour se rendre à cette ligne de Métro! Tout simplement parce qu'une infrastructure des transports est étiqueté de la Régie Autonome des Transports Parisiens et que l'autre est étiqueté de la Société Nationale des Chemins de Fer Français. Des querelles qui se résorbent, mais il y a du travail à faire. Cinq, dix, 15 minutes de pluie à torrents, et autant de temps qui m'est compté jusqu'à la fermeture de l'office de tourisme, à 17h. Après 15mn, un accalmie se dessine et je sors enfin de la gare pour traverser la porte Dauphine et les contreforts de l'Avenue Foch. De l'autre côté, le boulevard des Maréchaux et la lisière du Bois de Boulogne. Les putes ne seront pas de sortie aujourd'hui, trop préoccupées à s'abriter du déluge. Mais aussi trop préoccupées à s'abriter d'autre chose, des descentes de police qui, je suppose, ont commencé à nettoyer le terrain. application de la loi sur la sécurité intérieure oblige. Dommage, ça donnait une curiosité assez drôle dans ce 16e un peu mort! Ceci, je ne suis pas amateur. Enfin, les escaliers de la station "Porte Dauphine", le passage au portillon, l'accès au quai et l'entrée dans une rame qui ne tarde pas à partir. Prochain arrêt : Victor Hugo. Descente à cette station. Sortie sur la place. Et la pluie repart de plus belle. Plus le temps de faire marche arrière, je m'engoufre dans l'avenue Victor Hugo, m'abritant sous le peu de stores déployés et les renfoncements d'immeubles. Je déteste l'orage. J'en ai toujours eu une peur bleue qui remonte à des vacances en famille en Italie, il y a longtemps. Le temps passe et je suis à la recherche d'un office de tourisme ayant pignon sur rue, au 48 de l'avenue. J'interromps ma marche au carrefour avec la rue Paul Valéry, sous un store devant l'enseigne d'un traiteur connu. Trop de pluie, mes vêtements s'alourdissent, imbibés de l'eau de pluie et de la moiteur de ma peau causé par ce temps lourd. toujours pas d'office de tourisme donnant pignon sur rue. Je remonte l'avenue, direction Arc de Triomphe, jusqu'à temps de ne plus trouver de carrefour avant la Rue de Presbourg. Rien! Mais c'est pas possible, sur l'annuaire électronique, il y a bien un pignon sur rue et c'est à l'angle d'un carrefour. Je regarde les numéros, je suis remonté trop loin et je reviens vers le 48, toujours sous cette pluie de m.erde! toujours pas de pignon sur rue. Je rentre chez le traiteur pour demander, en vain. Même chose dans un bar à côté! J'étais venu avec mon guide du routard, et alors qu'auparavant j'avais lu qu'il n'y avait pas ces coordonnées, voici que je les retrouve, avec un numéro de téléphone que je m'empresse de composer sur mon portable. Pas de chance, c'est une boîte vocale qui me répond! "Office de tourisme, nos bureaux sont ouverts du lundi au vendredi de 9h à 12h30 et de 14h à 17h. L'accueil du public se fait uniquement l'après-midi et nous ne prenons les appels téléphoniques uniquement le matin. Il est 16h40. Alors j'inspecte les numéros d'immeubles avoisinnants. Tout cela sous une pluie battante. 52, une porte. 50, une autre porte. Puis une troisième porte dont enfigure pas de numéro, le carrefour, puis le 46. Je reviens à la porte dont le numéro n'est pas indiqué, inspecte les sonnettes. Comme par hasard, l'office du tourisme y est. Il reste un quart d'heure avant la fermeture. Je sonne. Personne au bout. Je ressonne. encore personne. Jusqu'à ce que je rentre à l'improviste dans l'immeuble, aidé par une personne qui entre. Tant pis, j'entre et je verrai bien. Et le gardien m'accueille. "L'office du tourisme, s'il vous plaît?" "Au fond du hall, la porte à droite" Je sonne à cette porte, un homme jeune m'accueille, dont la provenance est visiblement locale vu le teint bronzé et l'allure. Je rentre et suis surpris de l'exiguité des bureaux, ainsi que du peu de personnel qui tient l'office. Je n'ai plus le temps. Fatigué de mon parcours, ma tête semble un peu vide et les mots me manquent. Je me contente de demander de la documentation pour un hébergement chez l'habitant dans la ville de séjour. Il me donne les brochures. Et me dit simplement que les personnes sont plutôt anglophones en plus de leur langue. Et je m'en vais. Retour à la case maison, en prenant le même trajet. Gare Avenue Foch. Des hauts-parleurs animant les quais par une station de radio diffusent les infos de 17h. Au menu, Zidane qui part de l'équipe de France, les combats à Nadjaf, la météo, et une info supplémentaire sur un pays en vogue au niveau vacances...et qui s'avère être mon pays d'accueil. Alors que j'entends le début de la phrase "ce pays s'attend à un dépassement des capacités au niveau touristique que...", le train entre en gare et je n'entends pas la fin. Je rentre, me recale sur cette station de radio. Elle ne diffusera plus cette info! Pffff... Retour à mes habitudes. Le soir vers 21 heures, reprise de la pluie, alors que je m'apprêtais à sortir danser en plein air, sur les quais de seine, lors de Paris-Plage. encore raté! Lecture des forums. Pas grand-monde. Et pas grand chose qui m'intéresse, en plus d'un temps à la noix. Pour les séances de ciné, c'est aussi raté à ces heures tardives. Je pense un moment dans ma tête à raconter mes chroniques de vacances, des carnets de route comme une autre forumeuse a commencé à écrire. Cette pensée m'emporte et me fait ressortir la pièce de soie turque que j'avais pris lors d'un de mes précédents voyages, et que je n'ai toujours pas accroché sur un des murs du salon. elle est toujours aussi belle, cette pièce de soie. Un tapis en miniature, signé. deux oiseaux face à face, deux papillons, et une corbeille de fleurs, le tout sur un fond noir entouré de frises diverses. Je la caresse encore aujourd'hui. Le tissu est resté doux, cinq ans après. Lui aussi me donne envie de retourner dans le sud, même si je ne retournerai pas en Turquie, mais plutôt ailleurs, soit en France, soit dans un autre pays proche de mes traditions et mon culte religieux. Le sud, un nom tellement évocateur pour moi que le fait d'habiter dans le nord est resté, dans mon être,... ...une anomalie!
| 1102749 Publié le 13/08/2004 à 10:47  Oulalala! Je suis contente de ne pas habiter à Paris! Sympa, ton journal! | Mladen - 595300  Publié le 14/08/2004 à 09:40  Samedi, 9 heures du matin, Enfin une nuit sans insomnie. Il fallait bien que ça s'arrête, mais je me demande encore pourquoi j'étais si nerveux ces derniers jours de telle façon à dormir peu et à me réveiller à 3 heures du matin. Bon, qu'importe. Hier c'était la cérémonie des jeux Olympiques à Athènes. Et pour tout dire, je fus bluffé par rapport au manque de préparation et au fait que les Grecs n'avaient pas fait de répétition au préalable dans ce stade flambant neuf. Finalement tout sera réglé comme du papier à musique, dans des tableaux qui rappellent plus la cérémonie des JO d'Albertville que d'autres JO qui misent sur les figurants. Une dimension très esthétique, très théâtrale, et finalement très réussie. Et Bjork qui avec tant de grâce, interprétait la chanson des jeux, une chanson magnifique pour une artiste qui représente cette pureté, qui cadrait bien dans l'esprit de cette cérémonie,... et que j'aime beaucoup (même si je n'ai pas encore ses albums). Néanmoins le défilé des athlètes était un peu longuet quand même. Et trois heures et demi de spectacle est pour moi un peu lassant, même si c'est un beau spectacle. Ca a le mérite de récompenser Gianna Angelopoulos, dont on entendait parler qu'elle était une "dame de fer" dans ce pays. Mais qui m'a aussi vraiment impressionné de droiture, de fierté et de domination, même sur le président du CIO, Jacques Rogge! Elle vaut bien son surnom de Dame de Fer en plus de sa beauté qui fait accentuer sa droiture! Une sorte de défi au temps, à 50 ans, et de défi à tout. Et des ambitions très appuyées tant son discours d'investiture au JO était un discours très politisé, très patriotique, très dure. On la verrait bien comme la déesse Athéna tant la ressemblance est frappante au niveau comportemental! Athènes! Ca aussi c'est le sud, mais j'aime moins cette ville et sa chaleur étouffante accentuée par la pollution. Je me rappelle bien, c'était en 1993 au mois de septembre, lors d'un court séjour dans le cadre de vacances là-bas et d'un circuit recouvrant la majeure partie du Péloponnèse. Logé Hôtel Aristoteles, pas loin de la place Omonia (je crois qu'il est situé sur l'avenue Aharnon). Ce qui est frappant, c'est la chaleur étouffante et les températures qui ne baissent pas la nuit dans cette cité. Alors que lors de mes étapes de mon circuit et mon séjour qui venait après, l'on était obligé de mettre une petite laine au vu des différences de températures. Mais à Athènes, non! Dans la journée, en Septembre, les températures avoisinent voire dépassent les 30 degrés. Mais en soirée et vers minuit, les températures baissent peu, vers 25 degrés! Exemple frappant lorsque je me suis promené du côté de Stadiou, vers la Place Sintagma, ou sur Athinas, en direction de Plaka et du nord de l'Acropole. Et finalement, la ville a vraiment un aspect laid. On dit que c'est une ville de béton et cela est vrai! Le centre ville et la place Omonia est moche, les rues et avenues se croisent à angle droit, les façades sont neuves et neutres, mis à part certains lieux officiels à l'architecture néo-classique. Et bien sur, mis à part Plaka, le "vieux" quartier avec les ruelles. Mais là aussi, Plaka est un cliché, un attrape-touristes comme pas possible, avec chaque restaurateur attendant devant leur office et se vantant de la véritable cuisine grecque et au final te sert une cuisine bien trop huilée et dont le service n'est pas si aimable que ça! Désolé les Athéniens, mais je préfère les restaurateurs qui nous ont accueilli du côté de Nafplio (Nauplie). Leur agneau est mieux préparé et ils savent mesurer avec l'huile. Les sites antiques m'ont aussi déçu, tellement les différentes croisades, l'empire Byzantin et les guerres ont mis à terre ces joyaux dans leur pays d'origine! Contrairement aux pays extérieurs, dont son voisin, la Turquie avec Ephèse surtout, et la Sicile. Mis à part le théâtre d'Epidaure qui est resté presque intact, ouf, ainsi que le Canal de Corinthe qui est impressionnant de profondeur (mais l’œuvre de Ferdinand de Lesseps est certes plus récente)!! Mais le reste, L'Acropole, Olympie, Mycènes, Delphes, sont vraiment à terre! Et il faudra des années pour tout reconstituer, encore faut il fouiller pour retrouver les bonnes pierres qui s'imbriquent entre eux, faut-il qu'il reste de l'argent pour continuer les fouilles, et faut-il qu'il n'y ait pas de conflit majeur ou de séisme. Nan, mon sud, c'est autre chose! Mon sud, c'est un état d'esprit d'une douceur de vivre, d'une Dolce Vita, d'une authenticité et d'une main sur le cœur. Mon sud, c'est un soleil et une mer bleue, et un arrière pays chantant dans les collines et les montagnes. Dans une végétation d'oliviers et de fruits. mon sud, c'est un raffinement, des petits arrangements, des accommodations. Une patience doublé d'une persévérance. Et mon sud, ce sont surtout mes origines, ma Sicile qui va au marché le matin ou se lève tôt pour régler les affaires courantes, qui fait la sieste l'après midi tant la chaleur est étouffante, et qui sort se promener dans les rues et avenues, les parcs la nuit, et s'asseoir dans les cafés pour prendre une boisson rafraîchissante tel que du sirop de lait d'amandes accompagné d'eau, du Marsala aussi, ou des glaces, et parmi elles, de la "granite", une sorte de glace pilée et mélangée avec du jus de citron ou d'autres jus ou sirops. Et je me demanderai toujours pourquoi ma famille est venu vivre dans le nord de la France, tout en ayant les deux mêmes réponses à cette question : le travail, et le fait que mon père voulait rejoindre une partie de la famille qui a aussi émigré au nord pour les mêmes raisons!
| 539788 Publié le 14/08/2004 à 10:22  | p_carlow - 913080  Publié le 14/08/2004 à 21:33  bentiens! tu sais, Santi? à force de t'effacer comme ça, tu vas te révéler... mais, bonhomme (dans le sens cathare du terme), tu le mérites bien!!
| Mladen - 595300  Publié le 15/08/2004 à 12:32  Dimanche, midi Une deuxième nuit où j'ai bien dormi. en net progrès par rapport à l'atténuation de certaines de mes angoisses et en relative bonne forme ces derniers temps. Mieux que mercredi où subsistait une crise d'hypotension. Encore une autre parmi toutes celles que j'ai eu. et évidemment quand cela subsiste, il n'y a rien à faire. Seulement se reposer et laisser passer la crise. Mais je pense avoir la raison qui fait que je dors mieux. Aujourd'hui dimanche, encore deux jours de congé avant la reprise, Mardi. Et une semaine qui se passe vite en ayant l'impression encore une fois de n'avoir pas fait grand-chose et d'être dépassé par le temps et les évènements. Cela se rajoute à un effet de crise qui se produit tout au long de cette année, une sorte de remise en question où j'ai l'impression de patauger dans la semoule dans tous les aspects de ma vie. Et avec la solitude et des pépins successifs de santé, il est difficile de se motiver à nouveau pour refaire les activités que l'on pratiquait avant de manière régulière tant la motivation est éradiquée. On a l'impression d'être coupé de ses désirs tant on patauge dans cette impression de crise. On est même plus maladroit à taper sur ce clavier pour rédiger les mots (les maux?) que l'on a dans la tête. On perd un peu de confiance en nous. Mais bon, c'est juste un moment à passer, plus ou moins long. Un jour, je trouverai l'issue de ce tunnel et l'intense lumière qui jaillira au loin. Et je n'ai absolument pas besoin d'un "parent sauveur" pour me consoler ni essayer de m'assister, tout simplement parce que d'une je n'ai jamais aimé que l'on me traite comme un gosse et je n'aime absolument pas les mères ou les pères spirituels, mais les collaborateurs et les partenaires de vie qui se comportent en tant qu'êtres adultes; et de deux, parce que je suis aussi une personne qui aime les défis et que j'ai eu pas mal d'épreuves et d'obstacles que j'ai franchis pour en arriver là, pour prouver qui je suis intérieurement. Et mes objectifs ne sont pas abandonnés, certains ont été décalés dans le temps, le temps de mieux vivre. Alors, un défi de plus m'importe peu, finalement! Mais bon, c'est vrai que j'en ai un peu marre des défis, faudrait qu'ils me laissent tranquille de temps en temps pour pouvoir vivre pleinement! Je repense à mon père! Il est vraiment parti trop tôt, à l'âge de mes 18 ans (j'allais sur ma 19ème année). Mais les conditions de sa disparition ne m'étonnent pas et je dis toujours qu'il est mort à petit feu. Le début de son agonie avait commencé 5 ans auparavant, quand il s'est retrouvé licencié à 50 ans après 21 ans de services dans une cartonnerie qui à la fin avait pas mal abusé de lui. Je me rappelle bien les venues à 3 heures du matin de certains de ses collègues, sonnant plusieurs fois et frappant plusieurs fois à la porte pour le déranger, tout simplement parce qu'il y avait une machine en panne. Et dérangeant toute la famille. Il y avait peu de personnel d'astreinte, et bien souvent ce personnel n'était pas qualifié pour réparer les machines. alors l'on se retourne à chaque fois sur la solution de facilité. Quant aux questions concernant le droit du travail et l'aménagement des horaires, je ne pense pas que cette entreprise la connaissait. Mais mon père se laissait faire de toutes ces pressions de ces petits chefs, et avait accumulé. Cela s'est traduit par une hernie discale, une hernie hiatale. Et plus tard un ulcère qui allait de mal en pis. Là aussi je pourrais raconter les épisodes de vomissements nocturnes ou en soirée qui subsistaient en pleine crise à raison de une à deux fois par semaine. J'entendais tout de ma chambre juste à côté des WC. Et un jour d'avril 1983, on le licencia! Il y eut cette image de mon père et d'un collègue, délégué syndical, qui chercha les procédures pour contrer ce qui était pour lui (et qui était justifié) un licenciement abusif. Alors que le motif du licenciement était pour un cumul d'absences maladie excédant le code du travail dans une année calendaire. Sauf que le code du travail établit qu'un cumul d'absences maladie supérieur à 6 mois sur une année calendaire peut être un motif de licenciement, et encore si ces absences maladies ne sont pas considérées comme accident du travail. Mon père avait en tout et pour tout 3 mois d'absences maladie, sur deux années calendaires. Ce fut après des batailles juridiques qui commençaient, des négociations à l'amiable avec une indemnité que l'entreprise voulait donner pour calmer cette procédure, des manifestations au sein de l'entreprise, une écriture au ministre du travail dont la réponse constituait à dire à peu de choses près "dém.erdez-vous", la saisie du conseil des prud'hommes pour justifier le licenciement abusif, une proposition de travailler, mais à 400km de la maison que l'on avait pas fini de payer...et un abandon de mon père à poursuivre ces procédures parce qu'il ne voulait pas s'éterniser à se battre. Alors commença le début de sa lente agonie! Des écritures à diverses entreprises soit sans réponse, soit avec une réponse négative ou des entretiens négatifs avec pour même motif "vous êtes trop vieux". Encore des batailles pour se faire reconnaître en invalidité avec des refus de la caisse d'assurance maladie (on le reconnaîtra quand même à la fin), des petits boulots de réparation de bagnoles pour des particuliers (bien souvent des R5), d'autres petits boulots de bûcheron. Mais sans résultat particulier. Alors il commença à fumer, et devient de plus en plus malade. Deux interventions d'urgence au cours duquel il n'avait plus que 5 de tension et vomissait à cause de son ulcère dans un état semi-comateux. Une bronchite, mais qui s'apparentait plutôt à une angine de poitrine (le bénéfice est qu'il arrêta de fumer du jour au lendemain), un accident lors d'un coupage d'un arbre qui lui frappa le tibia et le sectionna (plus de peur que de mal). Et puis l'ultime... J'étais parti passer un concours d'admission à une école d'ingénieurs, à Brest. Et mon père devait se faire opérer d'une cataracte, une opération bénigne, un jeudi du mois de juin. Il fut transporté à la clinique ophtalmologique St Victor, à Amiens, la veille. Son apparence allait mieux, il ne fumait plus depuis un an et son ulcère avait décidé de le laisser tranquille aussi depuis un bon bout de temps. Entré la veille. Le médecin lui demanda s'il voulait une anesthésie générale ou locale. Il répondit "générale", au vu de ce qu'il avait subi auparavant et que tout s'était bien passé. L'opération commença le jeudi matin, à 8h. Phase d'endormissement du patient. Tout se passe bien. Puis vient le moment ou le chirurgien doit faire sa première incision. Et lors de celle-ci, du sang d'un aspect étrange s'échappa. Alerte! Le pouls est devenu faible. Tentative de réanimation du patient, impossible avec les moyens de la clinique. Appel d'urgence à ma mère "Madame, il faut que vous veniez vite à l'hôpital sud, il y a un problème avec votre mari et l'on est obligé de le transporter là bas" "que se passe t'il!" "Il y a un problème, on est obligé de transporter votre mari à l'Hôpital Sud pour le réanimer, venez vite". Puis transport en ambulance à l'hôpital sud, situé à 4 km de la clinique. Le pouls devient de plus en plus faible puis plus rien. Massages, fers déclenchant un électrochoc, rien n'y fait. A plusieurs reprises, en augmentant l'intensité. "Allez-y, encore une décharge, augmentez les doses", "pas encore chargé....chargé", "Allez-y", boum. "Toujours rien". "On renouvelle"...chargé...allez-y, boum...rien, on réessaye... Jusqu'à temps que le docteur dit "C'est fini". "Je déclare le décès du patient à 09h23" avec l’expression livide, caractéristique d’avoir échoué alors que l’on a fait ce que l’on a pu. Il était encore dans l'ambulance, sur le trajet vers l’autre établissement. Ma mère, une de mes sœurs, et un ami a eux se présentent vers 10h30 à l'hôpital sud. Le professeur leur expliqua le déroulement et que le temps qu'ils transportaient le malade, il était trop tard. et la première réaction que l'on a face à cela, c'est de refuser la fatalité, de puiser les circonstances avant le drame, et des circonstances qui n'étaient pas normales et qui pouvaient aboutir à une erreur médicale. Pourquoi le dossier médical n'a pas été transféré à temps alors qu'il pouvait interpeller le chirurgien et lui faire obligatoirement décider à faire une anesthésie locale, surtout pour une affection si bénigne? Pourquoi le chirurgien n'a pas décidé de lui même? Pourquoi la clinique ophtalmologique n'a pas le matériel de réanimation nécessaire, de telle façon à ce que l'on conduise un patient mal en point à 4km de ce lieu? Pendant ce temps là, j’avais loupé mon concours d’admission, ne m’étant pas présenté à une des épreuves à cause d’un réveil tardif de l’ensemble du groupe qui campait à Plougastel. Nous n’avions pas réservé d’hébergement et nous avions décidé de partir à l’aventure, avec des villes vues et pas mal de rencontres dans notre périple. Nous en avions profité pour remonter la côte bretonne, au nord du Finistère. Le Conquet, la Pointe du Corsen, Ploudalmezeau, Portsall, Argenton, St Pol de Léon, jusqu’à la remontée vers Morlaix, le trajet sur la voix autoroutière jusqu’à St Malo, la visite de la cité malouine, et le départ pour Amiens, jeudi en fin d’après-midi. Ce fus un pur moment d’évasion par rapport à des conflits entre moi et le reste de la famille dû à une adolescence difficile. Je n’avais pas donné de nouvelles pendant 4 jours. Arrivé vers Avranches, chacun devait donner des nouvelles à leur familles. Mes copains étaient étonné de mon attitude à ne pas vouloir donner de mes nouvelles, et mirent 10 minutes pour négocier et me convaincre, j’étais accompagné de l’un d’eux dans la cabine téléphonique au cas où la relation s’envenimerait. Décrochage du combiné, introduction de la carte téléphonique, composition du numéro, sonnerie. Ma deuxième sœur décroche, me demande où j’étais et me dit de vite venir, ce à quoi je réponds violemment en leur disant qu’ils savent ou je suis. A ce moment l’ami reprend le combiné et discute avec elle, lui explique la situation, et calme les tensions, puis me repasse le combiné afin que je dise que je serai là le lendemain midi. Derniers aux revoirs, et je raccroche. Je ne sais toujours pas ce qui se passe. Poursuite du trajet. Caen, Rouen, où nous rencontrons d’autres personnes, puis Amiens, retour dans ma chambre chez l’habitant avec en prime un mauvais accueil de ma logeuse, une personne âgée et acariâtre qui comme d’habitude, épie mes faits et gestes depuis un an ! Vendredi matin, retour à la maison. Descente du train dans mon village, poursuite de la route à pied avec mon sac, jusqu’au carrefour à coté de la demeure. Je vois ma grande sœur apparaître en pleurs, me disant « Faut être fort ». Je lui réponds « Pourquoi ? », « Papa il est mort !». Grand étonnement de ma part, visage figé, mais pas de pleurs. Arrivée à la maison, ma mère en train de gémir, mon autre sœur sanglotant, mon oncle me serrant contre lui un moment avec pour moi comme réaction de l’écarter tant je n’aime pas que l’on me serre. Les volets fermés. Les visites incessantes des amis, des collègues et leurs entrées dans la pièce qui tenait lieu de chambre funéraire. Les demandes si je voulais aller le voir ou pas, ce auquel je n’avais pas tellement envie (je ne le verrai finalement pas dans son cercueil). Les demandes insistantes (qui étaient un peu comme des obligations) si je voulais m’isoler et pleurer (je ne pleurerai pas la mort de mon père, même si je fus affecté après). Et l’enterrement, lundi, avec une atmosphère absolument bizarre avec ma mère effondrée, les pleurs de ses amis, et la mise en terre qui me fait repenser à la fin d’une musique de Genesis dans un de ses albums, Duke. Oui, une impression bizarre, qui est finalement indescriptible!
| 702985 Publié le 15/08/2004 à 21:26  Merci pour ce style si visuel et foisonnant... Merci pour le Sud... Touchée de telle(s) confidence(s). | 634723 Publié le 16/08/2004 à 18:13  en tout cas pour une personne "effacée", tu n'as rien gommé et c'est vraiment touchant tout ça un peu de mal à dire ça après ce que tu viens de raconter, mais..... c'est bjork qui a chanté aux JO? je l'adooooorrrreeeeeeeeee | Tichou - 609844  Publié le 16/08/2004 à 18:36  je viens de lire, et je suis profondément émue, profondément touchée... parce que je la connais cette cartonnerie là, parce que je ressens aussi ce sud qui devient le mien. Tes confidences sont sublimes Santi. Merci. Merci beaucoup.  | 702985 Publié le 16/08/2004 à 23:57 
Citation: c'est bjork qui a chanté aux JO? je l'adooooorrrreeeeeeeeee
Ouiiiiiiiiiiiiii ! | 1097266 Publié le 17/08/2004 à 01:13  C'est bien Santino, j'aimerai pouvoir me livrer ainsi.. | 588138 Publié le 17/08/2004 à 01:31  Il faut avoir la force d'écrire et remonter les souvenirs ce n'est pas facile. Merci Santino. J'ai une remarque au bord des lèvres, mais je te laisse continuer ta chronique. Je ne veux pas couper ce fil, pas te troubler... Bravo, il faut du courage. | amitiés-59-62 - 947205  Publié le 17/08/2004 à 02:40  santino | p_carlow - 913080  Publié le 18/08/2004 à 10:16  ya pas: c'est du sincère pur jus... | Rubis - 1012529 Publié le 18/08/2004 à 13:56  | Mladen - 595300  Publié le 20/08/2004 à 00:21  Jeudi, presque minuit, Bon dieu, cela fait quelques jours que je ne suis pas revenu ici. Où étais-je passé dans ma tête? Ah oui, à la fois aux J.O. et à me soigner d'une grippe intestinale! D'ailleurs cette dernière aura été foudroyante! A peine revenu au travail, voilà que je me chope un virus, et qu'à mon tour je pars en nausées et vomissements. Apparament je trainais cela depuis une semaine. Et ce qui est drôle et triste aussi, c'est d'avoir récupéré deux symptômes dont mon père souffrait : l'hernie hiatale, et l'ulcère. Mais concernant ce dernier, il me laisse tranquille depuis un bon bout de temps maintenant. Punaise, faut encore que je réserve mes vacances! Y'a pas à dire, je suis complêtement dépassé par les évenements cette année, et en tout! Aussi bien dans ma vie professionnelle que dans ma vie personnelle, avec en prime des pépins de santé. Pourvu que cette année se termine et que j'en passe à une autre, mille fois mieux! Enfin tout n'est pas négatif! J'ai pu me distraire et me faire de nouveaux amis. Et j'ai hâte de rencontrer une personne ce dimanche avec qui j'ai pas mal dialogué par messages instantanés. Une personne que j'estime beaucoup et qui n'a pas eu une vie facile ces derniers temps. Là aussi je n'ai pas tenu ma promesse de la contacter en début de semaine. Faut que je la contacte. J'avais parlé des J.O., et les épreuves qui m'attirent le plus sont les épreuves de natation, et j'adore ce sport, même si je n'ai pas eu souvent le temps de pratiquer ces derniers temps. Vraiment génial, ce parcours et cette lutte dans un autre élément que l'air, ces corps si bien dessinées qui nagent dans un si bel esthétisme, ces êtres poissons qui avancent comme des torpilles avec des gestes, si je puis dire, si bien coulés. Efficace et esthétique à la fois avec des mouvements même s'ils sont rapides ne sont absolument pas hachés. Et puis évidemment j'aime l'élément eau. Or le paradoxe, c'est que je n'ai appris à nager que très tard. Je me souviens des cours d'EPS au collège, en 5e. Et alors que je détestais les disciplines comme le cross ou la gymnastique, ou que lorsqu'il y avait des séances de foot on me désignait gardien de but et que ce poste me pompait un peu, ce n'était que lors de cette classe que je fis connaissance d'une piscine couverte située à 20km du collège, dans la ville voisine. Et à chaque fois le contact avec l'eau était un moment d'évasion, surtout un moyen de me différencier de mon entourage familial qui ne savait pas nager. Mais les séances furent trop brèves, à raison d'une demi heure tous les 15 jours, et ceci seulement pendant un trimestre. Depuis, je n'ai plus nagé à nouveau, jusqu'à ce que j'arrive à Paris et que je puisse faire les sports que je voulais. Ca aussi fait parti de mes rêves : vivre non loin d'une mer chaude. La meilleure sensation fut l'Océan Atlantique à Cayo Guillermo, une île cubaine. 27° dans l'eau, et quelque fois plus frais à l'air ambiant, ce qui fait que je pouvais rester de tres longs moments à nager, faire la planche et rester là, à me laisser envahir par ces sensations douces des vagues, des faibles courants. Qu'est ce que j'aurais aimé être comme eux, avec un corps si bien sculpté par la quantité d'effort dans les eaux, et avec une souplesse. Aussi c'est vrai que j'ai mes préférés. Et au niveau de ma nageuse préférée, c'est incontestablement Inge De Bruijn. Joli corps, mais aussi joli visage, très glamour. Quoique je pense qu'elle a du faire un maquillage permanent! Mais bon dieu, qu'elle est belle, en plus d'être talentueuse! Je ne sais pas si elle renage d'ici à la fin de cette discipline, mais j'ai hâte de suivre tout comme j'ai hate de suivre l'aventure des Français dans cette discipline qui a l'air de bien leur réussir cette année. Et bravo encore à Laure qui est olympique avec ses deux médailles dont une d'or! Et pourquoi pas une troisième??? ---------------------------------- J'ai eu ma "grande soeur" au téléphone. Je parle d'elle comme ma "grande soeur", tout en disant que c'est une amie que j'admire. Je suis vraiment content, et elle est maintenant heureuse après avoir passé tant de soucis. Elle qui était protectrice et qui veut être protégée. Elle qui se définissait comme une parmi la multitude, comme une ombre de passage sur la perennite, ancienne sorcière devenue fée! Elle et ses filles, et maintenant ses petits enfants! Elle qui est heureuse maintenant et que j'aimerais bien revoir bientôt, dans le sud! ...Et nous retournerons sur bord du bout du monde Entendre les vagues qui frappent le port de Callelongue Sentir les brises marines orienter les ondes Le temps égrènera ses secondes à la longue...
| 1120588 Publié le 20/08/2004 à 11:27  tres belle histoire jack continue | p_carlow - 913080  Publié le 20/08/2004 à 12:24  yes | Mladen - 595300  Publié le 24/08/2004 à 10:17  Mardi, 10 heures du matin, Cette fois-ci, j'ai repris le boulot pour de bon. Fini la période de repos forcé, je vais mieux. C'est quand même marrant d'avoir cette angoisse de taper sur ce clavier et de se demander par quel côté le prendre quand on veut raconter ces chroniques. On appréhende un peu la page blanche, tel le romancier angoissé dans le film si burlesque "le créateur", magnifiquement interprété par Albert Dupontel. Un acteur dont j'adore l'humour. Reprise partielle en plein mois d'août, alors que dans les bureaux, c'est encore calme. La montée en puissance se fera sûrement à la première semaine de septembre. Mais ça me repose. La seule fausse note est le mauvais temps qui persiste ainsi que des températures froides pour la saison. C'est vraiment pas un temps mirobolant que l'on a, même si on n'espère pas la canicule de l'année passée. Ma pensée divague en ce moment, à la recherche d'un ailleurs. Mon être se calme, il entend les sons aux alentours de lui. Entre les cheminements dans les couloirs de mon lieu de travail, les bavardages, les communications téléphoniques, les bruits des claviers qui résonnent, les coups de téléphone, et des trains qui attendent, arrivent et partent de la Gare de l'Est, les annonces de départ soit par une sonnerie, soit par une voix de synthèse diffusant des messages en ce sens, des chariots à bagages qui cheminent sur les quais,... je m'inonde de tout ce voyage intérieur, comme si j'avais un train à prendre pour un ailleurs empli d'espérance ou pour un oubli de tant de solitude et de souffrances. Et j'adore le bruit des gares ainsi que les multiples événements qui s'y passent. C'est peut-être pour cela que je suis bien ancré dans ce métier que je fais. J'adore ces lieux, parce que j'ai l'impression d'être toujours invité à partir, un moyen de transport si symbolique et si chargé d'histoire, même si celle-ci à des aspects peu reluisants lors de la dernière guerre mondiale. Je garde surtout en moi l'invitation au voyage, ou des retrouvailles ou des adieux sur le quai d'une gare. Evidemment, j'ai souvent pris ce moyen de transport depuis ma tendre enfance, et c'est tout naturellement lors de mes périples dans la contrée de mes origines que je l'ai d'abord pris, et dont j'en garde un des plus précieux souvenirs. Voir les paysages défiler sur 2500km avec une escale à Turin est merveilleux. Je garde intact les premières montagnes abordées après Ambérieu, les vues sur le Lac du Bourget, les tunnels, la haute montagne, le passage à la douane à Modane, la Gare de porta Nuova à Turin, et la descente plus au sud par un autre train après un court séjour dans la ville, avec souvent la ligne de chemin de fer longeant les plages, l'entrée du train dans le ferryboat avec des multiples allers-retour pour loger les voitures* composant l'express, la montée sur le pont du bateau pour voir une mer bleue sous un ciel azur et une brise rafraîchissante, la descente à nouveau vers notre compartiment dans la voiture avant que le bateau arrive au port de Messine, les allers-retours pour recomposer le train et le départ du port, le parcours jusqu'à Catane avec la ligne qui longe le flanc de montagne, non, le pied du volcan, l'Etna, et surplombe la mer comme une corniche se tortuant de telle façon que l'on aperçevait la tête du train qui cheminait, serpentait sur les rails. Et l'arrivée à Catane, la prise d'un omnibus pour aller jusqu'à la gare de Dittaïno, l'arrêt en gare, notre descente et l'attente d'un transport, soit bous, soit taxi pour nous acheminer jusqu'à la ville de Valguarnera. Et ainsi m'exhalter dans la Sicile de mes origines lors de séjours beaucoup trop brefs et dont je garde toujours l'amertume d'effectuer le chemin inverse. Cette amertume ne m'a jamais quitté au fil des années, à chaque fois que je pars de chez moi. * Nota : les trains transportant les voyageurs sont composés de motrices et de voitures, à l'opposé des trains à l'usage de marchandises qui sont composés de motrices et de wagons. | 1146641 Publié le 27/08/2004 à 01:38  santino je viens de te lire et je trouve ça formidable...c'est comme un journal intime virtuellement partagé...que de confessions.. c'est comme un feuilleton,on attend la suite avec impatience ... o fait....je viens d'apprendre que tu avais de la famille à aix-les-bains et moi aussi... bizarre,vous avez dit bizarre??????? à bientôt... |
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