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p_carlow - 913080  Publié le 19/05/2005 à 19:16  Il est surprenant parfois de constater à quel point certaines gens ne vieillissent pas. Le temps semble oublier de creuser dans leur visage les rides qu’il distribue si copieusement à tout un chacun d’entre nous le commun des mortels que chaque seconde blesse avant l’assassinat par la dernière qui nous montre que l’éternité c’est long surtout vers la fin et qu’il est temps que je termine ma phrase. Ma Marguerite a quarante-trois ans, une chute de reins mortelle moulée dans un jean de djeuns. Elle est lippue, Marguerite, avec de grands yeux mauves souriants dans une rousseur flamboyante. Le tout grêlé de taches mutines. Ce que j’aime le plus chez elle, c’est moi : elle éclate de rire dès que j’ouvre la bouche. Je pourrais lui dire la météo qu’elle en ferait un sketch. Mais parfois son regard prend comme une sorte de gravité insondable… Sa respiration devient plus courte, ses yeux se troublent un tantinet, un fil saliveux vient au coin de sa bouche et la panique me prend les tripes : cette femme m’aime. Doucement, avec retenue. Elle me le crie en silence et ça me fout la trouille. Dire « Je t’aime » est tellement difficile ! Comment expliquer ? Je rentre de la pêche. Bon. Je suis un peu fourbu, et j’essaye de ne pas trop sentir le sandre déjà vidé que je compte caler dans le congélateur. Bon. Elle m’accueille en rigolant de l’odeur poissonneuse de mes mains. Se poile sous ma douche en me voyant m’embaumer. Et te me frotte la quicounette dans un éclat de rire très gênant : m’enfin, chuis propre sur moi, non ? Elle est comme ça, ma Margot, toujours à rire de moi, ou par moi. Comment ce peut-il faire qu’un tel bonheur puisse exister ? Comment une telle chose peut-elle m’arriver, à moi ? Et elle continue à me considérer de son air de pas airs… je tremble, elle tremble et nous nous reniflons à lèvres que veux-tu. Tout mon vieux corps fatigué par les excès que je lui ai imposés s’était toujours refusé à dormir en touchant quelqu’un d’autre. Marié pendant vingt-trois ans, mon lit était un cent-quatre-vingts de large, avec matelas indépendants. Toi marié avec moi mais moi pas dormir si toi me toucher sauf crac-crac. Mais là, là, avec Marguerite, on scotche nos rêves dans la même respiration. Au matin, mon envie bandante de pisser la fait rigoler (bien sûr). Ensuite, je reviens toujours renifler le plumard avant de partir au boulot. Chhhcrougner un peu avec ma belle me fera la journée. C’est pas juste, une telle amour !
| p_carlow - 913080  Publié le 04/06/2005 à 00:45  Les bisous de ma Margot n’étaient point champêtres, ils étaient montagnards, nuance ! Et d’une fraîcheur affolante et partagée. Quand nous avons senti ensemble tomber sur nos épaules la collante froidure du soir de montagne, nous nous sommes roulé le plus beau palot de ma vie, et de la vôtre, j’en affirme ! (Et il y a des fautes de grammaire que je le fais exprès : ça me fait succuller.) Donc, vroum vers en bas et ma Clio à mazout quelques kilomètres plus loin. C’est là que je remarquai son immatriculation : 31, comme moi. Marguerite habite vingt kilomètres au Sud de Toulouse, et moi trente kilomètres au Nord . Se suivant, nous nous sommes donc d’abord arrêtés chez elle. Son intérieur, c’était elle : un appart entouré de fleurs violettes dont j’ai vite oublié les noms. Mais sa fatigue ne l’empêche pas de continuer la conduite, et de venir découvrir mon « antre » : un appart au-dessus d’une école, sans fleurs mais plein de bouquins. Avec deux bons lits. Au choix. Une douche, chacun. Un allongeage au canapé, tranquille devant « Forest Gump ». Des doigts et des mains tricoteurs, et parfois des lèvres amicales. Et puis, épuisés par le grand air, nous sommes allés nous coucher. Ensemble. En haut, dans son lit. Et je me suis endormi dans ses cheveux, son odeur et son nez busqué. Je crois bien qu’elle s’est endormie sur mes poignées d’amour, dont je me foutais. Ce qui est sûr, c’est qu’on a bien dormi.
| p_carlow - 913080  Publié le 04/06/2005 à 10:59  Ce qui est sûr, c’est qu’on a bien dormi. Elle dans une longue chemise de nuit en pilou. Au mois de mai… mais je ne lui ai même pas posé la question : elle m’accueille dans son lit qui est le mien et ça me suffit. Moi dans mon pyjama short qui me fait rigoler parce qu’il a des poches. Pour quoi faire ? Peut-être que les taiwanais qui l’ont fabriqué pensent-ils qu’elles servent à garder nos rêves ? Au réveil j’ai compris le pilou ; ses pieds étaient collés à mon ventre, et je bavais dans ses cheveux tout en l’étranglant de mon bras droit. Bref, nous étions emboîtés comme deux petites cuillères. Et Margot a froid aux pieds, tout le temps. Ce matin serein nous surprend. Petit dej roucoulant au café de la cuisine, et puis… Nous allons nous recoucher, dans mon lit, cette fois. C’est juste là que j’ai osé, pour le première fois, effeuiller ma Marguerite. Evidemment, je suis tombé sur « passionnément » du premier coup. Toute une littérature imbécile s’attache à décrypter les mystères du plaisir féminin sous allégation qu’il serait difficile à définir, entre mécanique hormonale ou point « G » anatomique, voire aussi nasal par analyse instinctive de phérormones répandues alentours des mâles voisins forcément idiots qui ne cherchent qu’à balancer leur semence étamineuse sur le pistil des fleurs féminines dans le seul et unique but de perpétuer l’espèce humaine dont il est indispensable qu’elle continue de déconner sur cette terre et ça fait neuf, merci. Moi, je ne sais pas pour les autres, mais je peux affirmer, depuis ma petite fleur, que le plaisir masculin a aussi des niveaux différents. « Vatchement différents, même ! ». Excusez-moi, faut que je vous laisse : elle veut aller prendre des cabots à Garonne…
| Rubis - 1012529 Publié le 04/06/2005 à 11:57 
Citation: elle m’accueille dans son lit qui est le mien et ça me suffit.
c'est trop ça | p_carlow - 913080  Publié le 04/06/2005 à 12:11 
Citation: c'est trop ça
Imagine, mumu, que ça soit vrai... | Rubis - 1012529 Publié le 04/06/2005 à 18:57  mais je n'en doute pas.... | Candy - 981564 Publié le 05/06/2005 à 10:55  La suite, la suite ! | 1276169 Publié le 05/06/2005 à 13:31  En effet la suite .... | comète - 687672  Publié le 06/06/2005 à 12:17  j'aime trop | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 06/06/2005 à 13:07  Doucement les filles, laissez-le s'extraire des bras de la belle! | p_carlow - 913080  Publié le 06/06/2005 à 19:12 
Citation: Doucement les filles, laissez-le s'extraire des bras de la belle!
ça va pas, nan!? D'abord c'est pas la belle, c'est ma belle... Et puis m'en "extraire"? JA-MAIS! Alibreville; (c'est un peu ennervant, ça: ya tout plein de smileys goulûment embrasseurs, mais ya point la poignée de mains franche et virile). Pour la suite de Margot, faudra attendre qu'elle revienne de Garonne. | p_carlow - 913080  Publié le 08/06/2005 à 19:58 
Citation: Pour la suite de Margot, faudra attendre qu'elle revienne de Garonne.
Elle est reviendue depuis longtemps, moi t'aussi. Mais mes rêves ne me laissent pas le temps, en ce moment, de leur donner réalité. Des gens appellent ça le travail... | Candy - 981564 Publié le 08/06/2005 à 22:36  Bah, j'attendrai | p_carlow - 913080  Publié le 11/06/2005 à 13:22  des cabots à Garonne Ou des « chevesnes », comme on dit ailleurs. Et au retour, rebelote. Depuis elle, je me redemande tous les jours ce qu’est l’amour. J’ai beau farfouiller dans ma bibli… Et elle rigole, my daisy aux grands yeux violine. Elle sent bon, elle est jolie, elle est rousse, avec deux petits seins odorants et elle taille sa route comme pas deux. Enfin, si : elle veut bien router avec moi. Re-router, si tu veux savoir : elle a des heures de vol, une fille de quinze ans et un passé. Ce qui m’énerve et m’apeure le plus, c’est qu’elle ne s’alarme pas de mes vingt-trois ans de mariage et de mes deux enfants. Elle mouille juste ses yeux…
| comète - 687672  Publié le 13/06/2005 à 01:41  | p_carlow - 913080  Publié le 14/06/2005 à 18:58  Epilogue Elle mouille ses yeux et les miens sont humides. Margot et moi, nous n’habitons pas ensemble, mais nos compteurs kilométriques s’affolent. Pas nos enfants : c’est bon, et c’est bien. Et puis nous avons un rite : chaque fois que nous nous revoyons, je lui chante, ou susurre, ou déclame : « Dans l'eau de la claire fontaine Elle se baignait toute nue Une saute de vent soudaine Jeta ses habits dans les nues En détresse, elle me fit signe Pour la vêtir, d'aller chercher Des monceaux de feuilles de vigne Fleurs de lis ou fleurs d'oranger Avec des pétales de roses Un bout de corsage lui fis La belle n'était pas bien grosse Une seule rose a suffi Avec le pampre de la vigne Un bout de cotillon lui fis Mais la belle était si petite Qu'une seule feuille a suffi Elle me tendit ses bras, ses lèvres Comme pour me remercier Je les pris avec tant de fièvre Qu'ell' fut toute déshabillée Le jeu dut plaire à l'ingénue Car, à la fontaine souvent Ell' s'alla baigner toute nue En priant Dieu qu'il fit du vent Qu'il fit du vent... » (Merci mon « bon père Georges » – puisqu’il faut citer-). Et à chaque fois ? ben elle rigole ! C’est la même chanson, mais il paraît que je ne la chante jamais pareil. Pourtant, elle l’écoute toujours jusqu’au bout… les yeux mouillés… Pierrecarlow.
| 1276169 Publié le 14/06/2005 à 19:07  Superbe Carlow .. que je ne connais pas.. | p_carlow - 913080  Publié le 14/06/2005 à 19:54  it's up to you, dear... yet watch your steps... grrrrrrrrr | p_carlow - 913080  Publié le 18/06/2005 à 01:36  au secours!! z'avez vu l'heure? Ma p'tite fleur me poursuit dans le couloir. C'est fou ce que le rire peut faire comme bien; il paraît que ça prolonge la vie, tellement les endorphines se régalent! Heureusement que c'est relâche demain. | 1433180 Publié le 21/06/2005 à 23:27 
Citation: Le temps semble oublier de creuser dans leur visage les rides qu’il distribue si copieusement à tout un chacun d’entre nous le commun des mortels que chaque seconde blesse avant l’assassinat par la dernière qui nous montre que l’éternité c’est long surtout vers la fin et qu’il est temps que je termine ma phrase.
| p_carlow - 913080  Publié le 22/06/2005 à 19:31  "Sweet dreams are made of this..." | p_carlow - 913080  Publié le 01/07/2005 à 18:07  pour perceneige | 634723 Publié le 06/07/2005 à 20:54 
Citation: Crocus dont auquel j’aurais bien demandé le nom (non mais !) mais qui m’a l’air puceau comme une queue d’aronde sans poutre et très délicat par ailleurs
c'est bien le diable si j'y comprend quelque chose | 634723 Publié le 07/07/2005 à 21:51  je veux bien, restes juste à mettre au point les modalités | julie - 1070628 Publié le 10/09/2005 à 09:22  Et la suite, Carlow? | 634723 Publié le 10/09/2005 à 13:01  oui mais pour les rêves y a toujours une suite possible.... | -démi°°°° - 731109 Publié le 09/12/2007 à 12:53  tiens tiens... une remontée??? avec plaisir évidemment... | ^-^zaz - 227027  Publié le 09/12/2007 à 14:19  Pour accompagner la lecture, ou relecture... Petite Fleur
| 1103900 Publié le 09/12/2007 à 14:25 
dès que j'ai ouvert le lien, au son de la clarinette, "Bouchka" ma minette a sauté sur mes genoux... Good vibrations  | p_carlow - 913080  Publié le 14/03/2008 à 19:07  C'est
Citation: Lucie - 2152985 vient d''écrire une nouvelle contribution sur le forum Petite fleur
qui vient de remonter ce machin. pourquoi ? | -démi°°°° - 731109 Publié le 15/03/2008 à 03:42  | 1 | 2 | Page 3  Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact
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