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BOSS - 2239813 Publié le 31/12/2007 à 09:12  LES GRANDS ARTISTES NE MEURENT JAMAIS Ni star ni vedette Jamais aussi un grand artiste « inconnu » des médias n’ont autant de succès . L feu MATOUB LOUANES qui s’est imposé par son talent et son franc parler c’est un peu le franc tireur de la chanson berbère d’expression kabyle , ceci ou moment la musique populaire prise a bras le corps par des géant comme AIT MENGUELLAT , FERHAT, IDIR Etc.…Chez le feu LOUANES on trouvait d’emblée un énorme potentiel de spontanéité de mélodies travaillées de textes d’une grande poétique C’est l’un des rares chanteur a pouvoir enrichi la chanson berbère en lui donnant une immense place , KATEB YACINE l’appelait le maquisard de la chanson algérienne . LOUANES devient une figure emblématique de la chanson berbère une légende de la chanson engagées . La chanson engagée était le seul et unique moyen de lutter contre un régime oppresseur et répressif , le feu LOUANES fut l’un des animateur au soulèvement du printemps berbère . Beaucoup trouveront ces propos exagérés ,si je parle de feu LOUANES non pas comme artiste mais aussi comme repère historique pour es futures générations ;le chikh LOUANES A assuré eu plus de son mondât d’artiste , un autre éminent politique . Le feu LOUANES est un exemple de bravoure , d’audace de lutte pour l’instauration de la démocratie en ALGERIE ainsi que l’identité AMAZIGH . Son assassinat par les chasseurs de lumières, les ennemis de la nation a affecter tous les amoureux de la culture, de la démocratie et de liberté . Louanes tu resteras toujours présent dans nos cœurs , gravé a jamais. A dieu nous appartenons , a lui nous retournons , repose en paix LOUANES kamel | BOSS - 2239813 Publié le 16/06/2008 à 11:50  je pleure toujours ta disparaition ou es tu le lion de djurdjura | zara - 2221326  Publié le 16/06/2008 à 16:51  non mais je réve boss tu pleur tjr moi aussi ollah | BOSS - 2239813 Publié le 25/06/2008 à 12:54  Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie !
| BOSS - 2239813 Publié le 27/06/2008 à 08:45  VOILA 10 ans apres ton assasinat par les chasseurs de lumiere les boureausx de la nation, tous les siens comme un seul homme te pleure tjrs ULACH S'MAH ULACH repose en paix lounes | mimi80 - 2245997 Publié le 27/06/2008 à 11:37  bonjour tout le monde c bien de rester fidel à un chanteur préféré, moi je connais pas ce chanteur malheureusement, mais soit certain je vais chercher ses chansons pr les écouter et le faite que tu reste tjr accrocher à lui meme s'il est décédé cela veut dire qu'il mérite un hommage. on va tous mourir c'est sure mais on va laisser une trace ds la vie de ceux qui nous aime et qui nous estime, et c'est la vie bonne chance mon cher boss
| BOSS - 2239813 Publié le 28/06/2008 à 08:24  RUE MATOUB LOUES A PARIS Elle est fixée dans le 19éme Arrondissement La rue Matoub Lounès sera inaugurée le “Rue Lounès Matoub, 1956-1998- chanteur Algérien d’expression berbère, assassiné en Kabylie le 25 juin 1998.” C’est ce qui est écrit désormais sur la plaque et à laquelle devraient se référer les Français et les étrangers qui auront à traverser cette rue, située dans le 19éme arrondissement de la capitale française. La rue Lounès Matoub donne sur le Boulevard Mac Donald, à quelques encablures de la salle de spectacles du Zénith. juillet à Paris | Professeur Paganel - qui a la pêche ! - 980920  Publié le 28/06/2008 à 09:18  Ce qui est intéressant, c'est : comment se nommait-elle avant ? Avec les rues, dans les villes existantes, y'a pas de miracle : un nom qui arrive, c'est nécessairement un autre nom qui part. | BOSS - 2239813 Publié le 29/06/2008 à 11:08  J'ai laissé mon bien à l'abandon, Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice, J'ai porté le regard sur mon honneur, J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres, Ma voix demeure, qui retentira, Ils l'entendront !
| BOSS - 2239813 Publié le 01/07/2008 à 10:18  Le procès de l’assassinat du chanteur kabyle et chantre de l’amazighité, Matoub Lounès, attendu depuis 10 ans, est programmé pour le 9 juillet prochain au tribunal criminel de Tizi Ouzou, a-t-on appris hier de sources sûres. Cette affaire, faut-il le souligner, n’était pas prévue dans le cadre de la session criminelle en cours mais programmée tout récemment suite à l’entrevue qui a eu lieu, le 24 juin dernier, entre les membres de la famille Matoub et le procureur général près la cour de Tizi Ouzou. Pour rappel, ce représentant du ministère de la Justice s’est engagé, selon un communiqué de la famille du défunt chanteur, à programmer l’affaire Matoub “dans les plus brefs délais”. Le même responsable avait déclaré, à la même occasion, à la famille Matoub que “l'audience sera publique et que toutes les parties seront convoquées avec toutes les garanties dont un tel procès a besoin”. Des assurances ont été également données au sujet d’une éventuelle prescription de cette affaire que la famille du défunt redoutait mais que le procureur a finalement écartée. Voilà donc que le procès de l’affaire Matoub est enfin programmé mais sans pour autant que les exigences formulées par la famille Matoub concernant la reconstitution des faits et l’étude balistique, qui devaient se faire durant l’instruction et non pas au cours du procès, ne soient encore satisfaites.
| BOSS - 2239813 Publié le 09/07/2008 à 09:43  La procès Matoub s’ouvre ce matin à Tizi-Ouzou C’est aujourd’hui, à la cour de Tizi-Ouzou, à partir de 9h, que s’ouvre le procès de l’assassinat de Lounès Matoub un certain 25 juin 1998 à Tala Bounane, un village non loin du chef-lieu de Beni-Douala.
| BOSS - 2239813 Publié le 09/07/2008 à 18:56  Je refuse la fatalité d’un crime impuni ! | sioux ◄ - 2016168  Publié le 09/07/2008 à 18:57  Clic ici matoub-lounes-kenza/audio Kenza Le ciel pâlit, roule en crue le déluge lave les dalles, Les rivières atrocement mugissent. Les terres d'alluvions croulent en torrent, Du fond de la tombe une supplique remonte, Dans sa douleur hurlante: ô mes enfants! Certes, si le corps se décompose, La pensée , elle , ne meurt pas Si les cols à franchir sont âpres, A l'épuisement nous trouverons un remède. Et s'ils anéantissent tant et tant d'étoiles, le ciel, lui, ne s'anéantit pas. Ils ont scellé notre sort dès longtemps, Avant ces jours de tragédie. Les persécuteurs de la connaissance Sur notre terre étendent la désolation. ils ont tué Rachid Tigziri Smail ,ils ne l'ont pas manqué. ils ont tué Liabès et Flici, Boucebsi et tant d'autres encore. S'il devait n'en rester qu'un Il rappellera notre souvenir. Sur les plaies la croûte apparaîtra. Nous nous dresserons parmi les autres nations, Notre descendance sera nombreuse Fût-ce dans le giron des épreuves. Kenza,ma fille, Endure le deuil de moi. Nous succombons sacrifiés Pour l’Algérie de demain. Kenza, ma fille, Ne pleure pas. Kenza, ma fille, Ne pleure pas. La cause de notre trépas, C'est l’Algérie de demain. Kenza,ma fille, Ne pleure pas!
| BOSS - 2239813 Publié le 10/07/2008 à 09:54  Report du procès de l’assassinat de Matoub Comme attendu par nombre d’observateurs, le procès des assassins présumés du chanteur Matoub Lounès a été reporté à une date ultérieure, après examen par le tribunal des demandes présentées par la partie civile et la défense, dès l’entame du procès, dans la matinée d’hier, au tribunal de Tizi-Ouzou. La décision du tribunal, qui a requis un complément d’information, semble aller dans le sens des intérêts des deux parties
| BOSS - 2239813 Publié le 14/07/2008 à 10:02  skud mazal tarwa n lehlal ur nkennu i lqid... mourire pour ces idee cest noble pour notre grand leadeure carismatique lounes s | BOSS - 2239813 Publié le 14/07/2008 à 10:19  Un nouveau film sur le chanteur Matoub Lounès, "La voix d'un peuple", sera projeté demain à Paris. La projection sera suivie d’un débat en présence du réalisateur, Youcef Lalami. Ce film de 50 minutes, produit par “Métamorphose Film”, vient s'ajouter aux film-documentaires réalisé sur Lounès Matoub qui, dix ans après le lâche assassinat l’ayant ciblé le 25 juin 1998 à Tala Bounane, continue de défrayer la chronique .
| Gladys-abs-un-mois - 835521  Publié le 14/07/2008 à 11:10 
Citation: Un nouveau film sur le chanteur Matoub Lounès, "La voix d'un peuple", sera projeté demain à Paris.
Si tu nous en disais un peu plus stp  | BOSS - 2239813 Publié le 14/07/2008 à 18:00  MUSIQUE News Chanteurs Chansons Vidéos Paroles Chanson de Matoub Lounès - Les montagnes sont ma vie Du tribut de mon sang j'ai irrigué les monts mon empreinte s'imprime à jamais, quand ils ont en juré l'anéantissement ; Qui s'impatiente de me voir mort, et qui calomnie mon nom, A chaque col devra m'affrontent, J'ai laissé mon bien à l'abandon, Je l'ai trouvé gisant dans l'immondice, J'ai porté le regard sur mon honneur, J'ai vu des bourreaux. Bien que la force ait fui mes membres, Ma voix demeure, qui retentira, Ils l'entendront ! L'on dit : La montagne s'est ébranlé ! Et tu n'y étais pas ! Chacun s'en va répétant, C'est aujourd'hui jour de l'an. Notre terre étincelle comme un phare. A Tizi le peuple afflue. A Bougie éclatent les salves de la victoire, L'on a brisé le joug de nos souffrances : Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie ! Ah ! Etre présent au milieu de vous, Ne fût- ce que par la parole combattre ! Les calvaires dont je suis frappé Sont devenus mon unique empire, Mais puisque les Kabyles s'unissent, Ils dissiperont nos funestes tares, A quoi bon les vains verbiages : La berberité fonde leur histoire ; Elle est la racine de leur vie, Il est temps que se purifie notre condition. Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie ! A bon droit mon cœur s'afflige, Puisque je ne suis pas parmi vous. Son fardeau lui pèse, déborde, Excède ses forces, il n'en peut plus ! Il veut que l'entendent les malfaisants, Ceux-là qui mangeront du foin Quand notre blé purgé de l'ivraie. Que celui qui dit l'esseulé humilité, Vienne affermir son propos, S'il nous terrasse, c'est bien fait ! Les mots infâmes triomphent de la malédiction, Selon l'adage de nos ancêtres. Pourquoi irai-je me tourmenter, Pour quelques brimborions ? Les forces me reviendront, Portez mon salut aux enfants, Qu'ils chantent la terre de Berbérie : L'héritage de Mouloud Mammeri, Comme la foudre dans le ciel éclate : En sentez-vous les gouttes tomber ? Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie !
| BOSS - 2239813 Publié le 15/07/2008 à 10:46  Malik Medjnoun, accusé d'avoir assassiné le chanteur Lounes Matoub, est détenu arbitrairement depuis 1999
| BOSS - 2239813 Publié le 02/08/2008 à 13:36  Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie !
| mimi80 - 2245997 Publié le 02/08/2008 à 13:43  boss t'es là? tes vacances achevées ou pas encore? PASSE UNE BELLE JOURNEE | BOSS - 2239813 Publié le 24/08/2008 à 16:46  Ils ont scellé notre sort dès longtemps, Avant ces jours de tragédie. Les persécuteurs de la connaissance Sur notre terre étendent la désolation. ils ont tué Rachid Tigziri Smail ,ils ne l'ont pas manqué. ils ont tué Liabès et Flici, Boucebsi et tant d'autres encore.
| BOSS - 2239813 Publié le 30/08/2008 à 15:42  Certes, si le corps se décompose, La pensée , elle , ne meurt pas Si les cols à franchir sont âpres, A l'épuisement nous trouverons un remède. Et s'ils anéantissent tant et tant d'étoiles, le ciel, lui, ne s'anéantit pas.
| BOSS - 2239813 Publié le 07/09/2008 à 10:07  Tizi N’tlata (Ouadhias) La stèle de Matoub Lounès restaurée Hier, en dépit d’un soleil de plomb accompagné de vents chauds, une foule très nombreuse composée des animateurs du Mouvement citoyen de la région, de citoyens anonymes, des représentants de l’association Tagmats de Boghni, du président de l’association Tagmats de Lyon, M. Dalil Makhoufi, ont répondu présents pour l’inauguration de la fresque dédiée à Matoub Lounès et Ali Zamoum.
| BOSS - 2239813 Publié le 07/09/2008 à 10:08  Tizi N’tlata (Ouadhias) La stèle de Matoub Lounès restaurée Hier, en dépit d’un soleil de plomb accompagné de vents chauds, une foule très nombreuse composée des animateurs du Mouvement citoyen de la région, de citoyens anonymes, des représentants de l’association Tagmats de Boghni, du président de l’association Tagmats de Lyon, M. Dalil Makhoufi, ont répondu présents pour l’inauguration de la fresque dédiée à Matoub Lounès et Ali Zamoum.
| BOSS - 2239813 Publié le 22/09/2008 à 12:11  Qui s'impatiente de me voir mort, et qui calomnie mon nom, A chaque col devra m'affrontent,
| BOSS - 2239813 Publié le 22/09/2008 à 12:12  " Yir lehdur seffden ddnub ", i d-nnan yimezwura Ul'ayghar a ttfegh addud i wayen ur nesâi lmaâna Ad yughal ad yehlu ufud, ad as-teslem i wegrud Ad yetghenni ghef Timmuzgha Ayen i gh-d-yegga Dda Lmulud deg yigenni iban-ed am rrâud Wiss' ma thulfam i tmeqwa... A lâamer-iw, a lâamer-iw... d idurar ay d lâamer-iw ! Ma vie ! ma vie ! Les montagnes sont ma vie !
| BOSS - 2239813 Publié le 22/09/2008 à 12:17  Mais la paix renaîtra un jour et mes chants parmi vous célébreront à nouveau le printemps si cher à nos cœurs..». L'auteur de ses lignes s'appellait Lounès Matoub, star de la chanson kabyle et héros dans sa région natale, la Kabylie. | zara - 2221326  Publié le 22/09/2008 à 12:26  merci de partager avc nous boss c'est tjr un plaisir de lire les chans de lounes | yazid - 2392398 Publié le 24/09/2008 à 16:56  C'est vrai les grands artistes ne meurent jamais | BOSS - 2239813 Publié le 09/10/2008 à 21:42  Barde au verbe sulfureux jusqu’à la subversion, Lounes MATOUB, en homme de tous les combats justes, passait déjà pour une légende vivante... Il disait toujours haut ce que nous, les « sans langue », pensons tout bas. Aussi, il n’est pas moins vrai que son ton passionné cachait mal une âme torturée de poète maudit. Il avait chanté la femme aimée, puis l’amertume de la séparation et de l’amour impossible ; l'exil, en termes de déchirements; tamazight (le berbère), langue millénaire, mais prise en otage par les gardiens du Temple; les vicissitudes de la vie, les avatars et le malaise de la société, la jeunesse et ses déboires; la mort dont il se foutait, à la limite de la raillerie. Ses visions, pour ne pas dire certitudes, d'un Avenir en dénouement heureux. Qu'il faudra bien qu'un jour les larmes fassent place au sourire, la haine à l'amour, l'ignorance et le mépris à la culture, l'intelligence... Les dégoûts à l'espoir. Mais aussi la femme Algérie. Disons, un long processus d’aboutissement à un amour polychrome, au sens katébien. Lequel aboutissement le conduira fatalement à commettre le péché suprême. Il aimait à corps perdu son pays, l’Algérie. Jusqu’à ce qu’un 25 juin 1998, au détour d’une route menant à Taourirt Moussa (son village natal, en Kabylie), des « chasseurs de lumières » le surprirent à mi-course. Nous nous découvrîmes soudain orphelins... Le vide laissé par sa tragique disparition est tellement immense. Mohamed Ziane-Khodja Malika Matoub: «Je sais qui l'a tué» «Assa, Azzeka, Lounes yella yella» Grande émotion hier à Taourirt-Moussa L'anné Matoub Lounès a commencé La fondation Matoub Lounes lance un programme commémoratif Colloque à la Sorbone sur Matoub La colline n'a pas oublié Matoub: jamais mort, si vivant Le dernier jour Hommage au chantre de l'Amazighité -------------------------------------------------------------------------------- 23 & 25 juin 2005 Il est l’un des rares hommes parmi nos connaissances qui reconnaît, sans aucun complexe, ses erreurs. Mais en même temps, il est aussi l’un des rares qui défend avec courage et détermination ses convictions et ses principes. Mercredi 24 juin 1998. Il est 15h et Matoub Lounès vient de garer sa voiture à proximité du carrefour du 20 Avril, qui n’existe plus. Matoub aime beaucoup la ville de Tizi Ouzou. Il s’y rend chaque jour. Avant de descendre du véhicule, nous discutons pendant quelques minutes. Nous abordons plusieurs sujets. Comme d’habitude, le point que nous remarquons le plus chez notre interlocuteur, c’est sa profonde sincérité. Il est l’un des rares hommes parmi nos connaissances qui reconnaît, sans aucun complexe, ses erreurs. Mais en même temps, il est aussi l’un des rares qui défend avec courage et détermination ses convictions et ses principes. Et quand nous lui demandons pourquoi il change souvent d’avis (particulièrement ses sympathies envers les partis kabyles), il répond qu’il n’y a que les imbéciles qui n’évoluent pas. Nous sommes toujours dans le véhicule. L’amie qui m’accompagne lui tend une photo et lui demande de lui signer un autographe. Matoub signe mais il y a dans ses yeux quelque chose qui ressemble à de la tristesse. Son regard s’apparente étrangement à un adieu. A cet instant, nous n’avons pas vraiment constaté ce changement dans le comportement de Matoub. D’habitude, il est volutible et déborde d’humour. Depuis ce matin, il est taciturne. Nous pensons que c’est lié à l’angoisse qui le prend à la veille de la sortie de chaque nouvel album. En effet, chaque année, il produit deux albums. Mais, il apporte régulièrement des innovations profondes en matière de composition. Il prend toujours ce risque. Il a peur que ses fans, tous kabyles, aient du mal à adopter son style inspiré ces dernières années du chaâbi. Il nous avait exprimé déjà cette appréhension à la sortie de l’album “Au nom de tous les miens” en 1997. Ses craintes s’avéraient bien sûr inutiles. L’accueil réservé à ses albums a été tout le temps triomphal. Ses cassettes occupent le devant de la scène pendant les six mois qui suivent leur sortie. Ce qui créait de sérieux problèmes dans le domaine de l’édition de la chanson kabyle. Les autres artistes de la même langue devaient bien s’informer de la date de la sortie de la nouveauté de Matoub pour éviter la simultanéité qui étoufferait inéluctablement la leur. Pour l’anecdote, Hacène Ahrès, un artiste très proche de Matoub, s’apprêtait à éditer son nouvel album quand nous donnâmes dans un journal pour lequel nous travaillions à l’époque, l’information de la sortie imminente de deux nouveaux produits de Matoub. Cette info était livrée prématurément par souci de primauté. Mais Hacène Ahrès qui l’avait lue a été pris de panique. A l’époque, nous ne connaissions pas Hacène. C’est Matoub qui nous a fait part de la réaction de Hacène Ahrès. Ce jour-là, Matoub avait beaucoup ri. Il aimait beaucoup Hacène Ahrès. Nous sommes toujours dans la voiture. Nous devions faire une longue interview sur ses nouveaux produits. Mais l’objet de notre déplacement chez lui, ce jour, à Tawrirt Moussa, était uniquement d’écouter les 11 chansons, nous ne nous sommes pas munis de notre dictaphone. Il fallait convenir d’un autre rendez-vous. Puisque Lounès descendait chaque jour à Tizi Ouzou, nous suggérâmes de nous voir le lendemain (jeudi). Après un bref moment de réflexion, Matoub se souvint qu’il allait se rendre à Bouzeguène, chez ses beaux-parents, récupérer ses deux belles-sœurs. Il leur avait promis de leur payer le déjeuner. Nous ne pouvions pas donc le voir jeudi, nous avons opté pour le surlendemain vendredi. Nous nous sommes entendus de nous voir à 11 h au Bâtiment bleu. Nous ne nous sommes plus revus. -------------------------------------------------------------------------------- Matoub, souriant, soulève le rideau de son garage. Il est 11 h. Nous sommes arrivés quelques minutes avant. Matoub nous avait demandé deux jours auparavant de lui rendre visite chez lui, au village, car nous pouvions enfin écouter son nouveau produit. Il faut dire que depuis son dernier mariage, Matoub accorde plus d’importance à sa vie intime. Il semblait très heureux depuis qu’il avait connu Nadia, comme l’atteste l’une des nouvelles chansons intitulée Ur shissif ara. Mais, en même temps, Lounès ne pouvait se départir de son combat pour tamazight et pour la modernité. Quand nous accédâmes à l’intérieur du salon, la chanson Ayen ayen fuse de loin. Matoub l’arrête pour remettre la bobine à zéro. Il évoque les maîtres de la chanson qui l’envoûtent. Il cite Slimane Azem. Il se lève, se dirige vers la bibliothèque et prend un livre d’art volumineux. Il l’ouvre et nous montre une photo en couleur, occupant la moitié de la page et nous demande si nous reconnaissons de qui il s’agit. C’était Slimane Azem. Matoub vouait un respect immense à cet artiste auquel il a rendu un hommage dès sa première cassette. En 1983, à la mort de Slimane Azem, il avait composé une longue chanson à sa mémoire. Matoub aimait aussi El Anka et Cheikh El Hasnaoui. Il a repris de nombreuses musiques qu’il a interprétées avec génie, à l’image de la célèbre chanson d’El Anka, Izriw. Une année auparavant, à l’hôtel Le Concorde, Matoub nous avait fait part de son intention de reprendre la musique de l’hymne national. Difficile à croire. Il a fallu que nous l’écoutions pour que nous réalisâmes que Matoub était capable des plus grands défis. Il l’a fait. Quand nous lui fîmes part des risques d’un tel défi, sa réponse fut toute simple : “Je m’en fous”. Toujours dans le salon de sa maison, Matoub cherche un autre livre dans sa bibliothèque. Il s’agit des Mémoires de Danielle Miterrand, l’épouse de l’illustre président. Le chanteur feuillette le livre avant de s’arrêter à la dernière page pour nous lire le passage où l’auteur parle de la remise du Prix de la mémoire à Matoub Lounès. Depuis notre arrivée chez lui, Matoub se montre silencieux. Quand il décide de passer les onze nouvelles chansons, il ne dit rien. A la fin de chaque chanson, il fait un court commentaire. Souvent pour dire que la chanson qui allait suivre était plus belle. Ce qui se confirmait. En réalité, il n’y avait pas une chanson plus belle qu’une autre. Elles étaient toutes belles. Matoub était sûr de lui. Il ne composait pas une chanson sans qu’il ne soit vraiment inspiré. C’est ce qui explique que la majorité de son œuvre est autobiographique. Il avait tous les ingrédients qui devaient faire de lui le meilleur chanteur kabyle : la voix, la poésie, la musique et l’interprétation. Son courage allait contribuer à faire de lui le chantre de la chanson engagée. Jamais un chanteur algérien n’est allé aussi loin que Matoub. Tant à l’époque du parti unique, mais aussi et surtout lors de la période noire du terrorisme islamiste. Matoub disait haut et fort ce que beaucoup pensaient tout bas, dans la solitude et la peur. Malgré ses excès, Matoub était un homme hors pair. En plus de ses adversaires politiques, de tout bord, il devait affronter un ennemi encore beaucoup plus redoutable : la jalousie. A commencer par celle de ses confrères artistes qui avaient du mal à comprendre le phénomène Matoub. Ce dernier, en dépit de la censure des médias avant 1988 (il n’est passé à la télévision, ni à la radio kabyle avant 1988), allait devenir the best. A sa mort, la chanson kabyle allait devenir orpheline. Jusqu’à aujourd’hui, le vide n’est pas comblé et c’est Matoub qui demeure l’artiste kabyle le plus écouté. Pourquoi ? Difficile de donner une seule réponse à cette question. Le phénomène Matoub a poussé Farida Ziane, une universitaire du Canada, à réserver sa thèse de magistère en sociologie à Lounès. Elle a rencontré des dizaines de ses connaissances pour tenter d’élucider ce mystère. La question qui revenait le plus chez cette chercheuse était : “Pourquoi spécialement Matoub ?”. Pourtant la réponse est toute simple. Parce qu’il est tout simplement le meilleur. --------------------------------------------------------------------------------
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