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Professeur Paganel - Handle with care - 980920  Publié le 20/10/2005 à 05:38 
Citation: CHAMPOLLION Encore une légende à corriger. C'est en effet d'une manière fort abusive qu'on écrit depuis longtemps, un peu partout, que Jean-François Champollion, au début du XIXème siècle, fut le premier homme à déchiffrer les hiéroglyphes d'Égypte. Cette affirmation pseudo-historique relève d'un chauvinisme typiquement français. En réalité, bien avant Champollion, nombreux étaient les anciens Égyptiens qui lisaient déjà couramment les hiéroglyphes.
| Professeur Paganel - Handle with care - 980920  Publié le 20/10/2005 à 05:42 
Citation: COMMUNISME Il est aujoud'hui admis que le communisme d'Etat fut un des fléaux du XXème siècle. Les historiens le rendent responsable de près de cent millions de morts et de plusieurs désastres économiques. Sans vouloir discuter ces constatations, il importe d'y apporter quelques nuances. En particulier celle-ci : le communisme ne s'est montré néfaste que pour les victimes du communisme. Pour d'autres, en particulier pour la plupart des dirigeants, qu'on réunit nous le nom de nomenklatura, il s'agissait au contraire d'un régime bénéfique, et même rémunérateur. Il nous semble important de le dire. La même remarque s'applique d'ailleurs au nazisme, bien qu'il ait duré moins longtemps. En dépit d'affreux massacres et de dévastations multiples, le nazisme a apporté du bien-être à un certain nombre de personnes. Ainsi Hermann Goering, deuxième dignitaire du Reich, dit aux soldats américains qui l'arrêtaient en 1945 : "Au moins, pendant douze ans, nous avons vécu convenablement". Ces nuances sont utiles à l'historien. Elles lui évitent; en particulier, de paraître sectaire ou simplificateur.
| Professeur Paganel - Handle with care - 980920  Publié le 20/10/2005 à 05:46 
Citation: COÛT DE LA VIE HUMAINE Le professeur Toshi Yumatako, de l'université d'Osaka, vient de publier un long rapport intitulé De l'évolution appréciative de la vie humaine. Le professeur Yumatako, qui occupe une chaire d'économie comparée, part d'une constatation commune : au cours du XXème siècle, la masse de la population humaine, et par conséquent des vies humaines, s'est multipliée par sept, ou presque. Dans le même temps, les progrès du commerce ont été considérables, au point de pénétrer, par le biais de la publicité, tous les moments de notre existence. Plus ou moins consciemment, nous acceptons le commerce - avec comme but avoué le profit - comme organisateur majeur, et souvent unique, de l'activité humaine. Or, une des règles irréfutables, profondément établies, du commerce est celle-ci : plus une denrée est abondante, moins elle a de valeur. Cette règle, dit le profeseur d'Osaka, ne souffre aucune espèce d'exception. Il tire ainsi la conclusion logique de son raisonnement : la vie humaine, à une époque où tout se vend, a sept fois moins de valeur qu'il y a cent ans et tout porte à croire que, dans les décennies qui viennent, cette valeur continuera de s'effondrer. Si, jusque là, on peut suivre la démarche mentale du professeur Yumatako, les choses se gâtent quelque peu dans la suite de son rapport. Il conseille en effet aux "porteurs de valeurs humaines" de s'en débarrasser le plus vite possible, même à vil prix. Et il déconseille très vivement, pour l'avenir, d'acheter ces mêmes valeurs, fût-ce à des conditions ayant l'air avantageuses. Selon lui, la cote de la "valeur vie" sera demain nécessairement à la baisse sur toutes les places mondiales. La thèse du professeur Yumatako est à coup sûr intéressante. Elle a le mérite de la nouveauté. Mais elle souffre de ce que l'on appelle en logique "le principe de la cause unique". De là vient sans doute la tempête qu'elle a soulevée dans les milieux financiers et surtout boursiers. Economiste de profession - au demeurant très qualifié -, Yumatako veut en effet tout ramener à quelques causalités élémentaires. Il pose son principe et veut ensuite l'appliquer à toutes les actions violentes qui caractérisent notre changement de millénaire. Ainsi, parlant des attentats-suicide qui se commettent ici ou là, il emploie l'expression soldes à des prix résolument sacrifiés . Aillleurs, pour définir les crimes sans raison qui se commettent un peu partout, et jusque dans nos écoles, il parle d'échantillons gratuits. Si, selon lui, toutes les guerres reposent sur des luttes d'ntérêts, il voit dans les guerres civiles des tentatives d'assainissement des marchés locaux. Admettons que nous puissions le suivre jusque-là. Il devient cependant difficile de l'approuver sans arrière-pensée lorsque, évoquantles divers génocides qui ont marqué le XXème siècle, il parle de liquidations radicales de stocks.
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