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Professeur Paganel - merci, Lenovo ! - 980920  Publié le 11/01/2006 à 09:02  Pour ceux qui s'en souviennent, j'avais évoqué ce foutu paquebot - qu'avait mentionné Bernanos - il y a un an ou deux en me demandant pourquoi personne n'en parlait jamais. Il semblerait qu'Arte se décide enfin à se souvenir de son existence. C'est ce soir.Citation: 13 MAI 1939. 937 hommes, femmes et enfants, en grande majorité d'origine juive, embarquent à Hambourg à bord du Saint-Louis. Destination du paquebot : Cuba et ses palmiers de carte postale. Une île en forme de terre d'asile pour ceux qu'Hitler menace déjà de ses furies. Contrairement à l'Exodus, la tragique aventure du Saint-Louis est aujourd'hui largement méconnue. Mais par chance pour Dietmar Schulz, auteur de ce documentaire aussi émouvant que riche en archives, les Allemands avaient largement filmé ce voyage, la propagande nazie voulant montrer en ce printemps d'avant-guerre que les Juifs avaient la possibilité d'émigrer en toute liberté. Une manière de rassurer ceux qui étaient tentés de fuir, pour ensuite mieux les capturer. Une demi-douzaine de membres des services secrets s'étaient d'autre part mêlés à l'équipage avec une mission bien précise : recueillir le maximum de renseignements sur la marine de guerre américaine positionnée au large de Cuba et de la Floride. Quand le navire jette l'ancre à La Havane, le 27 mai, seuls 28 passagers sont autorisés à mettre pied à terre. Rivalités politiques, corruption, nouvelle loi sur l'immigration... Après dix jours de diplomatie et de vaines tractations, le paquebot est sommé de quitter les eaux territoriales cubaines. Les survivants retrouvés par Dietmar Schulz racontent le désarroi qui s'empara alors des passagers, pétrifiés à l'idée de faire route arrière vers l'Allemagne nazie. Certains se souviennent que, sur les 738 marks du billet, 230 étaient facturés pour un «éventuel retour»... Le commandant, qui par compassion autorisait notamment que soient décrochés les portraits de Hitler lors des moments de prière, entreprit alors de faire des ronds dans le golfe du Mexique pour donner le temps aux associations mobilisées de renouer les fils du dialogue. De guerre lasse, le Saint-Louis mettra finalement le cap sur l'Europe. La Grande-Bretagne accueillera tout de même 287 personnes, les Pays-Bas 181, la France 224. Les canons tonneront quelques semaines plus tard. Et avec eux les flots de larmes de ceux qui seront déportés vers les camps de concentration. On estime aujourd'hui que seul un passager sur trois du Saint-Louis a survécu aux persécutions du IIIe Reich alors que tous auraient dû être sauvés.
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