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1103900 Publié le 24/10/2007 à 18:44 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Si j'ai parlé
de mon amour , c'est de l'eau lente
qui m'écoute quand je me penche sur elle;
si j'ai parlé
de mon amour , c'est du vent
qui rit et chuchote entre les branches;
si j'ai parlé de mon amour,
c'est de l'oiseau qui passe et chante
avec le vent;
si j'ai parlé
c'est a l'écho.

Si j'ai aimé de grand amour,
triste ou joyeux,
ce sont tes yeux;
si j'ai aimé de grand amour,
ce fut ta bouche ;
si j'ai aimé de grand amour,
ce furent ta chair tiède et tes mains fraiches,
et c'est ton ombre que je recherche.


Henri de Régnier



idem!




1103900 Publié le 24/10/2007 à 18:46 supprimer cette contribution
Je l'ai découvert par hasard a la biblio' mais je ne trouve pas de liens...suis preneuse si vous en avez
Diane F - Dream of a Summer Night - 2025831 lui écrire blog Publié le 24/10/2007 à 18:56 supprimer cette contribution
Henri de Régner !

J'adore Magali,

C'est lui qui a écrit le ruisseau ;
Il faudra que je le relise
1103900 Publié le 27/10/2007 à 10:43 supprimer cette contribution
Baiser

Quand ton col de couleur rose
Se donne à mon embrassement
Et ton oeil languit doucement
D'une paupière à demi close,

Mon âme se fond du désir
Dont elle est ardemment pleine
Et ne peut souffrir à grand'peine
La force d'un si grand plaisir.

Puis, quand s'approche de la tienne
Ma lèvre, et que si près je suis
Que la fleur recueillir je puis
De ton haleine ambroisienne,

Quand le soupir de ces odeurs
Où nos deux langues qui se jouent
Moitement folâtrent et nouent,
Eventent mes douces ardeurs,

Il me semble être assis à table
Avec les dieux, tant je suis heureux,
Et boire à longs traits savoureux
Leur doux breuvage délectable.

Si le bien qui au plus grand bien
Est plus prochain, prendre ou me laisse,
Pourquoi me permets-tu, maîtresse,
Qu'encore le plus grand soit mien?

As-tu peur que la jouissance
D'un si grand heur me fasse dieu?
Et que sans toi je vole au lieu
D'éternelle réjouissance?

Belle, n'aie peur de cela,
Partout où sera ta demeure,
Mon ciel, jusqu'à tant que je meure,
Et mon paradis sera là.

Joachim du Bellay




1103900 Publié le 27/10/2007 à 10:53 supprimer cette contribution

Psyché, ma soeur, écoute immobile, et frissonne...
Le bonheur vient, nous touche et nous parle à genoux
Pressons nos mains. Sois grave. Écoute encor...Personne
N'est plus heureux ce soir, n'est plus divin que nous.

Une immense tendresse attire à travers l'ombre
Nos yeux presque fermés. Que reste-t-il encor
Du baiser qui s'apaise et du soupir qui sombre?
La vie a retourné notre sablier d'or.

C'est notre heure éternelle, éternellement grande,
L'heure qui va survivre à l'éphémère amour
Comme un voile embaumé de rose et de lavande
Conserve après cent ans la jeunesse d'un jour.

Plus tard, ô ma beauté, quand des nuits étrangères
Auront passé sur vous qui ne m'attendrez plus,
Quand d'autres, s'il se peut, amie aux mains légères,
Jaloux de mon prénom, toucheront vos pieds nus,

Rappelez-vous qu'un soir nous vécûmes ensemble
L'heure unique où les dieux accordent, un instant,
À la tête qui penche, à l'épaule qui tremble,
L'esprit pur de la vie en fuite avec le temps.

Rappelez-vous qu'un soir, couchés sur notre couche,
En caressant nos doigts frémissants de s'unir,
Nous avons échangé de la bouche à la bouche
La perle impérissable où dort le Souvenir.



Pierre Louys


Quoi?? moi rêveuse.. ben vi!
1103900 Publié le 29/10/2007 à 10:06 supprimer cette contribution
Les Jeux rustiques et divins

Un petit roseau m'a suffi
Pour faire frémir l'herbe haute
Et tout le pré
Et les deux saules
Et le ruisseau qui chante aussi ;
Un petit roseau m'a suffi
A faire chanter la forêt.

Ceux qui passent l'ont entendu
Au fond du soir, en leurs pensées
Dans le silence et dans le vent,
Clair ou perdu,
Proche ou lointain...
Ceux qui passent en leurs pensées
En écoutant, au fond d'eux-mêmes
L'entendront encore et l'entendent
Toujours qui chante.

Il m'a suffi
De ce petit roseau cueilli
A la fontaine où vint l'Amour
Mirer, un jour,
Sa face grave
Et qui pleurait,
Pour faire pleurer ceux qui passent
Et trembler l'herbe et frémir l'eau;
Et j'ai du souffle d'un roseau
Fait chanter toute la forêt.

Henri de Régnier



Diane F - Dream of a Summer Night - 2025831 lui écrire blog Publié le 29/10/2007 à 10:09 supprimer cette contribution
Il était divin Henri de Régner !

Merci Magali de nous avoir "sorti" ce poème
merveilleux entre tous
1103900 Publié le 30/10/2007 à 21:14 supprimer cette contribution
La source vive

Au bout d'un long parcours dans le désert
Désespérant de pouvoir m'abreuver
Soudain là devant mes yeux grand'ouverts
Tu as surgi, Oasis, espoir vert.

Alors je me suis précipitée
Doutant parfois de rêver
Ne serait-ce pas un mirage ?
Effet de l'illusion, image ?

A la source tu m'attendais
Déterminé et bien campé
M'offrant tes baisers passionnés
Douce violence déchaînée

Enivrée comme possédée
J'ai bu tes paroles assoiffée
Tu te plus à me rassasier
Me combler me caresser

Alors nous nous sommes accordés
Comme les cordes d'un violon
Chacun tour à tour a vibré
Submergé par ses émotions

Amour physique bien réel
Tu es loin d'être virtuel
Amour mystique spirituel
Je veux te garder tel

Que te portera notre désir
Dans le présent et l'avenir
En écoutant mon intuition
En m'appuyant sur ma raison

J'ai fait le saut j'ai fait le pas
Plus de doute alors pour moi
C'est avec toi que je vivrais
Toi mon trésor mon bien-aimé


Féline


Ptitange - 908884 lui écrire blog Publié le 03/12/2007 à 20:37 supprimer cette contribution

http://users.pandora.be/gaston.d.haese/henri_de_regnier.html

http://www.e-venise.com/litterature/henri_de_regnier_venise.htm


http://www.florilege.free.fr/florilege/regnierh/index.htm
Féline - 1301487lui écrire blog Publié le 08/12/2007 à 02:33 supprimer cette contribution

Prière Indienne .


À ceux que j’aime...
et ceux qui m’aiment »

Quand je ne serai plus là, relâchez-moi,
Laissez-moi partir,
J’ai tellement de choses à faire et à voir
Ne pleurez pas en pensant à moi,
Soyez reconnaissants pour les belles années,
Je vous ai donné mon amitié,
Vous pouvez seulement deviner
Le bonheur que vous m’avez apporté.
Je vous remercie de l’amour que chacun m’avez démontré,
Maintenant, il est temps de voyager seul.
Pour un court moment vous pouvez avoir de la peine.
La confiance vous apportera réconfort et consolation.
Nous serons séparés pour quelque temps.
Laissez les souvenirs apaiser votre douleur,
Je ne suis pas loin, et la vie continue...
Si vous avez besoin, appelez-moi et je viendrai,
Même si vous ne pouvez me voir ou me toucher, je serai là,
Et si vous écoutez votre coeur, vous éprouverez clairement
La douceur de l’amour que j’apporterai.
Et quand il sera temps pour vous de partir,
Je serai là pour vous accueillir.
Absent de mon corps, présent avec Dieu.
N’allez pas sur ma tombe pour pleurer,
je ne suis pas là, je ne dors pas,
Je suis les mille vents qui soufflent,
Je suis le scintillement
des cristaux de neige,
Je suis la lumière que traverse
les champs de blé,
Je suis la douce pluie d’automne,
Je suis l’éveil des oiseaux dans le calme du matin,
Je suis l’étoile qui brille dans la nuit,
N'allez pas sur ma tombe pour pleurer,
Je ne suis pas là,
Je ne suis pas mort.
Page 1

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