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Littérature de merde !

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Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 19/02/2008 à 00:59 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Comment peut-on avoir le droit de pondre des choses comme celle-ci et de se prétendre écrivain ?
Citation:
Jourdan essaya de réveiller sa femme.
Tu dors ?
-Oui.
-Mais tu réponds ?
-Non.
-Tu as vu la nuit ?
-Non.
-Il fait un clair superbe.
Elle resta sans répondre et fit aller un gros soupir, un claqué des lèvres et puis un mouvement d'épaules comme une qui se défait d'un fardeau.

-Tu sais à quoi je pense ?
-Non.
-J'ai envie d'aller labourer entre les amandiers.
-Oui.
-La pièce, là, devant le portail.
-Oui.
-En direction de Fra-Josépine.
-Oh ! oui , dit-elle.

Elle bougea encore deux ou trois fois ses épaules et finalement elle se coucha en plein sur le ventre, le visage dans l'oreiller.

Mais, je veux dire maintenant , dit Jourdan.

Il se leva. Le parquet était froid, le pantalon de velours glacé. Il y avait des éclats de nuit partout dans la chambre. Dehors on voyait presque comme en plein jour le plateau et la forêt Grémone. Les étoiles s'éparpillaient partout.
1940628 Publié le 23/06/2008 à 19:36 supprimer cette contribution
je crois qu'a continuer vade tu vas te faire jeter , t'es prevenu "coco"
2345004 Publié le 23/06/2008 à 19:40 supprimer cette contribution
Vous alléguez de pures menteries. Est-ce parce que je ne suis point de votre tri ?(sélection).














" Deux gaules joignant un cygne "
1940628 Publié le 23/06/2008 à 19:42 supprimer cette contribution
pas du tout des que le propos reste "courtois " toutes les critiques sont acceptables
1522535 Publié le 23/06/2008 à 19:45 supprimer cette contribution

perds pas ton temps à discuter, alex

1940628 Publié le 23/06/2008 à 19:45 supprimer cette contribution
ben je sais mais bon j'anticipe sur les pleureuses
1522535 Publié le 23/06/2008 à 20:14 supprimer cette contribution

mon bonhomme tu peux m'en mettre toute la nuit, j'les plonkerai demain

2345004 Publié le 23/06/2008 à 20:23 supprimer cette contribution
Je ne suis un bonhomme, suis l’inverse de celui-ci, puisque vous tenez mordicus à rayer mes traits.













" Deux gaules...etc"
2345004 Publié le 23/06/2008 à 20:43 supprimer cette contribution
Je comprends que vous veuillez gommer mes lettres, car ces derniers vous empourprent comme un Salix.












" Deux gaules joignant un cygne "
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 23/08/2010 à 15:59 supprimer cette contribution
Allez, rebelote, et en pire :
Citation:
Elle est sourde, elle a la tête qui s'envole. Elle porte un panama noir et de jolies boucles d'oreilles. C'est ton mari qui te les a offertes ? Oui, il y a longtemps. Elle rit avec deux dents. Il travaillait dans les mines de salpêtre plus au Sud. Il y est mort. Il ne me reste que ces boucles, c'est lui qui me les a mises. Je ne les ai jamais enlevées. Ici, ils disent que j'ai mon mari pendu aux oreilles. Elle garde le silence en tenant sa boucle.
On a parlé du type ici il n'y a pas très longtemps, vu qu'il est mort. Ce ne sera assurément pas une très grande perte pour la littérature, mais le fait que l'exemplaire sous mes yeux soit en format de poche suggère que le livre en grand format a rencontré une vaste audience, ce qui me consterne.

Saurez-vous trouver de qui c'est ?
2603217 Publié le 27/08/2010 à 10:28 supprimer cette contribution
Nan ! Qui c'est ? ... mais c'est un peu mieux que:
Jourdan essaya de réveiller sa femme.
Tu dors ?
-Oui.
-Mais tu réponds ?
-Non.
-Tu as vu la nuit ?
-Non.


Il est certain qu'être édité n'est pas très significatif.
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 27/08/2010 à 10:32 supprimer cette contribution

Merdoum, c'était si creux que j'ai déjà oublié le nom de l'auteur comme du bouquin.

Avec un peu de chance, ça me reviendra ce ouikinde.

Qu'on se rappelle également ceci


2603217 Publié le 01/09/2010 à 11:44 supprimer cette contribution
Un "Précis de mauvaise littérature" a été édité en automne 2008 ... en fait une réédition du Jourde et Naulleau, "Précis de littérature du XXIe siècle". Il s'agit d'un manuel littéraire qui traite d'une littérature "sans estomac", gonflée par un système médiatique et ses petits soldats journaleux incultes.
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 19/09/2010 à 08:08 supprimer cette contribution
Citation:
c'était si creux que j'ai déjà oublié le nom de l'auteur
Ce devait être Giono.

2477693 Publié le 19/09/2010 à 09:20 supprimer cette contribution
Ca ressemble à du Giono, oui. Mais dis-moi : tu trouves que Giono -que cet extrait soit de lui ou pas- est médiocre ?
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 19/09/2010 à 10:12 supprimer cette contribution

Ma foi, oui (cet extrait).

Lui trouves-tu la moindre qualité littéraire ?

Commencer un bouquin de cette façon, cela me paraît limite criminel. C'est un coup à dégoûter plus d'un de la lecture
2477693 Publié le 19/09/2010 à 10:25 supprimer cette contribution
De quel oeuvre s'agit-il ?


C'est tout simplement dépouillé.

Giono a tout de même de coutume de meilleurs incipits : je viens d'aller remettre le nez dans ceux -pas tous, je suis parsseux- de la trilogie de Pan.
J'aime Giono -le peu que j'aie lu (en gros, la fameuse "trilogie de Pan", un régal, ainsi que Un roi sans divetissement , qui m'avait beaucoup ennuyé)- pur cet côté décahnré, âpre, nu.

Tu ne trouves pas que Colline ou Regain recèlent de belles pages ?

Je crois savoir que tu aimes ce qui est plus consistant, en terme de syntaxe. Mais tu avoueras que, si l'on prend l'exemple de la Confession...de Musset, si les premières pages sont une merveille, le reste, à savoir le récit romancé et transposé de ses amours, est assez vite emmerdifiant, et ce malgré de bons moments pour le lecteur.

Après , bien sûr, on a la perfection avec Flaubert...
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 19/09/2010 à 17:07 supprimer cette contribution
Citation:
De quel oeuvre s'agit-il ?
Probablement "Le sepent d'étoiles", mais je n'ai pas sous la main la possibilité de vérifier commodément.
Citation:
C'est tout simplement dépouillé.
Un peu comme on peut dire à propos d'un autiste qu'il n'est "pas bavard", alors
Citation:
Tu ne trouves pas que Colline ou Regain recèlent de belles pages ?
C'est de celle-ci que je parle. Paul Dukas, lui, avait l'honnêteté de brûler ce dont il n'était pas satisfait. Il reste peu de chose, mais au moins c'est du bon.
Citation:
Je crois savoir que tu aimes ce qui est plus consistant, en terme de syntaxe.
La syntaxe, sans être négligeable, c'est presque secondaire : l'important en littérature est surtout d'avoir des choses à dire et donc de ne pas laisser le lecteur sur sa faim.

Ensuite, si le plat est bon, il est clair qu'on le préférera bien présenté. C'est bien beau d'imaginer de belles histoires comme Suzanne Prou, mais écrites dans un français un peu châtié, elles n'y perdraient rien.
Citation:
Après , bien sûr, on a la perfection avec Flaubert...
Un auteur qui se repent toute sa vie d'avoir laissé passer l'expression "une couronne de fleurs d'orangers" ne peut pas être tout à fait mauvais, mais tout de même, Valéry et Proust planent là-dessus comme le viaduc de Millau au-dessus des nuages

2477693 Publié le 22/10/2010 à 18:26 supprimer cette contribution
Proust, j'avoue ne pas avoir eu le cran de m'y plonger. Je ne connais personne qui l'ait eu, mis à part toi.

Quant à Paul Valéry, la lecture des ses poèmes -à ma grande honte, je n'ai toujours pas lu le Journal de Monsieur Teste-m'ont convaincu -en dehors de la claque littéraire que j'ai prise- d'une chose : ce type n'était pas de notre monde.

Je me demande d'ailleurs à ce sujet d'où Paganel pourrait bien venir .

Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 22/10/2010 à 23:20 supprimer cette contribution
Citation:
Proust, j'avoue ne pas avoir eu le cran de m'y plonger
Je ne l'ai longtemps pas eu non plus. Et puis sur le coup de 35 ans, j'ai ouvert sur deux pages particulières "Un amour de Swann" et j'ai été accroché pour de bon.

Je suppose que pour bien apprécier Proust il faut avoir beaucoup morflé sentimentalement afin d'y reconnaître des choses vécues. Si tu as toujours été heureux en amour, ces analyses doivent en effet paraître dénuées de toute espèce de sens.
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 22/10/2010 à 23:28 supprimer cette contribution
Je retrouve sur la toile cet extrait du passage exact qui m'avait fasciné. Un extrait plus important aurait mieux convenu, mais ça te donnera une idée si tu as connu la même chose :
Citation:
«…le plus enivrant des romans d'amour… qui lui apprenait les moyens de la rejoindre, l'après-midi, le soir, ce matin même! Le moyen ? presque davantage: l'autorisation. Car enfin l'indicateur et les trains eux-mêmes n'étaient pas faits pour des chiens. Si on faisait savoir au public, par voie d'imprimés, qu'à huit heures du matin partait un train qui arrivait à Pierrefonds à dix heures, c'est donc qu'aller à Pierrefonds était un acte licite, pour lequel la permission d'Odette était superflue…»
Un clin d'oeil à ce passage semble être présent dans Brice de Nice quand l'anti-héros écoute depuis Hossegor les horaires des trains en partance pour sa ville où les vagues sont moins terrifiantes
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 22/10/2010 à 23:33 supprimer cette contribution
Trouved !!!
Citation:
Quand les Verdurin l’emmenaient à Saint-Germain, à Chatou, à Meulan, souvent, si c’était dans la belle saison, ils proposaient, sur place, de rester à coucher et de ne revenir que le lendemain. Mme Verdurin cherchait à apaiser les scrupules du pianiste dont la tante était restée à Paris.

—Elle sera enchantée d’être débarrassée de vous pour un jour. Et comment s’inquiéterait-elle, elle vous sait avec nous? d’ailleurs je prends tout sous mon bonnet.

Mais si elle n’y réussissait pas, M. Verdurin partait en campagne, trouvait un bureau de télégraphe ou un messager et s’informait de ceux des fidèles qui avaient quelqu’un à faire prévenir. Mais Odette le remerciait et disait qu’elle n’avait de dépêche à faire pour personne, car elle avait dit à Swann une fois pour toutes qu’en lui en envoyant une aux yeux de tous, elle se compromettrait. Parfois c’était pour plusieurs jours qu’elle s’absentait, les Verdurin l’emmenaient voir les tombeaux de Dreux, ou à Compiègne admirer, sur le conseil du peintre, des couchers de soleil en forêt et on poussait jusqu’au château de Pierrefonds.

— « Penser qu’elle pourrait visiter de vrais monuments avec moi qui ai étudié l’architecture pendant dix ans et qui suis tout le temps supplié de mener à Beauvais ou à Saint-Loup-de-Naud des gens de la plus haute valeur et ne le ferais que pour elle, et qu’à la place elle va avec les dernières des brutes s’extasier successivement devant les déjections de Louis-Philippe et devant celles de Viollet-le-Duc! Il me semble qu’il n’y a pas besoin d’être artiste pour cela et que, même sans flair particulièrement fin, on ne choisit pas d’aller villégiaturer dans des latrines pour être plus à portée de respirer des excréments. »

Mais quand elle était partie pour Dreux ou pour Pierrefonds, — hélas, sans lui permettre d’y aller, comme par hasard, de son côté, car « cela ferait un effet déplorable », disait-elle,—il se plongeait dans le plus enivrant des romans d’amour, l’indicateur des chemins de fer, qui lui apprenait les moyens de la rejoindre, l’après-midi, le soir, ce matin même! Le moyen? presque davantage: l’autorisation. Car enfin l’indicateur et les trains eux-mêmes n’étaient pas faits pour des chiens. Si on faisait savoir au public, par voie d’imprimés, qu’à huit heures du matin partait un train qui arrivait à Pierrefonds à dix heures, c’est donc qu’aller à Pierrefonds était un acte licite, pour lequel la permission d’Odette était superflue; et c’était aussi un acte qui pouvait avoir un tout autre motif que le désir de rencontrer Odette, puisque des gens qui ne la connaissaient pas l’accomplissaient chaque jour, en assez grand nombre pour que cela valût la peine de faire chauffer des locomotives.

En somme elle ne pouvait tout de même pas l’empêcher d’aller à Pierrefonds s’il en avait envie! Or, justement, il sentait qu’il en avait envie, et que s’il n’avait pas connu Odette, certainement il y serait allé. Il y avait longtemps qu’il voulait se faire une idée plus précise des travaux de restauration de Viollet-le-Duc. Et par le temps qu’il faisait, il éprouvait l’impérieux désir d’une promenade dans la forêt de Compiègne.

Ce n’était vraiment pas de chance qu’elle lui défendît le seul endroit qui le tentait aujourd’hui. Aujourd’hui! S’il y allait, malgré son interdiction, il pourrait la voir aujourd’hui même! Mais, alors que, si elle eût retrouvé à Pierrefonds quelque indifférent, elle lui eût dit joyeusement: «Tiens, vous ici!», et lui aurait demandé d’aller la voir à l’hôtel où elle était descendue avec les Verdurin, au contraire si elle l’y rencontrait, lui, Swann, elle serait froissée, elle se dirait qu’elle était suivie, elle l’aimerait moins, peut-être se détournerait-elle avec colère en l’apercevant. « Alors, je n’ai plus le droit de voyager! », lui dirait-elle au retour, tandis qu’en somme c’était lui qui n’avait plus le droit de voyager!
Putaing, c'est tellement ça, c'est tellement ça !
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 22/10/2010 à 23:37 supprimer cette contribution
Allez, je mets la suite presque immédiate et je m'arrête, vu que le Marcel, il n'a vraiment rien à foutre dans un fil portant ce titre :
Citation:
Swann s’imaginait déjà là-bas avec M. de Forestelle. Même avant d’y voir Odette, même s’il ne réussissait pas à l’y voir, quel bonheur il aurait à mettre le pied sur cette terre où ne sachant pas l’endroit exact, à tel moment, de sa présence, il sentirait palpiter partout la possibilité de sa brusque apparition: dans la cour du château, devenu beau pour lui parce que c’était à cause d’elle qu’il était allé le voir; dans toutes les rues de la ville, qui lui semblait romanesque; sur chaque route de la forêt, rosée par un couchant profond et tendre;—asiles innombrables et alternatifs, où venait simultanément se réfugier, dans l’incertaine ubiquité de ses espérances, son cœur heureux, vagabond et multiplié. « Surtout, dirait-il à M. de Forestelle, prenons garde de ne pas tomber sur Odette et les Verdurin; je viens d’apprendre qu’ils sont justement aujourd’hui à Pierrefonds. On a assez le temps de se voir à Paris, ce ne serait pas la peine de le quitter pour ne pas pouvoir faire un pas les uns sans les autres ». Et son ami ne comprendrait pas pourquoi une fois là-bas il changerait vingt fois de projets, inspecterait les salles à manger de tous les hôtels de Compiègne sans se décider à s’asseoir dans aucune de celles où pourtant on n’avait pas vu trace de Verdurin, ayant l’air de rechercher ce qu’il disait vouloir fuir et du reste le fuyant dès qu’il l’aurait trouvé, car s’il avait rencontré le petit groupe, il s’en serait écarté avec affectation, content d’avoir vu Odette et qu’elle l’eût vu, surtout qu’elle l’eût vu ne se souciant pas d’elle. Mais non, elle devinerait bien que c’était pour elle qu’il était là. Et quand M. de Forestelle venait le chercher pour partir, il lui disait: « Hélas! non, je ne peux pas aller aujourd’hui à Pierrefonds, Odette y est justement ». Et Swann était heureux malgré tout de sentir que, si seul de tous les mortels il n’avait pas le droit en ce jour d’aller à Pierrefonds, c’était parce qu’il était en effet pour Odette quelqu’un de différent des autres, son amant, et que cette restriction apportée pour lui au droit universel de libre circulation, n’était qu’une des formes de cet esclavage, de cet amour qui lui était si cher. Décidément il valait mieux ne pas risquer de se brouiller avec elle, patienter, attendre son retour. Il passait ses journées penché sur une carte de la forêt de Compiègne comme si ç’avait été la carte du Tendre, s’entourait de photographies du château de Pierrefonds. Dés que venait le jour où il était possible qu’elle revînt, il rouvrait l’indicateur, calculait quel train elle avait dû prendre, et si elle s’était attardée, ceux qui lui restaient encore. Il ne sortait pas de peur de manquer une dépêche, ne se couchait pas, pour le cas où, revenue par le dernier train, elle aurait voulu lui faire la surprise de venir le voir au milieu de la nuit. Justement il entendait sonner à la porte cochère, il lui semblait qu’on tardait à ouvrir, il voulait éveiller le concierge, se mettait à la fenêtre pour appeler Odette si c’était elle, car malgré les recommandations qu’il était descendu faire plus de dix fois lui-même, on était capable de lui dire qu’il n’était pas là. C’était un domestique qui rentrait. Il remarquait le vol incessant des voitures qui passaient, auquel il n’avait jamais fait attention autrefois. Il écoutait chacune venir au loin, s’approcher, dépasser sa porte sans s’être arrêtée et porter plus loin un message qui n’était pas pour lui. Il attendait toute la nuit, bien inutilement, car les Verdurin ayant avancé leur retour, Odette était à Paris depuis midi; elle n’avait pas eu l’idée de l’en prévenir; ne sachant que faire elle avait été passer sa soirée seule au théâtre et il y avait longtemps qu’elle était rentrée se coucher et dormait.

C’est qu’elle n’avait même pas pensé à lui. Et de tels moments où elle oubliait jusqu’à l’existence de Swann étaient plus utiles à Odette, servaient mieux à lui attacher Swann, que toute sa coquetterie. Car ainsi Swann vivait dans cette agitation douloureuse qui avait déjà été assez puissante pour faire éclore son amour le soir où il n’avait pas trouvé Odette chez les Verdurin et l’avait cherchée toute la soirée. Et il n’avait pas, comme j’eus à Combray dans mon enfance, des journées heureuses pendant lesquelles s’oublient les souffrances qui renaîtront le soir. Les journées, Swann les passait sans Odette; et par moments il se disait que laisser une aussi jolie femme sortir ainsi seule dans Paris était aussi imprudent que de poser un écrin plein de bijoux au milieu de la rue. Alors il s’indignait contre tous les passants comme contre autant de voleurs. Mais leur visage collectif et informe échappant à son imagination ne nourrissait pas sa jalousie. Il fatiguait la pensée de Swann, lequel, se passant la main sur les yeux, s’écriait: « A la grâce de Dieu », comme ceux qui après s’être acharnés à étreindre le problème de la réalité du monde extérieur ou de l’immortalité de l’âme accordent la détente d’un acte de foi à leur cerveau lassé. Mais toujours la pensée de l’absente était indissolublement mêlée aux actes les plus simples de la vie de Swann, — déjeuner, recevoir son courrier, sortir, se coucher, —par la tristesse même qu’il avait à les accomplir sans elle, comme ces initiales de Philibert le Beau que dans l’église de Brou, à cause du regret qu’elle avait de lui, Marguerite d’Autriche entrelaça partout aux siennes.
2477693 Publié le 23/10/2010 à 13:38 supprimer cette contribution


Sinon, dans le genre merdique, le dernier Nothomb m'a gavé au bout de dix pages. C'est la première fois. Aussi me suis-je jeté dans la lecture -rapide et fluide- des Animaux dénaturés de Vercors, puis dans Kaputt de Malaparte, d'une lecture plus ardue mais qui tient au corps.
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 25/10/2010 à 06:27 supprimer cette contribution
Citation:
Animaux dénaturés de Vercors
Remarquable histoire, dont il a tiré une pièce :



À un moment, des grilles étaient mises sur scène à la place du rideau, et les acteurs jetaient des cacahuètes au public

La finesse et l'intelligence de Vercors m'ont fait sur le moment pensé au Maurois de Bramble. Surprise : ils avaient à une époque travaillé tous les deux à cette autre fable philosophique sur la ségrégation :



et comme tu le vois, Vercors ne se nommait pas encore Vercors.
2477693 Publié le 29/10/2010 à 08:36 supprimer cette contribution
Passionnant ! J'ignorais. Je note .

Citation:
puis dans Kaputt de Malaparte, d'une lecture plus ardue


Je corrige : plus laborieuse.
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 27/07/2011 à 08:56 supprimer cette contribution

J'AI TROUVE QUELQU'UN QUI ECRIT COMME CARLOW !

Et même un peu pire (si, si !).

Il se nomme OLIVIER CHAZOULE.

Son roman (?) que je lis se nomme CALIFORNIA DOLLAR. Le principe est bien carlowien : des phrases courses et décousues, où on s'arrange toujours pour dire en trois à cinq phrases ce qui tenait en une, et avec des retours à la ligne pour un oui ou pour un non.

Je n'ai pas mon objectif macro sous la main, sinon je vous en ferais profiter.

Celui-ci doit être du même tonneau :



Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 17/08/2011 à 23:16 supprimer cette contribution
... et bon film. Si je n'avais pas lu des critiques très intelligentes à son sujet, jamais je ne serais allé le voir avec un titre pareil :

La Planète des singes : les origines

L'augmentation des facultés cognitives fascine décidément Hollywood. Nous avions déjà eu Limitless il n'y a pas longtemps sur un sujet voisin.

Des fleurs pour Algernon se révèle décidément extraordinaire précurseur.

Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 10/10/2013 à 19:49 supprimer cette contribution
Citation:
De retour de Bretagne, j’avais vraiment envie d’oublier tout ce qui s’était passé. Max et moi, on rentrait au collège et on avait autre chose à faire que de ruminer nos vieilles peurs. Mais lorsque mon frère est tombé en amour avec une latino d’Argentine, bien plus vieille que lui, j’ai senti que les ennuis allaient recommencer. Ça s’est confirmé lorsqu’il m’a appelée, complètement paniqué, en me demandant de venir d’urgence chez sa copine. Je ne pouvais pas imaginer ce qui m’attendait. Difficile d’échapper à son destin ! Pendant quelques minutes, il ne s’est rien passé du tout. Puis, insidieusement, la douleur d’Alicia s’est mise à couler vers moi et a envahi mon corps transformé pour l’occasion en éponge. Une brûlure intense, comme j’ignorais qu’il puisse en exister, prit possession de mon bas-ventre me coupant le souffle et me cisaillant de spasmes. À un moment donné, j’ai tenté de m’écarter d’elle mais elle m’enserrait de ses bras comme une pieuvre. Je me suis mise à pleurer et j’ai cessé de résister…
Le degré zéro du style. Même en seconde, plus personne n'ose écrire aussi mal.

Encore que pour un marathon du poncif, le texte aurait ses chances.

2719517 Publié le 11/10/2013 à 06:32 supprimer cette contribution
t’achètes vraiment n'importe quoi
Paganel, aristautarcique - 980920lui écrire blog Publié le 11/10/2013 à 09:51 supprimer cette contribution

Acheté quoi ? Cet extrait était sur le web. Si c'est dans un but d'appâter le chaland, j'ai l'impression que c'est foiré

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