Ylaïashen - 687571 Publié le 01/03/2008 à 10:00  Quelle serait ma vie si j’étais une femme ? Quels seraient mes charmes ? Quelle serait mon âme ? Que vivrais-je enfin des inconnus délices Du chromosome ‘Y’ se changeant en un ‘X’ ? Serais-je querelleuse ou bien douce et sensible ? Scientifique pure ou à l’âme d’artiste ? Timide ou expansive, joyeuse ou plutôt triste ? Des assauts de la vie serais-je encore la cible ? Peindrais-je des tableaux, serais-je musicienne ? Ou me proclamerais-je un statut d’écrivaine ? Je connais les réponses, ces questions étaient vaines De mes songes passés je retrouve la veine Divine création, née comme le fut Eve Voici qu’enfin j’incarne la femme de mes rêves Je me verrais en blonde, malgré la génétique. Blondinette gracile aux yeux bleus en amande Venus de quelque ancêtre des montagnes des Andes Ou de Scandinavie, tel serait mon physique Sans en être obsédée, je resterais coquette Les peignant avec soin, j’aurais de longs cheveux Je porterais des robes assorties à mes yeux Je m’assumerais bien en douce blondinette Je ne sais si encore, j’écrirais des histoires Mais mon monde intérieur me porte et m’accompagne Je connaîtrais la harpe, elle serait la compagne Des terres que j’invente sans trop oser y croire Je peindrais des tableaux, magnifiques miroirs Des songes insensés jouant dans mon esprit, Ces dragons, ces sorciers, ces démons dont je ris S’animant sur les toiles que je laisserais voir Connaîtrais-je l’amour ? Cela je ne le sais. Je le voudrais sans doute, pour n’être point maudite J’en rêverais beaucoup, que la chose soit dite, Dans cette vie comme dans l’autre, nul homme ne me prendrait Mes rêveries d’enfant au bel aventurier Qui ressemble fort peu à l’homme que je suis Ne trouveraient d’écho, la fillette grandie Que des brutes sauvages au langage ordurier Puisque la femme est seule créature divine Et qu’en aimant un homme, elle aime un animal Ne pouvant m’abaisser à chérir aucun mâle Pour vivre enfin l’amour, je me ferais donc gouine Peu importe ce mot, si on le trouve cru Préfère-t-on peut-être le terme de lesbienne Je serais cette femme aimant à perdre haleine Le doux cœur d’autres femmes, leur calme beauté nue Je ne connaîtrais point la vile pénétration Jusqu’à mon dernier souffle, je resterais donc vierge Et refuserais net toute sorte de verge La féminité seule éveillant ma passion Durant un long moment je serais solitaire Et je le serais tant que je deviendrais folle Lors mon âme sublime prendrait là son envol Ne pouvant plus rester rattaché à la terre D’une vie à une autre, mon destin est le même Je connaîtrais ainsi l’hôpital psychiatrique On m’y confinerait par des neuroleptiques Ma vie s’arrêterait, et bientôt mon cœur même Je voudrais m’évader, j’échouerais chaque fois Rêveries illusoires, tentatives avortées Mes airs se feraient tristes, mes tableaux torturés Accroissant toujours plus mon profond désarroi Mais là encore l’amour viendrait pour me sauver Quelle femme serait-ce, je ne puis le rêver Pour elle je peindrais, ma harpe jouerais des airs La douce blondinette aurait là une amante Mais je ne suis qu’un homme et ce rêve me hante Sur un air celtique, tableau imaginaire
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