|  |
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920  Publié le 15/04/2008 à 16:22 
Citation: Dans les immenses territoires conquis par les musulmans (de l’Asie à l’Espagne, de l’Afrique du Nord à l’Inde) les élites intellectuelles étaient musulmanes.
Plus exactement, si les élites intellectuelles ne se convertissaient pas à l'islam, ça chauffait pour leur matricule. Maimonide, par exemple, a eu un choix très clair à effectuer : la conversion, la mort ou l'exil (à sa place, j'aurais choisi l'exil, mais c'était sa vie, après tout).Citation: Tandis que tous les ouvrages de vulgarisation vont jusqu’à exalter une fictive débilité et barbarie des “conquérants” musulmans.
Je trouve sur l'Interfilet : * 33 900 références à "al Khawarizmi" * 166 000 à "Ibn Khaldoun" * 224 000 à "Avicenne" * 311 000 à "al Kindi" * 725 000 à "Khayyam" * 838 000 à "Averroès" * 1 370 000 à "Saladin" Fin de la pause fantasme.Citation: De toute l’Europe plongée alors dans l’obscurantisme, on venait, comme on part aujourd’hui à Oxford ou Paris, parfaire ses connaissances dans les grandes capitales islamiques Cordoue ou Bagdad.
A ceci près qu'on partait déjà à l'époque à Oxford ou Paris depuis toute l'Europe... excepté depuis ces pays musulmans si tant ouverts à l'extérieur à t'en croire. Cherchez l'erreur. Nous aurions pu pourtant, à défaut d'autre chose, leur apprendre à construire des cathédrales (des vraies, avec des voutes) et des vitraux avant qu'ils ne découvrent cela à la prise de Constantinople.Nous aurions pu aussi leur apprendre le plus important :Citation: « Ce que la scolastique nous a légué de plus utile, c'est peut-être cette précision [...]. Tout l'enseignement occidental, avec ses Premièrement, Deuxièmement, grand A, petit a, petit b, en a été imprégné. La subordination et l'emboîtement, la vision et la division, pas seulement additives, mais par hiérarchie d'importance et lien de dépendance, la logique des idées, la plan presque architectural dans l'exposé de la pensée ou des faits s'incorporent alors définitivement aux habitudes mentales de l'Occident. » -- Jean-François Revel, Histoire de la philosophie occidentale
Ils ne s'incorporèrent pas aux habitudes mentales de l'Orient, et il est clair quand on lit les contributions incroyablement peu structurées en provenance de cette zone qu'ils ne s'y sont toujours pas incorporés Un autre résultat est que ces pays passèrent à côté de la grande invention du classement alphabétique (1286), et ce jusqu'au début du XXème siècle (!). L'Europe, de son côté, ne passa pas à côté du zéro des Indiens, que Gerbert d'Aurillac (Sylvestre II) ramena fissa de l'Espagne conquise pour commencer à l'imposer à la chrétienté vers l'an mil en dépit de la resistance obstinée des clercs, qui voyaient fondre leur fonds de commerce (Il faut savoir qu'au Moyen Âge la technique de la division représentait l'équivalent de ce qu'est aujourd'hui chez nous un certificat de licence).Citation: Al Kwarizmi (800, mathématicien, père de l’algèbre - du nom de son livre Al Jebr-, pionnier de l’algorithme
Pionnier ? Presque 1000 ans après l'algorithme d'Euclide, et alors que la notion d'algorithme était parfaitement maîtrisée par les Babyloniens et les Egyptiens ? (Il n'y a pas de miracle : là où arrive l'impôt, les procédés de calcul fleurissent,pour des raisons évidentes; et en Egypte, pour des raisons tout aussi évidentes, la géométrie faisait également partie du lot des "sciences fiscales") et de la numération écrite universelle) Celle-ci nous vient d'Inde - bien que les Mayas aient également connu le zéro, et les Babyloniens aussi dans une certaine mesure, bien qu'ils n'aient pas eu l'idée géniale des Indiens -antérieure à la conquête arabe - de le considérer comme un chiffre lui aussi. Il est à noter que la numération décimale fut le premier "langage" qui fut adopté par toute l'humanité (au détail de forme de chiffres près). Le second fut Windows. Citation: Averroes (Ibn Roschd, 1198, philosophie)
Eût maille à partir avec l'islam, on le rappelle. Par ailleurs, rappelons également ceci :Citation: Le schéma hérité des Lumières Aristotes -> Byzances -> Islam -> chrétienté occidentale est dépassé depuis plus de 180 ans et serait à mon avis à nuancer fortement, cf François Guizot, (1787-1874), dans une préface sur Alcuin, conseiller de Charlemagne : "Que cette cause soit ou non suffisante pour expliquer le fait, il est incontestable : les écoles d’Angleterre, et particulièrement celle d’York, étaient supérieures à celles du continent ; elle possédait même une riche bibliothèque où se trouvaient plusieurs des grands ouvrages de l’antiquité païenne, entre autres ceux d’Aristote, dont il ne faut point croire, comme on le répète sans cesse, que l’Europe moderne ait dû la connaissance aux seuls Arabes, car, du Ve au Xe siècle, il n’est aucune époque où on ne les trouve mentionnés dans quelque bibliothèque, où ils n’aient été connus et étudiés de quelque lettré." De fait bien avant l'arrivée des Musulmans en Espagne, Tolède était un centre intellectuel important où Aristote était déjà largement connu. Anselme à la fin du XI° siècle a visiblement étudié Aristote lorsqu'il réfute les "Universaux", et les recensements de la bibliothèque du Mont-Saint Michel montrent que l'oeuvre d'Aristote, via des auteurs comme Boèce était présente bien avant St Thomas d'Aquin. cf Aristote au Mont Saint-Michel : "Le rôle de l'abbaye du Mont Saint-Michel au cours du Moyen Age ne se limite pas au domaine religieux, artistique, militaire ou politique. Elle joua également un rôle important dans l'histoire littéraire de l'Europe occidentale. En effet, nous devons reconnaître en cette abbaye un des centres les plus importants de diffusion de la littérature aristotélicienne pendant la seconde moitié du XIIe siècle (L. MINIO-PALUELLO, Iacobus..., pp. 293-295; ID., Note..., VII, pp. 485-495; ID., la Tradition..., p. 174. La contribution des moines bénédictins est d'autant plus importante qu'ils transmettent aux savants de l'époque un Aristote puisé directement au grec, avant même que l'on ait traduit ses oeuvres de l'arabe.)
Citation: Ibn Khaldoun (1406, sociologue, génie universel)
Et apparemment n'ayant pas grande estime pour les Arabes, rappelons-le : Les Arabes vus par Ibn Khaldoun (site amazigh) Citation: Pendant ces siècles véritablement “de lumières”, la civilisation islamique fut le porte-drapeau des sciences de ce monde.
Non : elle ne "porta ce drapeau" que dans ses propres frontières (qu'elle ne cessait d'étendre, certes), comme le faisait n'importe quel autre pays. La nuit féodale ne concerna que l'Europe : l'Empire romain d'Orient, autour de Constantinople, disposait d'un patrimoine culturel très riche, qui devint certes ensuite propriété des musulmans en vertu du droit incontournable pour eux de pillage du faible par le fort.Citation: Il y a 600 ans, le seul livre de la bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris était un ouvrage arabe.
C'est pour le moins original, une bibliothèque avec un seul livre. Bibliothécaire là-bas, voilà le boulot dont nous eussions tous rêvé. Rappelons à Byron, dont la culture semble présenter quelques lacunes, qu'on a retrouvé 600 manuscrits distincts du Roman de la Rose, ouvrage certes philosophique, mais mineur, et qui avaient tous été propriété au départ de particuliers alors qu'un livre coûtaît à l'époque le prix d'une petite maison. Je crains sonc fort que sa bibliothèque monolivre ne soit à ranger elle aussi au magasin des fantasmes. Rappelons aussi que les fameux médecins de Molière avaient tous fait leurs classes à ces fameuses écoles mauresques, avec le résultat que l'on voit dans les pièces de cet auteur.Citation: L’éveil de l’Occident est intimement lié à la civilisation arabo-musulmane.
L'éveil de l'Occident est intimement lié à la fin du racket sur la Méditerranée par la "civilisation" arabo-musulmane, qui le faisait périr d'asphyxie progressiveCitation: Savez-vous que le droit international, les droits de l’Homme, la Sécurité Sociale ne sont pas des innovations de l’Occident?
Pigé ! C'était un troll depuis le début ! Ah, la vache, il m'a bien eu. J'ai marché à fond ! Bien joué !  | domi - 417343 Publié le 17/04/2008 à 11:31  Les fantasmes d'un Orient à la civilisation éclatante ont la peau dure. elles le furent un peu, mais très peu... Je n'y ai point vu de cathedrales, point trop d'aqueducs ni de ponts gigantesques point de routes pour forcer la nature à nous servir, pas de canaux non plus. Juste des ânes et des chameaux puis des narguilés pour une rêverie douce au soleil éternel mais aussi, la femme courbée et voilée par 10.000 ans d'obscurantiusme. Pour moi, c'est NIET! |
Page 1  Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact
|  | |