alizarine,conte

Forums > Plaisir d'écrireAller à la dernière page
<< Précédent |

Alizarine vous conte...

| Suivant >>
Ecrire une réponseAjouter à vos forums favoris
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 23/05/2008 à 20:36 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
...l'histoire d'un charmant garçon de 14ans, grand, dégingandé, avec des cheveux blonds filasse et très "filou".
Il s'appelle Nils, Nils Holgerson...

Ce texte n'est pas écrit de ma main, il est d'un auteur suédois et je lui dois le merveilleux de mes rêves , jours après jours lorsque je le lisais étant enfant ...

Ce conte plaira à tous ceux qui ont su garder une âme d'enfant et qui aiment le merveilleux...car c'est un merveilleux voyage que celui-ci ...

Bonne lecture
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 25/07/2008 à 10:38 supprimer cette contribution
Rêved'Orient! Cette photo est magnifique...
Pour toi:



Une de mes toiles...j'espère que tu aimes !
Diane-F - Final Fantasy - 2025831 lui écrire blog Publié le 25/07/2008 à 10:39 supprimer cette contribution
Moi j'aime en tout cas
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 25/07/2008 à 10:55 supprimer cette contribution
merci Diane, j'en suis heureuse
Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 25/07/2008 à 18:20 supprimer cette contribution
Citation:
Une de mes toiles...j'espère que tu aimes !

très contente Alizarine, mille merci pour cette belle toile je suis émue vraiment ,
je te fait des gros bisou en attenants ton retour
Pour toi Alizarine


Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 26/07/2008 à 20:07 supprimer cette contribution

Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 28/07/2008 à 13:53 supprimer cette contribution


Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 29/07/2008 à 20:00 supprimer cette contribution
Alizarine

Rêved'Orient - 2076403 lui écrire blog Publié le 30/07/2008 à 12:19 supprimer cette contribution

alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 13/08/2008 à 17:06 supprimer cette contribution
Grand MERCIRêved'Orient pour toutes ces beautés...elles sont le reflet de ton âme et de ton coeur...



Pour toi, cette autre toile ... puisque tu sembles apprécier mon travail

Pasz encore la possibilité de me servir du clavier longtemps, alors la suite du conte sera pour plus tard, c'est trop dur encore à présent...

Plein de

Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 13/08/2008 à 17:20 supprimer cette contribution
On attendra après tout ce sont les vacances.
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 13/08/2008 à 17:31 supprimer cette contribution
pour ta générosité Artus
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 22/08/2008 à 11:58 supprimer cette contribution
l'épisode 37 pour ceux ou celles qui aimeraient la suite ...


Environ douze ans avant le grand voyage de Nils, il arriva qu'un propriétaire du Kolmarden voulut se défaire d'un de ses chiens de chasse.
Il envoya chercher son garde, et lui déclara qu'il ne pouvait plus garder le chien : celui-ci ne cessait de chasser les moutons et les poules; il devait en conséquence être emmené dans la forêt et être fusillé.

Le garde prit le chien en laisse et se rendit à l'endroit où l'on tuait et enfouissait les chiens hors service.
Ce n'était pas un méchant homme, mais il était plutôt content de se débarrasser du chien, car il savait que l'animal ne chassait pas seulement les moutons et les poules et s'échappait souvent dans la forêt pour attraper un lièvre ou un jeune coq des bois.

Le chien petit et noir, avait le poitrail et les pattes de devant jaunes; il s"appelait Karr, et était si intelligent qu'il comprenait tout ce que disaient les hommes.

Lorsque le garde l'emmena à travers la forêt,il se rendit très bien compte de ce qui l'attendait. Mais il n'en laissa rien voir. Il paraissait aussi insoucieux que d'ordinaire. Il se mit à agiter la queue et à pousser un aboiement joyeux pour qu'on ne se doutât de rien.

Mais soudain, il changea d'allure: il tendit le cou et leva la tête comme pour hurler. Et, au lieu de trotter à côté du garde,il resta en arrière; on voyait qu'une idée désagréable l'avait frappé.

L'été commençait à peine, les élans venaient de mettre au monde leurs petits et, la veille au soir, Karr avait réussi à séparer de sa mère un jeune élan qui ne pouvait avoir que cinq jours, et à le chasser vers un marais.
Là, il l'avait poursuivi de tertre en tertre, non pour s'en emparer, mais simplement pour le plaisir de voir sa frayeur.

La mère qui savait qu'à cette époque de l'année, le marais était sans fond et ne pouvait porter un grand animal comme elle, resta aussi longtemps que possible sur la terre ferme.
Comme son petit s'éloignait de plus en plus, elle se risqua tout à coup dans le marais, chassa à son tour le chien, rappela son petit, et retourna vers la terre.

Les élans sont plus habiles que tous les autres animaux à avancer dans les marais et à éviter l'enlisement; les deux bêtes semblaient sur le point de se tirer d'affaire, mais arrivées près de la rive, un tertre sur lequel la femelle venait de poser le pied s'enfonça dans la vase et elle le suivit.
Elle essaya en vain de reprendre pied et s'embourba de plus en plus.

Karr regardait sans oser respirer voyant que l'élan était perdu, il se sauva au plus vite.
Il comprenait qu'une raclée terrible l'attendait si on découvrait qu'il avait causé la mort d'un élan.
Il eut tellement peur qu'il ne cessa de courir qu'à la maison.

Telle est l'aventure que Karr venait de se rappeler.

" Peut-être d'ailleurs ne sont-ils pas morts, songea-t-il tout à coup, ils se sont peut-être sauvés."

Il eut un désir violent de savoir.
Le garde ne tenait pas la laisse très fort. Karr fit un brusque écart et se sauva à travers la foret dans la direction du marais; il était bien loin quand le garde voulut le mettre en joue.

Le garde courut derrière lui; il le rejoignit dans le marais, debout sur un tertre, à quelques mètres de la terre ferme, hurlant de toutes ses forces.

Curieux d'apprendre ce qui se passait, il s'avança en rampant à quatre pattes sur la glace.

Bientôt, il découvrit un élan femelle étouffé dans la vase. Tout auprès, son veau était couché. Il vivait encore, mais ne pouvait bouger tant il paraissait épuisé.
Karr se penchait sur lui et tantôt hurlait pour appeler du secours, tantôt le léchait.

Le garde tira à terre le petit animal. Le chien était comme fou de bonheur. Il sautait autour du garde en jappant et lui léchait les mains.

Le garde emporta le petit veau et l'enferma dans son étable. Il appela ensuite du monde pour retirer le grand élan du marais, il ne se rappela que plus tard qu'il devait fusiller Karr.
Il l'appela et se dirigea de nouveau vers la forêt.

En route, il sembla cependant changer d'avis, car tout à coup, il rebroussa chemin et s'achemina vers le château.

Karr l'avait suivi tranquillement, mais voyant qu'on le reconduisait à la maison du maitre, il s'inquiéta.
Il pensait qu'on le fouetterait avant de le tuer.
Or, fouetté semblait à Karr la pire des choses.
Il perdit courage; la tête pendante, il fit semblant de ne reconnaitre personne.

Le maitre était sur le perron. Karr se fit tout petit et se blottit derrière les jambes du garde, lorsque celui-ci commença à parler des élans. Mais le garde ne présenta pas l'histoire telle que redoutait le chien. Il fit l'éloge de Karr et dit qu'il avait voulu les sauver.

"Que Monsieur me pardonne, termina-t-il, mais je ne puis tuer ce chien!"

Karr redressa les oreilles. Avait-il bien entendu?

Le maitre fut aussi d'avis que Karr s'était bien conduit, mais comme il ne voulait pas le garder,il hésita sur le parti à prendre.

"Si vous voulez vous en charger et me garantir qu'il ne fera plus de sottises, je veux bien lui laisser la vie, dit-il enfin."

Le garde accepta, et voilà comment Karr vint habiter la maison du garde forestier.

Dès lors, Karr cessa complètement de braconner.
Il suivait le garde partout, il le précédait pour surveiller la route, et lorsqu'il restait à la maison, il se couchait devant la porte et inspectait tous ceux qui allaient et venaient.
Lorsque tout était calme, Karr allait jouer avec le petit élan.

Le garde lui avait donné le nom de Poil-Gris. Il avait toujours l'air triste et découragé, mais, chose étrange, dès qu'il apercevait Karr, il se levait rapidement, comme content de le voir.

Le petit animal semblait mal à l'aise, il ne grandissait pas et son état empirait tous les jours.....




alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 22/08/2008 à 22:18 supprimer cette contribution
Faut-il continuer ???
Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 23/08/2008 à 10:02 supprimer cette contribution
Oui bien sur , je veux connaitre la suite

Alizarine Babass et Majeur Bonne journée les Edennautes.
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 23/08/2008 à 15:01 supprimer cette contribution
l'épisode 38


...le petit animal ne se levait plus, même à l'approche de Karr.

Désormais Karr fit tous les jours une visite à l'élan; il passait des heures auprès de lui, le léchant, jouant et s'ébattant avec lui, lui enseignant ce qu'il faut que sache un animal de la foret.

Or il arriva ceci de remarquable que l'élan se mit bientôt à prospérer et à grandir. Il grandit si vite qu'au bout de deux semaines,il ne pouvait plus entrer dans le box des veaux, et qu'on dut le transporter dans un petit pâturage fermé.

Deux mois plus tard, il avait des pattes si hautes qu'il pouvait sans difficulté escalader l'enclos. Le garde eut alors l'autorisation de lui construire une haute palissade autour d'un petit bois où l'élan vécut plusieurs années et devint un animal superbe.

Karr lui tenait fréquemment compagnie, non plus par pitié, mais par affection.

L'élan restait toujours mélancolique et semblait indolent et inerte; seul Karr savait l'amuser et le faire jouer.

Poil-Gris était depuis cinq ans chez le garde forestier, lorsque le propriétaire du domaine reçut une lettre d'un jardin zoologique de l'étranger qui demandait à acheter l'animal..
Le garde en fut désolé, mais il n'avait point voix au chapitre; la vente de l'élan fut résolue.

Karr apprit vite ce qui se préparait et courut en instruire son ami. Le chien s'affligeait à l'idée de le perdre, mais l'élan accepta son sort avec calme et ne sembla ni content ni mécontent.

"Et tu penses te laisser emmener sans résistance ? demanda Karr."

- A quoi bon résister? Il est certain que j'aimerais mieux rester où je suis, mais si je suis vendu, on m'emmènera quand même."

Karr regarda longuement l'élan, le mesurant des yeux. On voyait qu'il n'avait pas encore atteint toute sa taille: il n'avait pas les bois aussi larges, la bosse aussi haute, ni la crinière aussi drue que les élans mâles adultes, mais il n'en était pas moins assez fort pour défendre sa liberté.

"On voit qu'il a vécu toute sa vie en captivité, pensa Karr."

Karr ne retourna voir l'élan qu'après minuit, à l'heure où il savait que Poil Gris, après un bon somme, prenait son premier repas.

" Tu as raison Poil-Gris de te laisser emmener dit-il. Tu seras gardé dans un grand jardin, et tu auras une vie sans soucis. Il est quand même dommage que tu quittes le pays sans avoir vu la foret.
Tu sais la devise de ta famille:" les élans et la foret font un," et toi, tu ne l'as même pas vue!"

L'élan leva la tête de dessus le trèfle qu'il mangeait :

" J'aurais volontiers vu la foret, mais je ne peux même pas sortir de l'enclos, dit-il avec son indolence coutumière.

En effet, c'est impossible quand on a les pattes aussi courtes," dit Karr.

L'élan le regarda sous cape: Karr, tout petit qu'il était, sautait la palissade plusieurs fois par jour. Poil Gris s'approcha de la clôture, fit un bond et, sans bien savoir comment c'était arrivé, se trouva libre.

Karr et POil Gris s'acheminèrent vers la foret.
C'était une belle nuit de clair de lune à la fin de l'été, mais sous bois, il faisait assez sombre; l'élan marchait très lentement.

" Peut-être vaut-il mieux revenir, dit Karr tu n'as pas l'habitude de la foret et tu pourrais te casser les pattes."

L'élan fit semblant de ne pas entendre, mais il accéléra sa marche et redressa la tête.

Karr mena l'élan dans une partie de la foret où poussaient d'énormes sapins si serrés que le vent ne pouvait les pénétrer.

" C'est ici que les membres de ta famille s'abritent de la tempête et du froid.Ils passent l'hiver en plein air, tu seras mieux logé. On te mettra dans une étable comme un bœuf."

Poil-Gris ne répondit rien; il s'était arrêté et humait avec délice la forte senteur résineuse des aiguilles de pin.

"As-tu encore quelque chose à me montrer, ou avons-nous tout vu ?

Karr le conduisit à un grand marais, et lui en montra les tertres et les fondrières.

"C'est à travers ce marais que les élans se sauvent, lorsqu'ils sont pourchassés, dit Karr. Je ne sais comment ils font, si grands et si lourds, mais ils ne s'enlisent pas.
Tu ne pourrais pas marcher sur un terrain aussi dangereux, mais heureusement tu n'auras pas besoin d'essayer, car tu ne seras jamais poursuivi par des chasseurs."

Poil-Gris ne riposta pas, mais d'un bond il s'élança vers le marais. Il fut heureux de sentir trembler sous lui les tertres, et courut en tous sens parmi les fondrières, puis revint auprès de Karr.

"Avons-nous vu toute la foret? dit-il.

- Non pas encore répondit Karr

Il conduisit l'élan vers la lisière où poussaient chênes, trembles et tilleuls.

"C'est ici que ceux de ta race viennent manger des feuilles et de l'écorce.Ils considèrent cela comme un régal, mais tu auras à l'étranger une bien meilleure nourriture."

L'élan gouta les feuilles et l'écorce des trembles.
"C'est bon et amer, dit-il.Ça vaut mieux que le trèfle.
-Au moins tu en auras gouté une fois, dit le chien.

La dessus, il emmena l'élan à un petit lac, dont l'eau dormante reflétait des rives enveloppées de légers brouillards vaporeux. Poil Gris s'arrêta net.

"Qu'est-ce que c'est?" s'écria-t-il.Il n'avait jamais vu de lac.
"C'est une grand eau, répondit Karr. Ton peuple a l'habitude de la traverser à la nage de rive en rive.
Tu ne saurais probablement pas le faire, mais tu pourrais bien prendre un bain."

Ce disant, Karr se jeta à l'eau et se mit à nager.
Poil Gris resta à terre un bon moment,, mais finit par suivre le chien. Quand l'eau fraiche enveloppa mollement son corps, il ressentit une volupté qui le fit haleter ; il voulut plonger son dos dans le lac, et s'éloigna de plus en plus de la rive, s'aperçut que l'eau le portait, et se jeta à la nage.
Il nageait tout autour de Karr et semblait dans son élément.
Lorsqu'ils furent remontés sur la rive, Karr lui proposa de rentrer.

"Nous sommes loin du matin, objecta l'élan. Faisons encore un tour dans la foret."

Bientôt ils arrivèrent à une petite clairière éclairée par la lune, là, paissaient quelques grands animaux. C'étaient un élan mâle, quelques femelles,de jeunes élans et d'autres plus petits.
En les apercevant, Poil Gris s'arrêta net. Il semblait fasciné par la vue du vieil élan, chef de la tribu, qui portait un bois superbe et une haute bosse entre les épaules; un fanon recouvert de longs poils pendait sous sa gorge.

"Qui est celui-là? demanda Poil Gris; sa voix tremblait d'émotion.
- Il s'appelle le Couronné, dit Karr, et c'est ton parent.
Toi aussi tu auras un jour, comme lui, de larges bois et une crinière, et si tu étais resté dans la foret, tu aurais eu plus tard un troupeau à conduire.

"S'il est de ma famille, je veux le voir de plus près.Je n'aurais jamais imaginé un animal aussi superbe."

Il s'approcha du troupeau, mais revint très vite auprès de Karr qui l'avait attendu sous bois.

"Je crois qu'on ne t'a pas reçu? dit Karr
"Je lui ai dit que c'était la première fois que je voyais un parent, mais il m'a menacé de ses cornes".
"Tu as bien fait de te retirer, un jeune homme comme toi, qui n'a encore que ses premiers andouillers, fait bien de ne pas se mesurer avec les vieux élans.

Karr avait à peine achevé, que Poil Gris lui tournait le dos et retournait vers la clairière.
Le vieil élan se porta au devant de lui, et la lutte commença ....

Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 23/08/2008 à 15:55 supprimer cette contribution
je crains pour la suite ...
Babass34 - 2269162 lui écrire blog Publié le 23/08/2008 à 17:35 supprimer cette contribution
Bien sûr qu'il faut continuer
Mais seulement si ton état de santé te le permet. Rien ne presse non plus...
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 24/08/2008 à 10:21 supprimer cette contribution
l'épisode 39


...Ils croisaient leurs bois et poussaient de toutes leurs forces! Poil Gris dut reculer à travers toute la clairière.
Il ne semblait pas savoir se servir de sa force, mais arrivé à la lisière du bois, il enfonça plus fermement ses pieds dans le sol, s'y arc-bouta, donna un effort vigoureux, et réussit à son tour à repousser l'adversaire.
Il luttait en silence, mais le vieil élan soufflait et reniflait.

Tout à coup, un craquement se fit entendre. C'était un andouiller qui se cassait dans le bois du vieil élan. Il se dégagea brusquement et se sauva dans la foret.

Karr attendait son ami sous les arbres.

" Maintenant tu as vu ce qu'il y a dans la foret, dit-il quand Poil Gris reparut. Veux-tu que nous rentrions?

- Oui, rentrons, il est l'heure," dit l'élan.

Ils cheminèrent en silence.
Karr soupira plusieurs fois comme s'il était déçu; POil Gris marchait la tête haute, content de son aventure. Il avança sans hésitation jusqu'à l'enclos, mais là, il s'arrêta.
Il parcourut des yeux l'étroit espace où il avait vécu,, vit le sol piétiné, le foin fané, la petite auge où il avait bu,et le sombre hangar où il avait dormi.

" Les élans et la foret font un" cria-t-il, puis, il rejeta la tête en arrière, et s'enfuit précipitamment vers la foret.

Un après midi, Akka et sa bande d'oies vinrent s'abattre sur la rive d'un lac dans la foret. Le printemps était en retard comme toujours dans les montagnes; la glace couvrait encore le lac, sauf une mince bande d'eau libre le long de la terre.
Les oies se précipitèrent dans l'eau pour se baigner et pour chercher de la nourriture; Nils, qui, le matin, avait perdu un sabot, courut entre les aulnes et les bouleaux de la rive, cherchant quelque chose à rouler autour de son pied.

Il dut aller assez loin pour trouver ce qu'il cherchait. Enfin il aperçut un lambeau d'écorce de bouleau; il l'ajustait autour de son pied, quand il entendit derrière lui un froissement de feuilles sèches. Il se retourna et aperçut un serpent qui venait droit sur lui. Il était très long et très gros. Nils vit qu'il avait une tache claire sur les joues et resta immobile:" ce n'est qu'une couleuvre, pensa-t-il. Elle ne saurait me faire de mal."
Mais la couleuvre lui porta à la poitrine un coup violent qui le renversa. Nils sauta sur ses pieds et se sauva, la couleuvre le poursuivit.
Le sol était pierreux et broussailleux, et le gamin n'avançait pas vite. Aussi, apercevant un roc escarpé, se mit-il à l'escalader. Une fois en haut, il se retourna et vit que l'animal essayait de le suivre.

A côté du gamin, au sommet du roc, il y avait une pierre, presque ronde, grosse comme une tête d'homme, posée tout au bord de la pente et qui semblait branlante. En voyant s'approcher la couleuvre, Nils courut derrière cette pierre et la poussa. La pierre roula droit sur la couleuvre, l'entraina et resta sur la tête de l'animal.

" Me voilà sauvé, pensa Nils en poussant un soupir, lorsqu'il vit le serpent faire quelques mouvements brusques puis demeurer immobile. Je crois que je n'ai pas couru de pire danger pendant mon voyage."

A peine s'était-il ressaisi, qu'il entendit un bruissement d'ailes et vit un oiseau descendre, se poser près de la couleuvre. Cet oiseau avait la taille et l'allure d'une corneille, mais il avait une robe toute noire d'un éclat métallique.
Le gamin se cacha prudemment dans une crevasse. Il gardait encore le souvenir très vif de son aventure avec les corneilles.

L'oiseau noir fit à grandes enjambées le tour du cadavre et le poussa un peu du bec.
Enfin, il battit deux ou trois fois des ailes, et cria d'une voix sur-aiguë:
"C'est Sans-Défense, la couleuvre, que je trouve morte ici !"

Encore une fois, il en fit le tour, puis il s'arrêta et sembla réfléchir profondément en se grattant la nuque avec la patte:

"Ce n'est pas possible qu'il y ait dans la foret deux serpents de cette taille, dit-il enfin, ce ne peut être qu'elle."

Il sembla sur le point d'enfoncer son bec dans le corps du serpent,mais tout à coup il s'arrêta.
"Ne fais pas la bête, Bataki, murmura-t-il. Comment peux-tu songer à manger la couleuvre avant d'avoir appelé ici Karr?
Il ne voudra pas croire que Sans Défense, son ennemie, soit morte s'il ne l'a pas de ses yeux vue."

Nils s'efforçait de garder son sérieux, mais l'oiseau était si ridiculement solennel, allant et venant et se parlant à lui-même, que le gamin ne put s'empêcher de rire.

L'oiseau l'entendit; d'un coup d'aile il fut sur le rocher.
Nils se leva et alla au devant de lui.

" N'est-ce pas toi qui t'appelle Bataki le corbeau, et qui est l'ami d'Akka" demanda-t-il?

L'oiseau le fixa et hocha trois fois la tête.

"Serait-ce toi qu'on appelle Poucet et qui voles en compagnie des oies sauvages?

-C'est bien moi, acquiesça Nils.

-Qu'elle chance de t'avoir rencontré! Tu pourras peut-être me dire qui a tué cette couleuvre?

-C'est la pierre que j'ai fait rouler sur elle qui l'a écrasée, dit Nils, et il raconta ce qui était arrivé.

-C'est très bien, pour un petit bonhomme comme toi, dit le corbeau. J'ai un ami par ici qui sera bienheureux d'apprendre la mort de cette couleuvre, et je serais content de pouvoir à mon tour te rendre service."

Bataki avait détourné la tête et prêtait l'oreille.

" Écoute dit-il, Karr n'est pas loin. Comme il sera heureux!"

Nils écouta à son tour.
"Il cause avec les oies sauvages.

- Il se sera trainé sur la rive pour avoir des nouvelles de Poil Gris."

Le gamin et le corbeau se dirigèrent en hâte vers la rive. Toutes les oies étaient sorties de l'eau et avaient engagé conversation avec un vieux chien si cassé et si débile qu'on s'attendait à chaque instant à le voir tomber mort.

" Voilà Karr, dit Bataki à Nils. Laisse-le d'abord entendre le récit des oies. Ensuite, nous lui dirons que la couleuvre est morte."

Akka parlait.

" C'était comme je dis, lorsque nous faisions notre dernier voyage de printemps. Nous étions parties, Yksi,Kaksi et moi, un matin, du lac Siljan, et nous traversions les grandes forets.
La neige était encore épaisse, les rivières gelées avec quelques trous noirs par-ci par-là;
Tout à coup nous avons aperçu trois chasseurs qui s'avançaient par la foret.Ils glissaient sur des skis, tenaient des chiens en laisse, mais n'avaient pas de fusil.
La surface de la neige était très dure et ferme, aussi ne suivaient-ils pas les chemins tortueux. Ils paraissaient bien savoir où ils allaient.

" Nous volions très haut, ayant vu les chasseurs, nous eûmes envie de voir le gibier.
Nous fîmes quelques tours au dessus de la foret en regardant bien entre les arbres. Tout à coup dans un épais fourré,nous avons aperçu quelque chose qui ressemblait à de grosses pierres moussues.

Nous nous sommes laissées tomber au milieu du fourré!
Les trois blocs de pierre remuèrent. C'étaient trois élans, un mâle et deux femelles. Le mâle se redressa à notre approche.
Je n'ai jamais vu de plus grand ni de plus bel animal; constatant qu'il ne s'agissait que de trois oies, il se recoucha.

- Non, non, vieux père, ne vous rendormez pas! lui dis-je! Sauvez-vous au plus vite, il y a des chasseurs dans la foret, et ils se dirigent droit par ici......

Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 25/08/2008 à 10:25 supprimer cette contribution
Après le duel épique, les chasseurs
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 25/08/2008 à 14:53 supprimer cette contribution
l'épisode 40


...
-Je vous remercie, mère l'oie, mais vous savez bien que la chasse à l'élan est défendue à cette époque. Ces chasseurs là sont sortis pour traquer le renard.

- Il y avait partout des traces de renard, mais les chasseurs n'y ont point fait attention.
Croyez-moi, ils savent où vous vous tenez, et ils viennent pour vous tuer. Ils sont partis sans fusils, armés de couteaux et d'épieux, parce qu'ils n'osent pas tirer de coups de fusil à cette époque de l'année.

" L'élan demeura calme mais les deux femelles commencèrent à s'inquiéter.

- Les oies ont peut-être raison, hasardèrent-elles en se levant à moitié.

- Restez donc tranquilles! dit le mâle; il ne viendra pas de chasseurs par ici. Vous pouvez en être sûres.

" Il n'y avait rien à faire.
Nous nous envolâmes, mais sans nous éloigner de cet endroit. D'ailleurs nous étions à peine arrivées à notre hauteur ordinaire, que nous vîmes l'élan mâle sortir du fourré. Il flairait autour de lui, puis il alla droit vers les chasseurs.
En marchant, il piétinait des branches sèches qui se brisaient en craquant. Un grand marais découvert se trouva sur son chemin. Il alla s'y poser bien en vue, tout au milieu.

" Il y resta jusqu'au moment où les chasseurs débouchèrent de la foret.
Alors, il bondit et se sauva, mais non dans la direction d'où il était venu.
Les chasseurs lâchèrent les chiens et coururent rapidement après lui sur leurs skis.

" L'élan, la tête renversée sur son dos, courait à toute vitesse; la neige volait en tourbillons autour de lui. Chiens et chasseurs restèrent bien loin en arrière. Alors, il s'arrêta comme pour les attendre, puis, lorsqu'ils furent en vue, il reprit sa course.
Nous avons compris qu'il voulait entrainer les chasseurs loin de l'endroit où étaient les femelles.

" La chasse dura ainsi deux ou trois heures. Nous nous étonnions de voir les chasseurs s'obstiner à poursuivre un pareil coureur, puisqu'ils n'avaient pas de fusils. Croyaient-ils donc pouvoir le lasser?

" Mais alors nous avons remarqué que l'élan ne fuyait plus aussi vite.
Il posait les pieds plus prudemment sur la neige; quand il les relevait, il laissait des traces de sang.

" Et nous avons compris pourquoi les chasseurs ne se décourageaient pas. Ils comptaient sur la neige.
L'élan était lourd; à chaque pas, il s'enfonçait. Et la surface durcie de la neige lui frottait les jambes, enlevant les poils et la peau.

" Les chasseurs sur leurs skis, et les chiens qui étaient assez légers pour courir sur la surface glacée, le poursuivaient toujours.

L'élan fuyait, fuyait. mais ses pas se firent plus incertains; il trébuchait et soufflait violemment. Il souffrait cruellement et s'épuisait de fatigue dans la neige épaisse.

" Enfin il perdit patience.
Il s'arrêta pour laisser les chiens et les chasseurs s'approcher et pour lutter avec eux. Tout en attendant, il jeta un regard vers le ciel et nous aperçut:

- Attendez donc la fin, oies sauvages! cria-t-il.
Quand vous traverserez la foret de Kolmârden, cherchez Karr, le chien, dites-lui que son vieil ami Poil-Gris a eu une belle mort!"

A ce moment du récit, le vieux chien se leva et alla près d'Akka:

" Poil-Gris a mené une belle vie, dit-il.
Il me connait, il sait que je suis un chien brave, et que j'aimerais apprendre qu'il a eu une belle mort.
Raconte-moi maintenant...

Il redressa sa queue et releva sa tête pour se donner un maintien fier et courageux, mais s'affaissa vite.

"Karr, Karr," appela en ce moment une voix humaine dans la foret.

Le vieux chien se releva de nouveau.

"C'est mon maitre qui m'appelle, dit-il, et je ne veux pas tarder.
Je l'ai vu tout à l'heure charger son fusil. Nous allons une dernière fois dans la foret, lui et moi.

Je te remercie, oie sauvage.
Je sais maintenant tout ce que j'ai besoin de savoir pour m'en aller satisfait vers la mort...



Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 25/08/2008 à 15:42 supprimer cette contribution
triste pour poil gris ...
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 26/08/2008 à 11:27 supprimer cette contribution
Artus, tu as oublié Karr ..... c'est une triste fin pour lui aussi, non ???
Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 26/08/2008 à 11:43 supprimer cette contribution
Exacte ça m'a bouleversé .
Babass34 - 2269162 lui écrire blog Publié le 26/08/2008 à 23:33 supprimer cette contribution
Tout ça est bien triste...

alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 27/08/2008 à 12:33 supprimer cette contribution
l'épisode 41


C'était le matin de très bonne heure.
Asa la gardeuse d'oies et Mats le petit, cheminaient sur la route qui de Sudermanie, mène en nerke. Les enfants regardaient la glace qui couvrait encore la plus grande partie du lac. Aussi loin qu'on pouvait voir, elle paraissait ferme et sèche. Les enfants ne voyaient qu'une surface splendide.

Ils étaient en route vers le Nord; ils songeaient à tous les pas qu'ils s'épargneraient s'ils pouvaient traverser le grand lac au lieu d'en faire le tour.
Ils n'ignoraient pas qu'il est dangereux de se fier à la glace du printemps, mais celle-ci paraissait parfaitement solide. On voyait qu'elle avait près de la rive plusieurs pouces d'épaisseur.
On y voyait aussi un chemin, et l'autre bord du lac était si proche, qu'une heure devait suffire pour l'atteindre

" Essayons, proposa le petit Mat. Si seulement nous faisons attention de ne pas nous jeter dans un trou, je crois que çà ira très bien."

Ils s'engagèrent sur le lac. La glace n'était pas très glissante, mais agréable aux pieds. Il y avait pourtant un peu plus d'eau qu'ils n'avaient cru; par endroits, la glace était poreuse, et laissait passer l'eau avec un glou-glou.
C'étaient des endroits à éviter, mais rien n'était plus facile en plein jour par ce beau soleil.

Les enfants avançaient vite, sans fatigue, en se f&félicitant de leur bonne idée...

Ils arrivèrent près de l'ile Vinöd.
Une vieille femme les aperçut de sa fenêtre. Elle sortit en hâte leur faire des signes désespérés des deux bras, et leur cria quelque chose qu'ils n'entendirent pas. Ils comprirent pourtant qu'elle les avertissait de ne pas continuer, mais eux qui étaient sur la glace, voyaient bien qu'il n'y avait pas de danger.

Ils dépassèrent donc l'ile et trouvèrent devant eux une vaste étendue large d'au moins deux ou trois lieues; il y avait là des flaques d'eau si grandes qu'il fallait les contourner; ils s'en amusèrent.
C'était à qui trouverait les meilleurs passages. Ils en sentaient ni la faim, ni la fatigue.
Parfois, en regardant l'autre rive, ils s'étonnaient de la voir si éloignée, bien qu'ils n'eussent déjà marché une bonne heure.
" Je crois que la rive recule", dit le petit Mats.

Rien sur cette grande plaine de glace ne les abritait plus du vent d'ouest qui, à chaque minute augmentait de violence. Ce vent froid et pénétrant était le premier désagrément qu'ils eussent rencontré.

Une chose les étonnait beaucoup : le vent arrivait avec un grand bruit, comme s'il avait apporté le vacarme d'un vaste moulin ou d'une usine. D'où ce fracas pouvait-il bien venir?

Ils avaient passé à gauche d'une grande ile, et il leur semblait qu'ils approchaient enfin de la côte. Mais en même temps le vent devenait plus gênant, et le grand bruit augmentait.

Tout à coup ils crurent comprendre que ce vacarme était produit par des vagues courant se briser parmi l'écume contre un rivage; mais comment était-ce possible, puisque le lac était encore couvert de glace?

Ils s'arrêtèrent et regardèrent autour d'eux.
Alors, ils aperçurent très loin à l'ouest, une basse muraille blanche qui coupait le lac de part en part. Au premier abord ils la prirent pour un amoncellement de neige, mais ils comprirent vite que c'était l'écume des vagues lancées contre la glace".

A cette vue, ils se prirent part la main et commencèrent à courir sans mot dire.
Le lac était ouvert là-bas à l'ouest, et ils avaient cru voir que la ligne blanche avançait rapidement vers l'est. La glace allait-elle se rompre partout?
Ils se sentaient en danger.

Tout à coup la glace sembla se soulever juste à l'endroit où ils couraient: elle se soulevait et retombait comme poussée par en dessous.
En même temps, ils entendirent un coup sourd qui partait de la glace, et des craquelures rayonnèrent en tous sens. Ils pouvaient les voir parcourir la surface.

Un moment de calme suivit; puis de nouveau ce soulèvement et cette chute lente. Les craquelures s'élargirent en fentes à travers lesquelles l'eau sourdait. Puis les fentes devinrent des crevasses, et la glace se divisa en grands bancs flottants.

"Asa, dit le petit Mats, c'est la débâcle!"

" Oui, c'est la débâcle, mais nous pouvons encore atteindre la terre. Courons vite."

Ce qui augmentait le péril pour les enfants, c'est qu'ils ne découvraient pas un vaste horizon: ils ne pouvaient pas voir où les crevasses les empêcheraient de passer. Ils erraient au hasard, et s'éloignaient de la terre au lieu de s'en rapprocher.
Égarés, épouvantés devant la glace qui se craquelait et se fendait, ils s'arrêtèrent enfin et se mirent à pleurer.

A ce moment passait un triangle d'oies sauvages en un vol qui ressemblait à un sifflement.
Elles criaient et caquetaient:"Allez à droite, à droite, à droite."

Ils suivirent les conseils, mais bientôt ils durent de nouveau s'arrêter, interdits, devant une large crevasse.

De nouveau, ils entendirent crier les oies, et ils distinguèrent les mots:

"Attendez où vous êtes, attendez où vous êtes!"

Les enfants obéirent. Bientôt les bancs de glace se rejoignirent, de sorte qu'ils purent franchir la crevasse. De nouveau ils se donnèrent la main pour courir.
cet étrange secours ne les effrayait pas moins que le danger...

Babass34 - 2269162 lui écrire blog Publié le 27/08/2008 à 20:49 supprimer cette contribution
M'enfin Alizarine, comment oses-tu nous laisser en plan juste à ce moment ?
Artus de Oguz - 1510753 lui écrire blog Publié le 28/08/2008 à 10:42 supprimer cette contribution
Ben il faut toujours qu'il y est un effet de rebondissement à la fin de chaque épisodes , sinon on perd de l'intérêt pour lire la suite.
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 28/08/2008 à 12:25 supprimer cette contribution
l'épisode 42


...Dès qu'ils hésitèrent de nouveau, la voix se fit entendre:" Droit devant vous. Droit devant vous."

Cela continua pendant une demi- heure.
Enfin, ils atteignirent la pointe de Lunger, et purent quitter la glace et gagner la terre à travers l'eau peu profonde. Arrivés sur la terre ferme, ils ne s'arrêtèrent même pas, tant la peur les harcelait, pour regarder les vagues culbuter les blocs de glace. Ce ne fut qu'après un moment qu'Asa s'arrêta.

"Attend un peu ici, petit Mats, dit-elle. J'ai oublié quelque chose."

Elle courut vers la rive, se mit à fouiller dans son sac, et en retira un petit sabot qu'elle posa sur une pierre bien en évidence. Puis elle rejoignit vite son frère.

A peine eut-elle tourné le dos qu'une grande oie blanche piqua droit sur la pierre, s'empara du sabot et remonta aussi rapidement.

Pendant plusieurs jours il avait fait un temps épouvantable au nord du lac Mälar.
Le ciel était uniformément gris, le vent sifflait, la pluie battait le sol.
La neige entassée dans les bois de sapin commença à fondre pour de bon; les petits ruisseaux du printemps précipitèrent leurs cours.
Partout l'eau se mettait en mouvement en cherchant à rejoindre la mer.
Le grand lac déborda.

Il monta très lentement comme à contre cœur, ennuyé d'endommager ses belles rives.

Vers cette époque, Smirre le renard se promenait dans un petit bois de bouleaux au nord du Mälar.
Il pensait toujours aux oies et au Poucet; il avait perdu leurs traces et se demandait comment il les rattraperait.

Or, dans son abattement, il aperçut Agar, le pigeon voyageur, posé sur une branche.

"Enchanté de te voir, Agar, dit Smirre. Tu pourras peut-être me dire où se trouvent en ce moment Akka et sa bande d'oies.

- Il est possible que je le sache, mais sois sûr que je ne te le dirai point.

-Peu importe, répondit avec indifférence Smirre, si seulement tu acceptes de lui transmettre un message qu'on m'a confié. Tu sais dans quel état déplorable sont les rives du Mälar.
Il y a une grande inondation, et le nombreux peuple des cygnes qui habite la baie est sur le point de perdre ses nids et ses œufs. Lumière du Jour, le roi des cygnes, a entendu parler du petit bonhomme qui accompagne les oies et connait le remède à toutes sortes de maux; il m'a chargé de prier Akka de venir avec Poucet jusqu'à la baie.

- Je puis bien transmettre le message, dit Agar, mais je ne vois pas comment le petit bout d'homme pourrait secourir les cygnes.

- Moi non plus, dit Smirre. Mais on dit qu'il vient à bout de toutes les difficultés.

- Je m'étonne aussi que le roi des cygnes envoie ses messages par un renard, objecta Agar.

- Nous sommes en effet ennemis en temps ordinaire, avoua Smirre d'une voix très douce, mais dans les grands désastres, il faut bien qu'on s'entraide.
En tout cas, tu feras peut-être mieux de ne pas dire à Akka que tu tiens le message d'un renard, car elle est très soupçonneuse."

Le refuge le plus sûr pour tous les animaux aquatiques qui séjournent dans le Mälar est la baie de Hjelsta qui a des rives très basses, l'eau peu profonde est envahie par les bancs de roseaux, elle offre une résidence excellente aux oiseaux qui y vivent en paix.

Akka, dès que le message lui fut parvenu, se rendit à la baie de Hjelsta. Elle y arriva avec sa bande un soir, et vit tout de suite l'étendue du désastre.

Les grand nids des cygnes, arrachés de leurs attaches, flottaient au gré du vent. Quelques uns s'étaient déjà désagrégés, deux ou trois avaient chaviré, et les œufs qu'ils avaient contenus brillaient au fond de l'eau.

Les cygnes étaient réunis dans le coin de l'est,où ils étaient le mieux à l'abri du vent. Bien qu'ils eussent beaucoup souffert de l'inondation, ils étaient trop fiers pour montrer leur chagrin.

"Bien la peine de gémir, disaient-ils; les fibres et les brins d'herbe ne manquent pas. Nous referons nos nids, voilà tout."

Aucun d'eux n'avait eu l'idée d'envoyer chercher du secours, et ils ne soupçonnaient point le message que Smirre venait d'envoyer par Agar aux oies sauvages.

Ils étaient plusieurs centaines et s'étaient placés par rang d'âge: les jeunes à la périphérie, les ainés et les plus sages au centre, autour de Lumière du Jour, le roi, et de Neige-Sereine, la reine, qui étaient les plus âges de tous.

Les oies sauvage"s étaient descendues à l'ouest de la baie; Akka nagea tout de suite vers les cygnes.
Elle était fort surprise du message qu'elle avait reçu, mais elle le tenait pour un grand honneur, et ne voulait à aucun prix leur refuser son aide.

Arrivée près des cygnes, elle regarda derrière elle pour voir si les oies qui la suivaient nageaient à intervalles égaux et en ligne bien droite.

" Et maintenant nagez vivement et bien! dit-elle. Ne fixez pas les cygnes comme si vous n'aviez jamais rien vu de" si beau et ne vous occupez pas de ce qu'ils vous diront."

Ce n'était pas la première fois qu'elle faisait une visite au vieux roi et à la reine des cygnes.
Ils l'avaient toujours reçue avec la distinction à laquelle avait droit un oiseau aussi notoire et qui avait tant voyagé. Cependant, elle n'aimait pas à passer entre tous les cygnes qui formaient leur entourage. Jamais elle ne se sentait aussi petite et grise et humble que parmi eux, et sur son passage elle avait plus d'une fois saisi les mots "rustres" et "gueux". Elle ne les avait jamais relevés, faisant semblant de ne rien entendre.

Cette fois, tout semblait marcher à souhait. Les cygnes s'écartaient poliment, et les oies sauvages nageaient comme dans une allée où les grands oiseaux, blancs et soyeux, faisaient une haie.
Ils étaient très beaux lorsqu'ils gonflaient leurs ailes comme des voiles pour en imposer aux visiteuses.
Ils ne firent pas de remarques malsonnantes et étonnèrent Akka par leur bonne tenue.

Mais tout à coup les cygnes aperçurent le jars blanc qui nageait le dernier de la longue file d'oies. Un murmure de surprise et de dépit parcouru les rangs et c'en fut fait des belles manières.

" Comment ? s'écria l'un d'eux, les oies sauvages comptent donc porter des plumes blanches?

- Elles ne vont pas s'imaginer qu'elles seront des cygnes pour cela! renchérit un autre.

Et tous de crier à qui mieux mieux de leurs voix fortes et sonores.
Impossible de leur faire comprendre qu'un jars domestique accompagnait les oies.

" Ce doit être le roi des oies en personne!

- Quelle insolence !

- Ce"' n'est pas une oie, c'est un canard domestique.

Les cris se croisaient; le grand jars blanc se rappelant l'ordre d'Akka, faisait la sourde oreille, et nageait aussi rapidement qu'il pouvait.
Les cygnes, de plus en plus exaspérés devinrent de plus en plus agressifs...




Babass34 - 2269162 lui écrire blog Publié le 28/08/2008 à 13:42 supprimer cette contribution
Je suis bien content qu'il ait récupéré son sabot, c'est tout de même plus confortable comme ça.
alizarine - 1374418 lui écrire blog Publié le 28/08/2008 à 19:44 supprimer cette contribution
<<Première | <Précédente | 4 | 5 | 6 | Page 7

Forums > Plaisir d'écrire Ecrire une contribution Retour au début de la page


<< Précédent | Alizarine vous conte...| Suivant >>

Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact

Services
Shopping
Concours
Ecards
Voyance

Lingerie
Lingerie


Massage
Massage Relaxation


Massage
Pharmacie


 Accueil
 Mon Menu Perso
 Rencontre
 Messagerie
 Chat
 Espace membre
 Expressions

 Vos textes
 Concours

 Poésie
 Les Auteurs
 Le top 30

 Déclaration d'amour
 Les Auteurs
 Le top 30

 Albums photos
 le top 30

 Plaisir d'écrire
 Plaisir de lire

 Les chansons
 Les contes
 Les nouvelles
 Les journaux
 Les discours
 Les présentations
 Les chroniques

 Forum
 Santé
 Sexualité
 Mariage
 Astrologie
 Loisirs
 Editorial
0 connectés au chat
12 connectés au total
0 sur le chat vocal
Consulter l'annonce
ajouter aux favoris Alizarine vous conte...conseiller cette page à un ami
Créé et hebergé par Capit


...l'histoire d'un charmant garçon de 14ans, grand, dégingandé, avec des cheveux blonds filasse et très filou . Il s'appelle Nils, Nils Holgerson... Ce texte n'est pas écrit de ma main, il est d'un
alizarine-conte