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alizarine - 1374418  Publié le 23/05/2008 à 20:36  ...l'histoire d'un charmant garçon de 14ans, grand, dégingandé, avec des cheveux blonds filasse et très "filou". Il s'appelle Nils, Nils Holgerson... Ce texte n'est pas écrit de ma main, il est d'un auteur suédois et je lui dois le merveilleux de mes rêves , jours après jours lorsque je le lisais étant enfant ... Ce conte plaira à tous ceux qui ont su garder une âme d'enfant et qui aiment le merveilleux...car c'est un merveilleux voyage que celui-ci ... Bonne lecture | alizarine - 1374418  Publié le 23/05/2008 à 21:25  Il était une fois un gamin d'environ quatorze ans, grand, dégingandé, avec des cheveux blonds comme de la filasse. Il n'était pas bon à grand chose. Dormir et manger étaient ses préoccupations favorites; il aimait aussi à jouer de mauvais tours. Un Dimanche matin, ses parents s'apprêtaient à aller au temple; assis en bras de chemise sur le coin de la table, il se réjouissait de les voir partir et d'être son maître pendant un couple d'heures:"je vais pouvoir, songeait-il, décrocher le fusil de père, et tirer deux ou trois cartouches sans que personne s'en aperçoive." On eut dit que le père devinait ses projets: au moment de partir, il s'arrêta sur le seuil et dit: "Puisque tu ne veux pas nous accompagner au temple, tu pourrais bien lire le prône à la maison. Me le promets-tu? - Oui, si vous voulez." Il pensait bien ne lire que ce qui lui plairait. Jamais il n'avait vu sa mère aussi prompt;en un clin d'oeil elle fut devant la petite étagère suspendue au mur; elle y prit le sermonnaire de Luther, et le plaça sur la table, devant la fenêtre, ouvert au sermon du jour.Elle chercha aussi l'évangile de ce Dimanche, et le mit à côté du sermonnaire. Le gamin songeait que la mère se donnait bien trop de mal pour cette mise en scène, car il ne lirait certes qu'une page ou deux. Mais de nouveau le père semblait deviné ses intentions et il dit d'une voix sévère: " Tâche de lire attentivement; lorsque nous serons de retour, je t'interrogerai page par page; gare à toi si tu en as sauté! - Le sermon a quatorze pages et demie, ajouta la mère. Tu ferais bien de t'y mettre tout de suite si tu veux avoir fini à temps!" Ils partirent enfin; de la porte, le gamin les regardait s'éloigner, il était comme pris au piège. Mais le père et la mère n'étaient pas du tout contents; ils étaient au contraire très affligés. C'étaient de pauvres tenanciers; leur domaine n'était guère plus grand qu'un bout de jardin.Quand ils s'y étaient installés, la ferme ne nourrissait qu'un cochon et quelques poules.Durs à la besogne, travailleurs et actifs, ils possèdaient maintenant des vaches et des oies. Le père s'affligeait de voir son fils si paresseux et si inerte: il n'avait rien voulu apprendre à l'école; il était tout juste capable d'emmener paître les oies. La mère s'attristait surtout de le voir si méchant et si insensible, cruel aux animaux, malveillant envers les hommes."Que Dieu brise sa méchanceté et lui donne un autre esprit, soupirait-elle, sinon il fera son propre malheur et le nôtre." Après avoir longuement réfléchi, le gamin décida qu'il valait mieux cette fois obéir. Il s'installa dans le grand fauteuil et se miot à lire en marmonnant à voix basse. Bientôt le bruit de sa propre voix parut l'endormir. Il eut conscience lui-même qu'il s'assoupissait. Dehors il faisait le plus magnifique temps de printemps.On n'était qu'au 20 Mars, mais la commune de Vemmenhög est située tout au sud de la Scanie, et le printemps était déjà en plein travail.Tout bourgeonnait et rayonnait. La porte de la maisonnette était restée entr'ouverte et laissait pénétrer les trilles des alouettes. Dans la cour lers poules et les oies picoraient; les vaches faisaient entendre de temps en temps un long mugissement. Le gamin lisait, s'assoupissait, sursautait et luttait contre le sommeil. "Je ne veux pas m'endormir, car alors je n'aurai pas fini de toute la matinée". Mais en dépit de cette résolution, il finit par céder au sommeil. Avait-il dormi longtemps ou seulement quelques instants? Il ne le savait, mais un léger bruit derrière lui l'éveilla. Sur le rebord de la fenêtre, en face de lui, une petite glace reflétait presque toute la pièce.Comme il levait la tête, ses yeux rencontrèrent la glace, et il s'apperçut que le grand coffre de sa mère était ouvert. Elle ne permettait à personne de l'ouvrir,or le gamin vit nettement dans la glace que le couvercle du coffre était ouvert. Il ne comprenanit pas comment s'était possible, car la mère ne l'aurait jamais laissé ouvert, surtout lorsque son fils était seul à la maison ! Il se sentit tout à fait mal à l'aise. Il n'osait bouger: immobile, il regardait fixement la glace.Tout à coup il se demanda ce que signifiait cette ombre noire qui tombait sur le bord du coffre.Il regardait, regardait, et ne pouvait en croire ses yeux. Mais peu à peu, ce qui au début n'avait été qu'une ombre se précisa et bientôt il se rendit compte que c'était une réalité. Il y avait là un "tomte" ni plus ni moins, installé à califourchon sur le bord du coffre. Certes le gamin avait bien des fois entendu parler des tomtes, mais jamais il n'avait pensé qu'ils pussent être aussi petits. Celui-ci n'était pas plus haut qu'un revers de main. Il avait un vieux visage ridé et imberbe, et portait un vêtement noir très long, des culottes et un chapeau noir à larges bords. Sa toilette était très soignée : des dentelles blanches autour des poignets et du cou, des chaussures ornées de boucles et des jarretières à gros noeuds. Il avait retiré du coffre un vieux plastron brodé, et examinait le travail d'autrefois avec un tel recueillement qu'il ne vit pas que le gamin s'était réveillé. Celui-ci était bien étonné de voir le tomte, mais il n'eut pas très peur. Comment pouvait-il avoir peur d'un être si petit? Et puisque le tomte était absorbé au point de ne voir ni d'entendre, le gamin se dit qu'il serait amusant de lui faire une niche : le pousser par exemple dans le coffre et rabattre le couvercle, ou quelquechose de ce genre. Son courage n'allait pas jusqu'à oser toucher de ses mains le tomte.Aussi chercha-t-il un objet avec lequel il put lui porter un coup. Il aperçut le filet à papillons et le saisit vivement, bondit et le rabattit sur le bord du coffre.Il fut surpris lui-même de sa chance, car il avait bel et bien attrapé le tomte.Le pauvret gisait au fond du filet, la tête en bas, incapable d'en sortir... | alizarine - 1374418  Publié le 23/05/2008 à 22:55 
Au premier abord, le gamin ne sut que faire de sa proie. Il agitait seulement le filet pour empêcher le tomte de regrimper.Le tomte le supplia de lui rendre la liberté.Si le gamin le lachait il lui donnerait un vieux daler, une cuillère d'argent et une monnaie d'or grosse comme la montre du père. Le gamin ne trouva pas cette offre très généreuse,mais depuis qu'il s'était emparé du tomte il en avait peur.Il se rendait compte qu'il avait affaire à quelque chose d'étrange et d'effrayant, qui n'appartenait pas à son monde et ne demandait qu'à sortit de cette aventure. AZussi acquiesca-t-il immédiatement à la proposition du tomte et cessa d'agiter le filet pour permettre au petit bonhomme de regrimper. Toutefois, au moment où son prisonnier était presque sorti du filet,il eut l'idée qu'il aurait dû s'assurer de grands biens et toutes sortes de choses. Pour commencer, il aurait au moins dû exiger que le sermon lui entrat tout seul dans la tête.Et tout à coup il se mit à agiter le filet.Mais au même instant il reçut une giffle si formidable qu'il lui sembla que sa tête allait éclater. Il fut projeté d'abord contre un mur, puis contre l'autre;enfin il tomba parterre et resta inanimé. Lorsqu'il reprit connaissance il était seul dans la pièce.Nulle trace du tomte.Le couvercle du coffre était rabattu; le filet à papillons était à sa place raccroché. S'il n'avait pas ressenti une douleur cuisante à la joue,il aurait été tenté de croire que tout cela n'avait été qu'un rêve. Il se dit qu'il serait temps qu'il se remette à lire. Ce disant, il s'avançait vers la table, lorsque tout à coup il remarqua quelque chose d'étrange. Il n'était pas possible que la maison se fut agrandie.Mais comment expliquer autrement qu'il eut à faire un si grand nombre de pas pour atteindre la table?Et qu'avait donc la chaise? Elle ne semblait pas être devenue plus grande; pourtant il dut se hisser d'abord jusqu'au barreau inférieur et de là, grimper sur le siège.De même pour la table, ilo ne put en voir le dessus qu'en escaladant le bras du fauteuil.Le sermonnaire était toujours ouvert sur la table et ne paraissait pas changé, mais il ne put lire un seul mot sans se placer debout sur le livre même. Ses yeux tombèrent de nouveau sur la glace et il s'écria :"Tiens! en voilà encore un!" Dans le miroir, il voyait nettement un petit, tout petit homme en bonnet pointu et en culotte de peau. "Celui-là est habillé exactement comme moi!" en joignant les mains de surprise. Alors le petit bonhomme de la glace fit le même geste. Le gamin se mit à se tirer les cheveux, à se pincer, à pirouetter sur lui-même, aussitôt l'homme de la glace imitait ses mouvements. Il se prit alors à trembler, car il comprenait tout à coup que le tomte l'avait ensorcelé et que l'image reflétée par la gtlace était son image à lui. Le gamin ne pouvait se faire à l'idée qu'il était transformé en tomte. Il se posta devant le miroir et ferma les yeux.Les rouvrant il comprit que rien n'y faisait : il était à une échelle minuscule. Il fallait agir.Il fallait chercher le tomte et faire la pais avec lui. Il sauta à terre,il chercha partout, même dans quelques trous de souris, mais en vain.Il pleurait et faisait toutes sortes de promesses, mais il eut beau promettre, rien n'y faisait. Il se rappela avoir entendu la mère dire que les tomtes avaient coutume de se tenir à l'étable; par chance la porte de la maison étant restée ouverte,il résolut d'y aller.Il vit sur le pas de la porte des tout petits sabots, cette découverte ne fit qu'accroitre sa peur...cette mésaventure semblait vouloir se prolonger. Sur la vieille marche un moineau sautillait et quand il aperçut le gamin, il se mit à crier:"Regardez le gardeur d'oies, le petit poucet, Nils Holgerson poucet!" Les oies et les poules se tournèrent vers lui ainsi que le coq et tous se moquèrent et dirent:"c'est bien fait"! Le plus merveilleux, c'est que le gtamin comprenanit à présent leur langage. Il leur lança une pierre pour leur imposer silence, en oubliant qu'il n'était plus de taille à faire peur et toute la troupe se précipita sur lui, l'encercla et se mit à glousser;"c'est bien fait!" Il n'aurait jamais pu s'en débarasser si le chat de la maison n'avait fait son apparition. Le gamin courut vers le chat. "Mon petit minet, toi qui connais si bien tous les coins et recoins de la ferme, tu serais gentil de me dire où je trouverai le tomte". Le chat ne répondit pas tout de suite. Il avait un air bonasse. "Certainement je sais où demeure le tomte, mais crois-tu que je vais te le dire?" - Mon cher Minet, il faut que tu m'aides, tu ne vois donc pas qu'il m'a ensorcelé?" Il ronronna et ronfla de plaisir avant de répondre. "Tu veux que je t'aide pour te remercier de m'avoir si souvent tiré la queue?" Le gamin se facha en oubliant complètement qu'il était si petit et impuissant. "Je pourrais bien encore le faire s'écria-t-il! Attend un peu!" En un instant le chat fut si transformé qu'on aurait à peine dit le même animal.Chaque poil était hérissé,le dos s'était voûté,les pattes s'étaient allongées et les griffes égratignaient le sol, la queue était devenue épaisse et courte, et les oreilles s'étaieznt couchées au ras de la tête.. Le gamin fit un pas en avant.Le chat bondit et retomba sur le gamin, le jeta à terre et se planta sur lui les pattes de devant sur sa poitrine, la gueule ouverte sur sa gorge. Le gamin appela au secours de toute la force de ses poumons.Mais personne ne vins, il crut bien que sa dernière heure était arrivée. Il sentit que le chat rentrait ses griffes et lachait prise. "Voilà! çà suffit! Je te laisse aller pour cette fois à cause de la patronne." Le gamin peu fier, repartit vers l'étable toujours à la quête du tomte... | alizarine - 1374418  Publié le 24/05/2008 à 21:32  Il n'y avait que trois vaches lorsque le gamin se montra, il y eut un tapage et un beuglement à faire croire qu'il y en avait au moins trente. Il ne réussit pas à se faire entendre, voulant parler du tomte acr elles étaient en pleine révolte.Elles lançaient des coups de pieds, agitaient leurs chaines,et menaçaient de leurs cornes. Le gamin aurait voulu leur dire qu'il regrettait d'avoir été méchant envers elles, et qu'il ne recommencerait plus jamais si seulement elles voulaient bien lui dire où trouver le tomte, mais il jugea plus prudent de se glisser hors de l'étable. Dans la cour, il se sentit découragé. Il se rendait compte que personne n'était disposé à l'aider. C'était terrifiant. Il aimerait mieux que personne ne le vit plus jamais. Il n'était plus un homme, mais un monstre. Il faisait un tempsmerveilleusement bleu. Les oiseaux migrateurs passaient par bandes. Ils revenaient de l'étranger, ils avient traversé la Baltique, se dirigeaient vers le Nord.. Plusieurs bandes d'oies volaient très haut mais il entendait leurs cris :" nous partons pour les Fjells." Lorsque les oies sauvages apercevaient les oies domestiques qui se promenaient dans la basse-cour, elles abaissaient leur vol, et criaient:" Venez avec nous! Venez avec nous! Mais elles répondaient pleines de bon sens :"Nous sommes bien ici!" Or, il y avait un jeune jars à qui les appels des oies sauvages avaient donné une grande envie de partir. "S'il vient encore une bande, je l'accompagnerai!". Une nouvelle bande arriva, alors le jars leur dit :" Attendez, attendez, je viens!" Il déploya ses ailes, mais il avait tellement peu l'habitude de voler qu'il retomba à terre. Les oies sauvages semblaient avoir entendu son cri.Elles revinrent lentement en arrière pour voir s'il allait les rejoindre. "Attendez, attendez! craiait-iol en faisant un nouvel effort!. Le gamin entendait tout du mur où il était caché.Il oublia une fois encore qu'il était petit et sans force et sauta au milieu des oies, jeta ses bras autour du cou du jars. "Tu resteras ici, tu entends, cria-t-il!" Mais juste à cet instant le jars avait compris ce qu'il fallait faire pour s'élever du sol. Il ne put s'arrêter pour secouer le gamin et celui-ci fut emporté dans l'air. Il fut enlevé avec une rapidité qui lui donna le vertige. Avant d'avoir pensé à lâcher prise, il se trouva si haut qu'il se serait tué s'il était tombé à terre. Il n'avait plus qu'à essayer de se hisser sur le dos de l'oie. Il y parvint, avec beaucoup de peine.Il dut plonger ses deux mains dans les plumes et le duvet pour ne pas être précipité. L'air sifflait et le fouettait,les ailes frappaient, les plumes vibraient avec un bruit de tempête. Treize oies volaient autour de lui. Toutes caquetaient et battaient des ailes. Les yeux éblouis, les oreilles assourdies, il ne savait ni si elles volaient haut ou bas, ni quel était le but du voyage. Il devait tâcher de savoir où on le conduisait. Mais comment aurait-il le courage de regarder en bas ? Enfin il eut l'audace de regarder au dessous de lui. Il fut surpris de voir étendue la-bas comme une grande nappe, divisée en une infinité de grands et de petits carreaux. Rien que des carreaux. Rien de rond, aucune courbe. Il comprit alors que l'étoffe à carreaux était la plaine de Scanie qu'on traversait. Le gamin ne put s'empêcher de rire. Il s'habituait à cette façon de voyager, à la vitesse, et pouvait songer à autre chose qu'à se maintenir sur le dos du jars; il commençait à observer combien l'espace était empli de bandes d'oiseaux, tous en route vers le nord. Et c'étaient des cris et des appels d'une bande à l'autre. "ah! vous voilà, vous avez fait la traversée aujourd'hui? criaient les uns. - Mais oui, mais oui, répondaient les oies. Où en est le printemps ici? - Pas une feuille aux arbres et l'eau est glaciale dans les lacs, répondit-on. Le gamin remarqua que les oies ne se dirigeaient pas en ligne droite. Elles volaient et planaient sur toute la grande plaine de Scanie comme si, heureuses d'être de retour, elles voulaient saluer chaque maison. Le grand jars qui s'était élancé à la suite des oies sauvages, se sentait très fier de parcourir le pays en leur compagnie et de taquiner et railler les oiseaux domestiques. Mais tout heureux qu'il fut, il n'en commençat pas moins à se fatiguer vers le soir. Il essaya de respirer plus profondément et de donner des coups d'ailes plus rapides, mais il eut beau faire, il resta de plusieurs longueurs en arrière. Quand les oies de l'arrière-garde s'aperçurent que le jars domestique ne pouvait plus les suivre, elles crièrent à celle qui conduisait la bande et qui volait à la pointe de l'angle :" Akka! Akka!!! - Qu'est-ce qu'il y a ? - Le blanc reste en arrière ! - Dites-lui qu'il est plus facile de voler vite que lentement! cria Akka en continuant comme auparavant. Le jars essaya d'augmenter sa vitesse, mais il se trouva bientôt épuisé et tomba presque au niveau des saules étêtés qui bordaient les routes et les champs. " Akka! Akka! crièrent de nouveau les oies de l'arrière-garde! - Qu'y-a-t-il encore ? demanda la conductrice d'un ton colère . - Le blanc tombe, le blanc tombe! - Dites-lui qu'il est plus facile de voler haut que bas répondit Akka! Elle ne diminua nullement sa vitesse, mais continua comme auparavant. Le jars tâcha encore de suivbre ce conseil, mais il s'essouffla à croire que son coeur allait éclater. " Akka! Akka!, le jars va mourir ! Le jars blanc va mourir. - Qu'il s'en retourne chez lui, s'il ne peut pas suivre ! Et pas un instant elle n'eut l'idée de ralentir . " Ah, c'est comme çà, se dit le jars. Il venait de comprendre que les oies sauvages avaient simplement voulu lui faire quitter la maison pour s'amuser ...Il était furieux d'être trahi par ses forces et de ne pouvoir montrer à ces vagabondes qu'une oie domestique les valait bien.Le plus agaçant, c'est qu'il était tombé sur Akka, il savait que c'était une oie chef de bande qui avait plus de cent ans, qu'elle avait une telle réputation, que les meilleures oies sauvages voulaient faire partie de sa troupe.Mais personne n'avait plus de mépris pour les oies domestiques que cette Akka et sa bande ! Tout en réfléchissant à la décision à prendre, le jars blanc volait lentement en arrière des autres. Tout à coup, le petit bout d'homme qu'il portait sur son dos éleva la voix :" mon cher Martin, tu comprends bien qu'il te sera impossible, à toi qui n'as jamais volé, de suivre les oies sauvages jusqu'en laponie ! Ne ferais-tu pas mieux de retourner à la maison avant de te faire du mal ?" Or, le fils de la maison, ce mauvais garnement, le jars l'avait en horreur! Aussi résolut-il de tenir bon . " Si tu dis un mot de plus,je te jette dans la première marnière que nous rencontrerons," siffla-t-il. Et la colère lui donna de telles forces qu'il se mit à voler aussi bien que les autres ! Il n'aurait certes tenu bien longtemps, mais le soleil descendait rapidement et dès qu'il fut couché, les oies piquèrent droit vers le sol. Sans avoir même eu le temps de réfléchir, le gamin et le jars se trouvèrent sur le bord du lac Vombsjö.
| alizarine - 1374418  Publié le 25/05/2008 à 23:19 
"C'est probablement ici que nous passeront la nuit", se dit le gamin en sautant à terre. Il était sur une mince bande de sable; devant lui s'étendait un assez grand lac d'aspect pas très rassurant : une couche de glace le recouvrait presque entièrement, noire, rugueuse, pleine de crevasses et de trous. Le gamin pensa qu'il était arrivé dans un désert au pays de l'hiver, et ressentit une angoisse telle qu'il en aurait crié. Il avait faim, il n'avait rien mangé de la journée. Mais où trouverait-il quelque chose? Et qui l'hébergerait? Qui lui ferait son lit? Qui le réchaufferait à son foyer? Qui le protègerait contre les bêtes sauvages? Le soleil était maintenant couché. Le froid montait du lac.Les ténèbres tombaient du ciel, l'épouvante se glissait sur les pas de la nuit, et dans les bois on entendait des pas furtifs et des bruissements. C'en était fait du joyeux courage que le gamin avait montré là-haut. Dans on angoisse il se tourna vers ses compagnons de voyage : il n'avait plus qu'eux! Il s'aperçut que le jars était encore plus mal que lui. Il demeurait à l'endroit où il s'était abattu, et il semblait près de mouirir. Son cou s'allongeait inerte sur le sol; il avait les yeux fermés, et sa respiration n'était qu'un faible sifflement. " Cher jars Martin, dit le gamin, essaie de boire une gorgée. Le lac est à deux pas." Mais le jars ne fit pas un mouvement. Le gamin avait auparavant été méchant pour tous les animaux et aussi pour le jars. Mais il pensait maintenant que le jars était son seul appui et il eut grand peur de le perdre. Il se mit à le pousser pour le mettre à l'eau. Le jars était grand et lourd, et le gamin eut fort à faire, mais enfin il réussit. Le jars tomba dans le lac, la tête la première. Un instant il demeura immobile dans la vase, mais bientôt il releva la tête, secoua l'eau qui l'aveuglait et souffla. Puis il se mit à nager fièrement parmi les joncs et les roseaux. Les oies sauvages s'étaient jetées à l'eau avant lui. Elles ne s'étaient inquiétées ni du jars, ni de son cavalier. Le jars blanc eut la chance d'apercevoir une petite perche. Il la saisit rapidement, nagea vers le rivage et la déposa devant le gamin. "Voilà pour te remercier de m'avoir poussé à l'eau", dit-il. Pour la première fois de la journée, le gamin entendait un mot amical, il en fut joyeux. D'abord il jugea impossible de manger un poisson cru, puis il eut envie d'essayer. Heureusement il sentit son couteau pendu à sa ceinture, mais tout petit,pas plus long qu'une allumette. Bientôt la perche fut avalée. Pendant que le gamin mangeait, le jars demeura silencieux auprès de lui; après la dernière bouchée, il dit à voix basse: "Nous sommes tombés sur une bande d'oies fières qui méprisent les oiseaux domestiques". - Oui, je l'ai remarqué! - Cela me ferait grand honneur, si je pouvais les suivre jusqu'en Laponie et leur montrer qu'une oie domestique est bonne à quelque chose. - Oui dit le gamin hésitant, car il ne croyait pas que le jars en fut capable, mais il ne voulait pas le contredire. - Mais je ne crois pas pouvoir me tirer d'affaire seul en un tel voyage, dit le jars. Pourrais-tu m'accompagner pour m'aider ? Le gamin n'avait pas d'autre projet que de rentrer chez lui le plus vite possible. " Je croyais que nous étions ennemis, toi et moi," dit-il. Mais il semblait que le jars ne s'en souvint plus! " Il faudrait bien que je retourne chez mon père et ma mère dit le gamin." - Je te ramènerai en automne, dit le jars. Je ne t'abandonnerai pas avant de t'avoir déposé sur le seuil de ta maison. Il allait répondre qu'il acceptait quand ils entendirent derrière eux un grand bruit. Les oies sauvages étaient sorties de l'eau toutes ensemble, et secouaient leurs ailes. Puis elles se formèrent un une longue ligne, l'oie-guide en tête, et vinrent vers eux. Lorsque le jars blanc considéra les oies sauvages, il se trouva mal à l'aise. Il avait cru qu'elles ressemblaient davantage aux oies domestiques et qu'il se sentirait davantage leur parent. Elles étaient beaucoup plus petites que lui; aucune n'était blanche; toutes étaient grises striées de brun, et leurs yeux lui firent presque peur. Ils étaient jaunes et brillaient comme si du feu brûlait derrière. Le jars avait appris qu'il était convenable de marcher lentement en se dandinant. Or, elles ne marchaient pas, mais couraient. Il fut surtout inquiet quand il vit leurs pieds. Ils étaient larges, avec des semelles usées et déchiquetées. On comprenait que les oies sauvages ne se demandaient jamais sur quoi elles marchaient. Elles ne faisaient jamais de détours. Le jars eut à peine le temps de glisser au gamin: "Réponds hardiement pour toi, mais ne dit pas qui tu es." Elles étaient déjà là...
| alizarine - 1374418  Publié le 26/05/2008 à 20:50 
Les oies sauvages les saluèrent du cou plusieurs fois et le jars en fit autant. L'oie-guide dit :" Nous voudrions bien savoir qui vous êtes? - Je n'ai pas grand chose à dire sur moi, dit le jars. Je suis né à Skanör le printemps dernier. - Tu sembles n'avoir aucune famile de qui te réclamer, qu'est-ce donc qui te prend de vouloir aller avec les oies sauvages ? - C'est peut-être pour montrer aux oies sauvages que les oies domestiques sont bonnes à quelque chose! - Nous demandons pas mieux dit Akka. Nous savons maintenant de quoi tu es capable en fait de vol, mais peut-être es-tu plus fort en d'autres sports? veux-tu par exemple lutter avec nous à la nage? Je ne me vante pas de savoir nager, dit le jars, je n'ai jamais nagé plus loin que la largeur d'une mare. - Je suppose alors que tu es très habile à courir? - Jamais je n'ai essayé dit le jars. Il en était sûr maintenant. Akka allait lui dire qu'on ne voulait pas l'emmener. Aussi fut-il très surpris lorsqu'elle s'écria:" Tu réponds courageusement aux questions, et celui qui est brave peut devenir un bon compagnon, même s'il est ignorant au début. Que dirais-tu si l'on t'offrait de rester avec nous quelques jours jusqu'à ce que nous ayons vu de quoi tu es capable ? - Je veux bien, répondit le jars, tout content. Là dessus Akka montra du bec le gamin :" Mais qui amènes-tu avec toi? Je n'ai jamais vu un être comme celui-là! - C'est mon compagnon de voyage . Il a été gardien d'oies toute sa vie. Je crois qu'il pourrait nous être utile. - Peut-être utile à une oie domestique, répondit Akka. Comment t'appelles-tu? - Il a plusieurs noms répondit le jars et ne sachant à l'improviste qu'inventer (il ne voulait pas trahir le gamin). Il s'appelle Poucet, dit-il enfin. - Il est de la famille des tomtes, demanda Akka? L'oie qui parlait avec le jars était très vieille, c'était facile à voir. Son plumage était entièrement gris. Elle avait la tête plus grosse, les pattes plus fortes, les pieds plus usés que les autres. Ses plumes étaient raides, ses épaules saillantes, son cou maigre. Effets du temps. Il n'y avait que les yeux que l'âge n'avait pas vaincu. Ils brillaient plus limpides, et en quelque sorte plus jeunes que ceux des autres. Elle se tourna vers le jars avec beaucoup de hauteur :" Sache que je suis Akka de Kebnekaïse. L'oie qui vole près de moi est Yksi de Vassijaure, celle qui vole à ma gauche est Kaksi de Nuolia. Ne va pas nous prendre pour des vagabondes acceptant n'importe qu'elle compagnie, et sois-en persuadé, nous ne partagerons pas notre gîte de nuit azvec qui ne veut pas dire de quelle famille il descend." A ces mots d'Akka, le gamin fit rapidement un pas en avant. " Je ne dissimule pas qui je suis, dit-il, je m'appelle Nils Holgerson et je suis le fils d'un tenancier. Jusqu'à ce jour j'ai été un homme, mais ce matin ....." Il n'eut pas le temps d'aller plus loin. Dès qu'il prononça le mot homme, Akka recula de trois pas et les autres encore davantage. Et toutes elles tendèrent le cou et sifflèrent, furieuses. " Voilà ce que j'ai soupçonné dès que je t'ai vu sur la rive, dit Akka. Et maintenant, va-t-en. Nous ne souffrons pas d'homme parmi nous." Mais le jars s'interposa:" Ce n'est pas possible dit-il, que vous, oies sauvages, vous ayez peur d'un être si petit. Demain, il rentrera certainement chez lui, mais pour cette nuit vous pouvez bien le laisser parmi nous. Comment pourrions-nous laisser ce pauvret se défendre seul contre les renards et les belettes?" L'oie s'approcha mais avec une méfiance visible:" J'ai appris à redouter tout ce qui est homme, grand ou petit, dit-elle. Mais si tu réponds de lui, il peut rester. D'ailleurs, il est peu probable que notre gîte de cette nuit vous convienne, à toi et à lui, car nous allons dormir sur la glace flottante du lac". Elle pensait sans doute que le jars hésiterait à les y suivre. Mais il se contenta de dire :" Vous êtes sages de choisir un gîte aussi sûr!" - Tu promets cependant qu'il s'en retournera chez lui dès demain ? ajouta Akka? - Alors, il faudra que je vous quitte aussi, dit le jars, car j'ai promis de ne pas l'abandonner. - Tu es libre d'aller où iol te plait" répôndit l'oie sauvage. Sur ces mots elle souleva ses ailes et s'envola sur la glace, suivie des autres oies sauvages, l'une après l'autre. Le gamin fut désolé de voir échouer son rêve de voyage en Laponie, et en ouitre il eut peur pour la nuit." Cela va de mal en pis, jars, dit-il.Nous allons mourir de froid sur la glace. Mais le jars avait bon courage." Il n'y a pas de danger, dit-il. Je te prie de ramasser autant d'herbe et de paille que tu pourras en porter." "Etend maintenant l'herbe pour que j'aie quelque chose sous lers pieds qui les empêche de coller à la glace! Aide-moi et je t'aiderai! dit le jars". Le gamin obéit et quand il eut fini, le jars le saisit par le col de la chemise et l'enfonça sous son aile. "Je pense que tu seras au chaud." dit-iol en refermant son aile. Le gamin se trouva si bien enfoui dans le duvet qu'il ne put répondre; très fatigué il ne tarda pas à s'endormir. C'est une vérité connue que la glace est perfide et qu'on a tort de s'y fier. Au milieu de la nuit, la plaque de glace flottante changea de place et vint s'échouer sur la rive. Or, il arriva que Smirre, le renard, qui demeurait alors à l'est du lac, s'en aperçut pendant sa chasse nocturne. Smirre avait vu les oies sauvages dès la veille au soir, mais il n'avait pas espéré pouvoir en attraper aucune. Il se mit tout de suite en route. Les oies se réveillèrent, et battirent des ailes pour s'envoler, mais Smirre fut plus rapide. Il fit un bond en avant, saisit l'une des oies par l'aile et s'enfuit avec elle vers la terre... | xiane - 381776  Publié le 26/05/2008 à 20:52 
Citation: Ce texte n'est pas écrit de ma main, il est d'un auteur suédois
pourquoi ne donnez-vous pas le nom de l'auteur ? ou bien pensez-vous que tout le monde connait selma lagerloff ? | alizarine - 1374418  Publié le 26/05/2008 à 21:21 
Ce n'était qu'un oubli en effet, merci d'y mettre vous-même le nom de l'auteur... mon oubli est donc ainsi réparé ....  | Artus de Oguz - 1510753  Publié le 27/05/2008 à 09:44  en tout cas c'est un beau texte | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 27/05/2008 à 20:41 
Coucou a vous tous
Citation: c'est un merveilleux voyage que celui-ci ...
Effectivement Merci Alizarine | alizarine - 1374418  Publié le 27/05/2008 à 21:00  Merci Rêved'Orient et Artus, si vous ne connaissez pas, vous verrez, c'est de plus en plus beau ..... | alizarine - 1374418  Publié le 27/05/2008 à 21:10 
Mais cette nuit là les oies sauvages n'étaient pas seules; il y avait parmi elles un homme, quelque petit qu'il fut. Le gamin s'était réveillé lorsque le jars avait ouvert ses ailes. Il était tombé et se retrouva tout à coup assis sur la glace, encore ahuri par son brusque réveil. Il n'avait rien compris à cette alerte, avant de voir un petit chien, bas sur pattes, qui se sauvait à travers la glace, une oie dans la gueule. Le gamin se précipita sur ses traces afin de reprendre l'oie au méchant chien. Il entendit bien que le grand jars criait derrière lui:"Prends garde, Poucet! Prends garde!" Mais Nils ne voyait pas pourquoi il devait avoir peur d'un aussi petit chgien, et il continua à le poursuivre. L'oie auvage que Smirre emportait entendit le bruit des sabots de bois contre la glace, et elle n'osa en croire ses oreilles:"Est-ce que ce gamin penserait m'arracher au renard?" Et quoi qu'elle fut en bien mauvaise posture, elle ne put retenir un petit gloussement tout au fond de sa gorge qui ressemblait à un rire. " D'abord, il va tomber dans une crevasse, pensa-t-elle!". Mais malgré l'obscurité de la nuit, le gamin distinguait très bien les fentes et les trous, et il les évitait. Il avait maintenant des yeux de tomte qui voient dans les ténèbres. Smirre quitta la glace à l'endroit où elle touchait la terre, et se préparait à escalader la pente de la rive, lorsque le gamin lui cria :"Veux-tu bien lâcher l'oie, canaille!" Smirre ignorant qui l'interpellait, ne se donna même pas le temps de regarder en arrière, mais courut plus vite. Il entra dans une forêt de grands hêtres suivi du gamin qui ne se rendait toujours pas compte du danger. Nils songeait à la réception dédaigneuse que les oies lui avient faite la veille au soir; il brûlait du désir de leur montrer qu'un homme est quelque chose de plus que les autres créatures. Il cria plusieurs fois de lâcher l'oie :" A-t-on jamais vu un chien aussi effronté, qui n'a pas honte de voler une grosse oie, hurlait-il; veux-tu bien la lâcher, sinon tu seras rossé d'importance! Lorsque Smirre se vit prendre pour un chien qui a peur des coups, cette idée lui parut si drôle qu'il manqua laisser échapper l'oie. Smirre était un brigand redouté, qui ne se contentait pas de chasser des rats et des taupes dans les champs, mais qui se hasardait jusque dans les fermes pour y voler les poules et les oies. Il était la terreur de toute la contrée. De puis qu'il était tout petit il n'avait jamais entendu rien de plus drôle. Le gamin courait si vite qu'il gagnait sur le renard. Enfin il fut assez prêt pour l'attraper par la queue. " Je te prendra pourtant l'oie," cria-t-il, en tirant de toutes ses forces. Mais il était incapable d'arrêter Smirre et il s'était enfin rendu compte que son agresseur était inoffensif. Il s'arrêta, déposa l'oie par terre, la maintint dans ses deux pattes, et se prépara à lui couper la gorge; mais il ne résista pas à la tentation de taquiner d'abord un peu le gaminh. "Cours vite te plaindre au maître, car je vais tuer l'oie," dit-il. Il fut si furieux d'être raillé par le renard qu'il en oublia d'avoir peur. Il s'accrocha plus fort à la queue de son ennemi, s'arc-bouta contre une racine de hêtre, et au moment même où le renard ouvrait la gueule sur la gorge de l'oie, le gamin tira brusquement de toutes ses forces. Smirre fut si surpris, qu'il se laissa trainer quelques pas en arrière, et l'oie sauvege se trouve libre. Lourdement elle s'envola; l'une de ses ailes était blessée et presque hors de service.Elle était comme une aveugle dans les ténèbres de la forêt, et ne put nullement aider le gamin. Elle chercha une ouverture dans le toit des branchages et vola vers le lac. Smirre fit un bond pour attraper le gamin. "Si l'un m'échappe, j'aurai toujours l'autre," dit-il et sa voix tremblait de colère. - "Tu crois? et bien tu te trompes," fit le gamin, tout ragaillardi de son succès. Il ne lacha pas la queue du renard. Ce fut une danse folle sous les bois dans les tourbillons de feuilles sèches. Smirre tournait en rond, sa queue tournait aussi, et le gamin s'y accrochait. D'abord Nils ne fit que rire, et se moquer du renard, mais Smirre avait la persistance tenace d'un vieux chasseur, et le gamin commença à craindre que l'aventure ne tournât mal pour lui... | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 27/05/2008 à 22:22 
Citation: si vous ne connaissez pas, vous verrez, c'est de plus en plus beau
je n'en doute pas Alizarine, c'est déja trés séduisant | alizarine - 1374418  Publié le 27/05/2008 à 23:07  Merci Rêved'Orient, cela fait plaisir de se rendre compte qu'il y a encore des âmes qui sont sensibles à des choses simples et belles, et qui ont encore un regard émerveillé d'enfant ....dans ce monde où tout n'est que mesquinerie, insulte, guerre, jalousie, vulgarité et méchanceté .... vraiment merci à toi
| Rêved'Orient - 2076403  Publié le 28/05/2008 à 15:36 
Citation: dans ce monde où tout n'est que mesquinerie, insulte, guerre, jalousie, vulgarité et méchanceté .... vraiment merci à toi
je ne te le fait pas dire biz a toi, j'attends la suite avec impatience tres bonne journée a toi | kyttie - 2330000 Publié le 28/05/2008 à 17:17  ça y est je suis prise dans ton conte ... j'adooore !! vite vite alizarine, la suite !! | alizarine - 1374418  Publié le 28/05/2008 à 21:17  Tout à coup il aperçut un jeune hêtre qui avait poussé, mince comme une gaule, pour arriver à l'air libre au dessus des branches que les vieux hêtres étendaient sur lui. Il lâcha subitement la queue du renard et se mit à grimper le long du petit hêtre. Dans son ardeur Smirre ne s'en aperçut pas toute de suite, mais continua encore un moment à danser en rond. "Tu as assez dansé tu sais, lui cria le gamin"! Smirre qui ne pouvait supporter la honte de s'être laissé berné par un petit bonhomme de rien du tout, se coucha alors au pied de l'arbre pour attendre. Le gamin était mal à l'aise, à cheval sur une faible petite branche. Niles ne pouvait pas se hisser jusqu'à un autre arbre ni descendre à terre. Il fut bientôt si transi de froid, qu'il avait du mal à se maintenir; il dut aussi lutter contre le sommeil, n'osant s'endormir de crainte de tombre. La forêt était terriblement sinistre à l'heure de la nuit. Le monde entier semblait engourdi pour toujours. Enfin l'aube vint. Le gamin vit avec bonheur que tout reprenait son aspect ordinaire, bien que le froid se fit encore bien plus piquant. Lorsque le soleil se leva , il n'était pas jaune, mais rouge. On l'eut dit rouge de colère et le gamin se demanda pourquoi cette colère! Toutes les choses rougissaient comme si elles avaient la conscience mal à l'aise. L'engourdissement avait cessé, et il sortit de partout un nombre étonnant d'êtres vivants. Le pivert noir à calotte rouge se mit à frapper du bec contre un tronc d'arbre; l'écureuil sortit de son nid en emportant une noisette, et s'installa sur une branche pour la décortiquer.. Le sansonnet survint, une racine dans son bec, et le pinson chanta au sommet d'un arbre. On entendit du côté du lac les cris des oies qui se mettaient en rang pour s'envoler. Quelques moments après, les quatorze oies passèrent au dessus de la forêt. Nils essaya de les appeler, mais elles volaient trop haut : sa voix ne parvint pas jusqu'à elles. Elles croyaient sans doute que le renard avait fini par le manger...Elles ne le cherchaient même pas. Le gamin aurait voulu pleurer d'angoisse, mais le soleil rayonnait maintenant dans le ciel; jaune comme l'or, et joyeux il semblait donner du coeur à toute la création." Comprends bien, Nils Holgerson, disait-il, que tu n'as ni à t'affliger, ni à t'inquièter, tant que je suis là". Vers la fin de la matinée, une oie sauvage solitaire passa, volant sous l'épais toit des branches. Elle semblait chercher lentement son chemin entre les troncs et les ramées, et avançait très lentement. .. | -démi°°°° - 731109  Publié le 29/05/2008 à 11:17  merci... à toi... j'ai ajouté l'écrit au film... jadooooooore je viens de me farcir 10 épisodes de l'histoire avec Nils (mon petit-fils de 2,5 ans). Pour son anniversaire je lui ai offert la série complète et chaque soir il a droit à un épisode... Et comme hier c'est moi qui le gardais... il a eu droit à plus... Normal... je me suis endormie (rien à faire... je ne sais jamais voir un film lorsque je suis dans le divan) et réveillée à la fin du disque... et Nils était prêt à en voir encore... Il était temps dele mettre au lit avant que manan ne rentre... Tout cela pour vous dire que c'est en souvenir de ce dessin animé que ma fille a décidé d'appeler son fils Nils... et ce p'tit bout est blond... comm peut l'être un suédois... avec du tempérament... et quel tempérament! encore merci... si vous avez l'occasion de passer le dessin animé à desenfants... Ils adorent... je peux vous l'assurer... au plaisir ... merci alizarine...merci!
| Diane - Rêveries d'automne - 2025831  Publié le 29/05/2008 à 11:21  Oui ! J'aime beaucoup ce conte moi-aussi et pourtant je ne suis pas très "contes" ! Enfin cela dépend desquels | Hé miss F erre GO :-) - 2182757 Publié le 29/05/2008 à 11:55 
Citation: et pourtant je ne suis pas très "contes" ! Enfin cela dépend desquels
c'est comme moi... je n'aime vraiment pas les comptes... ni les comtes ... mais ce conte-ci... oh! oui j'adore... | Rêved'Orient - 2076403  Publié le 29/05/2008 à 21:16 
Citation: c'est en souvenir de ce dessin animé que ma fille a décidé d'appeler son fils Nils...
joli prénom j'aime bcp | alizarine - 1374418  Publié le 30/05/2008 à 18:39  Merci à tous d'apprécier et de me le dire, çà fait chaud au coeur .... je suis ravie de pouvoir constater votre sensibilité et votre âme d'enfant ..... alors je continue .... | alizarine - 1374418  Publié le 30/05/2008 à 19:24  Elle semblait chercher lentement son chemin entre les troncs et les ramées, et avançait très lentement. Dès que Smirre l'aperçut, il quitta sa place sous le jeune hêtre, et se glissa vers elle.L'oie n'évita pas le renard, mais vola tout près de lui. Smirre fit un bond pour l'atteindre, mais la manqua de peu et l'oie continua son chemin vers le lac. Peu après, une nouvelle oie apparut. Elle suivit le même chemin que la première, volant encore plus bas, et plus lentement. Elle aussi passa tout près de Smirre, et il fit un grand bond après elle: ses oreilles effleurèrent presque les pattes de l'oie, mais elle poursuivit son chemin vers le lac, silencieuse comme une ombre. Un moment passa, et voilà de nouveau une oie sauvage; elle semblait éprouver plus de peine à trouver son chemin entre les troncs des bouleaux. Smirre bondit: un doigt plus haut, il l'attrapait. Cette fois encore l'oie se sauva vers le lac. Elle avait à peine disparu qu'une quatrième oie se montra. Elle volait si lentement et si bas que Smirre pensait bien pouvoir s'en emparer sans difficulté s'il avait voulu; toutefois, il eut peur d'échouer encore une fois et résolut de la laisser passe. Elle prit le même chemin que les autres, puis, arrivée juste au dessus de Smirre, descendit si bas qu'il ne résista pas à la tentation de sauter àprès elle. Il arriva assez haut pour l'effleurer de la patte, mais elle se jeta brusquement de côté et se sauva. Smirre n'avait pas eu le temps de souffler que trois oies survenaient, volant sur une ligne. Elles firent comme les autres, et Smirre bondit éperdument. Puis ce furent cinq oies qui apparurent. Elles volaient mieux que les autres, et bien qu'elles semblassent vouloir tenter Smirre, il les laissa passer sans essayer de les attraper. Un assez long moment passa; une oie seule apparut. C'était la treizième. Elle était si vieille, celle-là, qu'elle était uniformément grise, sans une seule strie foncée. Elle paraissait ne pas pouvoir se bien servir de l'une de ses ailes, et elle volait piteusement, tout de travers. Parfois, elle effleurait presque le sol. Smirre ne se contenta pas de bondir après elle; il l'a poursuivit en courant et en sautant jusque vers le lac, mais cette fois encore ses efforts furent vains. Lorsque la quatorzième oie arriva, ce fut un joli spectacle. Elle était toute blanche; on aurait dit qu'une éclaicie courait dans la sombre forêt lorsqu'elle agitait ses grandes ailes. En la voyant, Smirre fit appel à toutes ses forces et sauta, mais l'oie blanche s'échappa saine et sauve comme les autres. Il y eut un moment de tranquilité sous les hêtres. Smirre se rappela soudain son prisonnier et leva les yeux vers l'arbre. Le petit Poucet n'y était plus. Smirre ne put réfléchir longtemps à sa perte, car la première oie revenait du côté du lac, volant lentement sous le feuillage. Malgré sa récente malchance, Smirre fut content de la voir revenir et se jeta à sa poursuite; il n'avait pas assez calculé son élan; il l'a manqua. Ensuite, toutes arrivaient très lebntement et très bas; au moment de passer au dessus de Smirre, elles s'abaissaient encore, comme pour l'inviter à sauter. Et Smirre sautait, mais sans succès! C'était la plus mauvaise journée de Smirre! L'après-midi de Smirre fut si las qu'il eut comme du délire. Il ne voyait partout que des oies en plein vol. Il bondit vers des tâches de soleil qu'il découvrit par terre et vers un pauvre papillon éclos trp tôt. Pourtant les oies sauvages ne se lassaient pas de voler par la fôret et de tourmenter Smirre. Elles n'eurent aucune pitié, bien que Smirre fut anéanti, tremblant, fou. Elles continuaient encore, bien qu'elles comprissent que Smirre les voyait à peine, bondissant après leurs ombres. Ce n'est que lorsque Smirre fut affaissé sur un tas de feuilles sèches, impuissant et inerte, prêt à rendre l'âme, qu'elles cessèrent le jeu . " Tu sauras dorénavant, renard, ce qu'il en coûte d'attaquer Akka de Kebnekaïse," crièrent-elles à son oreille, en le laissant enfin. Pendant les mêmes journées précisément il se passa en Scanie un évènementy qui fut très discuté, occupa même les journaux, et que beaucoup de gens califièrent de conte, faute de pouvoir en donner une explication. Voici l'histoire: une femelle d'écureuil avait été prise dans un taillis de coudriers, on l'avait portée dans une ferme voisine. Jeunes et vieux, tout le monde dans la ferme se réjouissait de regarder la petite bête, si jolie avec sa belle queue, ses yeux intelligents et curieux, et ses mignonnes petites pattes. On comptait se distraire tout l'été de ses mouvements agiles, de sa façon leste et rapide de décortiquer les noisettes et de ses jeux joyeux. On l'installa dans une vieille cage à écureuil, composée d'une petite maison peinte en vert et d'une roue en fil de fer. La petite maison qui avait portes et fenêtres servirait de salle à manger et de chambre à coucher; on y arrangea une couchette de feuilles et on y mit un bol de lait et une poignée de noisettes. La roue devait être la salle de jeu où la petite bête pourrait courir et grimper. Les gens de la ferme trouvaient qu'ils avaient arrangé tout très bien et s'étonnèrent que son habitation ne parut guère lui plaire. Elle restait triste et revêche dans un coin de la chambrette: de temps en temps elle faisait entendre un cri de douleur aigu. Elle ne toucha pas à la nourriture. Dans la cuisine régnait une activité fièvreuse, on besognait aux préparatifs d'un banquet, et l'on ne prenait certes pas le temps de penser à l'écureuil. Mais il y avait à la maison une vieille grand'mère, trop âgée pour aider à la cuisine et celle-ci ne pouvait accepter l'idée d'être mise de côté. Trop triste pour aller se coucher, elle s'était assise à la fenêtre et regardait dehors. A cause de la chaleur, la porte de la cuisine était restée ouverte; la lumière qui sortait de cette porte éclairait toute la cou. Elle voyait la cage d'écureuil, suspendue juste à l'endroit le plus éclairé. Assez avant dans la nuit, la vieille grand'mère vit tout à coup sortir à pas prudents de dessous de la voûte un petit homme pas plus haut qu'un revers de main. Il était en sabots et en culotte de cuir comme un ouvrier. La vieille grand'mère comprit tout de suite que c'était le tomte et elle n'eut pas peur. Elle savait que le tomte portait bonheur partout où il passait... | Babass34 - 2269162  Publié le 30/05/2008 à 21:13  Alizarine, ma lecture de ce conte doit bien remonter à 30 ans. Je le redécouvre avec beaucoup de plaisir et une émotion intacte. | alizarine - 1374418  Publié le 30/05/2008 à 22:27  Oui Babass comme nous tous ! Nous avons le plaisir de nous retrouver au temps où les contes nous faisaient rêver à ces héros si sympathiques ...
| Artus de Oguz - 1510753  Publié le 31/05/2008 à 09:46  Ben je ne le connaissais pas donc je découvre avec délice | alizarine - 1374418  Publié le 31/05/2008 à 20:44 
Dès que le tomte fut entré dans la cour, il courut à la cage de l'écureuil. Ne pouvant y atteindre, il alla chercher une gaule qu'il plaça contre la cage et le long de laquelle il grimpa ensuite comme un marin le long d'une corde. Il secoua la porte de la petite maison verte, mais la vieille grand mère était bien tranquille; elle savait que les enfants y avaient mis un cadenas de crainte que les enfants des voisins ne vinssent voler leur écureuil. Le tomte ne pouvant ouvrir la porte, la vieille femme vit l'écureuil sortir dans la roue. Là, tous deux eurent un long conciliabule, puis le tomte se laissa tomber à terre et disparut par la porte. La vieille femme ne pensait plus le revoir cette nuit là; elle resta cependant près de la fenêtre. Au bout d'un instant, elle le vit revenir. Il était si pressé que ses pieds ne semblaient pas toucher le sol.La vieille femme s'aperçut qu'il tenait quelque chose dans ses mains, mais sans pouvoir distinguer ce que c'était. Il posa sur le pavé ce qu'il tenait dans sa main gauche et porta jusqu'à la cage ce qu'il tenait dans la droite. Il heurta de son sabot la petite fenêtre, la brisa, et tendit ce qu'il tenait à l'écureuil.Puis il redescendit, prit ce qu'il avait posé sur le sol, et regrimpa à la cage. Aussitôt après il s'enfuit, si vite que la vieille put à peine le suivre des yeux. Ce fut alors la vieille grand mère qui ne put rester tranquille dans la maison; tout doucement elle gagna la porte, et se cacha dans l'ombre de la pompe pour guetter le tomte. Un autre être l'avait aussi aperçut, et était intrigué. C'était le chat.Il se glissa jusqu'au mur et s'arrêta un peu avant le rayon lumineux. Ils attendirent longtemps dans la nuit froide de Mars. La vieille pensait à rentrer quand elle entendit du bruit sur le pavé, et vit que le petit tomte revenait en trottinant. Comme précédemment il avait les deux mains chargées, et ce qu'il portait piaillait et s'agitait. La vieille comprit qu'il était allé chercher les petits de l'écureuil dans le bois de coudriers, et qu'il les lui rapportait pour le empêcher de mourir de faim. Elle demeurait immobile pour ne pas l'effrayer et il ne semblait pas que le tomte l'eut aperçue. Il allait poser l'un des petits sur le sol pour s'élancer avec l'autre vers la cage, quand il vit briller tout près de lui les yeux verts du chat. Il demeura immobile, déconcerté, un petit dans chaque main, puis il se retourna, regarda de tous côtés et aperçut la vieille grand mère. Il n'hésita pas longtemps, courut à elle et lui tendit l'un des petits. La vieille ne volait pas se montrer indigne de cette confiance. Elle s'inclina, prit le petit écureuil, et le garda jusqu'à ce que le tomte eut porté l'autre à la cage et vint chercher celui qu'il lui avait remis. Le lendemain matin, quand les gens de la ferme s'assemblèrent pour le déjeuner, la vieille ne put s'empêcher de raconter ce qu'elle avait vu dans la nuit. Tous se moquèrent d'elle naturellement et prétendirent qu'elle avait rêvé. Il n'y avait pas de petits écureuils en cette période de l'année. Mais elle était sûre de ce qu'elle disait et les pria d'aller regarder dans la cage. Ce qu'ils firent. Il y avait là sur le lit de feuillage quatre petits à demi-nus, à demi-aveugles qui avaient au moins deux ou trois jours. Quand le patron de la ferme les vit, il dit :" Quoi qu'il en soit, une chose est certaine : nous devrions avoir honte." Puis il tira de la cage l'écureuil et les petits et les remit dans le tablier de la vieille grand-mère. "Emporte-les au bois des coudriers, dit-il, et rends leur la liberté". Tel est l'évènement dont on parla tant jusque dans les journaux, et que beaucoup refusèrent de croire parce qu'ils ne pouvaient l'expliquer . Pendant toute la journée que les oies passèrent à se jouer du renard, Nils dormit dans un nid d'écureuil abandonné. Quand il s'éveilla vers le soir, il était très inquiet. " Je vais être renvoyé à la maison et ne pourrai éviter de me montrer à père et mère," pensa-t-il. Mais quand il alla retrouver les oies qui se baignhaient, aucune ne lui parla du retour. " Elles pensent peut-être que le jars blanc est trop fatigué pour me ramener ce soir", songea-t-il. Le lendemain matin, les oies étaient réveillées à la première aube, longtemps avant le lever du soleil. Chose étrange, Nils et le jars blanc purent accompagner et suivre les oies sauvages dans leur promenade du matin . Quoiqu'il en soit, il se réjouissait de chaque instant qui lui était accordé avant de retrouver ses parents. Les oies sauvages passèrent au dessus du domaine d'Oevedskloster, situé à l'est du lac avec son parc pagnifique. C'était un domaine avec un grand château, une belle cour d'honneur, pavée, entourée de murailles et de pavillons, un vieux jardins aux charmilles taillées, aux allées couvertes, pourvu de pièces d'eau, de fontaines, de grands arbres, de pelouses rectilignes... Quand les oies sauvages passèrent au dessus, personne n'était encore levé. Après s'en être assurées, elles s'abaissèrent vers la niche du chien, et crièrent:"Comment s'appelle cette petite cabane?" Le chien se précipita hors de saniche, furieux, aboyant vers le ciel. "Vous appelez ceci une cabane, misérables vagabondes ? Vous ne voyez pas que c'est un haut château de pierre ? Vous appelez çà une cabane ? Le chien crai sans reprendre haleine, et les oies planaient au dessus de la cour, attendant qu'il s'interrompe. Alors elles crièrent:" De quoi te faches-tu? Nous ne parlions pas du chateau, nous parlions de ta niche !" Les oies sauvages poursuivirent leur vol et descendirent sur un vaste champ pour y paître des racines d'herbes, ce qui les occupa des heures durant. Pendant ce temps, le gamin s'enfonça dans le grand parc et tandis qu'il errait, la vieille oie-guide vint lui demander s'il avait trouvé de quoi manger, et elle se mit à l'aider. Elle avisa quelques fruits d'églantier. Le gamin les mangea de bon appétit tout en se demandant ce que dirait sa mère si elle savait qu'il vivait de poisson cru et de baies gelées. Quand les oies eurent assez mangé, elles se rapprochèrent à nouveau du lac et se mirent à jouer. Elles invitaient le jars domestique à lutter avec elles: c'était des concours de vol, de nage et de course à pied. Le grand jars avait beau faire tous ses efforts, les oies sauvages agiles, le battaient toujours. Le gamin demeurait tout le temps assis sur le dos du jars et l'encourageait s'amusant autant que les autres. C'étaient des cris et des rires et des caquètements : il était étonnant que les gens du chateau ne les entendissent pas. Lorsque les oies eurent assez joué, elles s'envolèrent et se posèrent sur la glace du lac pour se reposer pendant un couple d'heures. Et l'après-midi passa jusqu'au coucher du soleil; enfin, elles s'endormirent. "C'est juste la vie qu'il me faudrait, dit Nils, au moment de se glisser sous l'aile du jars. Mais demain, on va me renvoyer."
| Babass34 - 2269162  Publié le 31/05/2008 à 21:40  Juste un p'tit coucou en passant. Quel courage pour taper tout ça. | alizarine - 1374418  Publié le 31/05/2008 à 21:44  Quand on aime, on ne s'arrête pas à ce genre de détail !!!!
| alizarine - 1374418  Publié le 01/06/2008 à 21:59  Le lendemain, il s'attendait toujours à être renvoyé, mais ce jour là encore les oies ne parlèrent de rien . La journée se passa comme la veille; la vie sauvage lui plaisait de plus en plus. Il commença à espérer que les oies le garderaient parmi elles; mais le jeudi il perdit de nouverau espoir. Ce jour là commença comme tous les autres. Les oies paissaient dans les vastes champs, et le gamin explorait la forêt en quête de nourriture. Au bout d'un moment Akka vint s'informer s'il avait trouvé quelque chose à manger, et lorsqu'elle sut qu'il n'avait rien découvert, elle lui présenta une tige de cumin qui avait gardé toutes ses graines. Lorsqu'il eut mangé, Akka lui dit qu'il courait trop hardiment dans la forêt. Savait-il combien il avait d'ennemis lui qui était si petit? Et Akka se mit à les lui énumérer. En se promenant dans le parc, il devait d'abord se garder du renard et de la martre; sur la rive, il devait songer aux loutres; perché sur les murs de pierre, il ne falaitr pas oublier la belette qui passe par le moindre trou; et s'ilo voulait se coucher sur un tas d'herbe, il ferait bien d'examiner d'abord si quelque vipère n'y dormait pas son sommeil d'hiver. Dès qu'il sortait dans les champs découverts, il devait épier les éperviers et les buses, les aigles et les faucons qui planaient dans l'air. Dans les fourrés de coudriers, il risquait d'être pris par l'émouchet; les pies et les corbeaux se trouvaient partout, et il ferait bien de ne pas se fier à eux; dès que l'obscurité tombait, il devait ouvrir toutes grandes les oreilles pour tâcher de deviner les gros hiboux et les chouettes au vol si silencieux que tout près d'eux il ne les entendrait pas. En entendant parler de tant d'êtres qui en voulaient à sa vie, il parut à Nils impossible de leur échapper; aussi demanda-t-il à Akka ce qu'il fallait faire pour se protéger. Akka lui conseille de se mettre bien avec les petits animaux des bois et des champs, avec le peuple des écureuils et le peuple des lièvres, avec les passereaux et les mésanges, et les piverts, et les alouettes. S'il devenait leur ami, ils pourraient l'avertir des dangers, lui procurer des cachettes, et même au besoin se coaliser pour le défendre. Mais dans l'après-midi, lorsqu'il s'adressa à Sirle, l'écureuil, pour lui demander sa protection, celui-ci refusa de l'aider. "N'attendes rien de moi ni des autres petits animaux, dit Sirle. Crois-tu donc que je ne sais pas que tu es Nils le gardeur d'oies? L'année dernière tu détruisais les nids d'hirondelles, tu écrasais les oeufs des sansonnets, tu dénichais les petits corbeaux et les jetais dans la marre, tu prenais des merles au piège et mettais des écureuils en cage. Aide-toi toi-même, et sois content si nous ne nous unissons pas contre toi pour te chasser d'ici et te faire retourner parmi les tiens." Nils prit grand peur que les oies sauvages n'apprissent combien il avait été méchant. Dans la crainte d'être renvoyé, il n'avait pas osé faire la moindre niche depuis qu'il était en leur compagnie. Il est vrai qu'il n'était pas en état de faire grand mal, étant si petit, mais il aurait pourtant bien pu détruire quelques oeufs d'oiseaux s'il en avait eu envie. Non, il avait été très sage, il n'avait même pas arraché une plume aux ailes des oies, il n'avait pas fait une seule réponse impolie, et chaque matin, en disant bonjour à Akka, il avait ôté son béret. Tout le jeudi il réfléchit à ce qu'il pourrait bien faire pour décider les oioes à l'emmener en Laponie. Le soir, apprenant que la femme de Sirle avait été ravie, et que ses enfants étaient sur le point de mourir de faim, il résolut de leur venir en aide. Nous avons déjà raconté commet il y avait réussi... Le vendredi, en entrant dans le parc, il entendit les pinsons chanter partout dans les ronces et raconter comment la femme de Sirle avait été emportée par de cruels ravisseurs, et comment Nils s'était risqué parmi les hommes et lui avait porté ses petits. Le gamin en était sûr, Akka et les autres oies entendaient le chant des pinsons, mais tout le vendredi se passa sans qu'elles lui parlassent de le garder parmi elles. Jusqu'au Samedi les oies purent paître dans les champs sans être dérangées par Smirre le renard. Mais le samedi matin, lorsqu'elles se rendirent aux champs, il les guetta et les poursuivit de champ en champ sans leur laisser le temps de manger. Quand Akka comprit qu'il ne les laisserait pas tranquilles, elle prit une décision rapide, s'éleva en l'air avec toute sa bande, et la conduisit à plusieurs lieues par dessus les landes. Les oies ne s'arrêtérent que dans les environs près de la baltique... Toute une semaine s'était écoulée depuis que Nils avait été transformé en tomte, et il restait toujours aussi petit. L'après-midi, il s'installa dans un grand saule touffu au bord de l'eau, et s'amusa à jouer du chalumeau. Tout autour de lui étaient venus se poser des mésanges, des pinsons, des sansonnets, autant que le buisson pouvait en porter, et les oiseaux chantaient et sifflaient des airs qu'il essaya de jouer. Mais il n'était pas très fort dans cet art. Il jouait si faux que les plumes se hérissaient sur tous ses petits maitres et qu'ils criaient et battaient des ailes de désespoir. Le gamin s'amusait tant de leur zèle qu'il laissa tomber son chalumeau. Il venait d'apercevoir Akka et les autres oies qui venaient vers lui en longue file. Elles avançaient lentement et solennellement; il crut comprendre tout de suite qu'elles allaient enfin lui dire ce qu'elles avaient décidé à son sujet... | alizarine - 1374418  Publié le 03/06/2008 à 17:43  Lorsqu'elles se furent arrêtées, Akka prononça:" Tu as le droit de t'étonner de ma conduite Poucet, je ne t'ai pas remercié de m'avoir sauvée de Smirre le renard. Mais je suis de celles qui préfèrent remercier par des actes et non par des paroles. Et voici, Poucet, que je crois t'avoir rendu service à mon tour. J'ai envoyé un message au tomte qui t'a ensorcelé. D'abord, il n'a pas voulu entendre parler de te rendre ta première forme, mais je lui ai envoyé message sur message pour lui dire comme tu t'es bien conduit parmi nous. Il te fait enfin savoir qu'il te laissera redevenir homme, dès que tu retourneras chez toi." Autant le gamin s'était réjoui lorsque l'oie sauve avait commencé à parler, autant il fut affligé lorsqu'elle se tut; il ne dit pas un mot, se détourna et se mit à pleurer. "Qu'est-ce que cela signifie? dit Akka. On dirait que tu attendais de moi plus que je ne t'offre?" Nils, qui pensait aux jours insoucieux et aux gaies plaisanteries, aux aventures et à la liberté, et aux voyages au dessus de la terre auxquels il fallait renoncer, hurlait littéralement de chagrin. " Je ne veux pas redevenir homme, dit-il. Je veux aller avec vous en Laponie. -" Ecoute bien, dit Akka, je vais te dire une chose. Le tomte est si rrascible, que j'ai peur, si tu n'acceptes pas maintenant son offre, qu'il ne te soit difficile de le fléchir une autre fois." Chose étrange, de toute sa vie ce gamin n'avait jamais aimé personne: il n'avait jamais aimé son père, ni sa mère, ni le maitre d'école, ni ses camarades de classe, ni les gamins des fermes voisines. Tout ce qu'on avait voulu lui faire faire, qu'il s'gît de jeu ou de travail, lui avait paru ennuyeux. Aussi, personne ne lui manquait et il ne regrettait personne. Les seuls êtres avec lesquels il avait pu s'entendre un peu étaient Asa la gardeuse d'oies, et le petit Mats, deux enfants qui, comme lui, menaient paître les oies dans les champs. " Je ne veux pas redevenir homme, hurla le gamin, je veux vous suivre en Laponie. C'est pour cela que j'ai été sage toute une semaine. - Je ne veux pas te refuser de nous suivre aussi loin que tu voudras, dit Akka, mais d'abord réfléchis bien pour savoir si tu ne préfères pas vraiment rentrer chez toi. Un jour peut venir où tu regretteras ta décision. - Non, dit le gamin, je ne regretterai rien. Je ne me suis jamais trouvé aussi bien qu'ici avec vous. - Alors qu'il en soit comme tu le désires. - Merci, répondit Nils. Il était si heureux qu'il pleura de joie comme auparavant il avait pleuré de chagrin. Dans le sud-est de la Scanie, non loin de la mer, s'élève un vieux château appelé Glimmingehus. Il se compose d'un seul corps de bâtiment en pierre, haut, grand et solide. On le voit à plusieurs milles dans la plaine. Il n'a pas plus de quatre étages, mais il est si énorme qu'une maison ordinaire, bâtie dans la cour, a l'air d'une maison de poupée. Au temps des vieilles guerres, les hommes étaient très contents de s'enfermer dans une telle construction solide et imposante, mais quand vint le bon temps de la paix, ils ont abandonné le vaste Glimmingehus froid et sombre pour s'installer dans des demeures pénétrables par la lumière et l'air. Au temps où Nils errait çà et là avec les oies sauvages, il n'y avait donc aucun être humain à Glimmingehus, qui toutefois ne manquait pas d'habitants. Sur le toit, un couple de cigognes occupait chaque été un large nid; dans le grenier vivaient deux chouettes; dans les couloirs secrets des murs étaient suspendues des chauve-souris; un vieux chat s'était installé dans l'âtre de la cuisine, et dans la cave il y avait quelques centaines de rats de la vieille espèce noire. Les rats ne sont pas très estimés des autres animaux, mais les rats noirs de Glimmingehus faisaient exception. On en parlait toujours avec respect, car ils avient fait preuve de beaucoup de bravoure dans les luttes avec leurs ennemis et d'une grande force de résistance après les malheurs qui avaient frappé leur peuple. Ils appartenaient à un peuple de rats qui avait été autrefrois très nombreux et très puissant, mais qui, maintenant, se mourait. Pendant de mongues années les rats noirs avaient possédé la Scanie et tout le pays; mais maintenant ils étaient chassés de partout et presque exterminés. Lorsqu'un peuple d'animaux disparait, ce sont en général les hommes qui en sont cause, mais tel n'était pas le cas. Ceux qui les avaient vaincus étaient un peuple de leur propre espèce, les rats gris. Ces rats gris n'étaient pas installés dans le pays depuis des décennies comme les rats noirs. Ils descendaient de quelques pauvres colons qui, une centaine d'années plus tôt, avaient débarqué à Malmö d'un navire de Lubeck. C'étaient de pauvres misérables, affamés et sans foyer, qui vivotaient dans le port même, nageant entre les pilotis, sous les ponts, et se nourrissant de détritus qu'on jetait à l'eau. Ils ne se risquaient jamais dans la ville qu'occupaient les rats noirs. Peu à peu cependant, leur nombre augmentant, ils étaient devenus plus hardis. Pour commencer, ils s'installèrent dans de vieilles maisons abandonnées que les rats noirs avaient délaissées. Ils étaient endurants, contents de peu et intrépides. En peu d'années, ils étaient devenus assez nombreux pour chasser les rats noirs. Ils leur prenaient pas à pas les greniers, les caves et les magasins, en les forçant par la faim à se rendre, ou en les tuant, car ils ne craignaient pas la lutte. Ils partirent peu à peu à la conquête du pays tout entier. En Scanie, les rats noirs ne purent garder qu'une seule place : Glimmingehus ! ...
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