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Ylaïashen - 687571  Publié le 03/02/2004 à 16:30  J'aimerais connaître les livres (romans ou autres) qui ont été des révélations pour vous, ou bien plus simplement qui vont influencé au cours de votre vie. Des livres auxquels vous aimez vous référer, qui vous ont aidé, qui ont peut-être déterminé en partie votre façon de penser, etc. | 943290 Publié le 03/02/2004 à 16:36  Ce ne sont pas les livres qui nous forment...on est comme on est dés l'enfance. Les livres n'aident qu'a mettre tout en ordre... | 1006174 Publié le 03/02/2004 à 17:12  Les livres de Cliford Simack, surtout "demain les chiens" mais bon j'avais 16/17 ans !!! | Ylaïashen - 687571  Publié le 03/02/2004 à 17:29  "demain les chiens" ? Je ne connais pas... Ca parle de quoi ? Quel en est le propos ? | xiane - 381776  Publié le 03/02/2004 à 17:41  c'est un classique yla' on arrive à donner la parole aux chiens et ça change l'univers ... (mais mes souvenirs sont lointains, j'ai dû lire ça il y a ... bon ok j'ose pas le dire ) essaye de le trouver (de même que "des fleurs pour algernoon " de je ne sais plus quel auteur - mais je n'ai pas le temps d'aller chercher sous google - qui était un bouquin super !!) | 837445 Publié le 03/02/2004 à 17:45  Le Grand Meaulnes | Ylaïashen - 687571  Publié le 03/02/2004 à 17:50  Tiens, j'ai une question supplémentaire, genre précision : en quoi ça vous a marqué ? | FRANK - 770362  Publié le 03/02/2004 à 18:00  "Le pays où l'on n'arrive jamais" de André d'Hôtel.Mon premier "vrai" roman (autre que Fantômette et le club des 5). "La forêt d'Iscambe" de Christian Charrière...un "olni" (objet littéraire non identifié),un roman que tous les membres de ma famille ont lu, riche en inventions et en personnages...dont certains nous servent encore de référence pour décrire des quidams. "Mort à crédit" de L.F. Céline...qui m'a donné envie et peur d'écrire. "Un amour de Swann" de Marcel Proust : pour le coup du tableau... Et....tous les San Antonio parce que cela me fait | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 03/02/2004 à 19:38  "Un amour de Swann" de Marcel Proust : pour le coup du tableau... Tiens, moi, c'est pour l'histoire des trains pour Pierrefonds. Quand on feuillette le bouquin et qu'on pose ses yeux sur ce passage-là, ça y est, on est fichu, on ne le refermera plus avant la dernière page. | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 03/02/2004 à 19:43  "Des fleurs pour Algernon, la nouvelle comme le bouquin, c'est de Daniel Keyes, mort il n'y a d'ailleurs pas très longtemps. Oui, c'est assurément un chef d'oeuvre. Le genre de truc dont on se dit qu'on n'est plus tout à fait le même après l'avoir lu qu'avant. C'est en poche (entre autre en "J'ai Lu" chez les bouquinistes). "Demain, les chiens", c'est fou comme l'histoir des fourmis qui se mettent à construire des gratte-ciels et à détourner des robots à leur profit parce qu'elles ont cessé de tout oublier à chaque hiver peut faire penser à Singapour... Et il y a aussi dedans cette phrase extraordinaire de l'homme qui s'était fait mettre en animation suspendue pour l'éternité et que l'on réveille: "J'avais demandé à être plongé dans le sommeil pour l'éternité. Ceci n'est pas l'éternité". De Clifford Simak aussi, "Eterna" est sacrément chouette: une idée de base déclinée dans tous les points de vue possibles. Ainsi qu'un autre livre dont j'ai oublié l'auteur, "Les yeux du temps". | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 03/02/2004 à 19:58  [Recopié d'un autre fil... et pas où il fallait!]] Mes dix livres préférés (à ce jour et à cette heure, certes, mais je ne me lasse ni des uns ni des autres. Disons que l'on ne se sent plus tout à fait le même après les avoir lus qu'avant. Dans le désordre: "Essais sceptiques" de Bertrand Russell ("Science et religion" est remarquable aussi) "Eloge de la fuite" de René Laborit (Folio) Tout Stephen Jay Gould (y'a rien à jeter!) Tout Richard Dawkins (bien qu'avec plus de précautions) "Les Roubeyat", d'Omar Khayyam, dans la traduction de Franz Toussaint EXCLUSIVEMENT, à savoir : http://agora.qc.ca/poesie/khayyam1.html "Regards sur le monde actuel" de Paul Valéry, surtout l'article "Notre destin et les lettres" (mais Variété I, II, III, IV et V sont des ouvrages où se reconnaît tout autant la patte du maître) Le chapitre "Ceci tuera cela" dans "Notre Dame de Paris", d'Hugo. Et toute la poésie du même auteur. Ainsi que tout Verlaine. "Le K" de Buzzati. Ainsi que ses autres recueils de nouvelles. Il est étonnant que Buzzati ne se soit jamais considéré lui-même comme écrivain. Et merci de ne pas me dire "Tu aimes Buzzati? Oh, alors tu dois aimer Moravia!". J'ime bien Moravia aussi, mais il ne me semble pas jouer du tout dans la même catégorie. "Fictions" de Borges, et en particulier cette nouvelle vertigineuse qui se nomme "La bibliothèque de babel". Dans les récents (tout nouveau, tout beau, certes, mais il se lit avec grand plaisir : "The mating mind" de Geoffrey Miller. On le lit, et on se prend à penser : "Et si c'était vrai?". Un sujet qui intéresssera sans doute pas mal de monde en ce lieu. Voilà, voilà. Pas mal de passages de "Mémoires d'Hadrien", de Yourcenar, en particulier le moment ou Hadrien envisage la chute de Rome, mais se dit que les barbares devront tôt ou tard retrouver et utiliser ce qui avait été inventé par elle, et "différeront de nous moins qu'on ne pourrait le croire. J'accepte d'une âme égale [cette immortalité intermittente] de Rome éternelle". Il y a aussi "Le projet Ramsès", que je suis en train d'écrire, mais celui-là, je vous en reparlerai quand il sera terminé ;o) Un extrait? "Je suis le personnage le plus insignifiant de la famille. Mes quatre brevets tomberont dans le domaine public vingt ans après leur dépôt, mais les travaux de Marthe et de Marie, eux, resteront associés à leurs travaux respectifs pendant plusieurs générations. Ne vous étonnez donc guère qu'en ce monde avide de survie dans l'esprit des générations futures - faute de toute autre raisonnablement envisageable - les études scientifiques soient de plus en plus boudées". | xiane - 381776  Publié le 04/02/2004 à 07:28 
Citation: "Des fleurs pour Algernon, la nouvelle comme le bouquin, c'est de Daniel Keyes
merci paganel, j'savais bien que c'était pas la peine de me fatiguer yla' un auteur que j'adore et que je lis et relis (comme il est décédé, je sais que je dois avoir tout lu (et relu) de lui, ou presque) c'est somerset maugham - essaye entre autre "l'envouté", "le fil du rasoir", "servitude humaine" et puis "mémoires" | 783673 Publié le 04/02/2004 à 13:55  "Un roi sans divertissement" de Giono "L'Assomoir" de Zola "L'Accident" de Danielle Steel "Plus fort que la haine" de Tim Guénard "Antéchrista" d'Amélie Nothomb | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 04/02/2004 à 15:26  Inexplicablement, j'ai oublié Paul Guimard. Il me semble que c'es celui de nos écrivains qui a le mieux vu le tragi-comique de la condition humaine. Ne mourez pas sans avoir lu "L'ironie du sort ", vous auriez perdu quelque chose à la compréhension du monde où vous avez été plongés malgré vous (le film se tient aussi et respecte bien le roman). "Rue du Havre", "Les choses de la vie" (*) et dans une certaine mesure "Le mauvais temps" tournent autour du même thème : "N'importe quoi aurait pu être n'importe quoi d'autre et tout cela aurait eu autant de sens". (*) Hormis le plaisir qu'on a à y revoir Boby Lapointe, le film est complètement nul, et ils ont trafiqué la fin par rapport au bouquin. La totale! Les ouvrages de Paul Guimard sont à lire pour se rendre tout ce que Dieu perd comme spectacle s'il n'existe pas... | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 05/02/2004 à 12:59  "l'extraordinaire aventure" de Tristan Jones Quelques mois après l'avoir lu, j'ai fait une belle croisière sur un voilier en Bretagne. L'année suivante, j'ai acheté un très beau petit voilier et je suis allé naviguer dans le golfe de Gascogne. Puis j'en ai acheté un autre un peu plus grand à Libreville qui m'a permis de naviguer à Sao Tomé et Principe. Alors oui, cet excellent bouquin a influencé un portion de ma vie!! | 1006174 Publié le 05/02/2004 à 15:21  Si "demain les chiens" est resté imprégné dans mon esprit, c'est parce qu'il donne une vision de l'avenir très optimiste. Tout évolue, tout change mais dans l'ensemble en mieux et même si on a quelques fois de la nostalgie pour le passé, on ne voudrait pas y revenir. | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 15:45  Optimiste, il faut tout de même le dire vite. L'évolution que prennent les fourmis vers la fin du livre paraît pour le mopins inquiétante, car on voit bien que les fourmis ne vont pas plus s'occuper des intérêts des chiens dans leurs projets que les chiens ne s'étaient occupés des intérêts des fourmis (*). Et les tours de ces dernières commencent à devenir sacrément envahissantes. (*) Hormis en refusant de recourir aux insecticides, il est vrai. Le coup de maintenir la température des fourmilières pour qu'elles ne conaissent pas d'amnésie chaque année, je ne me souviens plus qui en avait pris l'initiative, dans le bouquin. | xiane - 381776  Publié le 05/02/2004 à 15:48  c'est marrant, je ne me souviens pas du tout du coup des fourmis dans "demain les chiens" t'es sûr que tu ne confonds pas avec les "plus qu'humains" de th. sturgeon là ? | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 15:51  Ah, non, alors! "Les plus qu'humains", c'était l'exemple type du bouquin démago. Je ne suis pas persuadé qu'on puisse toujours faire de la bonne littérature avec uniquement des bons sentiments. Dans le genre, je te recommanderais plutôt la nouvelle "Les premiers hommes" dans le recueil d'Howard Fast "Au seuil du futur" (Marabout, je crois). Toujours chez Marabout, les "Nouvelles de l'antimonde", de Georges Langelaan, contiennent des créations devenues de très grands classique. "La dame d'outre nulle-part" m'a lontemps fait frissonner dans ma jeunesse... Langelaan, c'est un peu le Wells de l'Europe continentale, comme Marten Toonder était, sans qu'on s'en soit rendu compte à l'époque, son Walt Disney. | FRANK - 770362  Publié le 05/02/2004 à 15:59 
Citation: Je ne suis pas persuadé qu'on puisse toujours faire de la bonne littérature avec uniquement des bons sentiments.
C'est même l'évidence, d'après Gide :"On ne fait pas de bonne littérature avec de bons sentiments" | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 16:14  C'est vrai qu'il l'a dit, Francky, mais ne crois-tu pas qu'il a exagéré. Il y a d'excellents sentiments dans "Les Misérables", et tous azimuts. Mais il est vrai que Gide n'aimait pas Hugo. Pourquoi ? "Qu'en est-il de l'estropié qui hait les danseurs? " demande quelque part Gibran. | FRANK - 770362  Publié le 05/02/2004 à 16:22  je pense que Gide parlait des bons sentiments de l'écrivain!!!!!pas de ce qu'il écrit...le cas le plus flagrant est la nouvelle de Flaubert :"Un coeur simple" qui serait une indigeste guimauve sans le cynisme léger, presque vaporeux, du grandissime Gustave. | 975708 Publié le 05/02/2004 à 16:33  Et pour découvrir le grandissime Gustave, un livre excellent de Julian Barnes que je suis en train de lire : "Le perroquet de Flaubert" (prix médicis étranger, il y a quelques années). Le perroquet de Félicité s'appelle Loulou dans "Un coeur simple". (Je passais par là.. je n'ai pas suivi votre débat, mais le nom de Flaubert m'a donné envie de mettre mon grain de sel!) | xiane - 381776  Publié le 05/02/2004 à 17:05  paganel, je te disais seulement que tu confondais les deux bouquins, le coup des fourmis qu'on empêche de mourir l'hiver et qui progresse d'années en années ce n'était pas dans demain les chiens, mais plutôt dans les plus qu'humains !! j'suis plus claire ?? quoi que | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 17:37  C'est vrai, Xiane. Ca m'étonne sacrémént, car je croyais me souvenbir que les chiens venaient consulter l'homme endormi "pour l'éternité" afin de lui demander son avis, car ils comprenaient que leur développement exponentiel allait représenter une menace pour leur survie. Dans mon souvenir, après avoir protesté un peu pour la forme "J'ai demandé à dormir pour l'éternité. Ceci n'est pas l'éternité" (oui, c'est bien une phrase symptomatique de la dépression, cela), donne sa réponse : "Nous avions ce problème de mon temps, et nous le résolvions en utilisant un insecticide. Et il explique ce qu'est un insecticide. Et le chien repart tout triste parce que depuis des siècles (millénaires? Je ne sais plus) les chiens n'infligent plus de peine de mort à quelque être animé que ce soit. Et il s'en va pensif, comprenant que sa civilisation se laissera mourir plutôt que de toucher à ce principe qu'il trouve bon. Il me semblait même que c'était là-dessus que se terminait le bouquin. Mais je ne l'ai pas chez moi, il est vrai, et il se peut que je confonde. Cela dit, si c'est le cas, ça me scie. Vite, je vais sucer deux allumettes pour avoir mon compte de phosphore... | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 17:43  Vu comme ça, c'est probablement vrait, Franky. J'avais un jour exprimé ici que si nous étions parfois vertueux, c'était à ceux qui ne l'étaient pas que nous le devions (car nous n'avons pas du tout envie de leur ressembler). L'écrivain peut donc à bon droit donner de tels exemples. Le génie de Hugo, c'est que même un Javert a dans une certaine mesure sa grandeur (c'est fou, d'ailleurs, le nombre de sites qui lui consqcrés sur le Net. Il est devenu un archétype, maintenant). En revanche, la ligne n'est pas nette entre les vertueuex (ai sens républicain) et ceux qui ne le sont pas. Somme toute, si NOUS n'avions pas croisé quelques personnages abjects, ne les voyant pas de l'extérieurs, nous aurions pu le devenir sans même nous en rendre compte, par accommodements successifs avec notre conscience. Si mon hypothèse (fragile, j'en, conviens) a un fond de vérité, il y aura toujours une proportion donnée de cyniques immoraux, et seul le hasard décide lesquels: ça peut tomber sur eux comme sur nous. Je rends homage au passage aux théologiens chrétiens du Moyen-âge qui ont mis en doute, da,ns le cadre de leur construction, que Judas soit nécessairement en enfer. Il fallait bien en effet, selon eux, que quelqu'un accomplît cette mission qui relevait d'après eux du plan divin. Quelqu'un a-t-il une aspirine? | FRANK - 770362  Publié le 05/02/2004 à 17:52  Paganel, Ta démonstration est impressionante et limpide...pour donner une image...un texte comme une rose, à besoin d'un peu de fumier comme ferment idéal à son épanouissement... | Professeur Paganel, guerillero - 980920  Publié le 05/02/2004 à 18:03  Merci de ton encouragement, Francky. Je vais donc continuer à écrire (mais c'est marrant, je me demande pour le coup si tu m'as vraiment fait un compliment ) Au fait, si tu vas sur : http://groups.google.fr/groups?q=armingaud&num=100&hl=fr&lr=lang_en|lang_fr&ie=UTF-8&oe=UTF-8&sa=G&scoring=d Tu verras qu'il m'arrive à l'occasion de défendre l'islam. Ou pour être plus précis pour ne pas tolérer qu'on lm'attaque sur de faux arguments. Il y en a assez de sérieux pour qu'on ne ses disperse pas sur des impasses. Bref, ce que j'écris n'est jamais à prendre en soi, mais toujours dans le contexte de ce qui a été exprimé juste avant et par d'autres. Le skipper qui fait du rappel ne cherche nullement pour autant à faire couler son bateau. Il cherche juste au contraire à le maintenir à peu près à flot. | FRANK - 770362  Publié le 05/02/2004 à 18:10 
Citation: je me demande pour le coup si tu m'as vraiment fait un compliment
Si, c'était un compliment car même si ta prose peut, au prime abord, paraître hermétique, ta syntaxe rigoureuse permet de maintenir nos pauvres esprits sur les rails de la compréhension. et bonne soirée. | xiane - 381776  Publié le 05/02/2004 à 22:11  j'parle des fourmis et paganel me répond "les chiens ..." j'ai l'impression qu'il y a comme un quiproquo !!! | coeur d'or - 958685  Publié le 06/02/2004 à 13:24  A YLAIASHEN ----------- Je vous recommande de lire "L'alchimiste' de Paolo Cuelho ... c'est une vraie leçon de vie Bonne lecture |
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