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1312177 Publié le 10/04/2005 à 19:44  livres, auteurs, poètes, qui ont sucité un plaisir de lire ... pour ma part Arthur Rimbaud tient la chandelle, ils sont tous merveilleux les poètes, Victor hugo, Ronsard, Baudelaire, Verlaine,Lamartine...et j'en passe ...vous aimez un poème, vous l'avez lu et vous l'avez laissé vous pénétrer l'âme et l'esprit... le poème qui suit a sur moi un effet inexprimable...il me semble tellement ancré de véracité Sensation Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers, Picoté par les blés, fouler l'herbe menue, Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds. Je laisserai le vent baigner ma tête nue. Je ne parlerai pas, je ne penserai rien : Mais l'amour infini me montera dans l'âme, Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien, Par la nature, heureux comme avec une femme. mars 1870 | xiane - 381776  Publié le 11/04/2005 à 06:52  moi, c'est le rêve familier de verlaine qui me fait cet effet là (mais sinon je voue aux nues rimbaud ) Mon rêve familier Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime, Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend. Car elle me comprend, et mon coeur, transparent Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême, Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant. Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore. Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore Comme ceux des aimés que la Vie exila. Son regard est pareil au regard des statues, Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a L'inflexion des voix chères qui se sont tues. Poème extrait de Melancholta (1866) in Poèmes Saturniens
| Mladen - 595300  Publié le 11/04/2005 à 07:36  Oh, punaise! Un de mes poèmes préférés de Verlaine! Un chef d'oeuvre!!!  | FRANK - 770362  Publié le 11/04/2005 à 08:35  "Les joujoux de la morte" de Théophile Gautier...à chaque fois, j'en ai les larmes aux yeux... à tous La petite Marie est morte, Et son cercueil est si peu long Qu'il tient sous le bras qui l'emporte Comme un étui de violon. Sur le tapis et sur la table Traîne l'héritage enfantin, Les bras ballants, l'air lamentable, Tout affaissé, gît le pantin. Et si la poupée est plus ferme, C'est la faute de son bâton ; Dans son œil une larme germe, Un soupir gonfle son carton. Une dînette abandonnée Mêle ses plats de bois verni A la troupe désarçonnée Des écuyers de Franconi. La boîte à musique est muette ; Mais, quand on pousse le ressort Où se posait sa main fluette, Un murmure plaintif en sort. L'émotion chevrote et tremble Dans : Ah ! vous dirai-je maman ! Le Quadrille des Lanciers semble Triste comme un enterrement, Et des pleurs vous mouillent la joue Quand la Donna è mobile, Sur le rouleau qui tourne et joue, Expire avec un son filé. Le cœur se navre à ce mélange Puérilement douloureux, Joujoux d'enfant laissés par l'ange, Berceau que la tombe a fait creux ! | xiane - 381776  Publié le 11/04/2005 à 10:27  c'est épouvantable ce poème franky !!! | 1391587 Publié le 11/04/2005 à 13:00  | FRANK - 770362  Publié le 11/04/2005 à 18:02  ça plait à Necro en tout cas!!!!! ...celui là aussi est pas mal : Demain, dès l'aube...de Victor Hugo Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne, Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends, J'irai par la forêt, j'irai par la montagne, Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps, Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées, Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit, Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées, Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit, Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur, Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur,
| xiane - 381776  Publié le 11/04/2005 à 19:49  | 1391587 Publié le 12/04/2005 à 10:38  | 1391587 Publié le 12/04/2005 à 13:10  if there are any heavens my mother if there are any heavens my mother will(all by herself)have one. It will not be a pansy heaven nor a fragile heaven of lilies-of-the-valley but it will be a heaven of blackred roses my father will be(deep like a rose tall like a rose) standing near my (swaying over her silent) with eyes which are really petals and see nothing with the face of a poet really which is a flower and not a face with hands which whisper This is my beloved my (suddenly in sunlight he will bow, & the whole garden will bow) ee cummings
| 1312177 Publié le 12/04/2005 à 20:30  en parlant de "mon rêve familier" de verlaine coïncidence étrange ce dimanche un ami avec qui j'avais la même conversation au sujet des poèmes qui étreignent l'âme et l'esprit il m'a cité ce dernier je ne le connaissait pas mais en le lisant je l'ai tt de suite ressenti...par contre "les joujous de la mortes" c'est pas un peu morne, et terriblement révoltant franck... "demain dès l'aube" je trouve en ce poème un lien familier avec sensation, ce désir d'aventure, ou de fuite d'ailleurs ce besoin d'être libre et heureux, merci à tous... je voudrais partager celui ci avec vous "la chanson de barberine" d'alfred de vigny...je pense qu'il s'applique encore de nos jours à certains...grosses bises Chanson de Barberine Beau chevalier qui partez pour la guerre, Qu'allez-vous faire si loin d'ici? Voyez-vous pas que la nuit est profonde, Et que le monde n'est que souci? Vous qui croyez qu'une amour délaissée De la pensée s'enfuit ainsi, Hélas! hélas! chercheurs de renommée, Votre fumée s'envole aussi. Beau chevalier qui partez pour la guerre, Qu'allez-vous faire si loin de nous? J'en vais pleurer, moi qui me laissais dire Que mon sourire était si doux.
| FRANK - 770362  Publié le 13/04/2005 à 07:42  Comme on parle de Verlaine (mon chouchoux), je n'hésite pas au plaisir de vous faire partager ceci : Soleils couchants Une aube affaiblie Verse par les champs La mélancolie Des soleils couchants. La mélancolie Berce de doux chants Mon coeur qui s'oublie Aux soleils couchants. Et d'étranges rêves Comme des soleils Couchants sur les grèves, Fantômes vermeils, Défilent sans trêves, Défilent, pareils À des grands soleils Couchants sur les grèves. Je pense que ce poème est souvent oublié...il est supérieur à mon goût à la fameuse : Chanson d'automne Les sanglots longs Des violons De l'automne Blessent mon coeur D'une langueur Monotone. Tout suffocant Et blême, quand Sonne l'heure, Je me souviens Des jours anciens Et je pleure ; Et je m'en vais Au vent mauvais Qui m'emporte Deçà, delà, Pareil à la Feuille morte. | xiane - 381776  Publié le 13/04/2005 à 07:47  mae, que penses-tu de celui-ci ? Le chant des Harpies La lune se noie dans le lierre. Vêtues de blanc, vêtues de noir, Aiguisons l'ongle sur la pierre. Regarde, regarde-moi, ma soeur, Et quatre miroirs dans nos yeux Et huit et seize et l'infini. J'entends la proie venir vers la soif de nos bouches, Je sens son odeur de pâleur. J'entends battre un flot rouge aux falaises des os, Entends-tu, entends-tu ma soeur ? J'entends des lacs de crin crisser sur le chemin, Brune résille de la peur. Regarde, regarde-moi, ma soeur, Et quatre miroirs dans nos yeux Et huit et seize et l'infini. La lune se noie dans le lierre. Vêtues de blanc, vêtues de noir, Aiguisons l'ongle sur la pierre. (Gabrielle Wittkop)
| xiane - 381776  Publié le 13/04/2005 à 07:47  et de celui-ci ? Articulations Et go to go and go Et garce ! Sarcospèle sur Saricot Bourbourane à Talico ou te bourdourra le bodogo, Bodogi. Croupe, croupe à la Chinon, Et bourrecul à la misère. (Henri Michaux)
| xiane - 381776  Publié le 13/04/2005 à 07:48  ou encore celui-ci ? Un bœuf gris de la Chine couché dans son étable étire son échine et dans le même instant un bœuf de l’Uruguay se retourne pour voir si quelqu’un a bougé passe sur l’un et l’autre à travers jour et nuit l’oiseau qui fait sans bruit le tour de la planète et jamais ne la touche et jamais ne s’arrête. (Jules Supervielle)
| L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 13/04/2005 à 21:39  De Louise Labbé (16ème siècle)que j'ai connu grace à une forumeuse (que je remercie) dans "plaisir d'écrire" Je vis, je meurs : je me brule et me noye J’ay chaut estreme en endurant froidure La vie m’est et trop molle et trop dure J’ay grans ennuis entremeslez de joyes Tout à coup je ris et je larmoye Et en plaisir maint grief tourment j’endure Mon bien s’en va, et à jamais il dure Tout en un coup je seiche et je verdoye Ainsi Amour inconstamment me meine Et quand je pense avoir plus de douleur, Sans y penser je me trouve hors de peine. Puis quand je croy ma joye estre certeine, Et estre au haut de mon desiré bonheur, Il me remet en mon premier malheur. Je propose cette "traduction" pour ceux qui auront peut-être un peu de mal avec ce vieux françois Je vis, je meurs. Je me brûle et me noie J'ai très chaud tout en souffrant du froid La vie m'est à la fois douceur et souffrance J'ai de gros chagrins entremêlés de joie Tout à coup je ris et je sanglote Et avec plaisir j'endure tous les tourments je suis pauvre et riche à la fois jusqu'à la fin des temps En même temps, je m'assèche et m'épanouis Ainsi l'amour inconstant me mène Et quand je pense avoir plus de douleur Sans y penser je me trouve hors de peine Puis quand je pense être sûre de ma joie Et être au sommet du bonheur que je désire Il me remet en mon premier malheur Voir ici son excellent: Baise m'encor, rebaise moy et baise: /forum/topic.asp?topic_id=28502
| 1312177 Publié le 14/04/2005 à 14:54  salut frank, pour "soleils couchants" pour moi grande découverte mais trop mélancolique par contre chanson d'automne est un classique personne ne l'oublie il rime avec verlaine maintenant dès que t'en parle on te cite les sanglots longs...amicalement grosses bises salut ziane, pour le chant des harpies je pense que ta gabrielle était pas 100% hétéro, henri michaux a dû être super inspiré pour "articulations" et par contre jules supervielle était inspiré par les boeufs et els oiseaus si ce n'est qu'il les compare à la nature humaine de certaines personnes faceà la vie ...très jolie! salut zorro, bisou mon ange, tu as connu louise labbé et je remercie celle qui te l'a fait connaître...d'autre part je te hais parce que tu connais mes gouts en poésie et que tu l'as mis là tt en sachant que j'allais l'adorer...je vais le mémoriser d'ailleurs par coeur... je vous embrasse tous et vous remercie, vous refaites mon éducation sentimentale peu à peu.... | 1312177 Publié le 14/04/2005 à 16:34  J'ai envie de partager avec vous une poésie d'un de nos auteurs actuels, je trouve la fin de son poème admirable il s'appelle greg H: Coeur de pieuvre Si ton cœur est une pierre et que tes larmes de sable Déchirent tes yeux et transforment ton visage aimable. Si le flegme entoure les contours de ta silhouette Et absorbe tes jours et enferme tes gestes. Quelle miraculeuse lumière saurait atteindre ton ombre ? Ton cœur est une pierre qui veut briser le monde Mais ce monde est trop fière, ce monde est trop haut, Pour qu’un cailloux empli de haine n’atteigne son diadème. Et tes pleurs sont trop secs pour attendrir le marbre de son architecte. Sous ta pierre pourtant il y a une forme suspecte. Sous ta pierre c’est la pieuvre endormie, abyssale Et qui respecte ton choix, et qui n’attend rien de ton mal. Ses artères, bras profonds, bras en croix, bras d’amour Attendent d’embrasser avec, tout ce qui vit alentour. Moi qui fût ton jumeau, L’habit le plus juste de jeunesse et révolte J’ai laissé tomber cette pierre dans un puits de sanglots Pour laisser aller la pieuvre désinvolte. Et mon seul drame d’aujourd’hui C’est de n’avoir plus assez de ce cœur Pour m’aimer moi-même. Mais le miracle s’est produit, Le monde reste au monde infecte Mais mon cœur de pieuvre Me hisse plus haut que lui.
| xiane - 381776  Publié le 15/04/2005 à 07:31  mae, va falloir que je le relise sur le papier là j'ai du mal pour le resteCitation: salut ziane, pour le chant des harpies je pense que ta gabrielle était pas 100% hétéro
je suis xiane et pas ziane (mais c'est pas (très) grave) et oui, elle était 100% lesbienne la vieille dame indigne, et ... chose rigolote, elle a malgré tout épousé un homme (mais 100% homo lui aussi) !!  | xiane - 381776  Publié le 15/04/2005 à 13:45  mae, même sur le papier je n'ai pas tout compris et j'ai été moins sensible que toi à ce texte ... comme quoi on peut aimer les mêmes choses, certaines fois, mais pas tout le temps | 1312177 Publié le 15/04/2005 à 17:48  euh xiane c'est ça? bisou d'excuse pr mon manque d'attention... apparement les poètes actuels ont du mal à se faire comprendre...100% homo et 100% hétéro tu disais un couple spécial, devrais-t-on les envier? | xiane - 381776  Publié le 15/04/2005 à 20:14  un jour je te raconterai leur histoire, et non, je ne pense pas que leur histoire (dont il faut parler au passé) était enviable ... mais c'était une sacrée bonne-femme que cette gabrielle wittkop elle a écrit, notamment, le nécrophile qui est un superbe bouquin, malsain, oui, mais poétiquement gothique | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 19/04/2005 à 17:39  Afin que tu me détestes un peu plus, Mae: Las ! que me sert, que si parfaitement Louas jadis et ma tresse doree, Et de mes yeus la beauté comparee A deus soleils, dont Amour finement Tira les trets causez de ton tourment ? Où estes vous, pleurs de peu de duree ? Et Mort par qui devoit estre honoree Ta ferme amour et iteré serment ? Donques c'estoit le but de ta malice De m'asservir sous ombre de service ? Pardonne moy, Ami, à cette fois, Estant outree et de despit et d'ire : Mais je m'assure, quelque part que tu sois, Qu'autant que moy tu soufres de martire. Las, à quoi me sert que, si plaisammant, Tu loues autrefois, et mes tresses dorées, Et la beauté de mes yeux comparés A deux soleils, dont Amour adroitement Tira les flèches, causes de ton tourment. Où êtes vous, sanglots éphémères? Et mort par qui devait être honorée Tes serments d'amour éternel? Alors, c'était fourberie de ta part De m'asservir, faisant semblant de me servir? Pardonne-moi, amie, mais aujourd'hui Submergée de dépit et de colère Je me persuade qu'où que tu sois, Autant que moi, tu souffres le martyr.
| xiane - 381776  Publié le 19/04/2005 à 20:02  tudieue ce que c'est beau !!! | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 20/04/2005 à 11:47  N'est-ce pas qu'elle est fichtrement moderne? | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 20/04/2005 à 12:15  O longs désirs, O esperances vaines, Tristes soupirs et larmes coutumieres A engendrer de moy maintes rivieres, Dont mes deus yeus sont sources et fontaines : O cruautez, o durtez inhumaines, Piteus regars des celestes lumieres : Du coeur transi o passions premieres, Estimez vous croitre encore mes peines ? Qu'encor Amour sur moy son arc essaie, Que nouveaus feus me gette et nouveaus dars : Qu'il se despite, et pis qu'il pourra face : Car je suis tant navree en toutes pars, Que plus en moy une nouvelle plaie, Pour m'empirer ne pourroit trouver place. O longs désirs, O espérances vaines Tristes soupirs et trop fréquentes larmes Qui font couler de moi maintes rivières Dont mes deux yeux sont sources et fontaines O cruautés, O duretés inhumaines Regards compatissants des célestes lumières Du coeur transi, O passions primitives Ferez-vous encore augmenter mes peines? Qu'à nouveau l'amour essaye son arc sur moi Qu'à nouveau,il me jette ses feux et ses flèches Qu'il se fâche et me fasse le pire... Car je suis tellement blessée de toute part Qu'aucune nouvelle plaie ne pourrait sur moi Trouver une place et empirer mon état.
| xiane - 381776  Publié le 20/04/2005 à 13:09  c'est superbe et intemporel !! | 1312177 Publié le 21/04/2005 à 15:24  le second poème m'a transporté, zorro tu fais vraiment exprès? n'est-pas léo FERRE? J'ai du savon qui lave Les péchés capitaux Un stylo-bille qui grave Le goût d'un apéro Un soutien-gorge à piles Qui n's'allum' qu'aux beaux yeux Un dentifrice habile A blanchir les aveux Un buvard facétieux Qui sèche les chagrins Un oeil pour lire à deux Quand le jour s'est éteint Un violon capital Voilé de Chambertin A fair'sonner le mal Plus fort que le tocsin Si ça n'va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demand'ras La Poésie On t'ouvrira Mêm' si ell' n'est pas là D'ailleurs ell' n'est pas là Mais dans la têt' d'un fou Ou bien chez des voyous Habillés de chagrin Qui vont par les chemins Chercher leur bonne amie La Poésie J'ai des bas pour boiteuse A fair'boiter l'ennui Et des parfums de gueuse A remplir tout Paris Des pendul's à marquer Le temps d'un beau silence Des lassos à lacer Les garces de la chance Des machin's à souffler Le vert de l'espérance Et des vign's à chanter Les mess's de la démence Des oiseaux-transistors Qui chantent sur la neige Garantis plaqués-or Plaqués par le solfège Si ça n'va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demand'ras La Poésie On t'ouvrira Même si ell' n'est pas là D'ailleurs ell' n'est pas là Mais dans la têt' d'un fou Qui s'prend pour un hibou A regarder la nuit Habillée de souris Comme sa bonne amie La Poésie J'ai du cirage blond Quand les blés vont blêmir De la glace à façon Pour glacer les soupirs Des lèvres pour baiser Les aubes dévêtues Quand le givre est passé Avec ses doigts pointus J'ai tant d'azur dans l'âme Qu'on n'y voit que du bleu Quand le rouge m'enflamme C'est moi qui suis le feu J'ai la blancheur du cygne A blanchir tout Saint-Cyr Et sur un de mes signes On meurt pour le plaisir Si ça n'va pas Tu peux toujours aller la voir Tu demand'ras La Poésie On t'ouvrira Des fois qu'ell' serait là Ell' te r'cevrait mêm' pas Ell' n'est là pour personne Ell' n'aim'pas qu'on la sonne C'est pas une domestique Ell' sait bouffer des briques Mais quand ell' veut, Ell' crie LA POESIE !
| 1312177 Publié le 21/04/2005 à 15:42  encore lui mais ce poème est bien plus beau.. A mon enterrement j'aurai des cheveux blancs Des dingues et des Pop aux sabots de guitare Des cheveux pleins de fleurs des champs dedans leurs yeux Hennissant des chansons de nuit quand y'en a marre J'aurai des mômes de passe, ceux que j'ai pas finis Des filles de douze ans qui gonflent sous l'outrage Des Chinoises des Russes des Nordiques remplies Des rues décapitées par des girls de passage A mon enterrement Et je ferai l'amour avec le croque-mort Avec sa tête d'ange et ses dix-huit automnes Douze pour la vertu et six mourant au port Quand son navire mouillera comme un aumône A mon enterrement j'aurai un cœur de fer Et me suivrai tout seul sur le dernier bitume Lâchant mon ombre enfin pour me mettre en enfer Dans le dernier taxi tapinant dans la brume A mon enterrement Comme un pendu tout sec perforé de corbeaux A mon enterrement je gueulerai quand même J'aurai l'ordinateur facile avec les mots Des cartes perforées me perforant le thème Je mettrai en chanson la tristesse du vent Quand il vient s'affaler sur la gueule des pierres La nausée de la mer quand revient le jusant Et qu'il faut de nouveau descendre et puis se taire A mon enterrement A mon enterrement je ne veux que des morts Des rossignols sans voix des chagrins littéraires Des peintres sans couleurs des acteurs sans décor Des silences sans bruits des soleils sans lumière Je veux du noir partout à me crever les yeux Et n'avoir jamais plus qu'une idée de voyance Sous l'œil indifférent du regard le plus creux Dans la dernière métaphore de l'offense A mon enterrement
| L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 22/04/2005 à 11:07  Yes, A mon enterrement, de léo, c'est extra! | L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689 Publié le 25/04/2005 à 12:42  Lettre de Joseph Stephan à Louise Labé. "Ma mie, nous ne nous verrons plus. Depuis hier, je ne vous aime plus. Ce bel amour que j'avais pour vous, cette complicité qui nous unissait, cette tendre et douce amitié est morte. Hier, je vous ai désiré, vous en êtes vous aperçu? Je ne veux pas qu'il en soit ainsi. Puisque je vous désire, je dois vous posséder Et je ne veux pas qu'il en soit ainsi. Ma mie, je ne veux pas devenir aveugle et que vous soyez mon guide. Je veux garder intact le souvenir de vos rires, de vos bons mots et de vos pudiques confidences. Je vais partir, je quitte cette ville sans vous dire adieu, puisqu'hier, alors que je baisais vos mains, je désirais votre bouche. Cette nature humaine m'encombre, elle m'empêche dorénavant de vous bien aimer. Je ne veux pas vous oublier, je vous emmene en voyage avec moi, je parlerai de vous avec flamme, j'évoquerai nos lumineuses soirées et je tairai cette fin brutale. Que vais-je inventer, peut-être une mort brutale. Les gens seront tristes, il me diront: "Je suis désolé" et j'éclaterais de rire car je te sais vivante. Je vais t'aimer de loin ma mie. Je suis triste et j'ai mal. Joseph, à toi, pour toujours" |
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