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Barnabé - 1508572 Publié le 31/08/2005 à 12:05  j'ouvre un fil pour que chacun mette a disposition de tous des petits contes ou des histoires courtes riches en enseignement. je commence: Par un bel après-midi de printemps, un maître Zen rentre de promenade. Le temps est délicieux, ni chaud, ni froid, un temps d'équilibre et de grâce auquel l' âme spontanément s'accorde. Une légère brise souffle et, en arrivant face au portail du monastère, le maître constate que la bannière à l'effigie du Bouddha flotte doucement au vent. Deux jeunes novices sont plantés devant. "C'est la bannière qui bouge ! - Non c'est le vent ! - Selon la bonne doctrine, ce qui importe, c'est ce que nous voyons devant nous maintenant. Et c'est la bannière, et elle bouge ! -Pas du tout, ta vision est erronée, car l'agitation de la bannière n'est que la conséquence du vent, c'est lui la cause première, la réalité au-delà de l'apparence. -Mais l'existence du vent est une hypothèse ! - La bannière ne bouge pas sans motif, sa réalité est constitutive du vent ! -Pure spéculation ! -Évidence ! -Non, pas du tout ! -Mais, si ...!"" Les deux moines s'échauffent, ce qui n'était qu'une conversation aimable devient une dispute, une bataille. Peu s'en faut qu'ils n'en viennent aux mains. C'est alors qu'ils aperçoivent le maître du temple qui les regarde impassible. Un peu confus, ils se tournent vers lui: "Maître, est-ce la bannière qui bouge, est-ce le vent ? -Ce n'est pas la bannière, ce n'est pas le vent, c'est votre esprit qui bouge."
| Barnabé - 1508572 Publié le 31/08/2005 à 12:08  Un jour du temps passé, dans l'ancienne Chine, un ermite un peu magicien reçut la visite d'un ami de jeunesse, nommé Siang-Jou. Le saint moine vivait depuis de nombreuses années au coeur de la montagne profonde, aussi accueillit-il son ami avec effusion et joie. il lui offrit le repas et un abri pour la nuit. Le lendemain, il lui dit: - Siang-Jou, en souvenir de nos jeunes années, je veux te donner un cadeau. En pointant son doigt sur une grosse pierre, il la transforma en un bloc d'or pur. Au lieu de se réjouir, son ami gardait l'air maussade. Il ne le remercia même pas. - Moine Wei, fit-il, j'ai fait une longue route pour venir jusqu'à toi au coeur de la montagne profonde. Pourquoi me contenterais-je d'un petit bloc d'or pur ? L'ermite désireux de faire plaisir à son ami de jeunesse, pointa alors son doigt sur un énorme rocher, et le transforma en un bloc d'or pur. -J'espère que tu es satisfait, dit-il en riant , et que ton âne pourra le transporter ! Mais Siang-Jou ne souriait pas, il conservait son air maussade. -Que désires-tu donc ? demanda le moine. Alors Siang-Jou , son ami de jeunesse, sortit le grand couteau qu'il portait à la ceinture. -Ce que je veux, dit-il, c'est le doigt.
| 783673 Publié le 31/08/2005 à 13:20  Ouaouh ! j'aime beaucoup ! tes contes font réfléchir: ils sont magnifiques ! Continue à les publier: je les lirai et les commenterai. | xiane - 381776  Publié le 31/08/2005 à 13:35  Petit conte chinois : Un tigre fondit sur un renard et allait le dévorer quand son repas se mit à crier d'un ton royal : - prend garde, mon ami, ne sais tu pas que les Dieux m'ont nommé le Roi des Animaux ? si tu touches à un seul de mes poils et ils te puniront !. Le tigre rugit de rire : - tu ne peux pas te tromper davantage, c'est moi le Roi des Animaux ! - alors suis moi dans les bois et vois si tous les animaux ne fuient pas devant moi !. Le tigre tomba d'accord et suivit la trace du renard. Il vit par lui-même que tous les animaux s'enfuyaient devant ce malingre compère. Il courba la tête et disparut dans les broussailles. Le renard, sûr de sa ruse, continua son chemin sans un regard en arrière. | Barnabé - 1508572 Publié le 31/08/2005 à 14:00  Un moine zen vivait avec son frère borgne et idiot. Un jour, alors qu'il devait s'entretenir avec un théologien fameux, venu de loin pour le rencontrer, il se trouva dans l'obligation de s'absenter. Il dit alors à son frère : "Reçois et traite bien cet érudit ! Surtout ne lui dit pas un mot et tout ira bien !" Le moine quitta alors le monastère. Dès son retour, il alla promptement retrouver son visiteur "Mon frère vous a-t-il bien reçu ?" s'enquit-il. Plein d'enthousiasme, le théologien s'exclama : "Votre frère est absolument remarquable. C'est un grand théologien." Le moine surpris bégaya : "Comment ?... mon frère... un théologien ?... - Nous avons eu une conversation passionnante, reprit l'érudit, uniquement en nous exprimant par geste. je lui ai montré un doigt, il a répliqué en m'en montrant deux. je lui ai alors répondu, comme c'est logique, en lui montrant trois doigts, et lui m'a stupéfait en arborant un poing fermé qui concluait le débat... Avec un doigt, je professais l'unité de Bouddha. De deux doigts il a élargit mon point de vue en me rappelant que Bouddha était inséparable de sa doctrine. Enchanté par la réplique, avec trois doigts je lui signifiait : Bouddha et sa doctrine dans le monde. Il eut alors cette sublime réplique, en me montrant son poing : Bouddha, sa doctrine, le monde, tout cela fait un. La boucle était bouclée." Quelque temps plus tard, le moine alla retrouver son borgne de frère : "Raconte moi ce qui c'est passé avec le théologien ! -C'est très simple, dit le frère. Il m'a nargué en me montrant un doigt pour me faire remarquer que je n'avais qu'un oeil. Ne voulant pas céder à la provocation, je lui retournai qu'il avait la chance, lui, d'en avoir deux. Il s'obstina, sarcastique : "de toute façon, à nous deux cela fait trois yeux." Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. En lui montrant mon poing fermé, je le menaçais de l'étendre sur-le-champ, s'il ne cessait ses insinuations malveillantes."
| Barnabé - 1508572 Publié le 31/08/2005 à 14:03  Il y a de cela des ères et des ères, au sud de l'Himalaya, dans un pays appelé aujourd'hui le Népal, vivait un jeune et fidèle disciple de Bouddha, que l'on nommait Sariputara. Un beau matin de printemps, le disciple, simplement vêtu de sa robe de moine, les sandales aux pieds, se rendait au bord de la rivière. Je serai plus à mon aise dans la nature pour méditer et faire zazen, se disait-il. Je n'ai guère envie, par cette belle journée, de rester enfermé dans la triste salle du couvent. Le jeune homme s'installe parmi les fleurs, sous le saule au doux ombrage. Les jambes repliées en lotus, le torse droit, les yeux à demi fermés, les mains au périnée ( la droite sur la gauche, selon la tradition indienne), la respiration égale, il commence sa méditation. Mais bientôt le bavardage des oiseaux, les poissons dans l'eau claire, qu'il aperçoit furtivement sous ses paupières baissées, le distraient. C'est intolérable, se dit-il. Je ne puis méditer dans ces conditions. Alors il décide de supprimer radicalement les causes de sa dissipation. Je suis assis en zazen parfait, et ces stupides animaux viennent me déranger ! Mû par une juste colère, il se lève, tue les oiseaux et les poissons, et, afin d'en être définitivement débarrassé, il en fait son repas. Il reprend la posture. Mais à peine a-t-il fermé les yeux, concentré sa pensée, qu'il sent son estomac gargouiller, tripes et boyaux se révulser. Il a trop mangé. Il ne peut toujours pas méditer. Ce ne sont ni les oiseaux ni les poissons qui nous troublent, dit le sage zen, mais la façon dont nous les accueillons.
| Barnabé - 1508572 Publié le 01/09/2005 à 14:30  "Se promener dans la montagne" Un maitre se promenait dans la montagne. A son retour, un de ses disciples lui demanda: "maitre, où êtes-vous aller vous promener? -dans la montagne", repondit le maitre. le disciple insista: "mais quel chemin avez-vous pris, qu'avez-vous vu?" le maitre lui repondit: "j'ai suivi l'odeur des fleurs et j'a flané selon les jeunes pousses." Il faut se laisser guider par le dharma du Bouddha, faire confiance aux herbes et aux fleurs qui poussent sans but, sans égoïsme, naturellement, inconsciement. Cette reponse venait de la source de la sagesse. La veritable sagesse doit être créée au-delà du savoir et de la mémoire. extrait de "le bol et le baton" | Barnabé - 1508572 Publié le 01/09/2005 à 14:34  "La tête et la queue" il y avait un serpent dont la queue et la tête se querellaient tjrs. la queue disait: "je suis toujours à l'arrière, toi, tu es devant, je dois toujours te suivre." A la fin la queue s'enroula autour d'un arbre. Elle ne voulait plus avancer. La tête vit une belle grenouille. Elle voulait la manger, mais cela lui était impossible. La tête permit donc a la queue d'aller en premier. Mais la queue n'avait pas d'yeux; elle tomba dans un grand trou, et la tête en est morte. extrait de "le bol et le baton" | 783673 Publié le 01/09/2005 à 15:26  vraiment super ! Ma préférée est celle du moine et de son frère borgne ! | Barnabé - 1508572 Publié le 01/09/2005 à 15:38  Marie-Ch | Barnabé - 1508572 Publié le 02/09/2005 à 09:19  "Les portes du paradis" Un samouraï se presenta devant le maître Zen Hakuin et lui demanda: "y a t'il reellment un paradis et un enfer?" - "Qui es-tu?" demanda le maïtre. - "Je suis le samouraï..." - "Toi, un guerrier! s'exclama Hakuin. Mais regarde toi. quel seigneur voudrait t'avoir à son service? tu as l'air d'un endiant." La colere s'empara du samouraï. il saisit son sabre et le dégaina. Hakuin poursuivit: - Ah bon tu as même un sabre?! Mais tu es surement trop maladroit pour me couper la tête." Hors de lui, le samouraï leva son sabre, prête à frapper le maïtre. A ce moment celui-ci dit: - "Ici s'ouvrent les portes de l'enfer." Surpris par la tranquille assurance du moine, le samouraï rengaina son sabre et s'inclina. - "Ici s'ouvrent les portes du paradis", lui dit alors le Maïtre. extrait de "Les contes des arts martiaux" | 783673 Publié le 02/09/2005 à 14:52  très jolie aussi celle-ci !! |
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