|  |
- 1313171 Publié le 02/09/2005 à 19:22  La récupération du cinéma gore par les média Le pouvoir passe dans la culture et mélange aussi bien la beauté que l'horreur, les bons sentiments que ce qui reste d'inavouable. A voir la prise en compte de l'"effroyable" par TF1 dans sa programmation, le film gore deviendrait un créneau porteur qui attirerait un large public, alors que le genre gore au cinéma était pendant les années 70 un mouvement critique. Pendant les années 70, il n'y avait qu'un seul cinéma contestataire gore. Par la réunion d’un cinéma gore et d’un cinéma de série B de pornographie, le film "Rage" de Cronenberg dépassait les genres. Cronenberg parvenait à faire la critique profonde d’une société puritaine -- le canada francophone -- en faisant jouer comme actrice principale une star du porno dans un film gore commercial. C’etait, à l’instar de ce qu’avait fait en son temps Manet avec “L’olympia”, un procédé de réalisme remettant en cause les modes de représentations. Or, il faudrait de plus en plus faire la distinction entre deux sortes de cinéma gore. Celui récupéré par les systèmes de masse (tf1 comme prototype général) et le gore critique ou social de David Cronenberg. Le premier est conforme à l’orchestration logique de la violence du monde compte tenue des idéologies d'aujourd'hui qui séduisent principalement avec de l'effroyable, et donc du sécuritaire. Ainsi, le mécanisme des pusions humaines est pris en compte de manière quasiment totale. Comment la distinction entre fiction et fait divers devient quaduque? Avant cette rupture, il n'y avait qu'une seule répression, celle qui était psychologique. Aujourd'hui le marché récupère cette pulsion et la transforme en bien échangeable. Si bien que la stimulation par images effroyables pour un public donné encourage nos pulsions naturelles et stimulées à les exprimer non plus par l'imagination ou le phantasme pur mais par actes de consommation de l'effroyable : le cyber sexe en est une autre forme. L'effroyable devient une denrée psychologique qui satisfait sa petite pusion de mort intégrée. Il y aurait peut-être ici une première répression à dépasser. Comment chercher à voir et à faire ses propres images effroyables, comment dénoncer les douteuses même si elle se présentent comme scandaleuses et peu dangereuses, au sein d'une pression ludique permanente? La plus effroyable du second modèle intégre l'image sécuritaire et la libération par le pouvoir d'achat. Elle se pare moins de CRS que de "ludisme". Cette simple publicité de supermarché fait explicitement le lien entre contestation réprimée par le CRS et pouvoir d'achat ludique comme dépassement de la première répression : un slip de femme 4,8 euros serait plus libérateur qu'un acte contestataire, et par conséquent une forme intégrée de l'effroi. | 1551561 Publié le 17/07/2007 à 20:56  |
Page 1  Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact
|  | |