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1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:32 Demander à la modératrice de supprimer ce forum

Déplacer des textes de chansons que j’avais mis dans la rubrique "mes poèmes"

Et qui n’ont rien à faire la dedans...

Juste pour lire...donc...pas besoins de venir contribuer...Merci à vous !



PS : il n’y a pas la musique avec ces textes...alors "Plaisir de lire"...
1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:33 supprimer cette contribution

113ème cigarette sans dormir

Les enfants de Napoléon,
Dans leurs mains, tiennent leurs roustons.
S'ils ont compris tous les clichés
Ça f'ra d'la bidoche pour l'armée...
Les partouzeurs de miss métro
Patrouillent au fond des souterrains
Mais ils rêvent d'être en hélico
À s'faire de nèg' et du youpin...
Les vopos gravent leurs initiales
Dans le brouillard des no man's lands
Et les démasqueurs de scandales
Prennent le goulag pour Disneyland...
Les gringos sortent un vieux crooner
Pour le western du silence
Demain, au Burgenbräukeller,
Je lègue'rai mon âme à la science...

Car moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Le petites filles de Mahomet
Mouillent aux anticoagulants
Depuis qu'un méchant gros minet
Joue au flipp avec le Coran.
Les dieux changent le beurre en vaseline
Et les prophètes jouent Dracula.
S'il vous reste un fond d' margarine,
J'en aurai besoin pour ma coda

Car moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Tu traînes ta queue dans la chaux vive
Et t'hésites à choisir ton camp.
T'as des aminches à Tel-Aviv
Et des amours à Téhéran...
Si tu veux jouer les maquisards
Va jouer plus loin, j'ai ma blenno.
Tu trouveras toujours d'autres fêtards.
C'est si facile d'être un héros...

Mais moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Retour aux joints et à la bière.
Désertion du rayon képis !
J'ai rien contre vos partenaires
Mais rien contre vos p'tites sœurs ennemies.
Manipulez-vous dans la haine
Et dépecez-vous dans la joie.
Le crapaud qui gueulait : "je t'aime"
A fini planté sur une croix !

Et moi je n'irai pas plus loin
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas d'sots métiers...
Non moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas d'sots métiers.
Je ris à m'en faire crever.
Arsenic is good for you
À m'en faire crever
Arsenic is good for you

Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:34 supprimer cette contribution

Alligators 427

Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:34 supprimer cette contribution

Armand est mort


Fait divers en plein été
De galères en galères Armand c'est retrouvé clochard
Pourtant depuis tant d'années
Son job perdu, il avait recherché
Abandonné de sa femme et son chien Albert
Mort, lors d'une dispute d'un coup de revolver
Et dans le quartier, révolté, rebelle de dernière heure
La quarantaine dépassée, il est seul et il pleure
Il est trop tard pour s'intéresser à son triste sort

Armand est mort {x2}

Pourtant dix ans auparavant devant ses enfants
Leur enseignant l'amour et le respect des parents
La haine de l'avarice dans ce monde dément
Armant passait du bon temps
Accident du travail, quelques indemnités
Il retrouve un emploi puis il est licencié
Invité au mariage de sa femme, Armand
Perd au tribunal la garde des enfants
Il est trop tard pour s'intéresser à son triste sort

Armand est mort {x2}

Avant sa fin, il habitait une belle propriété
Avec vue sur la mort, un asile de paumés
Avant sa fin, avant sa mort, il en fut délivré
Laminé, décervelé, lobotomisé
Il est trop tard pour s'intéresser à son triste sort

Le pauvre Armand est mort

Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:35 supprimer cette contribution

Autoroutes jeudi d'automne


Elle m'envoie des cartes postales de son asile,
M'annonçant la nouvelle de son dernier combat.
Elle me dit que la nuit l'a rendue trop fragile
Et qu'elle veut plus ramer pour d'autres Guernica
Et moi je lis ses lettres le soir dans la tempête,
En buvant des cafés dans les stations-service
Et je calcule en moi le poids de sa défaite
Et je mesure le temps qui nous apoplexie
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...

Et je croise des vieillards qui font la sentinelle
Et me demandent si j'ai pas des cachous pour la nuit.
Je balance mes buvards et tire sur la ficelle
Pour appeler le dément qui inventa l'ennui
Et je promène son masque au fond de mes sacoches
Avec le négatif de nos photos futures.
Je mendie l'oxygène aux sorties des cinoches
Et je vends des compresseurs à mes ladies-bromure
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...

Il est bientôt minuit mais je fais beaucoup plus jeune.
Je piaffe et m'impatiente au fond des starting-blocks.
Je m'arrête pour mater mes corbeaux qui déjeunent
Et mes fleurs qui se tordent sous les électrochocs
Et j'imagine le rire de toutes nos cellules mortes
Quand on se tape la bascule en gommant nos années.
J'ai gardé mon turbo pour défoncer les portes
Mais parfois il me reste que les violons pour pleurer
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:36 supprimer cette contribution

Droïde song


Droïde équalisé sans désir de chaleur
Avec mes sentiments sur microprocesseur,
Parfois dans le silence obscur de mon hangar
Je déchausse mes circuits et débranche mon sonar.
Bouillie d'étoiles fondues sur mes lèvres plasma
De gargouille irradiée revenant du magma,
Quand j'ai besoin d'amour ou de fraternité,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber.

Dans l'odeur des cités aux voiles d'hydrocarbures,
Les rires sont des ratures qui s'attirent et saturent
Et j'y traîne en réglant ma radio chimpanzé
Sur fréquence et mépris point zéro nullité.
Cosmonaute du trottoir, éboueur en transfert,
Je peins mes hiéroglyphes sur les murs des waters
Avant de m'enfoncer plus loin dans les égouts
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout,
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout,
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout.

Droïde, droïde,
Machine humanoïde
Aux chromosomes hybrides,
Droïde, droïde,
Carlingue anthropoïde,
Cœur en Celluloïd,
Droïde, droïde,
Regard Polaroïd,
Schizoïde et bifide,
Droïde, droïde,
Rêvant d'astéroïdes
Acides et translucides,
Libres...
Attirées par le vide

Le jour ou les terriens prendront figure humaine,
J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène
Et je viendrai troubler de mon cri distordu
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues,
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues,
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues.


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:37 supprimer cette contribution

Exil sur planète fantôme

En ce temps-là, nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins,
Quand le beau macadam nous traitait de salauds,
Nous traitait de salaud.

Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles
Et gerbions nos enzymes en nous gueulant : moteur !
Mais entre deux voyages, entre deux verres d'alcool,
Nous n'avions pas le temps de décompter nos heures,
De décompter nos heures.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits.
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie

Et nous avions des gueules à briser les miroirs,
À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour,
Mais entre deux délires, entre deux idées noires,
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours,
Nous vivions à rebours.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, les gens s'appelaient citoyens.
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes.
Aujourd'hui, la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide,
À rater mon suicide.

Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer.
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins.
J'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité.
Je n'ai plus rien à perdre, mais j'en veux pour ma fin,
J'en veux pour ma faim.


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:37 supprimer cette contribution

Je t'en remets au vent

D'avoir voulu vivre avec moi
T'as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent

Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l'existence
Tu m'encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent

Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d'amour
J'accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n'ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:39 supprimer cette contribution

Un automne à Tanger

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué,
Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

Nous venions du soleil
Comme des goélands,
Les yeux fardés de ciel
Et la queue dans le vent
Mais nous nous sommes perdus
Sous le joug des terriens
Dans ces rades et ces rues
Réservés aux pingouins.

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué.

Les vagues mourraient, blessées,
À la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes
Et nos corps écorchés
S'immolaient en riant
Sous les embruns glacés
D'une chambre océan.

Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

D'ivresse en arrogance,
Je reste et je survis,
Sans doute par élégance,
Peut-être par courtoisie
Mais j'devrais me cacher
Et parler à personne
Et ne plus fréquenter
Les miroirs autochtones.

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué,
Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:43 supprimer cette contribution

Buenas noches Jo


Morbac ascendant canular
Affilié au Human Fan Club,
Je pousse mon feu sous mon cigare
Et m'jette au fond du premier pub.
La barmaid qui joue Marilyn
Dans sa layette simili cuir
Me fait le plein de gazoline
En me caressant d'un soupir.
Buenas noches Jo,
Buenas noches babe.

Puis j'descends la rue principale
En suivant les murs de l'asile,
Ma carte d'handicapé spatial
Tendue vers les neuro-missiles
Et pendant que les chiens savants
Se jouent leur Best of the Q.I.,
Je me tire chez les émigrants
Qu'on des news au tarif de nuit.
Buenas noches Jo,
Buenas noches man.

Soudain, je t'aperçois, petite,
Entre un flipper et un juke-box
Frottant ton cul contre la bite
D'un hologramme de Rank Xérox
Et au moment où la machine
Te plaque sur son parking perdant,
J'arrache ta fermeture de jean

Et m'engouffre dans ton néant.
Buenas noches Jo,
Buenas noches man.

La tête mouillée entre tes cuisses
Et l'œil plombé de nostalgeo,
J'voudrais rentrer dans ta matrice
Comme au vieux temps de ma létargeo
Quand je jouais avec la matière
Dans la chambre des éprouvettes
Au milieu des années-lumière
Et du rougeoiement des planètes.
Buenas noches Jo,
Buenas noches babe.


Hubert-Félix Thiéfaine

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:48 supprimer cette contribution

Arkansas

À l'âge de six ans. Mon cadeau de Noël
Une arme en plastique réplique industrielle.
Il y a des guirlandes partout dans la maison.
Je remercie Santa Clauss, parce qu'il a été bon
À l'âge de sept ans. Il m'en fallait une autre.
Malheureusement, je l'ai trouvée à qui la faute.
J'étais dev'nu expert dans le tir instinctif.
Entendre toutes ces détonations était mon seul kif.
Pour moi l'avenir était au bout de mon canon
Mon père avait des armes et on tirait devant la maison
Sur des bouteilles vides comme dans les films de John Ford
Et comme je visais juste, j'ai eu la garde-robe
Un treillis camouflage et puis des bottes de pluie
Armes automatiques revolver et uzi
Fusil d'chasse, Fal, Glock
Un jour de bon matin, j'ai tiré sur le coq.
Puis dans la cour de l'école je m'embrouille avec une fille
Quand j'y pense aujourd'hui. C'était des broutilles
Pour me venger. J'prérare une opération.
Ouvre le garage sélectionne des munitions.
9 heures du matin on se place devant l'école
Avec mon pote John. On patiente on boit de l'alcool
Tapis dans les feuillages j'attends la sonnerie
Avec un genou à terre non c'est pas des conneries
Porté par l'adrénaline. J'arme la M 16
Rafale de balles. J'ai eu ma première victime
John a l'fusil à lunette. C'est comme un jeu
"Tiens je te vends un feu. Tu fumes qui tu veux"
On est en Arkansas. Mon père dit sans cesse c'est sensas.
Port d'armes. Il aime les actions sans schlass.
Deux morts. Onze blessés CNN parlant
De moi Steve Carter. Enfant de huit ans.


Mc Solaar

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:48 supprimer cette contribution

L'aigle ne chasse pas les mouches


Á sa fenêtre 9mm en main comme Malcom X
Il mate en bas ils sont tous là, il a pris trop de risques
Y a pas d'incognito, les narcotiques ont sa photo
Métro boulot coco popo tout comme les bandits légaux
Combine de cocaïne, dans l'fief de Medellin
Pour gonfler ses bas de laine mais on écoutait sa ligne
Maintenant la Commission a comme mission
D'éliminer les pions et d'empocher toutes les commissions.
Ça c'est les gros bonnets mais y a aussi la BRB, la DEA
Plus des snipers de Bogota
Home sweet home. Tout s'trouve dans le mobil home
Avec des fausses plaques, du cash, et des bastos chrome
T'aurais pas dû tenter de rotca les Chicanos
Ils tirent des bastos mec c'est pire que le tétanos
T'as plus le choix. Ou c'est le gnouf ou ils te couchent
La loi est dure mais l'aigle ne chasse pas les mouches

Refrain :

L'aigle ne chasse pas les mouches
Mais l'aigle ne chasse pas les mouches
L'aigle ne chasse pas les mouches


2ème acte mate l'époque où non-stop on s'bloque s'fuck
Un baby boom de Bébé Doc face à des bébés phoques
Dans les boîtes des lops lèchent des bank-notes
Et les mannequins au top sortent avec des stars pop
Lipstick et blush elles sniffent de la chnouf
Pouffe-bourre ton pif, bluffe, kif ; ton booker shoof.
Le champagne coule. Cristal et Dom P.
T'es qu'une escort girl je crois qu'on t'a dupé.
Je lynche et prêche sans lèche lâche ton bakchich
On fiche tes miches dans des composites de bitch kitch.
Ils font du profit dans un monde de oufs
Et te bouffent car l'aigle ne chasse pas les mouches.

Refrain

Prix Pulitzer. Albert Londres. Reporter sous les bombes.
Prendre son microphone pour faire son J.T. sur les ondes
J'parle pour les boat people, comme pour la femme peule
Fuis l'anecdotique même s'ils veulent du people.
Seuls les crétins pensent être au-d'sus des autres
Les faux apôtres se vautrent ou friment avec des cartes gold.
Y font plus la cour elles accourent vers leurs slips.
Et s'la jouent play-boys aidés par leurs clips.
Fuck le bluff. Pas de Solaar o Akbar.
Sur terre y a qu'une star c'est Dieu. Allah o Akbar.
De Médine à la Mecque. Armé du stylo bic
Mon stylo nique. Chétane et les ânes porteurs du style oblique
On dit qu'il faut battre le fer quand il est chaud
On dit qu'il faut battre le frère quand il est faux
Donc sur papier je couche. À coup sur, je touche, fait mouche
Car l'aigle ne chasse pas les mouches.

Refrain


Mc Solaar
1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:49 supprimer cette contribution

La vie est belle

La vie est belle
La vie est belle
La vie est belle

Seul dans ma chambre un jour normal
J'apprends dans les journaux que j' suis dans l'axe du mal
Je lis entre les lignes et j' comprends qu'on veut me kill
J' ferme la serrure pour être un peu plus tranquille
Dehors c'est la guerre et j' crois qu'elle vient vers moi
Malgré les manifs qui vivra la verra
Je mets des sacs de sables dans mon salon
Des salauds veulent me shooter
Comme au foot le stoppeur veut shooter le ballon
A la télé j'entends qu' j' suis l' pire des mecs
Longue vie aux non violents, la propagande est impec
J'flippe: des troupes spéciales des B52
J' regrette ce que j'ai fait, j' crois qu' j'aurais pu faire mieux
Mais l'erreur est humaine, j'avoue j'ai fais des erreurs
Prendre position c'est prendre une pluie de terreur
Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit d' l'Imam et du Rabin
Plus jamais ceci

Comme un oiseau sans ailes
Je vole vers le ciel
Mais j' sais qu'la vie est belle

Comme un oiseau sans ailes
Je vole vers le ciel
Mais j' sais qu' la vie est belle

Moi j' suis un missile
J' suis pas coupable
On m' guide par satellite
Pour faire un travail impeccable
Toutes les technologies sont mises à mon service
Dans le but de chasser le mal
Et que j'agisse pour un monde peace
J' suis dans un porte avion et fais c' qu'on me demande
Ce soir je dois frapper un type qui est tout seul dans sa chambre
J' suis un oiseau sans aile suppositoire de fer
500 km à faire et puis pour lui c'est l'enfer
Ca y est j' suis parti j' vole vers son domicile
Et je préserve la paix en commettant des homicides
J' perce les nuages vers l'abscisse et l'ordonnée
Objectif mémorisé j' connais les coordonnées
J' suis de fer, nu de chair, arrive à l'improviste
Vole au dessus des manifs de ces millions de pacifistes
Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit d' l'Imam et du Rabin
Plus jamais ceci

Comme un oiseau sans aile
Je vole vers le ciel
Mais j' sais qu' la vie est belle

Comme un oiseau sans aile
Je vole vers le ciel
Mais j' sais qu' la vie est belle

Et sur la chaîne info j'apprends qu'un missile arrive
Il s'invite chez moi pourtant c'est pas mon convive
On bombarde ma ville mon quartier mon bâtiment
Ce soir tu vas mourir tel est mon ressentiment
Tranquille je range ma chambre et puis je vois les photos
De moi même, de mon ex, vacances au Colorado
des bivouacs en montagne avec nos sacs à dos
Là-haut donne des discours avec tous ces ados
Je vois mon père et puis ma mère sur des clichés noir et blanc
Moi qui les trouvais durs j' fais la même à mes enfants
Ils dorment tranquillement, ils doivent compter des moutons
Ou bien faisaient des rêves quand il y a eu l'explosion
On a tué ma famille sans même la connaître
Moi, ma femme et mes enfants semblent ajouter aux pertes
Des missiles kill, dans le civil, kill
Des enfants dociles, le monde est hostile
J'ai rien fais, ils n'ont rien fait, ils n'avaient rien fait
Ils parlaient de bienfaits mais je ne vois que des méfaits
... c'est, crever l'abcès
Que s'ils sont absents, c'est grâce à vos excès
J'appelle les synagogues, les mosquées et les temples
L'Eglise les chapelles, militant et militante
Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit d' l'Imam et du Rabin
Plus jamais ceci

Je vole vers le ciel mais j' sais que la vie est belle
Je vole vers le ciel mais j' sais que la vie est belle

Au nom du Père du Fils et du Saint Esprit d' l'Imam et du Rabin
Plus jamais ceci

Mc Solaar

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:53 supprimer cette contribution

Poulailler's song

{Refrain:}
Dans les poulaillers d'acajou,
Les belles basses-cours à bijoux,
On entend la conversation
D'la volaille qui fait l'opinion.
Ils disent :


"On peut pas être gentils tout le temps.
On peut pas aimer tous les gens.
Y a une sélection. C'est normal.
On lit pas tous le même journal,
Mais comprenez-moi : c'est une migraine,
Tous ces campeurs sous mes persiennes.
Mais comprenez-moi : c'est dur à voir.
Quels sont ces gens sur mon plongeoir ?"

{Refrain}

"On peut pas aimer tout Paris.
N'est-ce pas y a des endroits la nuit
Où les peaux qui vous font la peau
Sont plus bronzées que nos p'tits poulbots ?
Mais comprenez-moi : la djellaba,
C'est pas ce qui faut sous nos climats.
Mais comprenez-moi : à Rochechouart,
Y a des taxis qui ont peur du noir."

{Refrain}

"Que font ces jeunes, assis par terre,
Habillés comme des traîne-misère.
On dirait qu'ils n'aiment pas le travail.
Ça nous prépare une belle pagaille.
Mais comprenez-moi : c'est inquiétant.
Nous vivons des temps décadents.
Mais comprenez-moi : le respect se perd
Dans les usines de mon grand-père."

Mais comprenez-moi...


Alain Souchon

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:54 supprimer cette contribution

Rive gauche

Les chansons de Prévert me reviennent
De tous les souffleurs de vers...laine
Du vieux Ferré les cris la tempête
Boris Vian s'écrit à la trompette
Rive Gauche à Paris
Adieu mon pays
De musique et de poésie
Les marchands de malappris
Qui d'ailleurs ont déjà tout pris
Viennent vendre leurs habits en librairie
En librairie en librairie
Si tendre soit la nuit
Elle passe
Oh ma Zelda c'est fini Montparnasse
Miles Davis qui sonne sa Greco
Tous les monts y sonnent leur Nico
Rive Gauche à Paris
Oh mon île Oh mon pays
De musique et de poésie
D'art et de liberté éprise
Elle s'est fait prendre, elle est prise
Elle va mourir quoi qu'on en dise
Et ma chanson la mélancolise
La vie c'est du théâtre et des souvenirs
Et nous sommes opiniâtres à ne pas mourir
A traîner sur les berges venez voir
On dirait Jane et Serge sur le pont des Arts
Rive Gauche à Paris
Adieu mon pays
Adieu le jazz adieu la nuit
Un état dans l'état d'esprit
Traité par le mépris
Comme le Québec par les Etats-Unis
Comme nous aussi
Ah ! le mépris ah ! le mépris


Alain Souchon

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:55 supprimer cette contribution

Saute en l'air

Il est lourd, le pesant passant.
Aussi le sont les éléphants.
Qui donc appuie les hommes sur le goudron ?
Leurs daisies suivent en r'gardant l'effet qu'elles font.

Qui a mis de l'équateur au pôles,
Ce colis qu'on a sur les épaules ?
Est-ce que c'est le ciel, le couvercle à Baudelaire,
Qui nous aplatit, nous plaque par terre.

J'ai tout compris. C'est une horreur.
La terre est un aspirateur
Qui veut not'corps, l'aspire, l'espère.
Elle te désire. Te laisse pas faire.
Saute en l'air... {2x}

Puisqu'on s'enfonce dans la poussière,
Inexorablement, p'tit frère,
Saute en l'air... {2x}

Donne-moi la main, puisque t'as peur,
Mon p'tit kangourou, ma p'tite sœur,
Saute en l'air, saute en l'air...

On fait des efforts musculaires
Pour se sauver de cette carnassière.
Attrape les plafonds, touche les globes.
Pour pas qu'la terre te mange, te gobe.
Saute en l'air... {2x}

Frais mimosa,
Gazon si doux,
C'est pas pareil dessus, dessous.
Jésus gobé s'est pas laissé faire.
Il a sauté, hop ! à toi d'faire.
Saute en l'air... {2x}

Saute en l'air...


Alain Souchon

1059447 Publié le 31/07/2004 à 15:56 supprimer cette contribution

Tailler la zone

Vendeuse de glaces
Boulevard de la plage
Sous sa bâche elle était belle
Un sourire un peu triste
J'ai senti fraise cassis
Que j'pourrais tailler la zone avec elle
Le soir sur les falaises
On est allé voir vanille fraise
Saluer le soleil sur son trône
En m'enlaçant elle m'a dit
Vendre des glaces m'ennuie
On laisse tout on taille la zone
Dans mon deux pièces à Paris
Elle répétait toutes les nuits
On reste pas dans l'hexagone
Je lui disais laisse-moi faire
Je règle quelques affaires
Après c'est sûr on taille la zone
Moi le bureau l'ordinateur
Elle son aspirateur
Ses catalogues de Mobil-Home
Je savais que c'était minable
Je me suis abonné au câble
On taillait pas vraiment la zone
Elle me disait déconne pas déconne pas
On va pas rester comme ça
Je veux les prairies les fleurs jaunes
On va pas faire comme les gens
Vivre à cause de l'argent
On laisse tout on taille la zone
Elle rêvait de voyages
De bagages de paysages
De grosses Harley avec des chromes
Moi mon portable et mes calmants
Mon compte d'épargne logement
Notre amour taillait la zone
Je me suis réveillé une nuit
Marchande de glaces partie
J'avais perdu mon petit Kim cône
Y a plein de filles sur le terre
Mais quand je vois une planisphère
J'ai le cœur qui taille la zone


Alain Souchon

1059447 Publié le 31/07/2004 à 16:01 supprimer cette contribution

J'me sentais mal

Je marchais dans la rue
Sans savoir où j'allais
Je marchais dans la rue
C'soir là j'affichais complet
J'me sentais mal
Oh... mal
Si mal si mal
Pas bien du tout

J'suis allé voir mon meilleurs pote
On s'est mis tous les deux minables
Ca m'a pas servi d'antidote
J'suis rentré chez moi pitoyable
J'me sentais mal, mal, pas bien du tout
C'est pas normal de se sentir si mal

J'ai rencontré la voisine
Elle a vu qu'j'avais mon compte
Pour monter l'escalier
Alors là c'était la honte
Quand j'ai vu tout l'monde
J'me sentais mal, mal, pas bien du tout
C'est pas normal de se sentir si mal

Depuis ce jour maudit
Elle se marre quand je la croise
Alors com' ça j'lui dit
Si tu savais petit' narquoise
J'me sentais mal, mal, pas bien du tout
C'est pas normal de se sentir si mal

Ce soir j'l'ai invitée
A prendre le thé
J'ai ach'té une jolie théière
Avec des p'tites tasses pour lui plaire
En sirotant le thé
Sur une musique appropriée
Je pass'rai aux aveux
Dans l'genre la vie c'est mieux à deux
J'deviendrai même sentimental
Je lui dirai
Pourquoi j'ai mal, mal, mal
C'est pas normal de se sentir si mal


Bill Deraime

1059447 Publié le 31/07/2004 à 16:02 supprimer cette contribution

Faut que je me tire ailleurs

Y'a des jours comme ça
C'est pas la frite.
Y'a comme un voile dans l'air
Qui fait que tout est gris.
Y'a des jours où les heures
Devraient passer plus vite.
C't'aprè'm j'suis mûr
Pour la claustrophobie
Encore trois plombes
A tirer dans c'bureau
Qui m'sort par les trous d'nez.

(refrain)
Faut que j'me tire ailleurs
Faut que j'me tire ailleurs
C'est pas une vie
D'être toujours enfermé
Faut que j'me tire ailleurs
Faut que j'me tire ailleurs
Dans un avion.
Qui n'est pas en papier.

Bien sûr ce soir
Je vais sortir ma p'tite.
Comme d'habitude,
On ira au ciné.
Sûrement pour voir
Quelque chose d'insolite
L'insolite au moins,
Ça change les idées.
Mais dès que le film est fini,
On retombe dans la réalité.

(refrain)

Y'a des jours comme ça
Où je m'demande
Si la vie
Vaut la peine d'être vécue.
Y'a des jours bien trop longs
Qui font gonfler les glandes
Le quotidien me pèse
Je m'sens dev'nir bossu
Y'a plus rien qui me branche
J'en ai plein l'dos, plein les bottes
Et plein l'cul.

(refrain)

Malgré tout faut pas trop
Que j'me plaigne.
Je n'suis plus seul
Dans ce monde pourri.
Avec ma p'tite
J'peux même dire que ça baigne.
Je suis sûr
Qu'on s'aim'ra toute la vie.
De c'côté là pas d'malaise
Mais quand même par moment
Je vieillis.

Faut qu'on s'tire ailleurs
Faut qu'on s'tire ailleurs
C'est pas une vie
D'être toujours enfermé.
Faut qu'on s'tire ailleurs
Faut qu'on s'tire ailleurs
Dans un avion
Qui n'est pas en papier


Bill Deraime

1059447 Publié le 31/07/2004 à 16:03 supprimer cette contribution

Barjo land

Les mots m'laissent tomber n'viennent pas m'voir ce soir
Trahir tout l'dégoût que j'ressens
Les mots complices et durs pour dire le pire
D'autres ont j'té leur vie en les chialant mieux avant
Alors faut qu'j'me chante mon pote t'es là pour causer
Causer pour passer l'temps
Avec l'impression qu'tout sert à rien
Et que d'toute manière
D'main on aura tous foutu le camp

Salut l'Amour qu'est-ce que tu d'viens
Un paquet d'temps qu'jt'avais pas vu
Traîner dans l'coin

Viens j'ter un oeil un peu que j'te montre
Là où j'survis tout c'qui m'entoure
Car depuis tout c'temps tout c'temps qu'tu ronfles
Ca t'concerne plus tout ça, l'Amour
R'garde la-bas y'a Barjo-Land
C'jeu d'massacre est gratuit
Un peu plus loin y'a l'coin où tout le monde
Se dit j't'aime
Mais où tous les coups sont permis

Alors l'Amour ça t'plaît chez moi
J't'invite permanent
Mais où tu t'barres comme ça

P'tits mots naïfs pour coeurs minés
Qui s'paument et qu'espèrent toujours
Un soir une étoile et aimer
Tous les jours tous les jours
Pauvre grand mot tu t'vautres t'as plus d'fierté
Si tu savais c'qu'on fait d'toi
A toutes les sauces pour des idées
Pour du fric pour une croix

Alors l'Amour y'en a marre maint'nant
Qu'on en finisse vite ou existe vraiment
On t'attend on t'attend
D'puis trop longtemps.


Paul Personne

1059447 Publié le 31/07/2004 à 16:09 supprimer cette contribution
BALLADE EN FORET


Hé, j’crois qu’j’ai besoin d’un peu d’air frais,
D’une ballade en forêt ! ?
J’sais plus trop c’que j’fais,
La vie use !
Hé, j’aime pas du tout c’que j’fais
Mais bon j’ai une bonne paie
J’suis un homme mûr, j’ai des mômes, une voiture
Hé, tu sais mon choix est fait

J’peux plus revenir en arrière,
Tu parles d’une carrière
Dans une firme planétaire
Hé, j’fais partie des gens qui gagnent leur argent
Sur notre atmosphère !
Hé, j’fais partie des gens qui gagnent leur argent
Sur l’asthme de leurs enfants

Hé, j’crois qu’j’ai besoin d’un peu d’air frais,
D’une ballade en forêt ! ?
J’sais plus trop c’que j’fais,
La vie use !
Hé, j’aime pas du tout c’que j’fais
Mais bon j’ai une bonne paie
J’suis un homme mûr, j’ai des mômes, une voiture

Hé, après tout j’ai choisi
Ainsi va la vie et le monde vieillit
Hé , dans 3 ans, c’est la retraite
J’sauverai pas le planète, j’vais pas m’prendre la tête, non
Pas m’prendre la tête non, NON
Hé, j’fais partie des gens qui vous laisse un futur
Avec emments et tonnes d’ordures
Moi, j’fais partie des gens qui vous laisse un futur
Bourré d’armements au minimum d’air pur

Hé, faut pas compter sur moi
J’ai raté ma jeunesse
J’profiterai de la vieillesse
Hé, faut pas compter sur moi dans c’bordel
Y’a plus qu’toi dans c’bordel, y’a plus qu’toi


Hé, toi, t’es celui qui rêve !
Je t’envie ! J’en crève !
Que ma vie est triste, que la vie est
Triste
Hé, je sais pas combien tu es
J’te laisse mes regrets et mon amertume
Parce que moi, j’fais partie des gens
Qu’ont vécu grassement
Qui t’laissent un héritage
Parce que moi, j’fais partie des gens
Qu’ont traversé les temps
Sans faire de sentiments

Et après, et après, et après …


GUIZMO / argts : TRYO


1059447 Publié le 31/07/2004 à 16:10 supprimer cette contribution

SERRE-MOI


Embrasse moi dessus bord
Viens mon ange retracer le ciel
J’irai crucifier ton corps
Pourrais-je dépunaiser tes ailes
Embrasser, te mordre en même temps
Enfoncer mes ongles dans ton dos
Brûlant
Te supplier de me revenir
Et tout faire Ô tout pour te voir partir

Viens ! Emmène-moi là-bas
Donne moi la main que je ne la prenne
Pas
Ecorche mes ailes envole-moi
Et laisse-toi tranquille à la fois

Mille fois entrelaçons-nous
Et lassons-nous même en dessous
Serre-moi encore serre-moi
Jusqu’à étouffer de toi

(Refrain)
Il y a des salauds
Qui pillent le cœur des femmes
Et des femmes qui n’savent plus trop
D’où l’amour tire son charme
Papillon de fleur en fleur
D’amour en amour de cœur
Ceux qui n’ont qu’une étoile
Ou ceux qui brûlent leur voile

J’aime tes larmes quand tu aimes
Ta sueur, le sang rendons-nous amants
Qui se passionnent et qui se saignent
J’aime quand mon écorché est vivant
Je ne donne pas long feu
A nos tragédies à nos adieux
Reviens-moi reviens-moi
Tu partiras mieux comme ça


A force de se tordre
On en finirait par se mordre
A quoi bon se reconstruire
Quand on est adepte du pire
Malgré nous malgré nous
A quoi bon se sentir plus grand que
Nous
Deux grains de folie dans le vent
Deux âmes brûlantes
Deux enfants

(Refrain)

Embrasse moi dessus bord
Viens mon ange retracer le ciel
J’irai crucifier ton corps
Pourrais-je dépunaiser tes ailes
Embrasser, te mordre en même temps
Enfoncer mes ongles dans ton dos
Brûlant
Te supplier de me revenir
Et tout faire, pour te voir partir

Viens ! Emmène-moi là-bas
Donne moi la main que je ne la prenne
Pas
Ecorche mes ailes envole-moi
Et laisse-toi tranquille à la fois

Mille fois entrelaçons-nous
Et lassons-nous même en dessous
Serre-moi encore serre-moi
Jusqu’à étouffer de toi

Serre-moi encore serre-moi
Jusqu’à étouffer de toi

Serre-moi encore serre-moi


C. MALI / argts : TRYO - Hélène BOHY

1059447 Publié le 05/08/2004 à 02:39 supprimer cette contribution


Caroline


J'étais cool, assis sur un banc.
C'était au printemps.
Il cueille une marguerite : ce sont deux amants.
Overdose de douceur.
Ils jouent comme des enfants.
Je t'aime un peu beaucoup à la folie passionnément.
Mais à la suite d'une douloureuse déception sentimentale,
D'humeur chaleureuse, je devenais brutal.
La haine d'un être n'est pas dans nos prérogatives.
Tchernobyl.
Tcherno-débile.
Jalousie radioactive.
Caroline était une amie, une superbe fille.
Je repense à elle, à nous, à nos cornets vanille,
A sa boulimie de fraises, de framboises, de myrtilles,
A ses délires futiles, à son style pacotille.
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...

Comme le trèfle à quatre feuilles, je cherche votre bonheur.
Je suis l'homme qui tombe à pic... pour prendre ton cœur.
Il faut se tenir à carreaux.
Caro, ce message vient du cœur.
Une pyramide de baisers, une tempête d'amitié,
Une vague de caresses,
Un cyclone de douceur.
Un océan de pensées.
Caroline, je t'ai offert un building de tendresse.
J'ai une peur bleue.
J'suis poursuivi par l'armée rouge.
Pour toi j'ai pris des billets verts, il a fallu qu'je bouge.
Pyromane de ton cœur,
Canadair de tes frayeurs,
Je t'ai offert une symphonie de couleurs.
Elle est partie, maso, avec un vieux macho
Qu'elle avait rencontré dans une station de métro.
Quand je les vois main dans la main fumant le même mégot,
Je sens un pincement dans son cœur, mais elle n'ose dire un mot,
C'est qu'je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...

Claude MC prend le microphone, genre love story raggamuffin
Pour te parler d'une amie qu'on appelle Caroline.
Elle était ma dame, elle était ma came, elle était ma vitamine,
Elle était ma drogue, ma dope, ma coke, mon crack, mon amphétamine,
Caroline...
Je repense à elle, femme actuelle, 20 ans, jeune et jolie.
Remet donc le film à l'envers, magnéto de la vie.
Pour elle, faut-il l'admettre, des larmes ont coulé.
Hémorragie oculaire.
Vive notre amitié.
Du passé, du présent, je l'espère, du futur,
Je suis passé pour être présent dans ton futur.
La vie est un jeu de cartes,
Paris un casino.
Je joue les rouges, cœur,
Caro...
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caro
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...
Je suis l'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
L'as de trèfle qui pique ton cœur...
Caroline...



Mc Solaar


1059447 Publié le 14/08/2004 à 18:23 supprimer cette contribution

Si la vie m'a mis là


Samuel, et Jonas,
ont quitté le pays.
Fatima et Marie,
ont sacrifié leur vie.
Parce qu'ils ont voulu,
s'en remettre à demain.
Dessiner l'avenir le brandir de leurs mains.

Continuez la mémoire héritée des ancêtres,
pour qu'on ne voit jamais sa terre... disparaître.
Cette terre... poussière... fortune du manant
la monnaie des colons,
la fierté de l'Orient.

Si la vie m'a mis là,
c'est qu'elle doit avoir ma peau !

Cette terre déserte,
qui baigna dans le sang.
Lorsque les Blancs entrèrent
au grès des quatre vents.
Cette terre défendue,
maintes et maintes fois reprise,
que nos pères ont tenue,
quand le monde lâchait prise.

{Refrain:}
Si la vie m'a mis là,
c'est qu'elle doit vouloir ma peau ! (inch Allah)
Si la vie m'a mis là,
c'est qu'elle doit avoir ma peau !

Quand les jets de nos pierres,
face aux canons des chars,
étaient murs de poussière
nous privant de victoire.
Un peuple délogé,
isolé de son sol,
qui voudra rattraper
l'histoire en son envol.

Ici, la vie, la mort, ont le même visage
Et l'avenir se dessine entre ruines et carnage.
Que les pages du Coran,
explosent de lumière.
Je vous implore, Allah,
ils ont volé ma terre.

{au Refrain}

Je vous envoie l'espoir,
inondé de louanges.
Ils voient en vous démon,
je vous sais être un ange.
Nourri par les prophètes,
les plus impitoyables,
qui gravent sur nos cœur,
les cendres du diable.

Moi, qui n'ai que ma vie
à offrir en cadeau,
je ferai de mon âme,
le plus grand des oiseaux.
Pousser par le soleil,
(libérant l'horizon)
j'userai de ma vie,
comme l'un de leurs canons.

{au Refrain}

Complainte de nos femmes,
espoir d'enfant martyrs,
qui jettent dans les flammes des lambeaux d'avenir.
Blessures... trop profondes,
pour être pansées,
comme un appel au monde
ou à la liberté.

Regarde de sa main
ce que l'enfant dessine {x5}
le monde de demain
avec la Palestine .

Si la vie m'a mis la c'est qu'elle doit avoir ma peau.


TRYO

1059447 Publié le 14/08/2004 à 18:28 supprimer cette contribution

DANS LES NUAGES


Imagine une enfant en bas âge
Qui se baladerait dans les nuages
Qu’est-ce qu’il verrait de son p’tit âge
Quelle serait la forme de son voyage
Il y aurait sûrement de belles images
Deux trois souvenirs qui s’en dégagent
Et si l’temps tournait à l’orage
Y’aurait sa mère dans son visage
Y’aurait pas de haine et pas d’carnage
Y’aurait qu’l’inconcience de son âge
Quelques bonbecs, quelques mirages
Et l’bonheur
Pour être en phase !


Imagine un Jiang Zemin
Lever les yeux d’sa triste mine
Qu’est-ce qu’il verrait dans l’ciel de chine
Pas plus l’Panchen que l’Tibet libre
Il verrait des milliards d’unités
Une place Tian An Men bien cleanée
Des chars des parts de marché
Et p’t’être Mao pour le guider

Qu’ils dégagent, qu’ils dégagent
Avant l’orage, qu’ils dégagent


Imagine un taliban
Lever les yeux sous son turban
Sûr dans l’ciel bleu d’Afghanistan
Il y aurait plus d’femmes et plus d’enfants
Il y aurait comme un espèce de voile
Un shador noir qui cache une âme
Quelques armées des tonnes de larmes
Planquées dans des nuages de drames


Imagine le pire des présidents
Bush l’américain pédant
Pris dans un court de ses moments
A divaguer au-dessus du vent
Il verrait dans ces gros trucs blancs
Tonnes de pétrole et tonnes d’argent
Mai sûrement pas le visage des gens
Gazés au nom du bon texan
Il se verrait lui le géant
Gérant le plus con des continents
Il savourerait
L’instant présent

Qu’ils dégagent…


Moi quand je regarde dans les nuages
J’vois mon gamin dans un visage
Et suite à la douceur de cette image
Y’a comme une haine qui s’dégage
Voir la beauté de ce présage
Qui pourrait tourner à l’orage
Parce que l’regard de tous ces nazes
N’ira jamais dans le sens des sages !

Qu’ils dégagent…


TRYO



1059447 Publié le 14/08/2004 à 22:24 supprimer cette contribution

Désolé pour hier soir


Réveil matin : 15 heures
J'me réveille comme une fleur
Marguerite dans le Macadam
A besoin d'un Doliprane
Réveil matin : 15 heures
J'me réveille comme une fleur
Ca va les gars bien dormi ?
Pas de réponse tant pis
Putain les gars abusé
Qui c'est qui a fini le café ?

>Oh ça va, ça va ! tu vas Pas nous gonfler

Qu'est ce qui a Guiz ?
T'as quelque chose à me dire?

>Ben hier t'étais pas Bourré

_Ouais, t'étais pire !


Prise de conscience 16 heures
J'fais mine d'aller me coucher
Je mets les mains dans les poches
Refile le cours de ma soirée
Des tickets de carte bleue
Quelques tickets de Caisse
Me font remonter le temps…
…Oh putain ! ma caisse !

>Ta Ferrari n'est pas là ?
>Tu n'las pas prise avec toi ?

-T'as du la laisser au Milieu du parking du macumba !

J'ai la mémoire qui flanche
Et les yeux rouges…

>Et en plus…

*Surprise !

>Dans ton Lit ça bouge

_Sur ce coup la man
_T'as été un homme
_T'as ramené le croisé de Jackie Sardou
_Et D'un Pokémon


>T'as du style, t'as du style
T'as du style héé mon frère !
>Quand tu vois double
Tu ramènes de la bombe nucléaire !


Désolé pour hier soir
D'avoir fini à l'envers
La tête dans l'cul
L'cul dans l'brouillard
Les gars désolé pour hier !
Désolé pour hier soir d'avoir fini à l'envers
Promis demain j'arrête de boire, hier c'était la dernière

*Bon ben salut, on s'appelle

Fille remerciée 17heures
Je provoque une assemblée
J'ai des relents de gin de vodka
De sky et de saké

>T'as l'œil qui part en vrille

Y a des coins dans vos sourires !
On me cache quelque chose !
Qu'ai-je pu bien faire de pire ?

>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !
>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !

Mais je sais pas, rappelez moi
J'me souviens pas les gars !

_Ben, t'étais grave hein ?

>T'as pété ton câble
Souviens-toi

>Hé ho, hé ho !
>T'es monté sur l'chapiteau !

_Accroché au cordage

>T'as failli t'aplatir comme un blaireau !

>Hé ho, hé ho !
>Tu voulais pas redescendre

Quitte à vivre en hauteur
C'est mieux que de se pendre !

Désolé pour hier soir
D'avoir fini à l'envers !
La tête dans l'cul
L'cul dans l'brouillard !
Les gars désolé pour hier !
Désolé pour hier soir
D'avoir fini à l'envers !
Promis demain j'arrête de boire
Hier c'était la dernière…

>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !
>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !


Me voila donc fin prêt
Pour de nouvelles résolutions
Un esprit de sainteté
Dans un super corps de champion
Me voila donc prêt
J'me colle devant la télé
Soupe aux légumes bol de thé
Et qu'on me foute la paix !
Si faut qu'on puisse à ce point
Être mal le lendemain !
Dans son canap'

>Dans ton canap'
On est bien

A quoi bon sortir
Se foutre la guerre ?
Plus jamais j'vous jure
Plus jamais comme hier !

: "hé mali !"

< Hé ho, hé ho!
qu'est c'que tu fais avec ton verre d'eau ?

<C'est l'anniv' à titi
Aller on va se taper l'apéro

: Hé ho, hé ho !

<Aller mali-mali bouge tes fesses !
T'as promis à titi
Il faut tenir ses promesses

Et désolé pour ce soir
Si je finis à l'envers !
Mali, on s'retrouve au comptoir
Titi fête son anniversaire
Et désolé pour ce soir
Si je finis à l'envers
Après celle la j'arrête de boire,
Laissez moi juste la dernière


>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !
>Fallait mani-mani-manier mieux la nuit man !
>Arrête l'alcool tu deviens grave !


TRYO

1177238 Publié le 17/08/2004 à 23:19 supprimer cette contribution
arf!!! un fan!!! Sourire... Toute ma jeunesse...
1059447 Publié le 20/08/2004 à 03:50 supprimer cette contribution


Cabaret Sainte-Lilith


Y a toujours un cinglé au bout de son trimard
Qui se crame les yeux sur un ours en chaleur
Du côté de ces nuits où s'enfuit le hasard
Avec les doigts collés de foutre et de sueur.

Y a toujours en taxi qui se perd dans la brume
Avec une reine morte en pâture aux fantômes
Et de vieux corbeaux rances en marge du bitume
Qui s'en viennent crever au détour de ta zone.

Lilith ! Oh Lilith

Y a toujours un pingouin qui souffle ses poumons
À travers un saxo branché sur du mélo
Et des gosses exilés qui maquillent leurs noms
Sur les fiches-transit d'hôtels hallucinos.

Y a toujours un pigeon qui s'envole en fumée
Dans les couloirs visqueux d'un vieux rêve-agonie
Et des cigares bandants sur les lèvres flippées
De dieux défigurés maquillés par tes nuits.

Oh ! Lilith
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs roussis :
Les dingues de la déglingue
Qui s'flinguent derrière ton zinc
Lilith ! Lilith !
Tu sais comment comment ça jouit,
Les mecs complètements stress
Qui t'réclament aux toilettes
Une p'tite canette, une p'tite fumette,
Une reniflette, une seringuette,
Une bonne branlette
Et puis : ciao... dodo.

Y a toujours une petite frangine qui se noie dans ses nerfs
Au fond d'une arrière-salle d'un vieux boxon crado
Et d'autres qui s'en vont respirer le grand air
Sur une plage à Hambourg, à Belfast ou Glasgow.

Y a toujours un clébard de bar unijambiste
Qui largue ses cachetons dans le W.C. pour dames
Et des gonzes un peu raides au bras de vieilles groupies
Qui dégueulent en riant leur Canigou on ice.

Oh ! Lilith
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs roussis :
Tu marches nulle part à genoux sur mes rames
Avec des souvenirs à tringle du bourrin.
Tu descends le quartier où les mômes jouent aux dames
Et me font voir la came dans le creux de leurs mains
Mais j'ai perdu l'adresse des autres solitudes
À contempler la noille dans les yeux des passants.
Souvent t'en as croisé au bord de l'hébétude
Qui ne pouvaient dormir sans leur dose de sang.

Lilith !
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs finis :
Les dingues de la déglingue
Qui s'flinguent derrière ton zinc
Lilith ! Lilith !
Tu sais comment, comment ça jouit
Les mecs complètement stress
Qui t'réclament aux toilettes
Une p'tite canette, une p'tite fumette,
Une reniflette, une seringuette,
Une bonne branlette
Et pis... ça joue ! ça jouit !


Hubert-Félix Thiéfaine


1059447 Publié le 05/09/2004 à 14:39 supprimer cette contribution

Nyctalopus airline


Au nom du père, au nom du vice,
Au nom des rades et des mégots,
Je lève mon hanap et je glisse
Dans mon scaphandre à nébulos.
Je flye vers la doulce Atlantide,
Allumée dans mes courants d'air.
Je flye vers les chiens translucides
Et les licornes aux cheveux verts,
Et je patrouille dans mon cargo
Chez les ovnis du crépuscule
À collimater mes glaviots
Dans mon viseur de somnambule.
Je flye vers les radars au bar
Qui me montrent la voie lactée
Quand la fée aux yeux de lézard
Me plonge dans ses brouillards nacrés.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.

Au nom du père, au nom du vice,
Au nom des rades et des mégots,
Je lève ma Guinness et je glisse
Dans la moiteur des mélancos.

Je flye vers les parfums tactiles
Et vers l'androgyne ovipare.
Je flye vers l'assassin tranquille
Sous mon sourire d'aérogare
Et j'carbure aux années-lumière,
Mon astronef dans les rigoles,
Mes rétrofusées dans la bière
Pour la liturgie d'la picole.
Je flye vers le chaos caché
Dans les vestiges de ma mémoire
Quand je n'sais plus de quel côté
Se trouvent mes yeux dans les miroirs.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.


Hubert-Félix Thiéfaine


1059447 Publié le 08/09/2004 à 21:09 supprimer cette contribution

Amants destroy


Fille-fleur, sauvage acidulée,
Bouche cramoisie, jupe retroussée,
Scratchée sur la banquette arrière
D'un cabriolet Roadmaster.
Transfert d'orage, émeute sexuelle
Sous la rumeur des immortels,
Quand ses lèvres arrachent un par un
Les boutons de mon 501.

"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Saboter l'œil universel".
"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Faire payer ses grotesques erreurs
Au boss cannibale supérieur."

Travail de nuit, petit matin
Jouissance, violence entre ses seins.
Visage éclaboussé de nacre,
Amour, bagatelle et massacre.
Sur les fusibles du hasard,
Entre les quarks et les quasars,
Elle détruira son teddy-boy
Cunnibilingue et lousy boy

"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Saboter l'œil universel".
"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Faire payer ses grotesques erreurs
Au boss cannibale supérieur."

Hubert-Félix Thiéfaine



1059447 Publié le 08/09/2004 à 21:10 supprimer cette contribution

Bipède à station verticale


15 milliards d'années sont passées
Depuis cette affaire de big-bang.
Vieux singe au cœur fossilisé,
J'ai des rhumatismes à ma gangue.
Avec mon parachute en torche
Et ma gueule de caterpilar,
Paraît qu' je viens d'une catastrophe
Mais les dieux sont pas très bavards.
Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout.
Bipède à station verticale
Parfois... parfois...
J'ai la nostalgie d'la gadoue
Malgré le computer central
Qui veille sur la zoo-clinique
J'suis l'animal bluesymental
Aux vieux relents d'amour gothique.
J'tombe amoureux des éprouvettes
Avec lesquelles je dois flirter
Pour l'usine de stupre en paillettes
Qui garantit mon pedigree.
Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout.
Bipède à station verticale,
La nuit je fouille les no man's lands
Comme un hibou décérébré
Cherchant le message d'un Atlante
Ou la formule d'un initié.
Câblé sur x moins zéro,
À l'heure des infos galactiques,
Je mets mon badge "Ecce Homo"
Et j'suis fier d'être un con cosmique.

Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout,
Bipède à station verticale,
Parfois... parfois...
J'ai la nostalgie d'la gadoue


Hubert-Félix Thiéfaine

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Déplacer des textes de chansons que j’avais mis dans la rubrique mes poèmes Et qui n’ont rien à faire la dedans... Juste pour lire...donc...pas besoins de venir contribuer...Merci à vous ! PS :
juste-pour…