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domi - 417343  Publié le 09/06/2007 à 19:12  Antoine Pol -------------- Ce mec me refile le bourdon... Quel TALENT! Voici juste un extrait qu'il a appelé Les passantes Un vrai bijou. Je veux dédier ce poème A toutes les femmes qu'on aime Pendant quelques instants secrets A celles qu'on connaît à peine Qu'un destin différent entraîne Et qu'on ne retrouve jamais A celle qu'on voit apparaître Une seconde à sa fenêtre Et qui, preste, s'évanouit Mais dont la svelte silhouette Est si gracieuse et fluette Qu'on en demeure épanoui A la compagne de voyage Dont les yeux, charmant paysage Font paraître court le chemin Qu'on est seul, peut-être, à comprendre Et qu'on laisse pourtant descendre Sans avoir effleuré sa main A la fine et souple valseuse Qui vous sembla triste et nerveuse Par une nuit de carnaval Qui voulut rester inconnue Et qui n'est jamais revenue Tournoyer dans un autre bal A celles qui sont déjà prises Et qui, vivant des heures grises Près d'un être trop différent Vous ont, inutile folie, Laissé voir la mélancolie D'un avenir désespérant. A ces timides amoureuses Qui restèrent silencieuses Et portent encor votre deuil A celles qui s'en sont allées Loin de vous, tristes esseulées Victimes d'un stupide orgueil. Chères images aperçues Espérances d'un jour déçues Vous serez dans l'oubli demain Pour peu que le bonheur survienne Il est rare qu'on se souvienne des épisodes du chemin. Mais si l'on a manqué sa vie On songe avec un peu d'envie A tous ces bonheurs entrevus Aux baisers qu'on n'osa pas prendre Aux cœurs qui doivent vous attendre Aux yeux qu'on n'a jamais revus. Alors, aux soirs de lassitude Tout en peuplant sa solitude Des fantômes du souvenir On pleure les lèvres absentes De toutes ces belles passantes Que l'on n'a pas su retenir... Poème d’Antoine Pol Repris par Georges Brassens Découvrant ce poème par hasard et après l'avoir chanté Brassens en fut si ému qu’il voulu connaître l’homme… Il mit bien du temps pour retrouver cet homme et lorsqu’il arriva chez lui, ce fut pour entendre sa femme lui dire : Mais il est mort depuis un an Monsieur… Il aurait apprécié d’être enfin connu par vous… Brassens repartit, Il avait froid.
| domi - 417343  Publié le 09/06/2007 à 20:08  Ne pas croire que POL n'était qu'un nostalgique... Il n'aimait point trop mais 68 Voici un autre petit texte de lui... Que je partage tout à fait. Quel Bonhomme! Petit aperçu d’histoire de France. Par Antoine Pol Nous avons eu la France monarchiste Puis la Révolution dont on connaît le prix, Puis la France bonapartiste, Que suivit à nouveau la France royaliste Avec trois rois qui n’avaient rien compris. Le peuple avait voulut modifier le régime Mais, au bout de trois ans, par un vote unanime, Nous étions bons Pour un second Napoléon ! Ca nous donna « La belle Hélène », Haussmann et une vie allègre et «parisienne». Nopoléon 3 avait dit : « L’Empire c’est la paix! » On eut soixante-dix ! On l’eut subi sans peine,si l’on n’avait perdu l’Alsace et la Lorraine Et paumé cinq milliards extra-lourds pour les frais! La République revint dans la misère Avec des présidents qui n’étaient pas fougueux, on pouvait espérer un sort moins belliqueux. Eh bien, en vingt-cinq ans on s’est payé deux guerres Avec le même partenaire ! En 14 il paraît que nous étions fin prêts Et qu’on pouvait tout se permettre, Comme au temps de Napoleon 3 Il ne nous manquait pas un seul bouton de guêtre ! On avait pour deux mois d’obus C’était juste pour un début Mais ça n’avait pas d’importance Car, affirmaient nos compétences, Un conflit, de nos jours, ne peut durer longtemps… On en a pompé pour cinq ans! La deuxième devait nous mener à Berlin, Ah! Cette fois c’était la bonne ! On s’est retrouvé à Bayonne,à Toulouse, à Tours, à Moulins, Car les français, toujours malins, Avaient pris pour chef Gamelin. Passons sur les quatre ans vécus avec les Boches : Menus avec tickets, soupe aux rutabagas, Ceinture pour le bœuf, le sucre et le tabac ! Essayons d’oublier, car s’était plutôt moche. Le temps passe… L’on est toujours républicain On eut la Quatrième… ensuite la Cinquième. La France est un pays qu’on respecte et qu’on aime On a, grâce à De Gaulle, un prestige certain. Quinze ans se sont passés sans connaître la guerre… Mais la France soudain devient contestataire : C’était vraiment trop beau… Personne n’était content. On se bat presque un peu partout sur la planète, Au Vietnam, en Afrique, au Moyen-Orient. On détourne un Boeing avec un seul truand. Mais chez nous, c’est à croire qu’on regrette Le temps des crapouillots, l’âge des baïonnettes. Les étudiants qui sont, comme vous le savez, Des jeunes gens bien élevés, Sur les flics envoient des pavés. Ils coiffent leur recteur avec une poubelle, Et dans les facultés violent les demoiselles. Les routiers mécontents barrent les grandes routes. Du coup les commerçants excités en rajoutent! Ils vont piller jusqu’aux bureaux des percepteurs. Entre nous, dans ce cas, ce sont des bienfaiteurs Mais, hélas, on ne peut accepter aux Finances Un pareil manquement aux us et convenances. Le mal s’étend! D’après un journal du matin Quatre bébés ont fait la grève de la faim ! Ils réclament des vitamines naturelles Puisées aux sources maternelles, Proscrivent la tétine et demandent le sein. C’est ennuyeux, bien sûr, mais voici mieux encore, Une rumeur surgit comme bombe au phosphore: Il paraît que dans plusieurs maternités Les nouveau-nés, mettent le nez à la fenêtre, Rejettent les forceps et refusent de naître. On suppose qu’ils sont d’avance dégoûtés De l’orientation de l’université Et que, peu soucieux d’affronter Un inutile et vain bachot Ils préfèrent rester au chaud. Certes on peut penser que le gouvernement Va chercher la parade et trouver la formule. Oui, mais, pour le moment, Plutôt que d’être enceinte et gâcher vos ovules, Madame, abstenez-vous… ou prenez la pilule. Antoine pol Géant n'est-il pas?
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