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Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:37  Ho-ho-ho
je suis chargé par xiane pour vous raconter ici les contes de noël reçus ces dernières semaines | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:38  vous mettrez vos commentaires, ici, sur ce fil, à la suite des contes, et si vous voulez en donner une appréciation, de A à J ainsi que suggéré par xiane, vous me l'enverrez, dans ma bal comme ça, le 6 janvier, je pourrais vous dire quel est le conte que les forumeux auront préféré ça vous dit ? en tout cas, d'ores et déjà, je voulais remercier tout ceux qui ont bien voulu jouer le jeu, et aussi leur dire que tous les contes sont superbes et que ça m'a fait très plaisir de les recevoir, de leur part l'année 2004
se termine | 994000 Publié le 20/12/2004 à 05:39  Tu m'étonnes !!! Père noel sans cadeau , n'est pas papa Noel | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:39  alors je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous, ainsi que tout plein de bonnes choses pour l'année 2005 à vous, à votre famille, ainsi qu'à tous vos proches ...
maintenant place aux contes de noël le père noël | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:41  conte n° 1 : Un Noël black and white en Côte d'Ivoire Cette année là, tout se présentait mal, ses finances étaient incertaines, sa famille dispersée, ses amis loin de lui. De passage à San Pédro, à cinq mille kilomètres de chez lui, il côtoyait ceux qui étaient devenus des copains, et leur conversation, qui tournait systématiquement autour de la crise qui agitait le pays ne le satisfaisait pas. Que faire? Il s'en contentait au bistrot entre deux parties de billard. Il fumait trop, buvait trop et manquait de perspectives. Il venait d'avoir quarante ans et pensait qu'il serait temps de construire son avenir, ayant jusqu'à présent vécu au jour le jour, au fil des rencontres et guidé par ses passions. Elle vivait avec sa tante dans une relative aisance et rêvait...Chaque jour, elle rêvait, l'idée de l'amour l'envahissait. Certes, elle connaissait l'amour physique, c'était une curieuse qui avait multiplié les expériences, mais elle supposait pour l'avoir lu que le coeur doit "battre à tout rompre", qu'à la vue de son amour il se pourrait "qu'elle défaille" et qu'elle serait en droit "de jouir et de jouir encore". Rien de tout cela ne lui était encore jamais arrivé. Serait-elle insensible? Oh, elle était encore jeune, un peu naïve et ces idées l'obsédaient. En rentrant chez lui, il avait aperçu à plusieurs reprises cette jeune femme qui était sa voisine. Elle le regardait fixement mais n'éveillait en lui aucun sentiment. Il ne l'aurait probablement pas remarquée si elle ne l'avait dévisagé avec tant d'insistance. Très vite il n'y pensait plus. D'une nature froide, il n'était pas un grand croyant de l'amour, n'en ayant pourtant pas manqué dans sa vie, un peu comme les gens qui, n'ayant pas connu la faim, attachent peu d'importance à un repas ordinaire. La ville était en effervescence, chacun préparait sa soirée et l'on sentait cette tension si particulière propre à la fête de Noël. Elle serait seule chez elle, sa tante ayant rejoint la famille dans un village voisin. Elle ne manquait pas d'invitations chez ses nombreux amis mais elle avait un plan. Cet homme qui ne faisait pas attention à elle, cet homme si gauche, si timide, cet homme qu'elle voyait toujours rentrer seul, cet homme avait fait battre son coeur et elle ne songeait plus qu'à se blottir contre lui, aussi allait-elle l'attendre et le forcer. Piètre soirée en perspective, pas de repas familial, pas de cadeau, pas même de neige! tout cela ne le réjouissait guère mais il avait quand même fait l'achat (une fortune!) de quelques huîtres, d'un peu de foie gras et de deux bonnes bouteilles de vin. Dans la soirée, il était allé à son bistrot habituel boire quelques verres avec les copains et était rentré légèrement éméché et pas si malheureux finalement. Il lui semblait avoir vu sa voisine assise sur le perron de sa maison et il descendait de voiture quand elle vint à sa rencontre. Elle avait perdu les clés de chez elle et lui demandait de l'aider à trouver une solution. Pouvait-il essayer avec ses propres clés? C'était sans espoir mais, sottement, il essaya quand même...sans succès. Il ne pouvait pas la laisser dehors et fut obligé, contraint, forcé, de l'inviter chez lui. Ce qu'elle accepta d'un air faussement contrit et le coeur bondissant. Elle était au salon devant un verre de vin, il ouvrait les huîtres dans la cuisine. A la fois agacé par la tournure que prenaient les événements et troublé par cette présence féminine, il sentait poindre le désir, ce désir brutal du mâle pour une femelle qui a pénétré son espace. Il essaya de chasser ces idées mais lorsqu'ils dînèrent, elle l'amusa par sa répulsion à manger un animal vivant, une huître, et par ses réflexions sur cet excellent pâté, le foie gras. Puis elle le fit rire et il se sentit détendu, particulièrement joyeux et soudainement tendre... Elle se rapprocha finalement de lui et il devint grave. Ils s'enlacèrent puis s'embrassèrent et quand elle prit son sexe dans sa bouche, il ressentit l'émotion du puceau et eût la certitude qu'elle serait sa plus belle histoire d'amour. Elle, en suçant son sexe, fut surprise de ce qui envahit son ventre, cela ressemblait tellement à ce qu'elle avait imaginé et c'était tellement nouveau. Elle pris la décision de l'aimer et de passer sa vie auprès de lui. Une image s'imposa à elle: celle d'un père Noël hilare, souriant toutes dents dehors et dont le visage sombre devenait blanc, recouvert qu'il était par les flocons de neige. | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:41  conte n° 2 : Rêve d'un souvenir de Noël. Noël est là , les enfants jouent avec des branches mortes tombées au sol faute de neige qui depuis quelques années a bien du mal à garnir les trottoirs gris de nos villes et chemins caillouteux de nos villages voisins. Les vérandas ont les volets clos, le gel cours sur les rives et les ruisseaux renvoient par les doux reflets d’un soleil peu partageur , des petits éclats de lumières. Les luges sont restées au grenier tandis que les cheminées se sont mises à fumer nous rappelant la douce odeur de bois brûler que nous aimions tant humer lorsque l’on rendait visite à grand-maman. Non loin d’un tapis de laine rampant sur le sol aux tomettes rougeâtres, se dresse fier de son étoile, un sapin nous offrant sa verdure et son parfum d’aiguilles remonte jusqu’à la sève de mes veines me remémorant toutes ces années ou pour moi Noël fût un conte de fées. Des bougies torsadées fondues dans un pied de cristal, qui pour l’occasion avons ressortis des cartons, ornent la table familiale ou bientôt petits et grands se retrouveront autour d’un couvert de milles couleurs, accompagné d’un joli étiquetage doré afin que chacun trouve sa place. Les fourneaux vont bientôt réchauffer la cuisine , qui par magie deviendra le lieux privilégié de la maîtresse de maison qui devra comme chaque années garnir sa dinde de marrons et napper sa bûche glacée de paillettes colorées afin de voir briller les petits yeux découvreur de ces enfants impatient. Bientôt vingt heure, les premiers invités vont arrivés, madame dans une robe de soirée au bras de monsieur un cigare au coin des lèvres, se disant que puisque c’est Noël pourquoi devoir se priver… Les enfants encagoulés ne prennent pas le temps d’embrasser et cours au pied du sapin illuminé espérant y voir inscrit sur un paquet cadeau leur prénom en toutes lettres. Seulement ce grand géant vert vêtu de boules et guirlandes, se trouve dénudé à ses pieds, les enfants ont bien compris, le père noël n’est pas encore passé et les invités pas tous arrivés. Au fond de la grand-salle se dresse majestueusement une horloge comtoise d’une époque indéfinie tant elle est vieillie par les années passées. A chaque heure, sont tintement résonne et rappelle que dans quelques heures les douze coups sonneront afin de lever en toute amitié le verre des vœux que cette soirée enchantée, nous permet de réaliser . Dans l’excitation, la maisonnée se remplie de ses invités, du nouveau né que l’on viens de baptiser à l’aïeul aidé de sa canne mais qui pour l’occasion s’est levé de son fauteuil usagé afin de faire honneur à ses descendant mais sans l’avouer, espère que petits et grands lui demanderont de leur conté sa vie remplie d’aventures et de déboires mais si bien narrée que chacun à ce jour en rit. La famille est enfin au complet, la dinde crépite derrière le four vitré, les plats sali empilés dans l’évier suffisent à eux même à décorer cette cuisine , qui malgré ce désordre donne un peu de vie à cet endroit si bien ranger en temps ordinaire. Chacun s’attable, les histoires vont bon train, le brouhaha envahi la salle, l’excitation est au plus haut, minuit arrive, le père noël cogne au carreau faute de pouvoir passer par la cheminée ou bûches et brindilles se consumes à l’infini, les petits écarquillent les yeux tel des billes de porcelaine, les cadeaux sont là, ils ont été sage. Un repas en famille, une fête traditionnelle que nul n’oubliera jamais et l’histoire continuera quand les enfants pourront à leur tour, réciter cette veillée à leur futur progéniture. Ce que je vous conte n’est pas un conte, rien de plus réel que ce rêve de Noël, Et en fin de compte tout ce qui compte est de conter ces merveilles à ceux qui compte pour vous. | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:42  conte n° 3 : Il n’était pas question cette année là que les rennes prennent du service ni que le Père Noël pourfende le ciel ... Comment auraient-ils d’ailleurs pu se frayer un passage entre les B29 et les Stuka, pourquoi auraient-ils pris ce risque alors qu’il était convenu, comme depuis toujours en Alsace, que ce serait le "Christkindl"(l’Enfant Jésus) qui allait , avec sa cour d’ angelots, apporter les quelques modestes douceurs que les enfants souhaitaient pour Noël. Modestes douceurs, car en vouloir plus était banni depuis quelques années déjà... non pas oubliées, mais une réalité absente et pourtant espérée, rêvée, soupirée, attendue, autant par les petits que par les grands, les plus jeunes et les plus anciens... Ils étaient là, terrés le jour, veillant la nuit, dans une cave, abri froid qui, en ce mois de décembre 1944, allait pourtant se réchauffer par la magie de Noël, c’était prévu, du moins chez les R. .. Les éclats de lumière , les embrasements, les halos et autres étincelles venaient de l’extérieur, tristes zébrures de bombes dans le ciel, d’obus dans la plaine. Le mystère de Noël allait se retrouver dans la tradition du sapin décoré. Il n’allait pas être très difficile à trouver, il en restait, malgré le carnage, au flanc de la colline. Aller le couper relevait cependant de l’exploit car jour et nuit les combats faisaient rage dans le vignoble. A M. plus encore qu’ailleurs. Marthe, qui se doutait que l’ultime bataille était en cours, ne pouvait concevoir que ses enfants n’aient pas, malgré la peur, la douleur et les sacrifices consentis depuis que son mari était au front, un moment velouté, une éclaircie, un peu de quiétude. Cette nuit là, la lune avait caché ses rondeurs sous une épaisse couche de nuages qui semblaient annoncer la neige. Après s’être faufilée tant bien que mal à travers les ruines, la jeune femme était revenue rapidement , un petit épicéa sous le bras. Il lui restait des pommes rouges, quelques hosties non consacrées, des noix aussi qui dataient de l’été dernier et que les enfants avaient enfilées sur un mince fil de fer après les avoir trempées dans un reste de peinture bleue trouvée dans un recoin de la cave. Malgré la disette, Marthe avait confectionné des gâteaux à l’anis et des étoiles à la cannelle. Quelques bouts de rubans vert et rose allaient compléter la décoration. Sa mère Odile, vaillante octogénaire, n’était pas restée inactive et avait préparé en cachette des cadeaux pour Antoine et Marie ses petits-enfants. Il était préu pour Antoine, 6 ans à peine, un jeu de l’oie qu’elle avait reproduit sur un carton, pour Marie, 8 ans, une poupée en chiffons. Odile occupait ainsi ses mains, espérant oublier son chagrin. Son gendre Albert au front, des petis-enfants privés de beaucoup mais non de l’essentiel, une fille courageuse certes mais préoccupée d’améliorer le quotidien, et surtout... une autre fille, sa cadette, Elisabeth, arrachée d’ici vers là-bas... Ils l’avaient emmenée comme une paria tout simplement parce qu’elle avait crié haut et fort son attachement à sa France natale, là-bas au Struthof, unique camp d’extermination implanté sur le territoire national. Il avait bien été libéré fin novembre par les troupes alliées, mais il était vide à ce moment là ... et aucune nouvelle d’Elisabeth. Pendant les quelques jours précédant Noël, Marthe et Odile continuaient à imaginer et à créer ce petit plus qui allait apporter un semblant de paix , un peu de bonheur, un instant sucré, un moment de répit. Antoine et Marie s’occupaient, se chamaillaient, se réconciliaient, avec la douce insouciance que l’on pouvait accorder à leur jeune âge... La vie continuait, les combats aussi... L’oncle Paul, frère d’Odile, venait chaque jour passer quelques instants avec les femmes et les enfants et ramenait non seulement des nouvelles fraîches mais aussi le ravitaillement. Le 22 au matin son regard était plus sombre que d’habitude : "on va nous évacuer... il faut partir, le village va être rasé. Je viens de croiser le père Gully il m’en a informé... le pauvre a dû abattre son cheval blessé et les deux seules vaches qui lui restaient gisent écrasées sous les décombres." "Il n’en est pas question, s’écria Odile, je reste dans ma maison ". Antoine et Marie, surpris d’entendre leur grand-mère élever la voix arrêtèrent de se taquiner. Cet éclat était plus bouleversant pour eux que tous les fracas de la guerre. Marthe s’approcha de l’arbre de Noël, en toucha la pointe garnie d’une étoile sauvée des dernières canonnades, regarda son oncle et, calmement, lui dit : "nous ne partirons pas". Le vieil homme eut un sourire, hocha la tête et affirma qu’il n’en attendait pas moins d’elles et qu’il allait faire pareil. Ils sont restés, comme d’autres villageois, non pas contre vents et marées, mais contre intimidation , massacre et dévastation. Ils ont eu raison... car Qui donc aurait accueilli Elisabeth, décharnée; en guenilles et malgré cela rayonnante ce 24 décembre au soir, alors que les enfants venaient d’avoir leur modeste présent, que petits et grands entonnaient "Il est né le Divin Enfant", et que la famille, presqu’au complet allait s’attabler . Un repas frugal, bien plus qu’en temps de paix, mais cette nuit là un vrai banquet, relevé de ce sel que l’on ne trouve que dans les larmes de joie. Cette joie a trouvé son apogée lorsqu’Albert est revenu, à la fonte des neiges, et que le village entièrement détruit avait enfin été libéré quelques semaines auparavant. ----- Ceci n’est pas un conte de Noël traditionnel, c’est une histoire vraie , que j’ai adaptée librement et qui m’avait été rapportée par Marthe, un soir de février 1989 alors que je veillais avec elle, dans ce village, pour assister ses habitants, victimes d’une autre plaie, les inondations ... | Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 05:43 conte n° 4 : Les noëls de la petite fille sévère Personne ne semblait l’avoir remarqué mais les Noëls de maintenant ne ressemblaient plus aux Noëls d’avant. La petite fille sévère en était sûre : le Père Noël avait perdu la boule ! Prudemment, elle renonça à lui écrire, déclarant aux parents étonnés que, désormais, elle lui laisserait le choix de la surprise. L’année suivante, il se montra si déraisonnable que, devant les jouets amoncelés, elle feignit l’indifférence. Les grandes personnes déroutées disaient que décidément cette enfant n’était jamais contente, et qu’on ne savait plus comment lui faire plaisir. La petite fille farouche y gagna une réputation de petite fille boudeuse et tout le monde y trouva son compte. Par contre, du côté du Père Noël, ça ne s’arrangeait pas du tout… Il souffrait d’une sorte de folie des grandeurs, chaque Noël surpassant le précédent. Il y eut le sapin le plus grand qui dépassait le plafond. Puis vint le plus étincelant tout en guirlandes et lumières et même le plus blanc dont les rameaux ployaient sous une avalanche de neige artificielle. Au fil du temps, l’état du Père Noël empirait. Les grandes personnes étaient toujours aveugles. Il lançait des ponts, édifiait des immeubles, installait des moulins, il poussa même l’extravagance jusqu’à faire circuler un train électrique au milieu d’une crèche surpeuplée. La petite fille revêche s’en fichait. Elle aimait mieux les crèches d’avant avec leurs collines de papier froissé où chaque santon possédait une place attitrée. Le berger et ses moutons dans la mousse épaisse, la «bugadière» près du miroir cassé, le «félibre» et le rémouleur sur le sable du sentier, «lou Ravi» près de la forêt de lentilles avec sa tête recollée de travers à côté de «Bartoumieu» qui, depuis longtemps, avait perdu la sienne. La petite fille pensive s’obligeait à rester impassible. C’était difficile car pour être sévère elle n’en était pas moins une petite fille. Comble de malchance, elle manifestait déjà un penchant prononcé pour les plaisirs de la fête et un goût précoce pour l’alchimie savante des fourneaux. Parfois, emportée par la gaieté ambiante, elle en oubliait qu’elle était triste. Ici mère, tantes et grand-mère en tabliers s’activaient dans une cuisine dissipée, pouffant comme des collégiennes. L’une arrosait une pièce de gibier, l’autre écumait la sauce qui mitonnait doucement sur un coin de feu, une autre encore retournait d’une écumoire précise des îles flottant sur le lait vanillé… Dans la cuisine de là-bas officiait, toute seule, une imposante aïeule, grande prêtresse de la truffe noire dont un plein panier, calice sur un autel, trônait sur la table. La petite fille en salivait par avance, imaginait la saveur subtile libérée par la cuillère éventrant le couvercle en pâte dorée de la soupière, les croûtons savoureux sous les pissenlits et, dans l’omelette baveuse, les cabochons noirs qu’elle «garderait pour la fin». Ici comme là-bas, au fur et à mesure que l’après-midi avançait, les arômes s’insinuaient dans les maisons en effervescence. Messes basses de couloirs, fous-rires en cuisine, paquets enrubannés entrevus, longues tablées, nappes damassées tombant jusqu’à terre en des cachettes dont les occupants étaient expulsés à coups de «Allez zou, les enfants filez!», cliquètements d’argenterie, éclats de cristaux, crus cramoisis dans les carafes à décanter … Des nuées de cousins énervés se poursuivaient dans les couloirs. Cavalcades de garçons, conciliabules de filles dégénéraient en disputes qu’un «Le père Noël vous voit…» menaçant interrompait à peine. Les hommes empruntés se voyaient préposés d’office à l’installation des rallonges, au renfort de chaises, au choix des vins, à l’ouverture périlleuse des huîtres. Importuns près des fourneaux, houspillés de toutes parts, ils finissaient par se rassembler autour du tapis de cartes. Jusqu’à l’heure où, enfin, s’ouvrait la cérémonie du «gros souper de Noël» dont aucun enfant n’a jamais vu la fin. Aux treize desserts, les plus petits dormaient sur les genoux de leurs mères ou la tête dans leur assiette. Les plus résistants quémandaient des sursis de cinq minutes, jusqu’à tomber d’épuisement. Et leurs sommeils s’enfiévraient de rêves et d’attente… La petite fille sévère, elle, ne voulait rêver qu’aux Noëls d’avant. Il faut dire qu’ils avaient été peu nombreux, quatre ou cinq peut-être. Déjà elle n’en gardait plus qu’une sensation diffuse de bonheur et l’image estompée d’une princesse au sourire grave suspendant boules dorées et papillotes aux branches d’un sapin. Un sapin tout pareil aux autres sapins, une maison toute pareille aux autres maisons, où, près de sa maman, de son papa et des bébés jumeaux tout pareils aux autres mamans, aux autres papas et aux autres bébés jumeaux, vivait une fillette turbulente et rieuse. Mais c’était une petite fille qui avait de grandes oreilles tendues vers l’inaudible jusqu’à percevoir d’infimes dissonances dans le rire clair d’une maman, de grands yeux scrutant l’invisible jusqu’à discerner l’inanité des gestes feints de l’amour finissant d’un papa, et un cœur si grand qu’il devinait l’improbable et, sans le dire, sans même le savoir peut-être, pressentait l’inévitable. Au matin, la maison d’ici et la maison de là-bas s’éveillaient aux piétinements de petits pieds nus. La frénésie déballage inaugurait la fête tandis que les exclamations de joie répondaient aux cris de surprise. Les dînettes s’étalaient sur le tapis, des poupées à peine déballées se voyaient déjà dévêtues, des papas en pyjama construisaient des circuits et des voies ferrées, inséraient des piles, et s’extasiaient sur une nouvelle cravate. Des voitures à pédales et les landaus anglais bousculaient les chaises tandis que les mamans se confondaient en embrassades et remerciements. Alors, la petite fille sévère que rien n’étonnait, sentait son cœur se fermer à la joie. Elle savait au vélo bleu d’ici le vélo rouge là-bas, ici poussette, là-bas berceau, poupée qui marche ici, là-bas une autre parlerait. Il n’y avait plus qu’une petite fille coupée en deux par sa douleur. Ici, elle pensait si fort à ceux de là-bas, là-bas ceux d’ici lui manquaient tant… Alors elle se racontait que le Père Noël était devenu fou. Et qu’il valait mieux croire cela plutôt que de penser que c’était les grandes personnes qui avaient perdu la raison. | 994000 Publié le 20/12/2004 à 05:45 
Citation: Elle, en suçant son sexe, fut surprise de ce qui envahit son ventre, cela ressemblait tellement à ce qu'elle avait imaginé et c'était tellement nouveau. Elle pris la décision de l'aimer et de passer sa vie auprès de lui.
J'ai lu et relu cette partie du texte, comme si je n'attendais que ça!!! Et c'est le Noél de rêve!!! | 994000 Publié le 20/12/2004 à 05:46  Je ne suis plus , c'est tres long tout ça!!!
| Père Noël - 1284813 Publié le 20/12/2004 à 06:15 
(à suivre ...) | 539788 Publié le 20/12/2004 à 06:44  Assez surprennent le premier conte C’est pour les grands enfants
| xiane - 381776  Publié le 20/12/2004 à 06:56  c'est conforme au règlement arielCitation: xiane - 381776 Publié le 23/11/2004 à 13:45 -------------------------------------------- RAPPEL DU REGLEMENT (...) par contre, pas utile que ça soit exclusivement réservé aux enfants ! ça peut être pour adultes, nous sommes entre adultes ! (...)
| 539788 Publié le 20/12/2004 à 07:40  xiane et j’apprécie | 539788 Publié le 20/12/2004 à 07:54 
Citation: Ce que je vous conte n’est pas un conte, rien de plus réel que ce rêve de Noël, Et en fin de compte tout ce qui compte est de conter ces merveilles à ceux qui compte pour vous.
Merci pour cet instant magique | 770362 Publié le 20/12/2004 à 08:07  sympa les contes!!!!!tous différents...et bien écrits!!!Bravo | 539788 Publié le 20/12/2004 à 08:22  conte n°3 On ne remerciera jamais assez ces femmes et hommes qui ont donné de leur vie, pour des jours meilleurs Une pensée pour eux à Noël Merci pour cette histoire
| xiane - 381776  Publié le 20/12/2004 à 08:32 
Citation: sympa les contes!!!!!tous différents...et bien écrits!!!Bravo
franky le père noël a dit "à suivre" alors il y aura d'autres contes mis en ligne, très bientôt  | 539788 Publié le 20/12/2004 à 09:04  conte n° 4 | Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ Sweet-Eden Ƹ̵̡Ӝ̵̨̄Ʒ - 833184 Publié le 20/12/2004 à 09:53  Comme dit franck les contes sont tous bien contés alors vivement la suite car c'est un régale pour les yeux . Merci au père noêl merci à Xiane pour l'idée et merci surtout aux conteurs! | 1151591 Publié le 20/12/2004 à 11:25  Petite curiosité... Xiane combien de contes as-tu reçus? | ♥alibraufinistère - 709689 Publié le 20/12/2004 à 11:53  HUM, le N°4...tout à fait le conte de Noël à l'envers (et à l'endroit quand même) comme j'aime. Je retourne le relire. Dora, tu ne change pas! | ♥alibraufinistère - 709689 Publié le 20/12/2004 à 12:02  Pour le moment je ne vois qu'un seul vrai conte avec une chute heureuse...non? | xiane - 381776  Publié le 20/12/2004 à 13:21 
Citation: Petite curiosité... Xiane combien de contes as-tu reçus?
vous saurez à la fin !!! | 1174956 Publié le 20/12/2004 à 13:31  Beaucoup d'émotions dans ces contes | 1290348 Publié le 20/12/2004 à 14:37  J'ai pas pu finir le mien Pas eu le temps ! Pourtant, il ne restait pas grand-chose... quelques corrections à apporter, et la chuuuute (splasshhh !! )à terminer !! J'suis désolée... mais contente de pouvoir lire des textes magnifiques ! J'avais pas fait mieux, et, à vrai dire... chuis même plutôt contente de ne pas avoir envoyé le mien, du coup !! à tous et surtout à Xiane pour son excellente idée
| 1014312 Publié le 20/12/2004 à 14:49  Pas mal les contes surtout le 1er, et la suite seront-ils meilleurs. A+ Malika. | 519142 Publié le 20/12/2004 à 14:52  Touchée par le conte 3 | p_carlow, irish_frog - 913080  Publié le 20/12/2004 à 15:15  idem Normal: c'est une histoire vraie... | 519142 Publié le 20/12/2004 à 15:36  mon ami le poisson | p_carlow, irish_frog - 913080  Publié le 20/12/2004 à 15:37  °°<°)))>< |
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