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Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:16  Ho-ho-ho
comme en 2004, en 2005, en 2006, en 2007, en 2008, et comme / l’an passé je suis ici pour vous raconter les Contes de Noël reçus ces dernières semaines | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:17  vous mettrez vos commentaires, ici, sur ce fil, à la suite des contes, et le conte que les affectionnautes auront préféré sera désigné par "acclamations virtuelles". Alors ? ça vous dit ? en tout cas, d'ores et déjà, je voulais remercier tous ceux qui ont bien voulu jouer le jeu, à savoir : alex claude henry dechasnay - 2719517 (auteur du conte n° 4) bénédicte - 2728085 (auteure du conte n° 5) Fanfan - 1806855 (auteur du conte n° 10) FRANK - 770362 (auteur du conte n° 3) Gladys - 835521 (auteure du conte n° 8) Judas - 2727120 (auteur du conte n° 2) Rosalena - 2644570 (auteure du conte n° 1) ♠Sôfie - 2424038 (auteure du conte n° 6) Trazi - 826035 (auteur du conte n° 9) xiane – 381776 (auteure du conte n° 7) et aussi leur dire que tous les contes sont superbes et que, comme les années passées, ça m'a fait très plaisir de les recevoir et de vous les proposer, de leur part | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:19  cette année, vous aurez 10 contes à découvrir et à savourer  | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:19  l'année 2010
se termine | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:20  alors je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année à toutes et tous, ainsi que tout plein de bonnes choses pour l'année 2011 à vous, à votre famille, à tous vos proches, en bref, à tous ceux que vous aimez...  | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:20  Une spéciale dédicace à ceux que nous aimons, même s’ils ne sont plus parmi nous : nyotta, al1n, my lady, LILI, jean-marc la grenouille, bass notre petit frère à tous, et puis d’autres, encore… vous nous manquez !  | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:20  mais maintenant place aux contes de noël le père noël  | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:21  conte n° 1 Il était une fois… un petit garçon qui rêvait d’avoir un papa. Ce petit garçon était issu d’une famille disparate et d’une histoire qui s’était terminée avant sa naissance. Tout petit déjà, il montrait des dispositions pour l’aventure et bricolage en tout genre. Curieux, intelligent et d’une grande sensibilité, il explorait volontiers le monde qui l’entourait et parfois… jusqu’au danger. Il cherchait ses limites et celles des autres. Sans doute, les conditions de sa naissance ont favorisé une certaine tendance à l’excès et la désobéissance ainsi que la capacité d’éprouver ses limites et la patience des autres ! sourire C’est un garçon en bonne santé et d’une vigueur quasi inépuisable qui vit tranquillement, si l’on peut dire, au sein de sa famille. Une famille hors normes où l’on ne manque de rien, ou presque. En effet, ce petit garçon est né avec une maman qui l’aime, une grande sœur et un frère atypique qui l’entourent tant bien que mal… mais il lui manque quelque chose, ou plutôt quelqu’un. Il cherche depuis quelque temps déjà, celui qui lui donnera vraiment l’impression d’exister et qui lui servira de modèle : Un père. Ce père, il a déjà tenté de le trouver… parmi les hommes qui ont eu l’occasion de frapper à la porte de chez sa maman. Il a essayé de le trouver tout seul en ouvrant cette même porte, sur un coup de tête en disant à sa maman « je vais chercher mon papa ! » ou en appelant le livreur (ou le facteur) « papa ». Comme tous les petits garçons, n’importe quel homme fait figure de « papa » quand on les voit, n’est-ce pas ? Même son grand-père maternel aurait fait l’affaire ! Son tonton également… mais on ne peut s’approprier ce qui n’est pas. Du moins, l’image ne dure pas. Les années ont passées et ce petit homme a grandi parmi les siens et les différentes images de « père » qu’il a pu rencontrer, y compris celle de son véritable géniteur. Malheureusement, ce n’était que des rencontres « éphémères » qui n’avaient pas lieu d’être ou de durer. Cela n’a pas empêché la famille d’évoluer et continuer son chemin, tant bien que mal. Les bons moments ont effacé certains manques et au fil du temps on se fait une raison, parfois. Les joies et les peines étaient malgré tout partagées avec entrain. Un jour, pourtant, malgré les apparences, une image a duré… plus longtemps. ON n’est jamais sûr de rien mais l’espoir a commencé à poindre du côté du petit garçon. Peut-être que cette fois, il allait avoir un « papa » ? Sait-on jamais ce que la vie nous réserve et les prédispositions qu’ont les gens que l’on rencontre d’adhérer ou partager nos envies ! Une année a passé et l’image du père semblait rester, sans pour autant s’annoncer de façon claire. Un premier noël est passé, une première présence… et une seconde avec un peu plus d’espoir et d’affection l’année suivante. Le temps a passé et le petit garçon a vu et vécu ce qu’un père et un fils peuvent mutuellement se donner. Lui qui n’avait pas de père, il a finalement rencontré un homme qui n’avait pas d’enfant. Un enfant sans père, un homme qui n’avait pas pu avoir d’enfant… Mais qui peut dire comment une histoire peut continuer ou se terminer et de quelle façon ? Personne. Sa maman était bien incapable de lui promettre quoi que ce soit et elle avait plutôt appris à prendre la vie comme elle vient, avec le bon comme le moins bon. Un jour, le petit garçon a tenté d’appeler « papa » cette image du père qu’il avait en face de lui. Pas de chance, celui-ci n’était pas disposé ce jour là et le remit promptement à sa place, par peur de le tromper… On blesse si facilement ceux qui nous entourent, sans s’en rendre compte. L’attente n’était pas encore finie… avec du temps et de la patience, peut-être ? En tout cas, il a essayé de toutes les manières possibles d’attirer l’attention sur lui, quitte à se mettre en danger, le coquin ! L’affection faisait aussi partie de ses marques d’attention, On ne nait pas garnement sans au moins une once de malice mais aussi de tendresse… à partager. La vie a continué, les années ont passé et nous arrivons maintenant à la fin de celle qui va sans doute être déterminante dans la vie de ce petit garçon. On ne peut pas éternellement faire attendre le cœur d’un petit conquérant, n’est-ce pas ? Sa maman et celui qui partageait sa vie estimaient également qu’il était temps de prendre une décision et pourquoi pas accepter un compromis raisonnable pour démarrer une nouvelle vie. Patience, persévérance, courage et détermination ! Aller de l’avant, tourner la page, prendre des décisions… dans et pour la famille, on sait faire, quand on veut vraiment. Cette année en effet, sous le sapin et quel que soit l’endroit, le père noël va sans doute accéder à l’un des désirs les plus chers à ce petit garçon. Il a maintenant pris l’habitude d’avoir régulièrement l’image et la présence d’un père qu’il peut appeler « papa » sans que cela dérange qui que ce soit. Bien sûr, rien ni personne n’est parfait et l’enfant le sait bien. Tout ce qu’il souhaite, c’est vivre avec sa maman et avec un papa, SON papa. Un papa qui a décidé que c’était lui qu’il voulait pour fils, comme le petit garçon a décidé que c’était lui qu’il voulait pour papa. « Joyeux noël mon fils, l’année prochaine papa et maman vont se marier et nous allons vivre dans une maison que nous allons choisir ensemble, comme une vraie famille ». Tu auras officiellement et définitivement un papa à toi, rien qu’à toi. | Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:21  conte n° 2 Personne n'est parfait, surtout le jour de Noël Il était une fois un Père Noël qui vivait au Pôle Nord. C’était Noël, alors ses nains faisaient des milliers de cadeaux pendant que lui, comme chaque fin d'année, consultait le site Affection pour chercher à quel affectionnaute il allait livrer le cadeau cette année. Le Père Noël choisi alors l' "être des bois", mais il ne savait pas où il habitait. Alors le Père Noël alla vers son ours pôlaire qui lui expliqua : - Voilà... Pour aller chez l' "être des bois", tu passes par l'Islande, tu descends direct jusqu'à la Perfide Albion et ensuite... - Euh...Perfide Albion ??... - L'Angleterre si tu préfères tête de bite ! - ... - Mouai...bref, ensuite tu prends l'Eurotunnel. - Eurotunnel ? - Oui, c'est un tunnel de 50 kilomètres construit sous la mer qui part de Folkestone au sud-est de l'Angleterre et qui rejoint Calais au nord de la France. En fait c'est un train qui passe dans le tunnel, tu vois ? - Ouai mais je préfère prendre le bateau, ça me rassure pas trop ce long tunnel sous la flotte. - Bon ! tu veux le livrer à temps ce cadeau oui ou ?! - Ben....oui - Alors ferme ta bouche et écoute moi. Tu prends le tunnel et quand tu arrives à Calais tu prends le train direc..... - Euh... comment j'fais avec mon traineau dans l'train? - Tu te dé s mon grand ! ........Oh la laaaa le boulet ce mec ! Bon je continue, tu prends le train direction Paris. - De calais j'préfère y aller en traineau en fait. - Comme tu veux. Alors à ce moment là de Calais tu prends l'échangeur entre l'A13 et l'A28 et ensuite direction Caen. - Oh la la.... - quoi oh la la ? - Je sens que j'vais m'paumer moi avec toutes ces autoroutes.... - Mais non trou du cul c'est indiqué sur des pancartes. Donc quand tu arrives à Caen tu prends direction Bayeux, puis de Bayeux tu prends la route nationale 172 pour Saint-Lô. Fais gaffe il y a de la neige sur les routes là-bas. - Ch'uis en traineau..... - Oui c'est vrai, excuse moi. - Pas grave, y a pas mort d'homme. Le Père Noël y alla. Il suivit toutes les instructions de l'ours. Vers 1h30 du matin le Père Noël arrive chez l' "être des bois". Il escalade la façade de l'immeuble pour accéder à la cheminée. Il s'engoufre alors dedans et commence à descendre. Manque de pot elle est bouchée, il faut remonter : - Putain d'cheminée à la con. Arrrfff c'est dégeulasse en plus ! Sorti de la cheminée, le Père Noël redescend et s'avance vers la porte d'entrée de l'immeuble : - Meeeeerdeuuuuuuu un interphone ! M'en fout j'appelle. - tut tut tuuut tut tuuuuuuuuuuut (j'ai trouvé que ça pour faire l'interphone) : - Ouai.....qui c'est ? - Oh oh ooooh C'est l'Père Noël ! - Qui c'est ??! Tu t'fout d'ma gueule mec ? - Nan nan j'vous assure c'est bien moi le petit papa Noël qui descend du ciel pour distribuer des cadeaux par milliers. - Ecoute-moi trou du cul il est 3h00 du mat' et si tu ne vires pas tes bottes de devant mon immeuble j'te parfume la barbe à coup de lacrymogène, ok ? - Mais j'ai un cadeau pour vous "être des bois" !!! - Pourquoi tu m'appelles "être des bois" ?!! - Je vous ai choisi sur le site Affection pour vous livrer votre cadeau de Noël oh oh ooooh ! - Ecoute blaireau, je ne sais pas qui tu es mais barre toi vite fait, c'est un conseil. - Vous ne voulez pas ouvrir votre beau cadeau ?! - Attend j'arrive . - Oh oh ooooh L' "être des bois" s'habilla, enfila ses Doc Martens, se saisissa de son spray d'autodéfense et alla à la rencontre de ce soi-disant Père Noël : - Alors quoi, y a un blème ?! - C'est moi, je suis le papa Noël oh oh ooooh ! - Pffff t'es SDF c'est ça ? tu veux de l'argent, tu veux à manger ? - Nannnnn je suis le papa Noël et j'ai un gros cadeau pour l' "être des bois" oh oh ooooh ! - Putain tire toi au j'te pulvérise ma bombe dans ta p'tite gueule à barbe ok ?!!! - Oh la laaaaaaa pourquoi tant de haine ?! je suis le papa Noël et je ....PCHIIIIIIIIIIIITTTTTTTTTTTT L' "être des bois" pulvérisa le faciès du Père Noël avec sa bombe lacrymogène : - AAAAARrrggggggghhhhh (crie le Père Noël) - Ah aaaaaaah on fait moins l'malin maintenant hein Père Noël de mes s ? - Je ne suis pas le Papa Noël de vos s, je suis le Papa Noël du Pôle Nord !! (s'exclame en gémissant le Père Noël) - Tsss ouai c'est ça fous-toi de ma gueule en plus. - Mais non "être des bois", j'vous assure je suis bien le papa Noël de l'hémisphère Nord et je viens vous donner votre cadeau ! - Je m'appelle pas "être des bois" abruti ! - ??..... - Bon donne-moi ton cadeau et tire toi sale chiotard sinon il va y avoir un meurtre. Le Père Noël donna le cadeau à l' "être des bois" et se sauva illico presto. De retour au Pôle Nord il alla retrouver l'ours : - Alors Père Noël, la livraison s'est-elle bien passée chez l' "être des bois" ? - Arrf c'est une vraie brute sanguinaire, complètement fêlé ce type ! Compte pas sur moi l'année prochaine pour livrer un cadeau chez un membre d'Affection, tu fileras l'boulot à Jean-Claude. Affection c'est terminé !! déjà que l'année dernière j'ai dû livrer l'énorme godemichet à Eve Anne Et Sens, j'ai fini la nuit attaché sur son lit avec son cadeau dans l'cul et j'te raconte pas celui de xiane et celui de Thal à l'odeur suspecte. Ils sont tous tarés sur ce forum ! Le lendemain matin, l' "être des bois" ouvre son cadeau : - Oooooooh une jolie paire de mocassins à glands !!!
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:22  conte n° 3 Pop-Pop Coralie retournait dans ses mains depuis près d’une heure le petit paquet au papier doré. Deux ans qu’il attendait là, sur l’étagère du bureau. Noël 2008.Un noël jamais fêté... Ni celui de l’année d’après. Stan était mort le 13 Décembre 2008, un Samedi. Une rupture d’anévrisme avait dit le chirurgien, à 6 ans, c’était rarissime avait-il ajouté d’un air contrit. Louis l’avait juste embrassée sur le front en lui disant d’être forte et il avait quitté l’hôpital. Ils ne s’étaient plus parlés depuis. Louis avait demandé le divorce début Janvier 2009. Il lui avait laissé une longue lettre avec les papiers de l’avocat. Elle l’avait lue sans en comprendre les mots : « notre fils », « trop de douleur », « impossible de te voir sans penser à lui », « partir », « mourir », » pardonne-moi », « c’est trop dur »…bien sûr il n’avait rien fait d’irréparable ,il s’aimait trop. Elle savait depuis quelques mois qu’il avait refait sa vie avec sa maîtresse, Julie, une de ses bonnes amies. Et ce jour, le 19 Décembre 2010, quand en rangeant les affaires de son père disparu, deux jours plus tôt, elle avait trouvé le paquet, elle s’était trouvée mal. A cause du petit mot griffonné sur le papier doré : « Pour mon petit Stanley ». Elle avait perdu à deux ans d’intervalle, les deux personnes qu’elle chérissait le plus : son fils et son père. Coralie finit par ouvrir le cadeau, elle pleurait sans bruit. Elle savait ce qu’elle découvrirait : une petite boîte blanche en carton renfermant la meilleure vente depuis des années de la « Droguerie de marine » : la réplique d’un remorqueur New-Yorkais. Le bateau à moteur Pop-pop. Ces larmes redoublèrent. Sur l’emballage désuet imprimé en noir et rouge, elle caressa de ses doigts la photo floue d’un marin assis sur une caisse et regardant au large avec une paire de jumelle. La silhouette de son père. Il racontait souvent en riant comment il s’était déguisé en « marin d’eau douce »-lui qui n’avait jamais mis les pieds sur le pont d’un bateau- pour les besoins de la photo en 1967, l’année de la naissance de Coralie. Gaspard Gloanec, son grand-père qu’elle n’avait pas connu, avait fondé La droguerie de marine à Saint Servan, au cœur des ports malouins et son père Paul Gloanec avait repris l’affaire familiale au début des années 70. C’est Louis, son ex mari, qui prit la suite début 2007, quand Paul choisit de se retirer suite à une alerte cardiaque. La deuxième crise lui fut fatale. Elle sortit le petit bateau en fer blanc de la boîte, elle souriait sous ses larmes. C’était elle, quand elle avait dix ans, qui avait soufflé l’idée à son père d’ajouter des petits dessins pour que le remorqueur sobrement peint en noir et rouge soit plus joli. Paul lui avait demandé de le décorer comme elle le voulait et ses petits ajouts maladroits : une étoile blanche sur la cheminée, des cornes de brumes sur le dessus, des petits personnages apparaissant aux hublots du poste de pilotage, des petits points blancs sur le pont noir et cette décoration d’une enfant de 10 ans avait été dupliquée sur tous les bateaux Pop-pop qui sortaient de l’atelier et qui étaient expédiés dans le monde entier. Coralie sécha ses larmes, remit le petit remorqueur dans sa boîte qu’elle glissa dans l’emballage doré. Elle ouvrit la grosse enveloppe postée des Etats-Unis qui se trouvait sur le bureau, elle avait du arriver pendant que son père était aux urgences. Elle contenait un contrat d’une vingtaine de pages dactylographiées en Français et en Anglais, elle survola les termes juridiques. Louis avait cédé les 35% des parts de la « Droguerie de marine » à une compagnie d’accastillage de Floride. Louis avait toujours su mener ses affaires à la perfection. Quand elle l’avait rencontré, il venait de prendre la direction du service export de la société familiale. Paul adorait Louis, il l‘avait poussé gentiment dans les bras de sa fille et lui avait laissé les rennes de l’entreprise. Louis avait fait du bon boulot, Il avait implanté la production des bateaux pop-pop et des autres produits en Inde et avait transformé le vétuste atelier du sous-sol de la boutique de Saint-Servan en musée. Les touristes visitaient le musée et achetaient de petits souvenirs en ressortant par le magasin. Mais c’est le site internet qu’il avait mis en place, et que Coralie gérait, qui avait boosté les ventes. La « Droguerie de Marine » vendait dans le monde entier. Coralie ne savait que penser. Elle était soulagée d’être complètement débarrassée de Louis mais elle se sentait incapable de gérer la société familiale. Elle arrivait à la dernière page, les signatures des deux parties…quand elle vit, au dessus du paraphe, le nom du président de DEF (Deck Equipment of Florida) elle crut mourir. Paul Valmont. Paul… Elle ne pouvait détacher son regard de ce nom. Elle se sentait si lasse, presque morte. Coralie respira profondément pour calmer son émoi, elle était au désespoir, affligée d’une tristesse incommensurable. Elle se leva et gagna la fenêtre qu’elle ouvrit. La nuit tombait sur les ports de Saint-Malo. L’air frais et salé lui fit du bien, de petites lumières dansaient sur la mer, un canot remorqueur partait au loin…on entendait à peine le pop-pop de son moteur. Elle continua sa lecture, il ne restait qu’une dernière page Une note manuscrite de Paul Valmont-ce nom !- indiquait qu’il serait à Saint-Malo le 20 Décembre pour visiter la boutique. Il avait ajouté à l’attention de son père : « entre « Pauls » nous devrions nous entendre, et, comme vous le savez, mon arrière grand-père était malouin, un pirate !». Il arrivait demain, le jour où on enterrait son père, son Paul à elle. C’en était trop, elle attrapa le cadeau au papier doré et le jeta de rage par la fenêtre restée ouverte. Elle voulu déchirer la grande enveloppe avec le contrat mais ses forces la trahirent et elle s’écroula par terre. Elle pleura comme jamais, elle cria de toutes ses forces, puis, épuisé elle resta sur le sol, gémit encore un peu et finit par s’endormir, saoulée de fatigue. Pendant la cérémonie à l’église, elle avait gardé les yeux baissés, derrière ses lunettes noires. Elle s’était levée puis assise selon le déroulement de l’Eucharistie. D’une façon mécanique. Elle était seule au premier rang. Elle n’avait plus personne, plus de famille. Même Louis n’était pas venu –« tant mieux qu’il crève ! »-pourtant l’église était pleine et il y avait foule dehors. Elle l’avait constaté quand elle était sortie derrière le cercueil. Elle se tient droite devant le trou. Le cercueil sombre est posé au fond. Elle a toujours la tête baissée, ce trou l’attire. Elle voudrait y entrer, s’y enfouir, pour toujours. Rejoindre son père et son petit Stan. Des larmes reviennent, elle croyait les avoir épuisées. Elle entend vaguement des « condoléances », elle serre des mains, des centaines de main et ces « condoléances » qui font comme un bourdonnement incessant et encore, des mains. Des mains gantées, des mains poilues, des mains moites, des mains d’enfants…toutes ces mains froides, elle a si froid …oui, sauter dans ce trou et disparaitre à jamais. « J’arrive mon Stan, attends moi Papa ! ». « Condoléances, ‘ondoleances, ‘doélance, léance.. léances ... sssssssssss ». Elle tombe ou bien elle saute, elle ne sait pas. Elle entend des cris, des gens s’agitent, des mains-encore des mains- se tendent. Quelqu’un tire sur son bras… « Trop tard », se dit-elle, elle a plongé dans le noir : « Stan mon bébé, Papa , j’arrive ! » « Pop-pop-pop-pop ». Elle rêve ou elle est morte. Pop-pop-pop-pop. Elle entend le bruit du bateau, si proche et elle sent l’odeur de la bougie qui le fait avancer ; « pop-pop-pop-pop ». Elle ouvre les yeux, elle reconnait les dorures du plafond. Elle est allongée sur le canapé du salon, chez son père, chez elle dans la grande maison familiale qu’elle n’a jamais quitté. Elle tourne la tête doucement. Pop-pop-pop-pop. Le bateau tourne dans une bassine. L’enfant le regarde et rit. Coralie se redresse. Elle voudrait crier, elle n’y arrive pas. A peine un murmure : « mon bébé…mon bébé ». L’enfant se retourne. Ce n’est pas lui, elle croit devenir folle quand elle voit à ses pieds la boîte ouverte et le papier doré. « Donne-moi ça » ! hurle-t-elle. Elle est debout devant l’enfant qui ouvre de grands yeux. Des bruits de pas, un inconnu arrive en courant de la cuisine, sur ses talons elle reconnait le Docteur Briand, leur médecin de famille. - Que se passe-t-il ? demande l’inconnu en regardant tour à tour l’enfant et Coralie. -It’s my boat, Dad, you gave it to me! -Je me fous du bateau ! Coralie s’approche de l’enfant et lui arrache des mains le papier doré. L’enfant recule en tenant fermement contre lui le bateau et la boite vide en carton. -It’s my boat, Dad, répète-t-il avec des sanglots dans la voix -It’s ok Stan, dit l’homme et il se retourne vers Coralie qui presse sur sa poitrine le papier doré en balançant sa tête de droite à gauche. -Excusez-le Madame Gloanec, j’ai trouvé ce paquet par terre, devant votre boutique et, comme vous dormiez, j’ai donné la permission à mon fils de jouer avec le bateau. Il y avait son nom sur le paquet, je pensais que votre père avait eu cette attention. Il savait que je viendrais avec mon fils, nous nous étions parlés au téléphone la veille de…son accident. Toutes mes condoléances, à propos, je n’ai pas eu le temps de vous les présentez. Vous étiez en train de tomber, j’ai juste eu le temps de vous rattraper par le bras. Il fallut du temps à Coralie pour se calmer. Elle avait encore dormi toute la journée du 21 Décembre. Parfois elle se réveillait, elle regardait autour d’elle. La bassine, l’enfant, le bateau avaient disparu du salon .Elle entendait à peine le « Pop-pop » qui venait de la cuisine couvert par le son étouffé des voix du Docteur Briand et de l’homme, de Paul Valmont. J’aime cette voix, se disait-elle avant de replonger dans le sommeil. Il a fallut du temps à Coralie. Des heures entières, la nuit, dans la cuisine à pleurer, à raconter à Paul combien elle aimait son Stan à elle, et son Paul. Deux nuits entières à pleurer dans ses bras. Il disait qu’il comprenait, la mère de Stan était morte quand il avait deux ans…et il pleurait aussi avec elle, contre elle, tout contre elle. Ils s’étaient installés dans une chambre du haut. Elle avait insisté. C’est le matin, le 24 Décembre. Coralie est retourné dans le bureau de son père, au-dessus de la « droguerie de marine » .Il neige, elle regarde les gens pressés, qui entrent et sortent du magasin avec des paquets, elle reconnait les petits formats des boîtes de bateaux Pop-pop dans leur papier doré. Elle tient le sien contre son cœur, la boîte est un peu molle, le papier est froissé mais on y lit encore l’écriture de son père : « Pour mon petit Stan ». Elle se retourne, Paul est là, il la regarde en souriant. Elle a encore des larmes au bord des yeux mais elle lui rend son sourire et parvient à dire, la voix noyée par les sanglots qu’elle retient : -Tu vois, on a bien fait de faire un sapin, deux ans sans Noël, c’est long. Puis elle lui tend le paquet au papier doré : - Tiens, voilà déjà un cadeau. Pour Stan.
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:22  conte n° 4 noel c'est noel Aldemar marchait depuis deux jours maintenant depuis le village du guelgred dans les montagnes du zagroz. La neige tombait molle et collante. La mule avait la marche pesante et la tète basse. il devait réussir a passer le Gash el Mastan ce qui le conduirait vers Ispahan. Sa jeune femme étendue sur la litière derrière l’animal était recouverte de peaux et de fourrure, elle ne se plaignait pas. Il avait les membres un peu engourdis et murmurait les poèmes de Hafiz de Shâmlou « Allons ! Faisons jaillir des fleurs, versons du vin délicieux, Crevons le plafond de l’Univers, entamons de nouveaux desseins. Si la tristesse rassemble ses troupes pour verser le sang des amoureux, Moi et l'échanson, nous nous allierons et éradiquerons ses essaims ! » Les femmes de guelgred avaient bien senti que cet accouchement se passerait mal, le pronostic était critique, l’enfant se présentait par le siège. L’hiver avait isolé les vallées, et Aldemar avait décidé de tenter le passage par la montagne. Le deuxieme jour de marche sa femme ne se plaignait plus, il était inquiet. Aldemar Bakthyaris , s’était marié l’année dernière ,il avait travaillé dix ans pour ça au Liban , et il avait beaucoup demandé un fils a dieu.. « Que signifie donc la miséricorde du pardonneur ? Le chaste choisit le vin du paradis, et Hafiz coupe les fleurs, Dans cette affaire, laquelle est la volonté de Créateur ? »..la nuit tombait.. Le sergent des forces spéciales Gutierrez, était en mission « under cover » , depuis huit semaines dans la région, avec 4 hommes .. quand il a été prévenu par « l’observer » que quelque chose montait sur le chemin en lacet..Ce n’était pas un véhicule, et on entendait une voix. D’un geste il plaça ses hommes de part et d’autre du chemin et fit faire le silence. L’homme déboucha recouvert d’une houppelande suivi d’une mule avec un attelage.. un rapide scan infra rouge lui indiqua 2 personnes .Parfait pour un interrogatoire. il commanda le "stand bye". Aldemar crut voir surgir le diable habillé de blanc des bas cotés. On l’immobilisa. En lui intimant l’ordre de se taire. Le sergent découvrit une toute jeune femme enceinte inanimée avec du sang séché sur les cuisses. Le diagnostic n’était pas compliqué a faire. Personne ne parlait seul les arbres chuchotaient dans la nuit noire..par geste le sergent demanda au caporal Corby, infirmier de 2eme classe dans le corps des marines d’agir sur la femme..ils se dirigèrent vers une petite clairière qui leur avait déjà servi d’abri.. Quinze minutes plus tard , on entendit le cri déchirant du nouveau né, extrait par une césarienne improvisée, la jeune femme sedatée fut placée sous perfusion de campagne, replacée avec le nourrisson dans l’attelage.. l’homme libéré, et le doigt sur la bouche le sergent fit comprendre a l’homme qu’il devrait se taire.. Aucun mot n’avait été prononcé Aldemar acquiesça de la tète la main posée sur son cœur..et repris la descente vers guelgred, des larmes dans les yeux. « Voici l’aube, dégustons un instant de ce vin, plein de rougeur. Faisons voler en éclats ce verre de l'honneur-déshonneur. Laissons tomber nos longues ambitions. Effleurons la harpe et la longue toison. » Le 25 décembre 2009 une petite fille était née dans les montagnes du zagroz… ce fut une belle nuit de noël pour le commando du sergent Gutierrez..rien ne figurerait sur son rapport journalier
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:23  conte n° 5 Guillemette Quelques maisons s’agrippent aux rochers de la vallée plantée de châtaigniers. Aux sources qui dévalent les drailles et à l’or des genêts qui a explosé au printemps a succédé le mauve des bruyères ; puis la nature toute entière a semblé prendre feu avant que n’arrivent les premiers frimas. Ce soir un vent glacial souffle avec force sur le petit village. Ici, sur les toits de lauze, la neige poudroie et s’envole à chaque rafale ; là elle s’accumule en congères sur les murs de pierre. Des cheminées de chaque maison sortent des volutes épaisses. Guillemette s’est assise près de la Mamette ; elle aime beaucoup sa grand-mère dont les cheveux blancs sortent de sa cagnotte dentelée. C’est elle qui la défend lorsqu’elle fait les bêtises que l’on fait à son âge. Guillemette n’a que douze ans. Petite, toute fluette, son visage est piqué de taches de rousseur. Un tout petit nez à la retrousse lui donne un air malicieux. Après avoir mangé une soupe de légumes, du lard et un peu du fromage de leurs chèvres, la famille s’active tandis que le grand-frère de Guillemette est allé chercher dans la clède des bitches de châtaignes.. Le grand-père s’assied dans le seul fauteuil de la pièce ; les deux mains appuyées sur sa canne, il tremble de tous ses membres. Ce sont là les deux membres de la gente masculine de la maison. Il faut vous dire qu’en cette veillée de Noël 1917, les hommes sont tous au front. Trois femmes aussi sont présentes dans cette grande salle. La mère de Guillemette qui porte un devantier noué dans le dos, et qui s’affaire près du feu ; sa tante quant à elle dessert la table et s’active près de la pile à faire vaisselle tandis que la femme de son parrain l’essuie. Et puis toute la famille se retrouve, les mains occupées à ôter la seconde peau des fruits. Et l’on parle des souffrances que subissent nos soldats dans la boue des tranchées, du gaz moutarde, de la fin de cette guerre, de leur absence qui se fait de plus en plus sentir dans l’économie familiale, le grand-père étant trop âgé et le frère trop jeune. Pendant ce temps là le premier panier vient de se terminer. Ils attaquent la seconde corbeille d’osier, quand la maman sort de sa poche de devant la dernière carte postale reçue la veille. Papa demande, aux enfants d’être sages et de bien aider à la maison, leur dit que la guerre ne peut plus durer encore longtemps et qu’il sera bientôt rentré. Il y a quelques lignes pour son épouse qu’elle garde pour elle seule mais ses joues s’empourprent. La femme de son parrain, elle aussi sort une carte postale. Il est dans les cuirassiers ; d’ailleurs un daguerréotype le représente le buste enfermé dans sa cuirasse et tenant son casque à crinière à la main. Et là, c’est Guillemette qui rougit lorsqu’elle entend : Ce Noël, Guillemette, aura une surprise de son parrain. De quoi pouvait-il bien s’agir ? Dans son sabot, elle était heureuse d’avoir deux mandarines. Il faut dire que la famille n’était pas bien riche et ce n’était pas les châtaignes ou les quelques fromages de chèvres vendus au marché qui pouvaient faire vivre cette cellule familiale. Et puis ces deux fruits représentaient pour elle deux soleils ; qu’aurait-elle pu espérer de mieux ? Bien sûr son parrain aimait la gâter, d’autant que lui et sa femme ne pouvaient pas avoir d’enfants. Il la prenait souvent avec lui pour les parties de pêche ou parcourir la montagne à la chasse. Il lui apprenait la nature, les arbres, les oiseaux, les champignons. Ce n’était avec lui que plaisirs renouvelés. Toute question de l’enfant trouvait une réponse. Aussi, cette phrase écrite sur la carte postale l’intriguait beaucoup. Elle avait bien essayé de sonder sa tante mais le secret était bien tenu. A la fin de la veillée, tout le monde se retrouve pour la prière du soir qui se dit en commun. Guillemette trouve que ce soir les litanies sont bien longues et se demande si maman n’aurait pas rajouté quelques saints à la liste déjà longue. Elle accompagne sa grand-mère dans l’alcôve qui lui était réservée et monte se coucher, en prenant soin de déposer ses sabots près de l’âtre. Elle ôte sa cagnotte blanche et range soigneusement ses habits sur la chaise en paille. Elle ne garde sur elle qu’une longue chemise. C’est le moment complice avec son frère qui vient jouer avec elle. « Replie tes jambes « lui dit-il. Elle s’exécute. Alors, il attrape le bas de sa chemise et la charge sur son dos. Puis il la promène dans la chambre en disant « Piel de lèbre, piel de lapin » Et Guillemette éclate de rire si fort que sa maman est obligée d’intervenir pour les faire taire. Elle mit du temps à s’endormir ; sans doute l’impatience. La surprise était peut être le retour prochain de son parrain ! Et si papa pouvait aussi revenir bientôt ? Voilà qui serait un joli Noël. Ils sont partis tous deux depuis si longtemps. Et puis elle a vu tant de femmes du village se vêtir de noir. Sa nuit se peuple de rêves les plus fous ; de ces rêves de jeunes filles qui ne sont comprises que d’elles seules et qu’il me serait inutile de vous conter. La fatigue l’emporte au petit jour. Et au réveil, elle descend dans la grande salle. Elle va vers ses sabots. Du coin de l’œil, les femmes l’observent. Elle découvre alors les deux mandarines qui lui étaient promises. Guillemette fait la moue et entend les rires que cela provoque. « Regarde mieux au fond du sabot ? » entend-elle. Sa main s’aventure mieux et découvre un morceau de papier de soie blanche et dans ce papier quelque chose de dur. De dur et de plat. Ses sourcils se froncent. Se moquerait –on donc d’elle. Comment quelque chose de si petit pourrait lui faire plaisir. Elle déplie lentement le papier et découvre émerveillée une pièce toute jaune qu’elle n’a jamais vue. On lui donnait parfois un sou troué pour qu’elle s’achète des bonbons mais là une pièce plus belle encore que les deux soleils. « C’est un Napoléon, Guillemette ! Ton parrain te l’offre. Mais il m’a demandé de te dire que cette pièce lui a porté bonheur jusqu’à maintenant. Aussi faudra-t-il toujours le garder avec toi et ne jamais t’en séparer. » Guillemette qui a aujourd’hui quatre-vingt-dix ans possède toujours cette pièce et raconte à ses arrières-petits enfants son histoire.
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:23  conte n° 6 Conte court pour longue nuit. Nuit de Noël 1932. Ambiance feutrée cette année là… Il fait nuit presque noire, l’air intérieur est chaud et humide, il fait tout de même doux pour la période rude de cet hiver 54. Jean-Marie ne s’en plaint pas. Certes, ce soir il ne retrouvera pas son épouse, ni ses mômes, mais il les porte en son cœur et demain sera un autre jour. Il a toujours le moral, il est fort, c’est un battant de nature, un homme de caractère, puissant, un cœur doux dans un corps rude, un homme du nord, toujours de bonne humeur. Il se trouve dans un couloir sombre, un chemin connu, il est confiant, il connaît toutes les interstices de cette route, il erre dans ce lieu tempéré, il continue à travailler, il n’a que ça à faire, il était là aujourd’hui pour ça, il continue donc cette tâche indubitablement, il en prend son parti, il ne perd jamais son temps, ce qui est fait ne sera plus à faire. Pourtant il sait au fond de lui que son labeur est loin d’être terminé, qu’il y en a eu d’autre avant lui, qu’il y en aura d’autres bien après. Il fait sombre mais les petites flammes des loupiotes ce soir sont curieusement festives. Pas de sapin lumineux, pas de neige, le décor restera immaculé noir mais brillant tout de même cette nuit. Pas de cris d’enfants, pas de musique, juste l’écho de ses propres pas, ça sera une nuit de noël on ne peut plus calme. Pas d’apéritif, pas de dinde, pas de bûche aux marrons, il se contentera de sa thermos de café fort et de son sandwich préparé avec amour par sa femme. Qu’importe ! Les restes de noël lui conviendront aussi bien demain. Ne dit t-on pas d’ailleurs que réchauffé c’est meilleur ? Il s’en persuade ce soir : un réchauffé joyeux après demain sera parfait. Après demain il en est certain, ça sera la reprise de ses collègues, ils viendront le délivrer de cet enfer. Pas de feu dans la cheminée mais de belles étincelles provenant des outils de son labeur. Hé oui, cette année Jean-Marie aura tout d’une illusion de Noël : Un repas préparé de sa tendre épouse ; Une nuit noire étincelante ; Quelques illuminations, Une température ambiante chaude et humide ; Jean-Marie, seul dans son « trou », descendu travailler aujourd’hui à la mine et resté là par erreur. La nuit de noël de Jean-Marie est très certainement la nuit la plus longue qu’il eut passé. Les secondes ont été des heures et cette prison pourtant connue lui a semblé être devenue un enfer. Le jour s’est levé, puis une nouvelle nuit, à moins que la première nuit ne soit pas encore terminée, est-on le 24 ? Le 25 ? Jean-Marie n’a plus su le dire, le temps s’est arrêté ici pour lui... L’estomac s’est creusé à plusieurs reprises, il s’est endormi puis réveillé, des micros sommeils, de longues nuits, il n’a plus compté, et ne s’est plus réveillé.
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:24  conte n° 7 Libre comme l’air Nous sommes en 2070 et demain, notre fils aura sept ans ; l’âge adulte ! et il va devoir prouver qu’il est le digne fils de Peter, mon compagnon, et de moi-même. Nous sommes des apnéistes, capables de rester de longues minutes sans respirer. J’espère que Micha arrivera à se qualifier car il y va de sa survie. En 2070, l’air respirable est devenu tellement rare que seuls les nantis inactifs capables de payer, très cher, l’air qu’ils respirent et les travailleurs productifs capables de ne respirer que de temps en temps, ont le droit de survivre. Les autres sont, par la force des choses, asphyxiés puisqu’on les enferme durant sept longues minutes dans des bulles sans air. Le jour de leurs sept ans ! Pourvu que notre petit Micha ait hérité de nos gênes … Depuis son plus jeune âge nous l’entraînons, mais sera-t-il capable de tenir sept minutes sans respirer ? surtout compte tenu de l’enjeu dont il n’ignore rien ! Micha est tout propre, soigneusement briqué pour l’occasion. En 2070, nous n’avons pas beaucoup d’eau non plus et je ne me souviens pas d’avoir jamais pris de bain. J’ai une idée de la sensation que l’on doit éprouver plongée dans l’eau jusqu’au cou car quand j’étais petite fille ma grand-mère se complaisait à me raconter comment était la vie à l’époque où elle était elle-même une petite fille, alors que les tests d’apnée n’avaient pas encore été mis en place. S’ils l’avaient été, je n’aurais jamais connu ma grand-mère … et je ne serais peut-être même pas née. Le tricycle est devant la porte et Peter est en train de rajouter du sable fin dans les pneus pour qu’ils soient bien gonflés. - allez, il faut y aller, il est temps ! Micha et moi montèrent dans le siège à l’arrière ; Peter commença à pédaler. Peter et moi sommes très maigres, alors que Micha est plutôt dodu pour son âge. J’espère que ça ne lui portera pas préjudice tout à l’heure pendant le test car tout compte dans la sélection. Nos pinces nasales sont bien en place pour nous aider à contrôler notre apnée. Micha respire régulièrement toutes les sept minutes : je le contrôle à l’aide de mon chronomontre. Je suis sûre qu’il va gagner le droit de vivre. Mon chronomontre marquait près de midi, et les tests devaient commencer en tout début d’après-midi. Au centre, les nantis inactifs peuvent vivre sans souci dans une gigantesque bulle de vie. Ils peuvent y respirer normalement, jouir de toute l’eau qu’ils veulent et de tous les aliments imaginables, y compris de la viande d’animaux. Non loin de la gigantesque bulle de vie, il y a toute une batterie de petites bulles où les tests d’aptitude ont lieu. Peter et moi connaissons par cœur la façon dont ils se déroulent puisque nous les passons tous les trois mois. A vingt-trois ans, nous sommes dans la force de l’âge et pouvons espérer vivre encore une bonne dizaine d’années, et en tous cas suffisamment longtemps pour assister à la naissance de notre petit-fils ou de notre petite-fille … si Micha réussit le test ! Le jour de ses sept ans, pour avoir le droit de devenir un adulte, un jeune doit pouvoir ne pas respirer pendant sept minutes ; tous les ans, il faut tenir à chaque fois une minute de plus, jusqu’à l’âge de quinze ans. Pour avoir le droit de choisir une compagne ou un compagnon, et donc de procréer, il faut être capable de rester vingt minutes en apnée. Chaque couple n’a le droit d’avoir qu’un seul enfant. A partir de quinze ans, les tests d’aptitude ont lieu tous les trois mois. Peter et moi sommes quasiment des champions puisque le jour de nos quinze ans, nous étions déjà capables de tenir trente minutes sans respirer ; toutes les trente minutes, nous respirons, à fond, pendant trois minutes pleines. C’est très fatiguant et usant pour le cœur, mais on s’y fait. Nous avons de la chance, notre travail n’est pas trop dur : il consiste à sélectionner et à cultiver dans de gigantesques serres des espèces de légumes hybrides demandant le moins d’eau possible. Pour les travaux les plus pénibles, nous sommes aidés par des robots agricoles. Notre couple alimente bon nombre des nantis inactifs de la bulle de vie. La file est longue devant nous avant que nous puissions atteindre les petites bulles de test. Apparemment beaucoup de jeunes ont sept ans aujourd’hui. Micha me semble calme mais son chronomontre indique que son cœur bat trop vite : il sait qu’il ne doit pas nous décevoir et ça doit le stresser … Nous avançons dans la file et commençons à pouvoir distinguer les jeunes adultes qui ressortent des petites bulles : ils ne sont pas si nombreux, et en tous cas bien moins nombreux que ceux à y être entrés. - Micha, es-tu prêt ? où en es-tu de tes espaces ? - j’en sais rien, six ou cinq peut être … dit-il d’une petite voix fâchée. - tu sais que ça doit être sept minutes et pas une de moins ; quand tu entendras la sonnerie, tu devras appuyer très fort sur le bouton d’ouverture de la porte ; attention, tu n’auras que très peu de temps pour déclencher l’ouverture et il faudra que tu sortes très vite ! - et ils ne font pas de cadeau ! - ne dites pas ça, vous me stressez encore plus. Son fin visage auréolé de cheveux blonds coiffés en épis est tout pâle et sa pince nasale rouge lui fait un petit visage de clown triste, comme sur les photos que ma grand-mère me montrait lorsqu’elle était nostalgique de son enfance. C’était elle qui m’avait élevée, ma mère ayant échoué aux tests lors de son dix-huitième anniversaire. A cette époque les tests des apnéistes actifs n’avaient lieu que tous les ans … Maintenant les tests avaient lieu tous les trois mois et les clowns ainsi que les rires ont disparu. - Micha, c’est bientôt à toi, tiens toi prêt ! et respire bien à fond avant d’entrer dans la bulle. - oui m’man, je sais. Et puis ce fut son tour, mais sept minutes plus tard la porte de la petite bulle resta close, notre fils avait échoué. Le cœur serré nous sommes allés récupérer le tricycle … pauvre petit Micha ! j’avais envie de retenir définitivement ma respiration pour rejoindre mon fils, mais Peter, d’une bourrade affectueuse, me redonna envie de continuer. C’était le soir du 25 décembre et notre fils ne fêterait jamais son anniversaire. Lorsque Micha entra dans la petite bulle, il savait déjà qu’il ne reverrait pas ses parents ; et à quoi ça servait de vivre comme ils le faisaient à se tuer à la tâche pour des nantis inactifs qui ne se préoccuperaient jamais de la vie que devaient mener les apnéistes actifs pour leur permettre de profiter des plaisirs de la bulle de vie ! Il savait que son anniversaire tombait le jour de Noël. Le soir, quand il était tout petit, pour l’aider à s’endormir et l’empêcher d’arracher son masque de respiration programmé pour la nuit, sa mère lui racontait les histoires que sa propre grand-mère lui avait racontées et il avait entendu parler de ce vieux bonhomme tout habillé de rouge qui apportait des cadeaux par milliers aux petits enfants sages. Pourquoi n’était-il pas né à cette époque ? Dans la petite bulle sans air, Micha sentait que l’oxygène se raréfiait dans son corps et dans ses poumons car ça commençait à bourdonner dans sa tête … Lorsque tout se passe bien et que le système d’ouverture est actionné au moment où la sonnerie retentit à six minutes et cinquante secondes, la porte de la petite bulle s’ouvre au bout de sept minutes et le jeune adulte sort. Lorsque le système d’ouverture n’est pas actionné à temps, la crémation se déclenche automatiquement à huit minutes et les nettoyeurs n’ont plus qu’à sortir le tiroir qui se trouve tout en bas à l’arrière de la petite bulle pour le vider des cendres du jeune entré dix minutes plus tôt. Au bout de sept minutes, la porte de la petite bulle où se trouvait Micha ne s’était pas ouverte et il n’était pas ressorti. Dix minutes s’étaient maintenant écoulées. Les nettoyeurs ouvrirent alors le tiroir pour le vider de ses cendres avant qu’un autre jeune de sept ans n’entre. - bizarre, le tiroir est quasiment vide ! je n’ai pourtant pas vu ressortir le jeune ! - moi non plus, mais on devait regarder ailleurs au moment de sa sortie ! - peut être … ! tu dois avoir raison ! et le système de combustion doit être réglé trop fort. - forcément que veux-tu que ça soit d’autre ? Alors que les yeux de Micha commençaient à papilloter pendant qu’il s’endormait, il crut apercevoir un gros bonhomme très très vieux, avec une grande barbe blanche et tout habillé de rouge. - petit Micha, bonjour, je suis le père Noël, n’aie pas peur ! je vais te ramener en arrière dans le temps, en 1954. Tu vas voir, ça sera super et tu vas t’amuser : à sept ans on n’était encore qu’un enfant à cette époque-là ! et puis, le 25 décembre était un jour très spécial, où tous les enfants sages du monde, ou presque, avaient droit à des tas de cadeaux ! et comme c’est également le jour anniversaire de ta naissance, c’est un jour doublement spécial ! Allez ! viens vite mon garçon, nous n’avons plus beaucoup de temps et ton arrière grand-mère est en train de nous attendre ! alors Joyeux Noël et bon anniversaire. Et Micha, riant aux éclats, se précipita à la suite de ce très vieux bonhomme.
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:25  conte n° 8 Joyeux Noël Salomé va et vient de la maison à la voiture. Elle s’efforce de caser toute sa vie dans le minuscule coffre de sa 2 cv verte. Son grand père Samuel, l’observe depuis le perron. Sa petite fille part pour la ville... Avec sa mine fatiguée et sa canne, il semble sortir tout droit d’un film de Pagnol. Au fil des années Charolles est devenu un village fantôme. Samuel craint de ne plus revoir son unique petite fille. Il se souvient de tous ces voisins partis pour un temps et jamais revenus. Il ne reste guère que quelques vieux paysans pour animer les rues. Salomé a décidé de tout quitter pour se reconstruire. Lors de son mariage il y a de ça cinq ans, tout lui souriait. Elle avait épousé Eddy, le directeur de l’unique usine située à une quinzaine de kilomètres de là. Le couple menait une vie tranquille et rendait très souvent visite à Samuel. Les années passèrent et le jeune couple se désespérait de ne pas avoir d’enfant. Le vieil homme aurait, lui aussi, voulu voir se réaliser le souhait le plus cher de sa petite fille. Le destin ou plutôt le docteur Channe, son médecin de famille, en avait décidé autrement. D’après lui, Salomé ne pourrait jamais être maman. Se voyant privé du bonheur d’être père, Eddy s’éloigna peu à peu de son épouse. Le divorce, Samuel ne s’en rappelait que trop bien. Même si depuis quelques temps, il voyait bien que Salomé était soucieuse, il ne s’y attendait pas vraiment. La jeune femme se jeta dans les bras de son grand père en hurlant sa douleur. Puis, les mois passèrent, le divorce fut prononcé et Salomé était retournée vivre chez Samuel. Même si Eddy était loin, la jeune femme en était toujours amoureuse. Ce matin là, elle espère qu’en se rendant à la capitale, et en rencontrant le docteur Dustin il ferait d’elle une maman. Hélèna, son amie d’enfance, sa confidente, lui avait conseillé de le consulter. Le vieux docteur Channe fut ému par le désespoir de Salomé. Il la connaissait depuis toujours et la considérait comme son enfant. Il accepta de remettre en question son propre diagnostic et rédigea un courrier à son confrère. Quelques jours plus tard, le rendez-vous était pris. Inquiet pour sa petite fille, Samuel se confia à sa femme et à sa fille. Dans les moments difficiles, il se rend sur leurs tombes. Parties trop tôt, elles sont toujours présentes dans son cœur et donc dans sa vie. À présent Samuel n’avait plus que Salomé pour famille. Sur le perron, le grand père et sa petite fille, dans les bras l’un de l’autre fondent en larmes. Elle lui promet d’être là pour Noël. Tous deux savent que ce sera peut-être le dernier. Le cœur du vieil homme, fatigué par les années, ne lui laissait que quelques mois d’après le docteur Channe. Il est dix heures ! Émile est en retard. C’est lui qui doit conduire la voiture jusqu’à la gare. Salomé prise de panique court chez le voisin pour lui presser le pas. Le pauvre garçon s’excuse et monte immédiatement dans la voiture. Salomé plonge dans ses pensées. L’instant d’après, on lui tapote sur l’épaule pour la sortir de sa torpeur. - « On est arrivés mademoiselle ! C’est le terminus !»… C’est le contrôleur. Salomé ne sait même pas comment elle est arrivée dans le train. - « Ah… On est à l’heure ? » lui demande-t-elle. - « Oui, il est 16h13 mademoiselle. Elle rassemble ses affaires rapidement. Sur le quai elle cherche son amie du regard en vain. Point d’Héléna… À sa place, un jeune inconnu muni d’une pancarte portant la mention : « Salomé (de la part d’Héléna) ». Elle se présente : « Bonjour, je suis Salomé. Héléna n’est pas là ? » - « Bonjour, je suis Edwin, son colocataire. Elle n’a pas pu venir. Je peux vous aider à porter vos bagages ? » La jeune femme lui tend la valise la plus lourde avec un grand sourire. Chemin faisant, Salomé en profite pour faire plus ample connaissance. Edwin est un étudiant en médecine d’origine égyptienne. Ça explique son teint halé et son léger accent. Arrivés à l’appartement d’Héléna, Edwin dépose les valises dans la chambre qu’elle occupera le temps de son séjour. Fatiguée, elle en profite pour se rafraîchir et faire un somme. Edwin quant à lui retourne à ses occupations habituelles. Plus tard dans la soirée, les deux amies se retrouvent autour d’une tasse de thé. Edwin les rejoint pour partager la joie des retrouvailles. Sans fausse pudeur, Salomé aborde le but de son rendez-vous avec le docteur Dustin, un médecin spécialisé dans les problèmes de fécondité. Ému par la confidence de la jeune femme, Edwin semble sous son charme. Le futur médecin lui propose alors de l’accompagner dans cette démarche. Ravie, elle accepte la proposition. Le lendemain, en avance pour le premier rendez-vous, Edwin et Salomé en profitent pour discuter et refaire le monde dans la salle d’attente. Un homme en blouse blanche les interrompt et les invite à le suivre. Amusée et gênée, Salomé lui explique qu’il ne s’agit pas de son compagnon, mais d’un simple ami. Tout en auscultant sa jeune patiente, le médecin lui détaille les nombreux examens à venir. Au fil des semaines, d’analyses en soirées entre amis, Salomé et Edwin se rapprochent. La simple amitié du début fait bientôt place à la tendresse. Le jeune homme est de plus en plus présent dans la vie de la jeune femme. Il est même devenu celui dont Samuel parle avec malice lors des appels de Salomé à son grand père. Noël approche, Salomé a rendez-vous avec le docteur Dustin pour faire le bilan des examens. Celui-ci l’accueille avec un large sourire. Les nouvelles sont bonnes. D’après lui, tout est normal. La cause de l’infertilité du couple n’est pas à chercher chez la jeune femme mais plutôt chez son ex-mari. Soulagée et euphorique, elle secoue vivement la main du professeur en le remerciant à plusieurs reprises. De retour dans la salle d’attente, elle se précipite dans les bras d’Edwin, l’inondant sous un flot ininterrompu de paroles desquelles le pauvre ne perçoit que les mots « bébé » et « amour ». Edwin comprend alors que plus rien ne fait obstacle à leur désir de devenir parents. Salomé est sur un petit nuage. Le jeune couple décide de partager cette bonne nouvelle avec Samuel lors du réveillon de Noël. C’est Noël, les cadeaux emballés, Salomé et Edwin prennent le chemin de Charolles. De son côté Samuel a mis son plus beau costume. Il est impatient à l’idée de revoir enfin sa petite fille et de découvrir le nouveau compagnon de celle-ci. Dans la pièce principale trône un magnifique sapin orné de lumières et de boules de toutes les couleurs. La dinde est au four, la purée de marrons mijote. Le docteur Channe a débouché le Chambertin "Clos de Bèze" année 2004 que Samuel gardait pour une grande occasion. Le couple arrive comme prévu à vingt heures. Les présentations faites, ils s’attablent pour savourer ce repas de fête. Arrivé à minuit les convives échangent les cadeaux. Parmi ceux-ci, une simple enveloppe pour le Docteur Channe. C’est la réponse du Docteur Dustin à son confrère. Voyant le docteur intrigué, Salomé lui explique que le docteur Dustin l’a souhaité ainsi. Cette enveloppe devait-être ouverte à minuit. À la lecture de son contenu, le vieil homme verse une larme. Sans dire un mot, il tourne la lettre en direction de la petite famille. On peut y lire : « Mon cher confrère, en cette fin d’année, je vais faire de vous le plus beau des messagers. Je vous confie Salomé qui d’ici septembre sera maman… »
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:25  conte n° 9 Le cadeau de Noël du malin Guidé par les reflets rougeoyants ondulant sous les voutes noires, soufflant parmi les fumées et les odeurs de brulé, dans le vacarme funeste des cris et des chocs de lourdes ferrailles, Diablotix, poussait son charriot grinçant, lourd d’anthracite vers le grand brasier. L’enfer quoi ! Non pas un enfer de cinéma, le vrai, celui dont on menace en vain les enfants pas sages et qui stimule les croyants convaincus. Diablotix était fatigué, depuis une éternité qu’il poussait ce putain de charriot, dans le trente sixième dessous, il en avait marre, quelle vie infernale que la sienne, surtout depuis que les comptables avaient décidé dans un souci de bonne gestion de numéroter les wagons et d’enregistrer triple exemplaire à l’appui le rendement de chaque préposé au chargement des grands fours aux damnés. Alors depuis la nuit des temps ces numéros devenaient très longs à recopier et ça l’énervait ! En plus c’était Noël, alors présenter ses vœux aux anciens ne l’amusait point. Et le travail continuait répétitif, il n’en voyait jamais la fin, car l’éternité ça dure ! Mais le pire c’est que plus ça va pas, plus l’enfer se remplissait, et les queues s’allongeaient pires qu’à la poste ! Et jamais personne n’en sortait ! Imaginez une situation si horrible que même le suicide vous empêche de fuir ! Perdu dans ses râleries au milieu des râles, Diablotix se retrouva tout d’un coup dans un sombre calme étrange, que se passe-t-il ? Une petite pièce éclairée de nombreuses bougies, tapissée de tout un fatras de symboles, effigie, emblèmes, et signes cabalistiques de toutes sortes et de tous rites. Debout au centre pentacles, heptacles, spectracles, (je sais c’est nouveau !) trigones, calvaires, rosaces, hiéroglyphes, idéogrammes, mantras et autres runes et labyrinthes symboliques, Diablotix compris qu’il avait été escamoté d’une invocation satanique émise par une bande de jeunes rigolos mais devenus terrorisés pour l’heure. C’est vrai qu’ils avaient tout essayé à la fois, ces jeunes gothiques, le sel le souffre, les pentacles, les formules magiques, croix triangles dodécagones, runes celtiques, poulets vaudous égorgé, invocation à la grande baleine bleue, carrés magiques, des christs retournée, des fatouas, des tikkis d’Amazonie, tout à la fois, en se disant que dans le tas ils devraient bien finir par y arriver, et à forces d‘incantations il était là ce satané Diable tant invoqué. Une forme visqueuse de sueur, fumant encore de tous ses poils, titubant sur ses sabots de boucs, une queue de serpent nerveuse terminée par une flèche rouge, cornes de boucs, bave aux lèvres, ventre rond rayé de noir et de rouge, et ces yeux flamboyants vif comme du fiel, c’était bien un vrai diable qu’ils avaient enfin attrapé ! Chacun des apprentis sorciers pensait en lui-même : alors c’est laquelle de ces six cent soixante six damnées formules récitées qui a marché, dire que je n’ai rien noté ! Quel con je suis, je ne pourrais jamais recommencer, tout ca parce que j’étais persuadé que cela ne marcherait pas ! Bon, ce n’est pas tout, mais il faut suivre les règles, car la loi c’est la loi, tout mortel qui invoque le diable à droit à un vœu ! Mais allez, sous l’émotion, face à un diable en chair et en feu retrouver le vœu que vous aviez conçu ! Alors chacun des acolytes exprima hésitant son souhait face au diable prisonnier des sortilèges : Bon rien à redire, les vœux classiques, l’un la richesse, l’autre le pouvoir, elle voulait la beauté, lui voulait la force, le suivant voulait vivre longtemps, chacun dit son vœu, sauf le gros Jules qui atterré voulait appeler maman, et la petite marie encore plus affolée dont le vœu le plus sincère était de partir d’ici. Diablotix souriait dans son esprit malin, enfin il pourrait offrir à Lucifer un cadeau de noël digne de lui suffisamment beau pour qu’en gratitude le grand Satan le change de poste et le mette aux relations extérieures, postes enviés de tous les diables près à toutes les turpitudes pour l’obtenir. Car la loi est formelle, en échange d’un vœu chacun doit vendre son âme au diable Et ces achats sont le fond de commerce de son patron. Alors d’une voix caverneuse à souhait, Diablotix enregistra, scrupuleusement signé de leur sang, les souhaits de chacun, enfin presque, parce que vouloir être riche puissant célèbre ou beau passe encore, mais accepter de se piquer soi-même pour donner une petite goutte de sang faut pas exagérer ! Seul trois d’entre eux eurent ce courage ! Le plus petit voulait devenir président de la République, le plus cupide voulait diriger le FMI et toutes les banques, un troisième voulait devenir une espèce de saint homme projet auquel Diablotix ne compris pas grand chose, car voyez vous, en tant que Diable, dument inscrit au barreau des malins, ce n’était pas la sainteté qui occupait sa vocation première. Topons là, le contrat magique fut signé du sang des intéressés et du feu de l’émissaire des limbes sur une peau de dragon comme il se doit, dans un grand tourbillon de feu et de tonnerre le diable, retourna à son obscur wagonnet, non sans laisser la pièce dans un état indescriptible. Incrédules les protagonistes du sortilège, mirent un moment à réaliser que tout cela s’était réellement passé ! Imaginez la colère des hésitants, qui venait de voir passer sous le nez la chance de leur vie, mais ils eurent beau tout remettre en place, ajouter force incantations, succubes, malédictions, tirer de leur sommeil secret les pires incantations maléfiques dans tous les grimoires et cultes du monde, rien n’y fit ! Le coup de chance était passé, et comme ils n’avaient rien consigné, ni enregistré, il se révéla inextricable de reconstituer la parfaite configuration satanique nécessaire pour avoir un nouveau diable à leur service… Enfer : Grand et vénéré Maître Lucifer, corna tout content un Diablotix ravi, voici pour votre petit Noël trois âmes damnées toutes fraiches que j’ai l’immense honneur de vous offrir, en espérant que vous apprécierez mon service à sa juste compétence et ma soumission reconnaissante ! (Si comme cela il ne comprend pas ma demande de promotion je veux bien être damné ! heu… c’est déjà fait). Eden : Grand et vénéré Maître Jupiter, annonça en pleurs l’Ange secrétaire, nous venons de perdre trois âmes, pourront nous les racheter ? (il va me voler dans les plumes !) Terrestre : Le temps passa et le diable tint parole car il est des lois que ni Dieu ni Diable ne peuvent défaire, tiens ne serait-ce que celle de la logique par exemple. Le plus petit devint omni-président, et se voyait déjà lorgner vers sa présidence mondiale, le cupide devint plus riche qu’un banquier et ce n’est pas peu dire ! Et le troisième devint… rien ? Vous connaissez les contrats commerciaux, vous savez ceux qui sont si bien fait avec les clauses les plus essentielles en tout petits caractères ? Et bien celui qui voulait être sage avait spécifié qu’il voulait l’être vraiment, c'est-à-dire pas un de ceux qui sont des m’as-tu vu dans mes bonnes œuvres et mes miracles, honorés de sa génération et dont les plus fanatiques se précipitent pour baiser les pieds à chacun de leurs déplacements, quasiment canonisés de leur vivant par tout ce qui compte de personnalités honorées bien que pas toujours honorables. Bref celui qui laisse croire que le simple fait de l’aider, accorde d’emblée des indulgences pour au moins dix années de paradis ! Et bien non, sur ce contrat là, le petit diable avait trouvé plus malin que lui, car le souhait du jeune précisait qu’il voulait avoir le don d’aider les autres sans que jamais personne ne s’en aperçoive ! Ce qui devrait être le cas de tout vrai saint homme, pas vrai ? Si bien qu’ayant gagné trois âmes de toute bonne foi (heu est-ce une expression diabolique ?) Au moment d’encaisser celle-ci, se posa un problème, si banquier et président avaient comme d’ailleurs tous leurs semblables trouvé leurs places de choix en enfer, en revanche le bizarre troisième petit bonhomme posait problème car le Bon Dieu, Jupîter, Jéhova, Allah, Vishnou, Wotan, Quetzalcoatl, (au diable le nom que vous voulez lui donnez !) ne voulait pas le lâcher, pour une fois qu’il en tenait un vrai, c’est déjà une denrée rare mais un comme celui-là pas question de le voir précipité en enfer avec son auréole en or massif, cela détonnerait, quel redoutable précédent! Mais le Prince des ténèbres, le Diable, Belzébuth, Lucifer ou Méphistophélès ou Satan, (Dieu sait quel nom diabolique voulez-vous lui attribuer!), ne l’entendait pas de cette corne ! Un contrat est un contrat, si celui-ci n’était pas honoré à quoi bon continuer à offrir d’exaucer tous les vœux si les engagements n’ont pas plus de poids qu’une promesse électorale ! Quel meilleur moyen de perdre toute crédibilité et voir disparaitre toutes vocations dans le commerce de la vente des âmes ! Rendez-vous fut donc pris, entre Dieu et Diable, venus avec tout leurs aréopages, en terrain neutre : Au purgatoire, mais malgré le prestige du lieu, la réunion tourna vinaigre, et ces deux pontifes s’invectivaient copieusement, foudre comme géhennes, en vain "expédié au diable" pour l’un, "expédié ad patrés" pour l’autre, les vociférations tonitruantes se disputaient le bout de gr… saint ! Dans une volée de plumes les anges s’enfuirent cachés dans les nuées, tandis que dans un piétinement de sarabandes paniquées les diablotins de précipitaient dans leurs antres ! Après force insultes, palabres et vaines négociations, ils évoquèrent même un partage, mais la demi-auréole ca ne tourne pas rond. Dieu et diable finirent par tomber à bout d’arguments, après sept jours, rituel oblige, ils furent épuisés, mêmes les tout puissants ont leurs faiblesses ! Alors la mort dans l’âme, ils firent venir le saint petit bonhomme pour lui demander, ce que lui, finalement il en pensait, après tout c’était de lui dont il s’agissait, mais l’idée de démocratie n’était pas dans leurs traditions. Pourtant quand plus rien ne marche, chacun doit s’y résoudre. Quand les chefs ne dégotent plus aucune solution, ils se résignent parfois à écouter leurs sujets n’est ce pas ? Nobles maîtres, Vous me demandez de choisir entre enfer et paradis ? Si j’osais, sauf votre respect, pourquoi ne pas tout simplement me laisser sur cette terre qui est parfois si jolie, pour l’éternité ? De mémoire de perpétuité, nul n’avait jamais vu Dieu et diable d’accord, pourtant ils le furent du moins pour réussir à afficher un même visage de stupeur, mais la logique était imparable, alors ils durent se rendre à l’évidence, « hors cette solution point de salut », « refuser cela c’était se vouer au diable », pensait chacun en son langage ! Ainsi fut dit ainsi fut fait. Ni Dieu ni Diable ne touchèrent donc leur cadeau de Noël, et ce sont les hommes qui en profitèrent sans même le savoir. Car c’est depuis ce jour là que beaucoup de gens de par le monde ont la surprise de voir disparaitre leurs soucis par une aide imprévue venue d’un vieux bonhomme immortel dont personne ne parvint jamais à révéler l’existence. Et Diablotix me direz-vous ? Bon pour deux âmes gagnées sur trois prévues, il eut quand même droit à une promotion, aujourd’hui, c’est lui le préposé aux comptes des wagonnets !
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:26  conte n° 10 Quelque part dans ce monde pourri 23h00 ….. Il pleut. Les quelques réverbères encore allumés projettent une lueur blafarde qui met en exergue les quelques pans de murs vaguement debout dans les environs. Mais qu’est ce que je fous dans ce patelin ? - c’est à gauche. Fais gaffe, on n’a pas encore sécurisé la zone à fond. Lui, c’est Jean-Luc. 20 ans que je le côtoie. C’est mon binôme, mon ange gardien, mon frère. On s’est sauvé mutuellement la vie autant de fois qu’une strip-teaseuse a viré son soutien-gorge. Il est toujours volontaire pour m’accompagner dans mes galères et Dieu sait s’il nous en est arrivé. Pas sécurisé. Heureusement qu’il me prévient ce con. J’ai juste le temps d’apercevoir un reflet métallique du coin de l’œil. Pfiuuuu, Pfiuuuu. Un deuxième coup pour assurer le premier. Mon flingue est arrivé tout seul dans mes mains, sans que j’y pense. - Ben dis donc, tu ne fais pas dans la dentelle ce soir. - Tu avais des questions à lui poser ? - Non, non … tu es de mauvais poil ? - Un peu … J’enjambe le corps affalé dans l’encoignure de la sombre allée. Un couteau est dans sa main. Au moins, il ne s’en servira plus. J’avise une ouverture sombre. C’est là. Quand faut y aller, faut y aller. - Où sont les autres ? - Fred et deux gars sont au nord, à deux pâtés de maisons, et Manu couvre l’allée sud. - Bon, d’après mes sources c’est ici. Gaffe Jean-Luc, c’est un vrai labyrinthe. Je prends à droite et toi à gauche. Les deux couloirs ne se rejoignent qu’à la fin près d’un gros poste TGBT. Donc, si tu vois quelqu’un avant, ce ne sera pas moi. - Ok Boss, je flingue. - Voila. Il doit y avoir 4 pièces avant le TGBT. Je ne sais pas où sont les cibles. Attention aux serrures piégées. - Cela me rappellera des souvenirs …. - Oui ben fais attention si tu veux en avoir d’autres. - Oui Maman. - Crétin ! Sur ces bonnes paroles, je prends le couloir de droite. Mon flingue est là, bien en main et c’est rassurant de sentir sa présence. Je hais les gens contre qui je m’oppose ce soir. Il faut vraiment être des tordus pour faire ce qu’ils font. Une balle … il n’y a que cela pour les calmer. Il fait noir comme dans un four. Une odeur de moisi traîne dans l’air et je jurerai sentir des relents cuivrés de sang. En plus je suis trempé et vraiment d’une humeur de chien. Fermer les yeux …. Respirer doucement ….. Ralentir les battements du cœur …… Me calmer ……voila ….. Tendre l’oreille …… ne penser qu’à l’objectif. Rouvrir les yeux … voila, je distingue vaguement le couloir. Allons-y. Un pas après l’autre. La première pièce ne doit pas être à plus de 3 ou 4 mètres. Un mouvement à 1 heure …. Un rat. Il ne manquait plus que cela. J’ai failli flinguer un rat. Mais il fuyait quoi cet animal ? Nom de … Pfiuuuuu, Pfiuuuuu ……. Et de deux. La vache … Mais tu sortais d’où, toi ? La porte à gauche …. J’ai failli la rater. Mince, ça pue vraiment. La petite lumière du boîtier de l’éclairage de secours me montre un hirsute trentenaire qui a deux jolis trous dans le poitrail et surtout un beau Beretta dans la main. Merci mes réflexes. Il a beaucoup de sang sur lui pour deux balles … Dieu que ça pue. Voyons voir cette pièce. Un bout de lumière blanche ténue souligne le seuil de la porte. Je colle mon oreille contre le panneau. Pas un bruit. Je vérifie le sens d’ouverture et j’entre brusquement mon arme contre moi. Droite, gauche, haut, bas …. Personne. Personne de vivant en tout cas. Mais qu’est ce qu’il s’est passé ici ? L’odeur me prend à la gorge. C’est acide, cuivré, lourd, âcre. J’ai envie de vomir. Il doit y avoir au moins deux personnes allongées sur des tables de fortune mais c’est un vrai puzzle. Impossible de reconnaître quoi que ce soit si ce n’est une silhouette générale. Pendant un instant je contrôle l’impulsion que j’ai de vider mon chargeur dans la paillasse du salopard qui gît dans le couloir. Du calme, je ne peux plus rien pour eux. La priorité est de retrouver ma cible. Couloir …. La deuxième porte ne devrait pas être loin. Le prochain bloc de secours luit doucement 5 ou 6 mètres plus loin. J’avance résolument. Rien à foutre de faire attention. Mon instinct me dit que cela commence à urger et qu’il faut que je me dépêche. La porte est là, à droite. Pas de lumière sous le seuil. Je colle mon oreille contre le panneau. Rien. Je tourne doucement la poignée et pousse de 5 millimètre. Le pêne est libre, la porte n’est pas verrouillée. Je sors une carte de crédit de la poche et je vérifie d’un rapide mouvement verticale qu’il n’y a pas de fil déclenchant un piège. Néant. J’ouvre, roulé-boulé, je suis au milieu de la pièce, droite, gauche, haut, bas, demi-tour …. Rien. Bon Sang, mais ou sont-ils ? Je ressors illico et me dirige vers le fond du couloir et le TGBT. Jean-Luc a du finir aussi de visiter les deux autres pièces. Je clique une fois sur l’émetteur de la mini radio pour le prévenir … Il ne manquerait plus que je le tire comme un lapin. 2 clics résonnent dans mon oreillette : il est là. - Alors Boss ? - Un abattoir dans la première pièce et rien dans l’autre. - Nada dans les deux miennes. - Ok, on continue. Un couloir, Une seule grande pièce au fond. - Pourvu que ce soit là. - On verra bien, go ! Je prends la tête et me faufile dans l’unique couloir qui reste, Jean-Luc sur mes talons, couvrant mes arrières. Cela ne se fait pas attendre. Un brouhaha provient du fond du couloir. Des rires gras, une radio qui siffle. On arrive à la porte et on l’encadre. Je fais signe à Jean-Luc de croiser nos tirs. Je plongerai à gauche et lui à droite, par-dessus moi. 3,2,1 j’ouvre la porte et plonge en avant. Pas le temps de réfléchir. Je distingue 3 silhouettes, debout dans mon champ de vision. Je tire aussi sec et finis ma glissade sous la grande table centrale. J’enfile en trombe un nouveau chargeur quand j’entends une petite voix qui me murmure : « Non, Pitié, ne me faites pas de mal « . Je me retourne, le HK prêt à cracher, et j’aperçois deux grands yeux terrorisés qu’encadre une cascade de frisottis bruns. , j’ai trouvé ma cible et elle est en plein champ de tir. Il y a des jours comme cela ou Murphy me casse les pieds. Un fracas résonne. C’est Jean-Luc qui vient de faire basculer une seconde table pour en faire en rempart. - T’inquiètes, je ne vais pas te faire de mal petite. - Vous êtes qui ? - Un fantôme. Baisse la tête et reste derrière moi. - Toujours là Boss ? - Ouais. Combien ? - Tu en as eu 3 et moi 2. Il en reste deux contre le mur du fond, planqués derrière une sorte de bar. On grenade ? - On est pas seul. J’ai le colis avec moi. - . - Je ne te le fais pas dire. - Alors ? - Couvre moi pendant que je ressors et je te couvre à mon tour. - Banco ! Ce qu’il y a de bien avec lui c’est qu’il ne discute jamais un ordre. Il est partant pour les pires situations, affichant ou une confiance aveugle en moi, ou un optimisme délirant ou une inconscience absolue … je n’ai jamais su répondre à cela. Et je n’en ai pas plus le temps maintenant. J’entends l’aboiement sec de son SW, preuve que son silencieux a rendu l’âme. C’est le moment. Je plaque la fillette contre mon dos et sors en reculant et tirant aussi en même temps. Je plaque la gamine contre le mur du couloir, recharge mon arme. - C’est quand tu veux ! - Ok, j’arrive ! Je tire vers le fond, posément, une balle par seconde tandis que Jean-luc rampe sur le dos vers moi en rechargeant. Il était temps qu’il arrive, je viens de vider mon chargeur. Un coup d’œil et on se comprend instantanément. On dégoupille chacun une quadrillée que l’on balance illico. Sans attendre le résultat, je prends la fillette sous le coude et on reprend le couloir. Jean-luc est devant, prêt à arroser le premier bout de viande qui se met en travers de notre route. Arrivés au bout des tunnels, j’entends un clic dans mon oreillette, suivi de deux autres. Manu est là à nous attendre et Jean-Luc a répondu. On émerge fissa dans l’allée ou il pleut toujours autant. Manu est bien là avec Antoine et Sébastien, ainsi qu’un groupe de personnes. - Mamaaaaaaaannnn !!!!! - Lisa !! La petite fille m’échappe et cours comme une folle vers une femme qui faisait partie du groupe. Mission réussie. Je remonte l’allée et cherche un coin pour fumer tranquillement en décompressant. Jean-Luc m’allume en abritant la flamme derrière sa main. - Tu as vu le regard de la petite, Boss ? - Ouais. Oui, j’ai vu. J’ai vu cet amour indicible , ce soulagement, cette joie et ce pur bonheur. J’ai vu cette lumière irradier de son regard et la même dans les yeux de sa mère. Maintenant je sais ce que je suis venu foutre dans ce patelin. - Au fait, Boss, joyeux Noël ! - Hein ? - Ben ouais, on est le 24. - Putain …… joyeux Noël, Jean-Luc, et merci.
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:26  voilà, cette année, vous avez eu 10 magnifiques contes à lire je remercie à nouveau de tout cœur ceux et celles qui ont bien voulu participer à l'élaboration de ce fil pour le plaisir de tous
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:27  je vous souhaite à toutes et à tous un très joyeux noël soyez heureux ! c'est le plus beau cadeau que je vous souhaite...
rendez-vous au 6 janvier pour le résultat des votes
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:27 
je rappelle aux conteurs qu'ils ne pourront se dévoiler qu'après le 6 janvier et après avoir reçu le feu vert de ma part ! pas avant !
par contre vous pouvez d'ores et déjà parier sur qui a écrit quoi !!
| Père Noël - 1284813 Publié le 24/12/2010 à 06:28 
… n'oubliez pas que vous pouvez parier sur qui a écrit quoi !!  | comète - 687672 Publié le 24/12/2010 à 07:03  Père Noël ! Bien matinal
| Alex, amish des betes - 2719517  Publié le 24/12/2010 à 07:55  hum.. j'ai repéré trazi,judas,fanfan.. | xiane - 381776  Publié le 24/12/2010 à 08:02 
Citation: j'ai repéré trazi,judas,fanfan..
c'est bien ! encore faut-il dire/deviner qui a écrit quoi ! | 1754438 Publié le 24/12/2010 à 08:38  j'ai déjà lu les 2 premiers contes, je me réserve les autres pour tout à l'heure, sinon mes bûches ne seront jamais terminées pour ce soir !! Pour le conte n° 10, je vois bien fanfan... le n° 8, je ne sais pas encore ! En tous cas, bravo déjà pour ces deux contes ! | Trazi - 826035 Publié le 24/12/2010 à 09:56  J’ai tout lu…. Je suis sous l’émotion de ces belles histoires. Leur variété est surprenante. Bravo à tous ! Et merci pour ce beau cadeau de Noël. Une grande reconnaissance à Xiane d'avoir assuré le secrétariat du Père Noël. Je vous embrasse ! Trazi
| 595300 Publié le 24/12/2010 à 10:29  Allez, je viens de lire tout! Et je dis déjà mon tiercé des contes qui m'ont le plus touché : 3, 1 et 7, et une mention spéciale pour le 5 et le 8. Bravo aussi aux autres contes et à ceux qui ont participé!  | xiane - 381776  Publié le 24/12/2010 à 10:46  t'es sûr que tu n'as pas oublié 4 ou 5 contes dans tes votes santino ? | 595300 Publié le 24/12/2010 à 11:06  Réponse : | xiane - 381776  Publié le 24/12/2010 à 11:09  joyeux noël santi | Fanfan - 1806855 Publié le 24/12/2010 à 11:14  Bravo aux conteurs. 2010 est une excellente cuvée. J'ai un faible pour Diablotix, l'être des bois et pour les apnéistes de 2070 ... Merci à tous. |
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