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Rom - 947691 Publié le 03/01/2004 à 18:30  Neige, brouillard, il est tard, je ne devais pas la voir, pas encore. Le destin en a décidé autrement, je n'échangerais ma place avec personne. Bruxelles, j'appelle Bientôt 2004, bientôt près d'elle J'attends près d'un square, je respire l'air frais du soir Mon coeur vagabonde, vagabonde, vagabonde... Premières fusées, flammes de bonheur, coeurs rougeoyants Premiers cris de joie, premiers frissons d'émoi Tous mes warning clignotent. Deux regards sympathiques m'invitent à les suivre, m'accompagnent jusqu'à elle Ne pas les perdre, ne pas la perdre... Fait-il froid? je ne sais pas, mon coeur est mon baromètre, l'aiguille tourne,s'affole. Je l'aperçois sur le seuil, plus de battement de coeur. Un ange blond aux yeux malicieux, délicieux. Premier baiser timide, le coeur repart. Et puis je ne la regarde plus, je ne la quitte pas des yeux. Bruits de fête, ambiance détendue, amis nombreux, accueil chaleureux. Je suis tout de suite à l'aise, comme 'chez moi', heureux. Je n'ai pas faim, je ne quitte pas sa main. Je ne la regarde pas encore mais j'entends son rire, guette ses sourires. Les heures passent, si vite, si vite, nos mains se lacent, nos coeurs s'embrassent. Je m'exprime par gestes invisibles, vagues de pressions des phalanges: "Je suis là, je t'aime" Je ne peux plus, ne veux plus la quitter, les jours succèdent aux nuits, l'amour à l'amour, les chuchotements aux silences, la musique à nos rires. Il faudra que mes rêves se renouvellent, ils sont en deçà de la réalité. Je dois repartir, elle est entrée dans ma vie, définitivement. Elle est ma vie, je l'aime éperdument. | Jo Anne ♥ - 719349 Publié le 03/01/2004 à 18:44  superbe, j'aime la sensibilité de ce texte, bravo | 956770 Publié le 03/01/2004 à 18:55  c'est très "vrai"...témoignage?...bien exprimé...bravo! | 931895 Publié le 03/01/2004 à 20:09  C'est superbe, tellement bien décris. Très beau texte. | -démi°°°° - 731109 Publié le 03/01/2004 à 21:31  c'est pas moi qui étais à Bruxelles ce jour-là!!!! | -démi°°°° - 731109 Publié le 03/01/2004 à 21:33  Pourquoi c'est pas à moi que c'est arrivé??? quand j'aurai cuvé mon Crémant...j'y réfléchirai! | 840665 Publié le 04/01/2004 à 07:53  c'est vrai que c'est super. quel talent! amitiés. | 634723 Publié le 04/01/2004 à 08:40  quand un coeur d'artichaut s'épanouit ah lala, je suis mauvaise langue sur ce coup là!!!! non, je plaisante | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 11:04  coeur d'artichaut??? là j'ai pas tout saisi??? | Rom - 947691 Publié le 04/01/2004 à 11:56  Mimi, personne ne peut comprendre vraiment de toute façon, à part elle et moi. Merci, amitiés à toutes et tous | 792115 Publié le 04/01/2004 à 12:06  superbe Rom c juste comme ça Paroles et Musique: Dick Annegarn 1974 Bruxelles, ma belle, je te rejoins bientôt Aussitôt que Paris m'ait trahi Et je sens que son amour aigri, depuis Elle me soupçonne d'être avec toi, le soir Je reconnais, c'est vrai Tous les soirs, dans ma tête C'est la fête des anciens combattants D'une guerre qui est toujours à faire Bruxelles, attends-moi, j'arrive Bientôt je prends la dérive Michèle, te rappelles-tu de la détresse De la kermesse de la gare du Midi? Te rappelles-tu de ta Sophie Qui ne t'avais même pas reconnue? Les néons, les Léons, les noms des gars Sublime décadence, la danse des panses Ministère de la bière, artère vers l'enfer Place du Broukère Bruxelles, attends-moi, j'arrive Bientôt je prends la dérive Cruel duel, celui qui oppose Paris névrose et Bruxelles L'abruti qui se dit que bientôt ce sera fini L'ennui de l'ennui Qui va me revoir, mademoiselle Bruxelles Mais je ne serai plus tel que tu m'as connu Je serai abattu, courbattu, combattu Mais je serai venu Bruxelles, attends-moi, j'arrive Bientôt je prends la dérive Paris, je te laisse mon lit... | Rom - 947691 Publié le 04/01/2004 à 12:16  Merci Scoodi, j'ai eu cette chanson en tête avec ce délicieux accent comme une complainte pendant le trajet, figure-toi | p_carlow - 913080  Publié le 04/01/2004 à 12:16  Quel talent, ce Rom... et quel veinard!! | 8154 Publié le 04/01/2004 à 13:02  ils ont tous raisons quel talent | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 16:24  Bruxelles??? la belle??? oui... peut être si tu y as trouvé ou retrouvé tes amours... pour moi elle restera une ville triste... car c'est là que s'est déroulée notre dernière sortie... mais la vie continue... j'attends... peut être qu'un jour elle sera pour moi colorée de meilleurs souvenirs | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 16:33  Bruxelles Bruxelles lance au gré des courbes ses tramways Et ses piétons et ses autos et leur tourmente au travers des quartiers établis sur des pentes Et cousus par les fils conducteurs du trolley. La foule emplit les cinémas et les tavernes - Mais les vieux branbançons, l'entendement troublé, Longent en hésitant, comme des exilés, Les pignons découpés et les bétons modernes. René Verboom (Inédit)
| -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 16:45  Bruxelles Tournez, tournez, bons chevaux de bois, Tournez cent tours, tournez mille tours, Tournez souvent et tournez toujours, Tournez, tournez au son des hautbois. Le gros soldat, la plus grosse bonne sont sur vos dos comme dans leur chambre, Car en ce jour au bois de la Cambre Les maîtres sont tous deux en personne Tournez, tournez, chevaux de leur coeur, tandis qu'autour de tous vos tournois Clignote l'oeil du filou sournois, Tournez au son du piston vainqueur. C'est ravissant comme ça vous soûle D'aller ainsi dans ce cirque bête: Bien dans le ventre et mal dans la tête Du mal en masse et du bien en foule Tournez, tournez sans qu'il soit besoin D'user jamais de nuls éperons Pour commander à vos galops ronds, Tournez, tournez, sans espoir de foin Et dépêchez, chevaux de leur âme: Déjà voici que la nuit qui tombe Va réunir pigeon et colombe Loin de la foire et loin de madame. Tournez, tournez! Le ciel en velours D'astres en or se vêt lentement. Voici partir l'amante et l'amant. Tournez au son joyeux des tambours! Champ de foire de Saint-Gilles, août 72; VERLAINE | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 16:53  BRUXELLES Simples fresques I La fuite est verdâtre et rose Des collines et des rampes, Dans un demi-jour de lampes Qui vient brouiller toute chose. L'or, sur les humbles abîmes, Tout doucement s'ensanglante, Des petits arbres sans cimes, Où quelque oiseau faible chante. Triste à peine tant s'effacent Ces apparences d'automne, Toutes mes langueurs rêvassent, Que berce l'air monotone. II L'allée est sans fin Sous le ciel, divin D'être pâle ainsi! Sais-tu qu'on serait Bien sous le secret De ces arbres-ci? Des messieurs bien mis, Sans nul doute amis Des Royer-Collards, Vont vers le château. J'estimerais beau D'être ces vieillards. Le château, tout blanc Avec, à son flanc, Le soleil couché. Les champs à l'entour... Oh! que notre amour N'est-il là niché! VERLAINE | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 17:03  .../Lu à un dîner des Vilains Bonshommes, «le Bateau ivre» stupéfie tout le monde. Fasciné et amoureux, Verlaine ne quitte plus Rimbaud. Il l'introduit dans le cercle «zutique», fondé par Charles Cros, ne rentre plus chez lui qu'à l'aube, complètement ivre, au point que Mathilde, enceinte, exige le départ de Rimbaud. Mais celui-ci est de retour en mai 1872, et, après deux mois de cohabitation pénible sous le toit familial et quelques scènes violentes, Verlaine choisit de s'enfuir en juillet avec Rimbaud, abandonnant femme et enfant, pour vagabonder en Angleterre et en Belgique. Traversée de scènes violentes, de tentatives de réconciliation, leur relation tumultueuse et passionnée et leur fugue dure deux ans – au cours desquels Mathilde demande la séparation (1874), et Mme Rimbaud lance la police aux trousses de son fils – et se termine violemment, lorsque Verlaine, en juillet 1873, à Bruxelles, au cours d'une dispute, tire deux coups de feu sur Rimbaud, le blessant légèrement. Il est alors emprisonné et passe deux années en prison à Bruxelles puis à Mons; c'est dans une cellule qu'il écrivit son chef-d'œuvre, le plus réussi de ses recueils, – inspiré de cette période de vie commune avec Rimbaud, de sa passion pour l'amant infernal, – Romances sans paroles (1874) où tout est devenu musique; c'est aussi dans sa cellule qu'il découvre la foi: rongé par le remords, d'amers regrets et un sincère repentir le conduisent à la conversion. Le poète s'efforcera alors à une double conversion morale et mystique dont témoigneront, à sa sortie de prison, les vers de Sagesse (1881), témoignage d'un chrétien sincère. /... www.anthologie francophone.org | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/01/2004 à 17:14  Arthur RIMBAUD DOSSIER DE BRUXELLES, 1873 Déclaration au commissaire de police 10 juillet 1873 (vers 8 heures du soir). Depuis un an, j'habite Londres avec le sieur Verlaine. Nous faisions des correspondances pour les journaux et donnions des leçons de français. Sa société était devenue impossible, et j'avais manifesté le désir de retourner à Paris. Il y a quatre jours, il m'a quitté pour venir à Bruxelles et m'a envoyé un télégramme pour venir le rejoindre. Je suis arrivé depuis deux jours, et suis allé me loger avec lui et sa mère, rue des Brasseurs, n° 1. Je manifestais toujours le désir de retourner à Paris. Il me répondait: "Oui, pars, et tu verras !" Ce matin, il est allé acheter un revolver au passage des Galeries Saint-Hubert, qu'il m'a montré à son retour, vers midi. Nous sommes allés ensuite à la Maison des Brasseurs, Grand'Place, où nous avons continué à causer de mon départ. Rentrés au logement vers deux heures, il a fermé la porte à clef, s'est assis devant; puis, armant son revolver, il en a tiré deux coups en disant: "Tiens ! Je t'apprendrai à vouloir partir !" Ces coups de feu ont été tirés à trois mètres de distance; le premier m'a blessé au poignet gauche, le second ne m'a pas atteint. Sa mère était présente et m'a porté les premiers soins. Je me suis rendu ensuite à l'Hôpital Saint-Jean, où l'on m'a pansé. J'étais accompagné par Verlaine et sa mère. Le pansement fini, nous sommes revenus tous trois à la maison. Verlaine me disait toujours de ne pas le quitter et de rester avec lui; mais je n'ai pas voulu consentir et suis parti vers sept heures du soir, accompagné de Verlaine et de sa mère. Arrivé aux environs de la Place Rouppe, Verlaine m'a devancé de quelques pas, puis il est revenu vers moi: je l'ai vu mettre sa main en poche pour saisir son revolver; j'ai fait demi-tour et suis revenu sur mes pas. J'ai rencontré l'agent de police à qui j'ai fait part de ce qui m'était arrivé et qui a invité Verlaine à le suivre au bureau de police. Si ce dernier m'avait laissé partir librement, je n'aurais pas porté plainte à sa charge pour la blessure qu'il m'a faite. A RIMBAUD. | Mladen - 595300  Publié le 06/01/2004 à 20:30  Jolis les présuposées, Rom, sur celle que tu aimes! Aussi es tu sur de l'issue du spectacle? Et appliquerais-je le proverbe : "chassez le naturel, il revient au galop"? | Ptitange - 908884  Publié le 06/01/2004 à 22:55  wouaou j'viens de découvrir ce forum, bravo les Bruxellois de souche et d'adoption, ou de passage, magnifique textes encore , ça m'plait bien moi | 856603 Publié le 07/01/2004 à 09:06  Rom et Vagabonde, tous mes voeux de bonheur | Rom - 947691 Publié le 07/01/2004 à 12:41  Merci Riquet Le crayon flotte puis dessine sur une page les lettres d'or de son prénom. Mon coeur sourit et soupire en même temps: consonne, voyelle, consonne. Je marque une pause, respire. Mon regard se fait lointain, il voyage, va chercher son image, revient, s'illumine. Le crayon reprend le chemin, son chemin.: voyelle, consonne, voyelle. Je vois, lis le dessin, les arabesques. Les lettres une à une décollent, s'envolent, quittent le papier et se posent sur mes lèvres. Je me surprends à chuchoter son nom, il se multiplie, se retrouve à plusieurs endroits à la fois, ma bouche, ma tête, mon coeur, mon âme. Il irrigue mon corps d'une rivière de bonheur, de douceur. Elle a tout mes rires, toutes mes larmes, tout mes gestes, tout mes mots, tout mes réveils, tout mes sommeils, tout mon amour, toute ma vie. Et elle le sait. | Jo Anne ♥ - 719349 Publié le 07/01/2004 à 12:50  wowww, une symphonie de mots... Bravo | Rom - 947691 Publié le 13/01/2004 à 18:56  Merci Jo Avez vous déja croisé un regard, caressé une main, entendu deux coeurs battre avec cette impression bizarre qu'hier était demain? Avez-vous vécu cet instant où le passé se perd dans l'éternité, où la mémoire perd ses repères, où le temps se dilate ou bien se resserre? Avez-vous connu un amour qui semble exister depuis toujours? Peu importe le temps Soleil, pluie, ciel bleu ou gris Peu importe, on se sourit Avez-vous ressenti cette envie de tout dire, ce besoin de tout dire, sans pudeur, sans retenue? Peu importe ce que l'on dit Je l'aime à la folie Avez-vous approché cet amour qui réveille, cet amour qui révèle? N'avoir plus peur de rien ni de personne Car votre âme frissonne Vous-êtes vous déja senti léger, libéré comme une feuille qui tourbillonne dans un vent d'automne? Elle peut faire de moi ce qu'elle veut Elle peut me demander ce qu'elle veut Le matin, j'attends le soir Aujourd'hui, j'attends demain Elle m'appelle, je viens A n'importe quelle heure, n'importe quand Si elle m'appelle, j'abandonne tout , je la rejoins. Quand on rencontre le bonheur, on ne doit pas en avoir peur La raison a des limites explosées par les cris du coeur Ici ou ailleurs Peu importe, on se sourit Peu importe ce que l'on dit Quelque chose de plus fort nous unit | 539788 Publié le 13/01/2004 à 19:02  Ha ! l’amour que c’est beau | 594727 Publié le 13/01/2004 à 20:25  c'magnifique Rom une telle description du sentiment D'amour,je pense que cela nous fait toutes rêver,bonne route sur le chemin du bonheur Scoodi,voilà des mois que je cherche les paroles de Bruxelles ma belle,je ne savais plus remettre un nomm sur se chanteur(Dick Annegarn)qui à ses tout début poussait la chansonnette pour quelques sous,merci à toi | Tichou - 609844  Publié le 13/01/2004 à 21:27  Just pass for.... kiss you because I'm happy, very happy.... bon j'sais rien dire d'autre en anglais (et encore c'est même pas certain que ce soit correct mdr) ! Et je ne parle pas belche non plus ! Alors je vous souhaite Le Bonheur mes p'tits coeurs. Mais ça... vous le savez déjà. Bisous tendresse sur votre Amour. | -démi°°°° - 731109 Publié le 14/01/2004 à 06:30  Tichou??? tu ne parles pas belche??? Ce n'est pas grave car tu vois...en fait tu parles comme moi... alors continue à parler comme cela car en fait c'est comme moi l'essentiel n'est-il pas c'est de se comprendre ! quoi! bonne journée! | Tichou - 609844  Publié le 14/01/2004 à 08:16  tu sais quoi ma mimi ??? ben on devrait s'faire une tite soirée toutes les deux ! On parlerait comme on parlerait, on délirerait, pis on picolerait un bon coup en s'marrant comme des tordues ! Mais bon... ceci n'est pas l'sujet du post ! Quoique s'ils sont sages, on pourrait les zinviter les tourtereaux Kisses ma belle |
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