|  |
634723 Publié le 11/04/2005 à 19:10  Je sais bien que j'ai déjà dû tout vous dire, tout vous raconter, tout vous montrer à travers mes yeux... mais j'oublie et je redécouvre à chaque fois, alors l'envie me reprend de vous faire partager.
| 634723 Publié le 11/04/2005 à 19:35  Il était noir ce matin ce ciel qui couvrait ma provence... Mais je n'aurais pas dû en être étonnée après tout, parceque finalement il n'était pas tellement plus de six heures en fait. J'ai retrouvé toutes mes habitudes : préparer les caisses de céramique dans l'atelier, les charger dans la voiture, bien caler le tout avec tables, chaise, parasol et même le transat pour les moments de sieste, mais la saison est trop fraiche, je ne vais pas encore en avoir besoin. Voiture chargée, réveil à cinq heure trente, pas encore fatiguée de ma saison, pleine de l'entrain du renouveau, de l'envie de bouger, plaisir qui me manque dans ces longs jours d'atelier solitaires. Je démarre, voiture tranquille dans la nuit, le ciel semble rouler lourdement au dessus de moi, je ne sais pas si ce sont des nuages ou la nuit qui est encore là, il est trop tot pour faire la différence. Pourtant, au fur et à mesure que j'avance, je me rend compte que ce ciel là est bien bas. Moutonnement noir qui appuie et écrase le paysage, oppressant et impressionnant, je le regarde avec attention mais mon esprit est simplement tourné vers une question bien banale... est ce qu'il va pleuvoir? Je ris toute seule en m'écoutant poser cette question... mais où est donc mon esprit poétique ce matin? Et puis, petit à petit, ça me prend. Je devrais dire ... le paysage me prend, l'émerveillement qui m'est naturel m'envahit, je suis à nouveau directement happée par ce que je vois, ce que je sens. La fenêtre entrouverte laisse filter une odeur que j'adore, une odeur qui me ramène à mon enfance, aux deux yeux verts coquins et provocants de mon grand père, à nos ballades dans la colline, l'odeur du buis sauvage. Odeur que je ne saurais décrire, fond de térébenthine peut être, mais je n'en sais rien, juste une odeur qui humecte mes yeux et mon coeur un instant. Et puis une lumière blanche me surprend, on dirait qu'elle a coupé l'horizon en deux, mais qu'est ce que c'est? Je vais mettre une minute à réaliser que c'est juste une trouée large et plate qui ourle le ciel posé si bas ce matin. Une trouée lumineuse et blanche, pas encore dorée du soleil qui émerge quelque part derrière, juste éblouissante, juste aveuglante. Elle est loin, je ne pense pas un seul instant pouvoir l'atteindre en roulant vers elle, elle va éclairer la montagne tout au bout, mettre en relief la neige tombée ces derniers jours, printemps improbable... Les pins parasols au bout de la ligne droite qui mène à la Durance se découpent en noir, forts de leur silhouette que je cherche si souvent à faire entrer dans mes dessins. Et je me sens... comment dire? Un peu comme si un couvercle avait été soulevé, comme si j'étais dans une boite à bijoux qu'on entrouvre et que la lumière brutale de la chambre assaille tout à coup, oui c'est vraiment ça, une sorte de boite à bijoux. Sur le marché, plus tard, madame Poulette ou plutot Esther que l'on surnomme comme ça parcequ'elle fabrique des poules de toutes sortes en tissu, me dira qu'elle a eu la même impression, mais elle ouvrait simplement le couvercle d'un carton elle, pas de boite à bijoux dans son imaginaire, il faut toujours que j'en fasse un peu trop!!! et je ris de moi même. Et puis, petit à petit, sans que je m'en rende vraiment compte, le ciel a envahi le paysage de son bleu naturel ici, le soleil était timide et je ne l'ai pas vraiment remarqué. J'ai retrouvé le chemin tortueux qui m'amène à la Place Saint Michel, toute petite, enserrée dans les immeubles anciens de Forcalquier. Retrouvé les amis aussi, les bonjours sonores, les voitures que l'on croise et que l'on manoeuvre avec habitude, le déballage, ma vie quoi... Et, comme souvent, je vous raconterai les personnages qui m'entourent, leur trucculence, leur diversité, ma vision de tout un monde que j'apprécie. La saison commence pour moi...pour ceux qui aiment me lire elle commence aussi. ...
| Mladen - 595300  Publié le 11/04/2005 à 21:33 
Vite, la suite, Louli!  | 1050988 Publié le 11/04/2005 à 23:39  | Féline - 1301487 Publié le 12/04/2005 à 15:37  Louli Tu sais j'aime bien ce que tu écris là ! Tu vois, çà ensoleille tout d'un coup les journées et tout devient lumineux et frais ! | nevaelle - 734396 Publié le 12/04/2005 à 16:33  une berceuse sur les chemins de provence. dans ta voiture d'oppulence, et le roulis, et le tournis des virages... cela me rappelle d'autre petits matins. des matins où j'en étais ! | 634723 Publié le 14/04/2005 à 19:35  et oui nevaelle! des matins où tu en étais... Une copine potière, rencontrée sur des forums sur la céramique, a voulu elle aussi vivre cette ambiance. Elle m'a suivie dans son fourgon antique et a découvert avec moi le paysage du jour qui se lève. Souriante et fraiche dans sa jeunesse, elle me disait les yeux brillants son plaisir à voir le paysage provencal sous une si belle lumière. Et puis elle s'est intégrée à ces bonjours sonores et rieurs qui accompagnent les retrouvailles de début de saison, quand on se dit des "comment va?" qui englobent une année ou presque. J'aime ces moments où chacun de nous redécouvre l'autre, celui qu'il apprécie et celui qui l'agace, celle qui fait des confidences et celle qui est si secrète, celle qui est toujours fauchée et la dépensière qui regarde les boutiques avec envie. J'ai retrouvé Danielle qui en deux phrases chuchotées me dit comment va son tout nouveau couple quand "il" s'éloigne. Et Hélène qui me donne à chaque fois des leçons d'élégance pour que je me "case", elle qui vit depuis plus de 30 ans avec son gentil époux. Kirsten se dispute toujours autant au moment de l'installation de son stand, son mari est au moins aussi têtu qu'elle et ça fait du bruit autour d'eux... elle a grossi mais s'habille toujours autant près du corps et commente sans ménagement mes cheveux devenus plus courts, elle est nerveuse, stressée, elle m'accueille pourtant avec tendresse. Je retrouve mes habitudes, "ma" place près de la fontaine, les automatismes de mise en place, tout un univers. Corinne va pourtant modifier ma façon de faire, m'incite à cultiver un désordre organisé sur mon étalage qu'elle trouve trop désert... j'accepte le conseil, elle n'est pas la première à me dire qu'il y a bien peu de choses à vendre, je ris et la laisse faire. Sans le savoir elle va modifier le sens de mes ventes, je renouvellerai sans doute. La journée se passe avec des moments magiques comme je les aime, Arsène dirait que je suis "fleur bleue" mais j'aime ma vie et les gens qui la croisent. Marguerite me fait ses confidences, me montre ses nouveautés et m'explique sa technique, ça m'intéresse vraiment et nous mangerons ensemble à midi pour ne pas perdre les mots que nous avons à nous dire toutes les deux. La "nana" de la boutique, Barbara, va venir me voir avec son enthousiasme contagieux pour me montrer et me remontrer les bougies qu'elle propose à ses clients, elle veut des coupelles pour les mettre en valeur, pour elle je vais m'y mettre, c'est si bon de croiser quelqu'un qui n'est pas blasé dans le commerce pour touristes. La journée se passe, avec les moments de calme de début de saison, le soleil qui joue à cache cache et nous fait frissonner, le train train quoi. Je suis contente et je chantonne en remballant, je repense à ces derniers jours, aux nouvelles amitiés qui naissent, à celles qui font partie de moi, à ma vie qui me convient. La route est toute aussi belle en fin de journée, mon dos proteste un peu au déchargement, les habitudes vont revenir, l'élan est retrouvé. ...
| p_carlow - 913080  Publié le 15/04/2005 à 22:54 
Citation: La journée se passe
c'est trop simple et trop beau, ma louli... (m'en vais à Leucate m'enfoncer la tête à la pêche à la mirouille, mouâ)! Après tout, c'est Pâques et Pat circule en Allemagne. => chuis pô à Sligo et comprenne qui pourra Soyons donc sibyllins, et appliquons: La jour-née se pas-se. | 634723 Publié le 16/04/2005 à 10:39  bonne pêche carlow, bons souvenirs, bon plaisir et bon ressourcement!!! | Mladen - 595300  Publié le 16/04/2005 à 10:48  Au fait, j'ai oublié de souhaiter la bon anniversaire à Névaelle!! Déjà que je ne la vois pas souvent sur le site!!! Alors bon anniversaire Nevaelle et avec tout le bonheur que tu as en ce moment, je présume!!! | 634723 Publié le 12/05/2005 à 20:03  et puis un ami, ou plutot un frère, me dit que je n'ai plus écrit depuis le 16 avril... alors je viens voir à nouveau, je me relis et je me dis que je n'ai vraiment pas tout raconté ! carlow me demandait ailleurs mon programme 2005 alors le voilà dimanche 15 mai : lourmarin lundi 16 mai : marché forcalquier mercredi 18 mai : gréoux lundi 23 mai : marché forcalquier vendredi 27 mai : digne dimanche 29 mai : cotignac lundi.............marché forca... dimanche 5 juin : sainte maxime lundi.............marché forca.. mercredi 8 juin : gréoux lundi.............marché forca... vendredi 17 juin: digne lundi.............marché forca... lundi.... mercredi 29 juin: gréoux lundi 4 juillet : marché forcalquier vendredi 8 juil : digne lundi....... vendredi 15 juil: cucuron lundi..... mercredi 20 juil: gréoux vendredi 22 juil: digne lundi..... lundi 1er aout : marché forcalquier mercredi 3 aout : gréoux dimanche 5 aout : aups lundi..... mercredi 10aout : lourmarin dimanche 14aout : varages (potiers) lundi..... mercredi 17aout : cucuron vendredi 19aout : bauduen (potiers) dimanche 21aout : cotignac lundi........ lundi............ et voilà ! en attendant le marché de noël à marseille, du 19 novembre au 24 décembre ... ouf!
| 634723 Publié le 12/05/2005 à 20:28  Quelquefois je me dis que ma vie est bien ordinaire... et c'était le cas ces derniers temps, une sorte de lassitude, d'habitude, rien de nouveau sous le soleil pour moi... D'ailleurs les amis des foires me trouvaient bien calme, moi qui parle chaque année de prendre une année sabbatique de la bêtise (me calmer en fait!) et n'y arrive jamais... et bien cette année je n'ai rien dit mais je l'ai fait. Calme, tranquille, je prend mes marques, je m'impose quand ça me semble nécessaire mais en douceur, sans ces éclats de rire que tout le monde connait bien. Que se passe t'il? A vrai dire, il y a un peu de cette Nathalie qui me manque. Une "cuireuse" comme on dit, une amie aussi, une sorte de folle mais le mot est gentil, une excessive, une rentre dedans, une bruyante aussi. Elle voulait changer un peu d'horizon, 15ans de foires et marchés et la lassitude n'en finissait pas de l'envahir alors elle a quitté notre chemin commun.... partie dans sa vie ailleurs, animatrice pour jeunes... plus rien à voir avec les foires. Maintenant elle va pouvoir arroser son jardin, regarder des téléfilms en fumant sa cigarette, rire et jouer avec son Valentin de fils, aimer tranquillement son quotidien... et elle me manque. Sur un couvercle de mes caisses elle a laissé sa signature à sa manière depuis l'été dernier ... le "je t'aime" au feutre indélébile ,que le soleil atténue pourtant, me fait sourire à chaque fois que je déballe et me met ses cheveux blonds devant les yeux, sa voix rauque, ses éclats, Nath... ma copine. Je me sens déjà une ancienne, mon circuit est bien rodé, je vais là où ça marche, les surprises sont rares, je gagne ma vie, mon nouveau four est acheté.... la vie quoi! la lassitude me croise aussi. .... Mais ... Oui, il y a un mais... Je devais aller vadrouiller avec ma nevaelle préférée et puis.... changement de plans et je reste là, à travailler, ou presque. Alors ce jeudi de l'ascenssion pour lequel rien n'était prévu m'entraine dans un "plan" incertain. Marie Pierre, potière du dimanche comme dirait Arsène... va au Plan d'Aups et j'ai envie de voir ce qu'elle fait, envie de rire avec elle, d'échanger, de redécouvrir l'enthousiasme du début. La décision est vite prise, je ne regarde même pas la carte et j'ai la place sur un simple coup de fil un peu charmeur et insistant. Quelle drôle d'idée!!!! c'est un peu le bout du monde, en fait juste le pied de la Sainte Baume, mais c'est un jour de vent et là, même à 7h du matin ça ne pardonne pas. Les parasols ne tiennent pas, les accidents sont évités de peu, on grelotte et on s'éparpille dans une foire trop grande pour le peu de participants qui ont résisté à l'appel de la couette bien chaude. Je joue de mon assurance et regroupe les timides, il va falloir faire bloc pour faire sérieux aux yeux des clients à venir. Marie Pierre, potière douce et timide me suit étonnée, elle va presque arriver à me convaincre de rentrer avant midi tellement il fait froid... et pourtant notre voisin aura bien fait de nous bloquer malgré nous dans cet endroit où tout s'envole. Les clients passent par nous, nous sommes sur le chemin des marseillais qui vont à leur promenade favorite et c'est un va et vient incessant de voitures, quelques unes s'arrêtent et suffisent à assurer nos ventes, ouf! la journée est sauvée. J'étais venue pour l'amitié et elle y était, j'y ai trouvé aussi un peu de renouveau, quelques sous, et un paysage de retour comme je les aime. Par plaques, les iris nains jaunes et violets tapissent le sol près des chênes, j'en oublie de rouler droit tant je suis fascinée par le spectacle. Et la route serpente dans la forêt de Nans les Pins, joli nom qui sent bon la provence, elle sent le buis pourtant, et je suis concentrée sur les "vires-vires" sans perdre une miette de la lumière verte qui m'entoure, la lumière d'une nature qui explose après deux jours de premières pluies, la seule chose qui ne me lasse jamais. Je rentre tard, retrouve les gestes automatiques pour décharger les caisses, je rentre fatiguée mais contente, ma vie me va et je l'avais oublié, cette journée me l'a rappelé.
| Smay - 1252699 Publié le 12/05/2005 à 20:41  à chaque fois que je te lis Loulidomi je suis sous le charme de tes mots pourtant je ne te connais pas c'est incroyable le pouvoir que tu as de me transporter...ça sent l'authentique on dirait du Pagnol!
| 634723 Publié le 12/05/2005 à 21:49  vraiment très gentil Smay ! | p_carlow - 913080  Publié le 13/05/2005 à 09:27 
Citation: ma vie me va et je l'avais oublié,
merci de rendre la mémoire aux amnésiques que nous sommes | 634723 Publié le 13/05/2005 à 11:36  bisous carlow ça fait plaisir de te croiser ici.... ou là peut être à cet été, sur une foire | Ptitange - 908884  Publié le 13/05/2005 à 18:31 
Citation: ma vie me va et je l'avais oublié,
... il a bien fait, le frère ou l'ami, de te dire que tu n'avais pas posté depuis avril ... je n'aurais peut-être pas vu ton fil, Louli c'est toujours aussi beau, nature, sincère , que j'aime te lire ! Merci | 634723 Publié le 16/05/2005 à 20:45  contente de retrouver l'écriture petitange et aussi mes lecteurs.... bavards ou même silencieux | 634723 Publié le 16/05/2005 à 21:49  On dirait bien que la saison prend son rythme de croisière et moi le mien d'ailleurs. Ces derniers temps difficile de travailler à l'atelier, l'impression de toujours faire la même chose, de fabriquer pour rien, de m'ennuyer, la routine s'installe dans ma vie et c'est ce qui m'est le plus difficile. Du fond de l'atelier je perd de vue mon gout pour la route, pour la nature, pour les "autres". Et puis.... Et puis j'ai commencé par me donner le droit de faire des nouveautés, de sortir de ma gamme qui se vend, le droit au rêve, au plaisir des mains, le plaisir de la terre retrouvé, le droit d'aller vers soi même. Les objets viennent, les idées sont là, l'imaginaire bout comme souvent chez moi, par contre, et la question est tout de même importante, est ce que ça se vendra? je ne dois pas trop oublier que ce métier me permet de vivre. Mais, la question sera vite tranchée quand les objets seront prêts et mis au regard des clients. En tout cas, ce droit que je me suis donné m'a fouetté le sang et me voilà rechargée pour affronter le chemin des foires. Et justement.... Justement ce dimanche était à Lourmarin, un des paysages que j'aime le plus traverser. Prendre les virages qui amènent à Rians, à travers la petite forêt de chênes, les zones cultivées ou le maïs commence seulement à poindre, à moins que ce ne soit le blé, qui peut dire ça quand il rêvasse. Là, sur cette route adorable, aucun lapin ne va traverser ce matin, mais l'enchantement vient quand même. J'ai beau savoir que le mois de mai est magique, je suis de nouveau attrapée! L'air embaume et autour de moi des arbres de neige bordent la route, je ne pensais pourtant qu'à eux ces derniers temps, je voulais faire de la confiture d'acacia... Ils sont immenses, certains n'ont plus que le blanc comme couleur, les grappes de fleurs les couvrent presque entièrement, grands, majestueux, imposants leur présence dans le paysage. Je les traverse avec ravissement, il est 6h du matin, quel plaisir! Et puis les virages continuent, Jouques, Peyrolles si rapidement traversée, Meyrargues que je frôle seulement, le grand virage qui me découvre la plaine de Pertuis dans sa lumière du matin... là encore les acacias m'en mettent plein la vue. Et puis je roule vite dans la ligne droite qui m'emmène vers Cadenet, j'aime ce village qui n'a pourtant rien d'extraordinaire mais qui me rappelle un marché potier auquel j'avais participé, toute fière d'être acceptée. Et puis il y a cette portion de route où une maison a le toit posé sur la route, enfin presque... J'ai toujours cette impression en passant par là, au détour d'un tournant une toiture affleure le muret qui borde le virage, elle est en contrebas et on ne la voit pas, j'adore cette sensation étrange. Lourmarin arrive vite, de grands arbres, un agencement coquet, nous sommes sur la grand place un peu trop blanche l'été, un peu trop au soleil aussi. Cette fois pas de problème, la chaleur est douce et bienvenue. Je retrouve les amis, embrasse l'un ou l'une, l'ambiance chaleureuse des anciens des foires. Pourtant ils sont si nombreux ceux que je ne connais pas... j'ai la sensation, et de plus en plus, d'être une ancienne, ça doit être vrai, d'ailleurs ma lassitude à l'atelier me le disait déjà. Les habitudes, le déballage, l'installation du stand où les automatismes me guident, je connais ma clientèle, j'ai appris sa façon de voir et je suis là pour vendre. Les ventes seront bonnes, le soleil aussi, les brides de mes sandales marquent déjà sur ma peau. Je m'achète un bracelet aux couleurs d'arc en ciel, il a un sens pour moi, et une sorte de grande écharpe.... je me sens à ma place, femme, amie, artisanne. Nous allons remballer assez tard, le parking des voitures est bourré de cerisiers mais il est trop tot en saison et nous râlons tous de ne pouvoir partir panier plein. Retour vers 21h chez moi, contente, repue de vie, fatiguée. ...
| 634723 Publié le 17/05/2005 à 19:13  ce soir je me demande si je reprend la route demain vers ma foire???, Noë aurait trouvé son bonheur avec son arche en ce moment sur mon pays varois !!!
| p_carlow - 913080  Publié le 17/05/2005 à 19:45 
Citation: je voulais faire de la confiture d'acacia...
Avant une tempête imbécile nous avions, dans la cour de l'école, un très vieil acacia. Et tous les ans les minots sautaient à qui mieux mieux pour en attraper les fleurs et en déguster l'acidité mielleuse. Fallait même parfois freiner les ardeurs. Cela dit, ma louli, je dois te faire une confidence publique (t'inquiète pas, c'est comme le silence assourdissant, une oxymore): Chacune de tes phrases est balancée de manière à emporter avec toi ton lecteur. Tu écris façon berceuse, et c'est un plaisir toujours recommencé de te lire, même et surtout parce que ton thème est récurrent. "j'étais sur la route toute la sainte journée" On roule avec toi.
| 634723 Publié le 18/05/2005 à 08:40 
Citation: même et surtout parce que ton thème est récurrent.
justement carlow, j'ai l'impression de lasser tout le monde plus tellement de lecteurs à ma suite et quand j'écris autre chose, on ne me suit pas tellement plus... (voir : "il entendait rire") l'impression bien souvent de monologuer ! | 634723 Publié le 04/09/2006 à 18:21  que ça fait drole de revenir en arrière, de lire et de relire ce que j'ai pu écrire un an ou deux en arrière !!! alors j'étais un peu lasse? alors je cherchais un peu ma place? la vie m'a fait une sorte de croche pied et je ne suis pas tellement plus avancée qui a dit que lion ascendant sagittaire c'était double feu, où donc est le feu des grandes décisions???? rah lala ! | -démi°°°° - 731109 Publié le 04/09/2006 à 23:07  toujours... avec plaisir... | p_carlow - 913080  Publié le 08/09/2006 à 20:10  fouille bien dans le grenier de ton ordi, et relis tes cahiers: tu verras, on sera plusieurs à déguster. allez, pioche!! | 634723 Publié le 13/05/2007 à 12:39  qu'il est bon de revenir lire un bout de soi pour le faire partager à un ami qui ne m'a jamais lue ! Ce que j'y ai lu parlais de fatigue et la vie m'a montré que la pause était nécessaire à ce moment là, puisque ma blessure à la main droite m'a interrompue un temps. Pourtant, 1er mai 2007 j'étais à Lourmarin à nouveau ! Toujours pas de cerises dans le parking ! Et ce ciel lourd qui nous tournait autour, qui nous volait des bouts de calme en agitant arbres et parasols, qui nous faisait goutter la poussière de chaque coin de la grande place blanche de Lourmarin. Mon voisin vendait des macarons, me parlait de la recette retrouvée de son grand père, de marketing et de comptabilité qui avaient été sa vie d'avant. Il avait le regard chaud et souriant, il parlait comme pour exister et c'est vrai qu'il avait ces peurs de celui qui découvre le métier et les incertitudes qui l'accompagnent. La journée n'étaient pas "marchande" et il a fini par ne plus parler, son regard était en dedans et il ne m'a pas suivie à la terrasse du café à rire et bavarder tranquillement puisqu'il n'y avait pas mieux à faire ce jour là. L'orage qui nous avaient épargnés a lavé la route de mon retour... j'ai regardé la route fumer, le bras dehors aux premières gouttes mon nez s'est empli de l'odeur de l'herbe mouillée, que j'étais bien. J'ai retrouvé ce voyage entre terre et ciel, entre soleil et eau, entre bitume et terre, j'ai écouté la pluie qui battait fort, je suis entrée dans le paysage durant un peu plus d'une heure, oublieuse de tout, rayonnante dans mon royaume. Quand je le vis la magie est là, quand je l'écris elle me revient, quand vous lisez je la partage, et ça fait comme des étincelles, les voyez vous ces étincelles? un peu comme celles que fait le soleil en traversant les gouttes d'eau qui restent un moment sur les feuilles, celles là, juste celles là ... juste la magie des étincelles. ...
| -démi°°°° - 731109 Publié le 13/05/2007 à 14:01  à toi...louli... au plaisir de te lire | p_carlow - 913080  Publié le 14/05/2007 à 18:38  qué bonheur ! et je me répète :
Citation: Tu écris façon berceuse, et c'est un plaisir toujours recommencé de te lire
ça fait du bien aux yeux, au coeur et à la mémoire (et ça, c'est nouveau pour toi ) j'te kisse, ma louli, et continue, steuplaît ! PS : mais vas pas trop rêver sur la route : ya danger ... | -démi°°°° - 731109 Publié le 14/05/2007 à 22:18 
Citation: et ça fait comme des étincelles
|
Page 1  Accueil | Conditions générales | Publicité | FAQ | Contact
|  | |