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Pierre Desproges (re)

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- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 21:00 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Que choisir ?

Oh, puis merde, j’ai pas tellement envie de me détruire, moi, finalement.
Je vois pas pourquoi j’irai me foutre en l’air sous prétexte que j’ai rien à dire à une brassée de désœuvrés qui viennent mater mes états d’âme, uniquement parce qu’il y a plus de place sur l’autoroute du sud.
Vous savez ce que vous êtes, tous, là ? Vous êtes des voyeurs, voilà, je l’a dit, ça y est !
Et des voyeurs qui paient pour voir un exhibitionniste, et bien, je vous le dis comme je le pense, c’est petit.
Puis d’abord, le suicide, ça s’improvise pas comme ça…
Qu’est-ce qu’y a pour le se suicider, au fait ? Y a le gaz, la noyade, pfff ! en ce moment, tu parles ! Le pistolet, la corde… la corde…
Hé ! je dis exprès la corde, parce qu’il existe une superstition très tenace dans ce métier de la scène, qui veut que personne,, jamais, quoi qu’il arrive, personne ne prononce le mot de corde sur une scène, parce que ça porte malheur, à tous les coups. Ou c’est un projecteur qui tombe sur le public, ou alors le théâtre brûle, avec le pompier dedans, ah ben oui…
Je m’en fous que ça porte malheur, j’adore le malheur, y a plus que ça qui m’excite.

Alors, qu’est-ce que je disais ? Oui, alors, le gaz, la noyade, le pistolet, pffff ! faut toujours choisir, c’est pas marrant… J’ai jamais su choisir.

Et pourtant, il faut toujours faire un choix, comme disait Himmler en quittant Auschwitz pour aller visiter la Hollande, on ne peut pas être à la fois au four et au moulin !
Mais ne vous moquez pas de Himmler, c’était pas un imbécile, Himmler. C’était un homme capable d’une grande concentration.
Alors, le gaz, pfff ! J’ai jamais su choisir. Tout dans la vie est affaire de choix, finalement, ça commence par la tétine ou le téton, ça se termine par le chêne ou le sapin, et puis d’ici à là, de sa naissance à sa mort, l’homme est en permanence confronté à des choix.
Mais que choisir ?
Fromage ou dessert ? La bourse ou la vie ? La cigale ou la fourmi ? Le sabre ou le goupillon ? Jacob ou Combaluzier ? Labourage de crâne ou pâturage de dents ? La gauche ou Mitterrand ? Un baril de merde, ou deux barils d’une lessive ordinaire ? Eh bien, je ne sais pas.
Je suis dubitatif.
Eh ! c’est pas cochon, dubitatif. C’est en une seul mot, hein, dubitatif. Cà veut pas dire : éjaculateur précoce. Ca veut dire que je suis dans le doute, voilà. Je suis dans le doute. Tiens ! le doute m’habite.
Tout au cours de mon existence, qui n’aura été finalement qu’une féerie d’aventures extraordinaires et riches en rebondissements sur d’innombrables sommiers dont j’ai oublié le nom, tout au cours de cette existence, j’ai été maintes fois confronté à des choix très difficiles.
Songez que j’avais trente-cinq ans en 1940… Si, si, c’est vrai, j’en ai soixante-dix-neuf, là, aujourd’hui. C’est vrai ! Quoique, je ne les fais pas.
Si j’ai su, jusqu’à aujourd’hui, conservé ce teint de jeune fille, c’est que je prends soin de retarder le vieillissement de mes cellules, en menant une vie d’ascète, d’une part, et d’autre part en consommant des bananes, car la banane vaut un steak, de cheval ! Encore que, je préférerais un cheval entier à cause de la douceur du regard qu’on ne retrouve pas dans la banane.
Bon, alors, que choisir quand on a trente-cinq ans en 1940, disais-je lorsque je fus assez grossièrement interrompu par moi-même malgré mes remarques réitérées ?
Eh bien, pour être tout à fait franc, en 1940, j’ai longuement hésité entre la Résistance et la collaboration.
Il faut bien voir qu’en une période ennuyeuse comme le fut celle de l’Occupation – songer qu’en 1940 Patrick Sabatier n’était même pas né…Pour vous dire à quel point on pouvait s’emmerder ! Qu’est-ce vous avez tous contre ce jeune homme ? Hein ? Oui, moi aussi j’ai connu des topinambours qui avaient le regard plus vif ! C’est vrai aussi que si on épluche un topinambour, en dessous, y a quelque chose ! Bon enfin, on n’est pas là pour faire chier les rhizomes-, je disais que dans une période ennuyeuse comme le fut celle de l’Occupation, la seule distraction qui se présentait aux Français, après la messe, c’était de faire ou de la résistance, ou de la collaboration.
Mais là encore, que choisir ?
Alors bien sûr, la collaboration, c’était le bon droit, la respectabilité, un prie-Dieu réservé à Saint-Honoré-d’Eylau, les amitiés de Pierre Laval assurées, les indulgences de Pie XII également, et puis des places de faveur aux concerts de Tino Rossi et de Maurice Chevalier.
Oui, mais la résistance, c’était la vie au grand air, youkaïdi youkaïda !
Oui, mais la collaboration, c’était la possibilité d’apprendre une jolie langue étrangère à peu de frais.
Oui, mais dans la résistance, on se cultivait pas l’âme, mais on rigolait bien. Boum, le train ! Boum, la voie ferrée ! Tagadagada, le petit viaduc, ouais j’lai eu, ouais j’lais eu !
Oui, mais dans la collaboration, on faisait pas sauter des ponts, mais on pouvait sauter des connes !
Oui, mais pour bien gagner sa vie, dans la collaboration, fallait dénoncer les juifs. C’est pas très joli, comme occupation, pour gagner sa vie, de dénoncer les juifs.
Oui, mais dans la résistance, on dénonçait pas les juifs, mais fallait vivre avec !
Enfin, bref, à force de tergiverser, j’avais pas pris de décisions le 25 août 44, quand j’ai vu soudain des centaines de chars déboucher dans la rue de Rivoli. Je me rappelle très bien ce matin-là : il faisait un temps magnifique, je me promenais sous les vieux marronniers du jardin des Tuileries, quand soudain, c’es arrivé. Le fracas des chaînes des tanks faisait trembler la poussière. Une jeune inconnue s’est approché de moi, elle était belle, blonde, au regard bleu.
« Monsieur », s’est-elle écriée en me pressant le bras, avec des larmes de joie dans les yeux, « Monsieur, regardez, mais regardez, c’est l’armée française, la vraie, les forces françaises libres, mais votre pays est libéré, monsieur ! »
_ Pourquoi dites-vous « votre pays » ?
_« Oh ! c’est que moi-même, monsieur, je ne suis pas française, je suis citoyenne helvétique, de Berne. »
Elle avait en effet un assez fort accent germanique.
J’ai juste eu le temps de la tondre, les FFI arrivaient.


Pierre DESPROGES








965939 Publié le 22/05/2005 à 21:14 supprimer cette contribution
Pourquoi? Pourquoi cette fausseté dans les rapports humains? Pourquoi le mépris? Pourquoi le dédain? Ou est Dieu? Que fait la police? Quand est-ce qu'on mange?

Pierre Desproges
- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 21:16 supprimer cette contribution

-démi°°°° - 731109lui écrire blog Publié le 23/05/2005 à 12:44 supprimer cette contribution
- 1306128lui écrire blog Publié le 23/05/2005 à 12:45 supprimer cette contribution

Citations



• Dépourvue d'âme, la femme est dans l'incapacité de s'élever vers Dieu. En revanche elle est en général pourvue d'un escabeau qui lui permet de s'élever vers le plafond pour faire les carreaux. C'est tout ce qu'on lui demande.

• Un chrétien qui se suicide, c'est comme un oranger sur le sol irlandais, ou une fourmi de dix-huit mètres traînant un char plein de pingouins et de canards : ca n'existe pas. On ne verra jamais un chrétien se suicider. Ou alors, c'est qu'il est très malheureux et qu'il a envie de mourir.

• La femme, à y regarder de plus près, est beaucoup plus qu'une excroissance osseuse. La femme est une substance matérielle organique composée de nombreux sels minéraux et autres produits chimiques parés de noms gréco-latins comme hydrogène et gaz carbonique que l'on retrouve également chez l'homme, mais dans des proportions qui forcent le respect.

• La gestation, chez la femme, dure deux cent soixante-dix jours, au cours desquels elle s'empiffre, s'enlaidit, gémit vaguement, tout en contribuant à faire grimper les courbes de l'absentéisme dans l'entreprise. Au bout de ces neuf mois, le petit Homme vient au monde. L'accouchement est douloureux. Heureusement, la femme tient la main de l'homme. Ainsi, il souffre moins.

• Il ne faut pas désespérer des imbéciles, avec un peu d'entraînement on peut en faire des militaires.

• Mozart était tellement précoce qu'à 35 ans il était déjà mort...

• Quelle est la différence entre un meurtrier et un homme qui vient de faire l'amour ?
Aucune. Ils ne savent pas comment se débarrasser du corps.

• Pluie en Novembre, Cache ton membre

• Il faut mettre le terme aux maîtres

• Mieux vaut être dévoré par les remords dans la forêt de Forbach qu'être dévoré par les morbacs dans la forêt de Francfort

• C'est la vie, que voulez-vous, les chemins se croisent et d'autres fois divergent, et dix verges c'est beaucoup pour un seul homme...

• Ce n'est pas parce que l'homme a soif d'amour qu'il doit se jeter sur la première gourde

• Si tout le monde vous donne raison, c'est que vous êtes d'une intelligence remarquable … ou bien que vous êtes le patron

• Il faut mépriser l'argent, surtout la petite monnaie.

• Il faut faire des enfants quand on est vieux, parce qu'on les em moins longtemps

• Ne faites jamais l'amour le samedi soir, car s'il pleut le dimanche, vous ne saurez plus quoi faire.

• Je sais que pour une femme c'est difficile de rendre un homme heureux… Mais si ce travail vous paraît trop dur toute seule, mettez-vous à plusieurs!

• Tous les matins, j'apporte à ma femme le café au lit. Elle n'a plus qu'à le moudre.

• La bigamie, c'est quand on a deux femmes, la monotonie, c'est quand on n'en a qu'une !

• Si tu étais plus belle, je me serais déjà lassé. Tandis que là, je ne m'y suis pas encore habitué.

• Il m'est arrivé de prêter l'oreille à un sourd. Il n'entendait pas mieux pour autant.

• De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.

• Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute à ce sujet.

• Ma femme est très portée sur le sexe. Malheureusement, ce n'est pas sur le mien.

• Au début, avec ma femme nous faisions l'amour 10 fois par mois. Aujourd'hui, c'est plutôt une fois par moi … et 9 fois par les autres.

Smay - 1252699lui écrire blog Publié le 24/05/2005 à 13:19 supprimer cette contribution
Citation:
De tous ceux qui n'ont rien à dire, les plus agréables sont ceux qui se taisent.

j'ADOOORRRE
et du coup je me



si sur Affection, tous les affectionautes voudraient être agréables, y'aurait plus de forums!

- 1306128lui écrire blog Publié le 25/05/2005 à 10:07 supprimer cette contribution

Citation:
j'ADOOORRRE
et du coup je me


Arff, j'te balance celle qui suit :

Citation:
Il vaut mieux se taire et passer pour un con plutôt que de parler et de ne laisser aucun doute à ce sujet.





Smay - 1252699lui écrire blog Publié le 25/05/2005 à 13:33 supprimer cette contribution
J'la connaissais celle-là Joky! Elle est redoutable!
- 1306128lui écrire blog Publié le 25/05/2005 à 18:37 supprimer cette contribution
D’abord, il y a la fête des mères.
Ensuite, il y a la fête des pères.
Et le fête des enfants ?

Pourquoi ne célébrons-nous pas chaque année la fête des enfants ? C’est la tendre pensée qui me montait au cœur, l’autre soir, tandis que j’ouvrais machinalement le tiroir aux trésors où la mère de mes enfants et moi-même engrangeons jalousement les charmants cadeaux qu’année après année les petits anges confectionnent de leurs petites mains potelées, sous la tendre férule de la maîtresse d’école.
Il y a avait là, pêle-mêle, sous mes yeux éblouis d’émotion paternelle, six colliers de nouilles, trois bracelets de haricots, huit vide-poches en pots de yaourt, harmonieusement enrobés de feutrine mauve et jaune, cinq boîtes à bijoux Caprice des Dieux, et trois magnifique pieds de lampe de chez Préfontaines, consignés, certes, mais quand on aime, on ne compte pas.

Pourquoi ne célébrons-nous pas la fête des enfants ?
Pourquoi nous, et pas eux ?
Pourquoi les papas et mamans de France, à leurs tour, ne paieraient-ils pas de leur personne et n’exécuteraient-ils pas, de leur propre mains, quelques présents, modestes et sans prétention bien sûr, mais qui s’avéreraient tellement plus précieux, au cœur de nos chers petits, que ces poupées toutes faites ou ces trains électriques sophistiqués et glacés que notre sécheresse de cœur nous pousse à leur jeter négligemment dans les bras après une baiser furtif ?

Ne saurons-nous donc jamais trouver le temps de nous pencher plus affectueusement sur ces fronts graciles au-dessus de ces grands yeux brûlant aux longs cils vibrants d’un amour incapable de s’épanouir au rythme infernal de nos ambitions carriéristes dont la tyrannie nous condamne à répondre « ta gueule » à l’enfant qui nous dit « maman, je m’ai faite violer » ?
C’est promis.
Je vais vous en donner, moi, mes chéris, des jolis cadeaux fait à la main.
Je vais vous en fabriquer, moi, des Schtroumpfs pas cher, avec deux boulettes de mie de pain et quatre allumettes pour les pattes. Je vais vous structurer des vaisseaux spatiaux en cageot de patates, avec du papier cul pour la combinaison anti-Tchernobyl et une punaise retournée pour le siège éjectable.
Je m’en vais vous en bidouiller, des vélocross sans selle, vraiment tapeculs, avec deux couvercles de bidons de dioxine pour les roue et un os de gigot pour le guidon.
Tiens, Je suis pas chien.
En prime, je composerai moi-même le petit compliment, et je vous le lirai moi-même au dessert, avec une révérence à la fin.
Certes, je doute de pouvoir atteindre dans le lyrisme les sommets extatiques où votre mère et moi-même fûmes emportés à l’écoute de la bouleversante déclamation octosyllabique de le dernière fête des mères, dont le texte, délicatement colorié façon gerbe, enveloppe encore le joli cache-pot William-Saurin de la dernière fête des pères.
C’était un fort beau texte. Je ne résiste pas au plaisir de vous en faire profiter.

(Révérence.)






La Merveille

Ma vie est un enchantement.
Quand je m’endors, quand je m’éveille,
Ou quand je joue à tout moment,
Une fée douce me surveille.
Elle m’entoure de soins charmants
Cette merveille, c’est ma maman.

(Révérence.)

Je me rappelle encore que ma cadette me l’avait lu en aparté la veille du grand jour, pour faire la surprise à sa mère.
Je m’étais alors permis de lui faire une observation : « C’est beau, ma chérie, c’est très beau. Mais vois-tu, ça n’est pas très… très personnel, ce texte. A huit ans, tu devrais être capable d’en écrire un toi-même…
-Mais papa, je suis pas aussi forte que la maîtresse, en polésie.
-En quoi ?
-En polésie. Je suis pas aussi forte que la maîtresse.
-Mais si. C’est pas difficile. Pour faire de la belle polésie, tu prends deux rimes. Par exemple : Maman et Perrine, « an » et « ine » tu colles n’importe quoi devant, et tu as une très jolie polésie. Je sais pas moi, euh…

(Révérence.)

Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est dans la marine
C’est emmerdant.

(Révérence.)

-c’est même pas vrai.
-Quoi ?
-c’est même pas vrai qu’elle dans la marine maman.
-Là, tu chipotes. Attends. C’est pas grave. Je te fais une autre version. Pouf, pouf.

(Révérence.)

Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est pas dans la marine
C’est emmerdant.

(Révérence.)

-c’est même pas vrai : c’est pas emmerdant qu’elle est pas dans la marine maman.
-Ecoute Perrine tu commence à m’emmerd.er. Les polésies, j’ai pas que ça à faire. J’ai du boulot.
-Ouin ! »

elle pleurait. J’ai cédé. Il faut savoir céder de temps en temps. Sinon on se laisse bouffer. Pouf, pouf.


(Révérence.)

Je m’appelle Perrine
J’aime ma maman
Elle est pas dans la marine
En ce moment


« comme ça, tu comprends, si elle change d’avis, si elle s’engage dans la marine on aura qu’à changer la fin.»



Marny - 251831lui écrire blog Publié le 11/06/2005 à 18:11 supprimer cette contribution
Sans aucune agression de ma part. Des voyeurs qui paient pour voir des exhibitionnistes, il y en a plein les cinémas. En plus, on les lmaissent entrer de 7 à 77 ans... !
- 1306128lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 16:38 supprimer cette contribution
O vertige de la penderie béante sur l'alignement militaire des pelures incertaines aux senteurs naphtalines...


O vertige de la penderie béante sur l'alignement militaire des pelures incertaines aux senteurs naphtalines...
Je hais les cintres.
Le cintre agresse l'homme. Par pure cruauté.
Le cintre est le seul objet qui agresse l'homme par pur cruauté.
Le cintre est un loup pour l'homme.
Il y a des objets qui agressent l'homme parce que c'est leur raison d'être.
Prenez la porte. (Non. Ne partez pas. C'est une façon de parler.)
Prenez la porte. Une porte. Il arrive que l'homme prenne la porte dans la gueule.
Bon.
Mais il n'y a pas là la moindre manifestation de haine de la part de la porte à l'encontre de l'homme.
L'homme prend la porte dans la gueule parce qu'il faut qu'une porte soit ouverte, ou bleue.
Le cintre, lui, est foncièrement méchant. Personnellement, l'idée d'avoir à l'affronter m'est odieuse.
Il arrive cependant que la confrontation homme-cintre soit inévitable. Quelquefois, plus particulièrement aux temps froids, l'envie de porter un pantalon se fait irrésistible.
L’homme prend alors son courage et la double porte du placard à deux mains.
Il est seul. Il est nu. Il est grand.
Son maintien est digne, face au combat qu'il sait maintenant inéluctable.
Son buste est droit. Ses jambes, légèrement arquées.
Ses pieds nus arc-boutés au sol.
Comme un pompier face au feu, il est beau dans sa peur.
Les portes du placard s'écartent dans un souffle. Les cintres sont là, accrochés à leur tringle dans la pénombre hostile.
On dirait un rang de vampires agrippés à la branche morte d'un chêne noir dans l'attente silencieuse du poulain égaré au tendre flanc duquel ils ventouseront leur groin immonde pour aboucher son sang clair en lentes succions gargouillées et glaireuses, jusqu'à ce que mort s'ensuive.

Cependant, l'attitude de l'homme n'est pas menaçante. Simplement, il veut son pantalon.
Le gris, avec des pinces devant et le petit revers. L’oeil averti de l'homme a repéré le pantalon gris.
Il est prisonnier du troisième cintre en partant de la gauche.
C'est un cintre particulièrement dangereux. Sournois. Oh. Il ne paie pas de mine.
En bois rose, les épaules tombantes, il ferait plutôt pitié. Mais regardez bien son crochet.
C'est une poigne de fer. Elle ne lâchera pas sa proie.
L,'homme bande. Surtout ses muscles.
Il avance d'un demi-pas feutré, pour ne pas éveiller l'attention de l'ennemi.
C'est le moment décisif.
De la réussite de l'assaut qui va suivre dépendra l'issue du combat. Avec une agilité surprenante pour un homme de sa corpulence, l'homme bondit en avant. Sa main gauche, vive comme l'éclair, repousse le cintre pendu à gauche du cintre rose, tandis que sa main droite se referme impitoyablement sur ce dernier.

La riposte du cintre est foudroyante.
Au lieu d'accentuer sa pression sur la tringle, il s'en échappe brutalement, entraînant dans sa chute le pantalon, le gris, avec les pinces devant et le petit revers, celui-là même que l'homme veut ce matin parce que, non, parce que bon.
A terre, le cintre rose est blessé.
Rien n'est plus dangereux qu'un cintre blessé.
Dans son inoubliable J'irai cracher sur vos cintres, Ernest Hemingway n'évite-t-il pas d'aborder le sujet?
Un silence qui en dit long, non?
L'homme, à présent, est à genoux dans le placard.
De sa gorge puissante monte le long cri de guerre de l'homme des penderies.
« Putain de bordel de mer.de de cintre à la con chié. » Le cintre rose a senti le désarroi de l'homme.
Il va l'achever.
Il s'accroche dans le bois d'un autre cintre tombé qui s'accroche à son tour dans la poignée d'une valise.
Il fait noir.
La nuit, tous les pantalons sont gris.
L'homme, vaincu, n'oppose plus la moindre résistance. Le nez dans les pantoufles, il sanglote, dans la position du prieur d'Allah, la moitié antérieure de son corps nu prisonnière du placard, l'autre offerte au regard de la femme de ménage espagnole.
Il souffre.
Quelques gouttes de sueur perlent à sa paupière.
Il n’est qu’humilité, désespoir et dégoût. Quelques s de plomb pendent à son derrière. Il a soif, il froid, il n’a plus de courroux.

« Donne-lui tout de même un slip », dit mon père.

Candide - 1638759lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 17:00 supprimer cette contribution


Si tu as le réquisitoire contre Gérard Vié tu feras de moi un homme comblé.
- 1306128lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 17:02 supprimer cette contribution
1103900 Publié le 23/03/2006 à 17:46 supprimer cette contribution
...j'comprends mieux maintenant certaines contrib...savais bien q'y'avait un 15 eme dégrès!
1512221 Publié le 23/03/2006 à 17:47 supprimer cette contribution
Citation:
.j'comprends mieux maintenant certaines contrib


Faut pas non plus, sous couvert d'humour, tenter de nous faire croire l'impossible !
1305770 Publié le 23/03/2006 à 17:50 supprimer cette contribution
Citation:
Faut pas non plus, sous couvert d'humour, tenter de nous faire croire l'impossible !


ohhhhhhh nonnnnnn j'aurais jamais osée ! quoique
1103900 Publié le 23/03/2006 à 17:56 supprimer cette contribution
On nous demande pas de croire ...autrement ça s'rai du 1 er degrés!
remarque y'a a qui mettent bien les pieds d'dans
- 1306128lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 18:02 supprimer cette contribution
Citation:
Faut pas non plus, sous couvert d'humour, tenter de nous faire croire l'impossible !

Rien n’est impossible à l’homme, ce qu’il ne peut pas faire... il le laisse !
- 1306128lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 18:04 supprimer cette contribution

Citation:
remarque y'a a qui mettent bien les pieds d'dans

vi, tout plein...
1305770 Publié le 23/03/2006 à 18:08 supprimer cette contribution
Citation:
Ma femme est très portée sur le sexe. Malheureusement, ce n'est pas sur le mien.


tiens comme mon futur ex mon époux adore Desproges ! je vais lui dire ça ce soir il ne pourra pas m'en vouloir
Candide - 1638759lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 18:20 supprimer cette contribution
Je hais les médecins. Les médecins sont debout, les malades sont couchés. Les médecins debout, du haut de leur superbe, paradent tous les jours dans tous les mouroirs à pauvres de l’assistance publique poursuivis par le zèle gluant d’un troupeau de sous-médecins serviles, qui leurs collent au stéthoscope comme un troupeau de mouches à sur une bouse diplômée. Et les médecins debout paradent aux lits de pauvres qui sont couchés et qui vont mourir et le médecin leur jettent à la gueule sans les voir des mots gréco-romains que les pauvres couchés ne comprennent jamais, et les pauvres couchés n’osent pas demander pour pas déranger le médecin debout qui pue la science et qui cache sa propre peur de la mort en distribuant, sans sourciller, ses sentences définitives et ses antibiotiques approximatifs comme un Pape au balcon dispersant la parole et le sirop de Dieu sur le monde à ses pieds. Alors fais gaffe toubib, j’ai piégé mes métastases, le premier qui touche à mon cancer je lui saute à la gueule!
Sic transit gloria mundi, amen.

- 1306128lui écrire blog Publié le 23/03/2006 à 20:33 supprimer cette contribution


nan j'ai pas le réquisitoire
Candide - 1638759lui écrire blog Publié le 24/03/2006 à 14:48 supprimer cette contribution
Mais tu le connais peut-être (réquisitoire Gérard VIÉ) ? C'est une succession de jeux de mots potaches tu apprécierais, Franck aussi.
http://www.desproges.fr/ puis aller dans les extraits audio !
- 1306128lui écrire blog Publié le 26/03/2006 à 00:15 supprimer cette contribution


ONDINE

"Il faut retarder l'heure matinale de se revoir au miroir.
Aujourd'hui un peu plus mort qu'hier,
et bien moins que demain..."
C'est beau ce que je dis là.
On dirait du Giraudoux.
Quel âne ce Giraudoux.
Pourtant il était Limousin.
Mais quel âne.
Encore un qui buvait de l'eau.
On n'écrit pas Ondine impunément.
j'exagère. Ondine, c'est pas que de la flotte.
Il y a à boire et à manger.
Rappelez vous de la scène du dîner de l'acte 2.
Si, rappelez-vous :
La scène représente la cène.
Côté cour, un jardin, côté jardin, la mer.
Au centre, l'humble masure d'Ondine, au dos des dunes, où la mère d'Ondine dresse la table.
Par la fenêtre, Ondine regarde la mer.
Pas la mère, la mer. Elle est amère. Pas la mer, Ondine.
Ondine scrute l'océan où ça merdoit (pardon), où son père doit chasser le congre ou le bar.
Le congre que le bar abhorre ou le bar que le congre hait.
Car Ondine à la dalle et la mère à les crocs.
Selon qu'il aura pris la barque à bars ou la barque à congres,
le père devra remplir la barque à bars à ras bord de bars ou
la barque à congres à ras bord de congres.
Or, il n'a pas pris la barque à congres ; Il a pris la barque à bars.
A l'arrière plan, le spectateur voit, au flanc de la montagne rouge feu, moutonner un maquis vert.
Il y serpente des chemins rares qui débouchent soudain sur des criques sauvages où nul imbécile, cintré dans sa bouée Snoopy ne vient jamais ternir de son ombre grasse et populacière, l'irréelle clarté des fonds marins mordorés, où s'insinue le congre que donc, le bar abhorre.
Oui : le bars abhorre le congre par atavisme. Le congre est barivore. Et donc le bar l'abhorre.
Le bar est fermé aux congres du même fait que le palais des congres est ouvert au bar.
Le court extrait d'Ondine que je vais avoir l'honneur de vous interpréter se situe au moment précis où Ondon, le frère d'Ondine, part pour la Crète. La nuit tombe. La mère d'Ondine et d'Ondon appelle sa fille.
La mère -" Ondine ! "
Ondine -" Oui la mère ? "
La mère -" T'as vu l'heure ? "
Ondine -" Et alors,la mère ? "
La mère -" Et alors on dine . "

- 1306128lui écrire blog Publié le 28/03/2006 à 13:27 supprimer cette contribution
Je ne suis pas à proprement parler ce qu'on appelle un maniaque

je ne suis pas à proprement parler ce qu'on appelle un maniaque.
Simplement j'aime que tout brille et que tout soit bien rangé.
Quand je rentre à la maison, la première chose que je fais, c'est de me servir du thé. Je me verse moi-même le thé, bien au milieu du bol. Le sucre doit être vertical. Sinon, c'est le bordel.
Ensuite je range le bureau, le chien, les gosses et j'astique le zèbre. J'ai toujours eu des zèbres. J'aime beaucoup les zèbres, les rayures sont bien parallèles.
J'aime que les choses soient parallèles. Je n'apprécie rien tant que cet instant, trop éphémère, hélas, où ma montre ;i quartz indique 11 h 11.
Parfois j'ai un orgasme jusqu'à 11 h 12.
J'aime que l'on soit à l'heure. Je dois dire que vous m'avez déçu.
Mon ami, le regretté ministre Robert Boulin, et moi-même avions en commun cette obsession de la ponctualité.
Je l'entends encore: "je suis dans les temps, je suis dans les temps..."
Chaque samedi soir, à 22 h 15 précises, je range ma femme dans le lit et je la fais reluire jusqu'à la demie.
Hélas, notre harmonie n'est pas parfaite: c'est une femme qui ne parvient pas toujours à garder les jambes bien parallèles.
Ludiquement parlant, ça me désoblige.
Elle est bordélique, pour tout dire. Notre dernier pique-nique s'est très mal terminé. Elle voulait rentrer sans avoir rangé la clairière, ni plié les papiers gras, ni même ma tante Emma, qui est paraplégique, et qui par conséquent ne peut se plier toute seule.
J'avais beau la supplier: « Suzanne, ne pars pas encore. »
Ne me quitte pas.
Il faut tout plier.
Tout peut se plier.
Tu t'enfuis déjà...
Que voulez-vous, j'aime l'ordre. C'est un besoin de clarifier les choses dans ma pauvre tête de perturbé congénital.
Pensez: je suis dyslexique : je confonds les « t » et les « f « . C'est chianf. En plus, je suis gaucher contrariant. C'est plus fort que moi, il faut que j'emmer.de les droitiers.
Et ce ne sont là que les moindres de mes tares. Il y a plus grave.
Je suis névrosé et psychotique. Ce sont deux désordres extrêmement perturbant quand ils cohabitent, pour reprendre le cri d'amour du crapaud.
Savez-vous seulement quelle différence il y a entre un psychotique et un névrosé?
Un psychotique, c'est quelqu'un qui croit dur comme fer que 2 et 2 font 5, et qui en est pleinement satisfait. Un névrosé, c'est quelqu'un qui sait pertinemment que 2 et 2 font 4, et ça le rend malade.
Eh bien moi, qui suis à la fois psychotique et névrosé, je suis tour à tour très content que 2 et 2 fassent 4, ou déçu, terriblement déçu, que 2 et 2 fassent 5. Un jour je me réjouis que les quadrilatères aient quatre côtés, le lendemain je me désole à l'idée que les triangles n'en ont que deux.
J'en ai parlé à mon psy.
Il m'a conseillé de tenter une expérience de thérapie de groupe.
Au départ, je n'étais pas très chaud. D'abord, je trouve ce genre d'exhibitions publiques tout à fait impudiques. Je suis un garçon très pudique. C'est une qualité que je partage avec mon ami Michel Droit. Un homme qui ne va jamais aux toilettes sans éteindre la lumière... Quelquefois, il s'essuie la figure, et les gens disent qu'il a mauvaise haleine. Mais ce sont des mauvaises langues.
Et puis, c'est cher, les thérapies de groupe. Or, mon argent aussi, j'aime qu'il soit bien rangé. On évalue ma fortune actuelle à 1 111 111 francs, c'est un bon chiffre, et je m'y tiendrai, aussi vrai que 2 et 2 font... (l'air désespéré) ... 4.
Alors bon, mon psy m'a dit: "Mais non, pauvre enculé (nous sommes très liés), mais non, ça ne te coûtera rien. Au contraire. Pour la thérapie de groupe, donne-toi en spectacle. C'est toi qui seras payé."
C'est pourquoi, Mesdames et Messieurs, je vous ai priés de venir tous ici ce soir pour me regarder faire mon intéressant.
Bonsoir.

Candide - 1638759lui écrire blog Publié le 05/04/2006 à 15:17 supprimer cette contribution
En ce qui concerne l’abolition de la mort, elle m’apparaît à l’évidence comme une réforme de première urgence, dans la mesure où la plupart des humains renâclent farouchement à la seule idée de quitter ce bas monde quel que soit le prix du kilo de poireau et l’imminence de la Troisième guerre mondiale. Ils veulent vivre, même quand leur femme les trompe à l’extérieur et que les métastases les bouffent de l’intérieur. J’irais même jusqu’à dire que c’est sa mortalité qui constitue la grande faiblesse du genre humain. Un beau jour, on entame une partie de pétanque avec les copains, sous les platanes bruissant d’étourneaux, l’air sent l’herbe chaude et l’anis, et les enfants jouent nus, et la nuit sera gaie, avec de l’amour et des guitares, et puis voici que tu te baisses pour ajuster ton tir, et clac, cette artère à la con te pète sous la tempe, et tu meurs en bermuda. Et c’est là, mon frère, que je pose la question : à qui est le point ?
- 1306128lui écrire blog Publié le 19/11/2006 à 17:11 supprimer cette contribution
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Créé et hebergé par Capit


Que choisir ? Oh, puis merde, j’ai pas tellement envie de me détruire, moi, finalement. Je vois pas pourquoi j’irai me foutre en l’air sous prétexte que j’ai rien à dire à une brassée de désœuvrés
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