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Trycia. - 1710057 Publié le 04/04/2008 à 18:18 
Hello ... L'envie me prend d' ouvrir à nouveau ce forum...dans le même " esprit " qu'en 2005 Poèmes... Citations... Pensées... Textes de chansons... Histoires...
| Trycia. - 1710057 Publié le 04/04/2008 à 18:23 
Renouveau Hier, néant, mort, passage obligé Hier, nul besoin de parler, amputée Hier, malmenée, emplie d'amerturme Hier, ma vie se traîne sur le bitume Ce soir, dans la nuit tombe la neige Ce soir, mon coeur usé palpite Ce soir, un voile obscure s'invite Ce soir, ma vie devient manège Ma vie, piétinée plus que de raison Ma vie, déchirure, absurde déraison Ma vie, toi qui n'est que long tourment Ma vie, laisse-moi encore du temps Ma fille, mon enfant, ma douce amie Ma fille, plus qu'à l'habitude s'invite Ma fille, ma chair, en moi, tu habites Ma fille, ma chérie, tu vas donner la vie Demain, ce demain sera le plus beau Demain, les yeux embués mais comblée Demain, je bercerai le nouveau-né Demain, sonn'ra l'heure du renouveau
| Trycia. - 1710057 Publié le 05/04/2008 à 20:38 
Le miroir de l'âme Les yeux sont le reflet de l'âme Des âmes claires, pures, grandes ouvertes Yeux brûlants vifs comme une flamme Yeux profonds comme une mer toute claire... Yeux coquins, sournois, maquillés, Perçants, froncés, crispés, serrés, Agacés, Tristes, hagards, mouillés, Veloutés, Sincères, Rassurés, Yeux qu'on croise un jour par hasard Déclenchant un feu d'étincelles Alors que mille autres regards Se noient dans le monde matériel ! Pourquoi parler, vouloir paraître ? Quand un seul regard nous suffit Pour voir l'art d'un tableau de Maître, La perfection d'une goutte de pluie ? Les yeux sont le guide de la vie, Ils nous préviennent, extériorisent : La joie, les pleurs, la sympathie, La douleur, le bonheur limpide... Il est dans les étoiles, des mondes, Cachés et ignorés des hommes, Où anges et yeux purs se confondent, Dans la grande lumière d'un royaume... Jean-Claude Brinette
| Trycia. - 1710057 Publié le 05/04/2008 à 23:19  Très bonne et douce nuit à toutes et à tous !!!
| Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 12:24 
| Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 12:38 
Brel Tu es venu mourir aux portes de Paris, Avec infiniment de larmes dans ta nuit, Et des millions d'amis, Dans un million d'adieux, Quand les îles ont pris froid Dans le fond de tes yeux. Grand Jacques, Tu vas retrouver la Mathilde Ou bien Karieke et ses vingt ans, Sûr que maint'nant elle va te dire : " je t'attendais depuis longtemps ! " On aurait pu comme un seul homme, Te chanter : " Ne nous quitte pas. " Tu as voulu revoir l'automne, Tu es venu mourir aux portes de Paris... Grand Jacques, Y a pas que les marins qui meurent Quand il fait nuit sur Amsterdam, C'est pour de bon qu'tu pars aux fleurs Comm' tu disais la paix dans l'âme, On aurait pu comme un seul homme, Te chanter : " Ne nous quitte pas. " C'est dur de mourir en automne Quand on croit que tout finit là. Tu es venu mourir aux portes de Paris... Grand Jacques, On ira pécher la tendresse Dans tes chansons de mal-aimé tous les soleils que tu nous laisses N'ont pas fini de se lever, On aurait pu comme un seul homme, Te chanter : " Ne nous quitte pas. " Tu t'es sauvé de tes automnes Sans prendre ton dernier repas. Tu es venu mourir aux portes de Paris...
Paroles et Musique: Mannick " Je suis Eve "
| Professeur Paganel - qui a la pèche ! - 980920  Publié le 06/04/2008 à 12:39  - Putaing, elle date, cette photo - A cause du noir et blanc ? - Non. A cause de la clope. | Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 13:19 
Professeur... peut-être
Citation: Jacques Brel fumait 80 cigarettes par jour
| Professeur Paganel - qui a la pèche ! - 980920  Publié le 06/04/2008 à 13:28 
Citation: Jacques Brel fumait 80 cigarettes par jour
Ben voilà. Résultat pour son public : au moins trois albums de moins à écouter | Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 14:56 
Moi qui t'ai donnée la vie... Le plus beau cadeau au monde Est de donner vie à un enfant Mais parfois, la trahison fait trébucher le destin... Les personnes qui s'aimaient,se séparent Et voilà que la déchirure commence La séparation,la cour, et tout ce qui en découle. Aujourd'hui, je dois vivre dans cette dérive Cela me déchire, je ne voulais pas me séparer de toi Mais "ils" ont tout fait pour que cela arrive. Voilà, nous sommes séparées depuis neuf ans... "Ils" ont réussi à nous éloigner l'une de l'autre! Aujourd'hui, tu poursuis le chemin de la vie Mais jamais rien ne pourra me séparer de toi Tu es mon sang, un jour, nos chemins vont se croiser Cette fois, pour ne plus nous quitter Plus rien ne viendra ternir cette complicité... Crois-moi, je sais que pour toi, rien n'est facile Cette séparation te fait souffrir autant qu'à moi! Mais, ne t'inquiètes pas, mon petit ange Tu es et resteras enfouie dans mon coeur Toujours je pense à toi, je revois le jour où je t'ai donnée la vie J'avais trente-huit ans, j'étais une maman épanouie Je t'ai aimée, je t'ai chérie C'était le plus beau jour de ma vie! Un jour viendra, tu connaîtras la vérité Tu sauras alors que j'ai tout essayé pour te garder... Le coeur blessé de ne rien partager avec toi mon ange Ce poème, sur le papier, t'est dédiée avec humilité. Pour Toi mon Maman.
| Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 20:42 
Avec le temps Avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va on oublie le visage et l'on oublie la voix le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie l'autre qu'on devinait au détour d'un regard entre les mots, entre les lignes et sous le fard d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit avec le temps tout s'évanouit avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules à la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens avec le temps, va, tout va bien avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va on oublie les passions et l'on oublie les voix qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid avec le temps... avec le temps, va, tout s'en va et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu et l'on se sent glacé dans un lit de hasard et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment avec le temps on n'aime plus Léo Ferré 1971
| - 2293348 Publié le 06/04/2008 à 20:50  Léo Ferré - Avec le temps (Olympia 1972
| Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 21:52 
Bien que je connaisse cette vidéo, c'est un réel plaisir de la regarder à nouveau
| Trycia. - 1710057 Publié le 06/04/2008 à 22:54 
| yasmine - 2145378 Publié le 07/04/2008 à 13:18  La Nuit de Mai [ La Muse ] Poète, prends ton luth et me donne un baiser; La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore. Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser; Et la bergeronnette, en attendant l'aurore, Aux premiers buissons verts commence à se poser; Poète, prends ton luth et me donne un baiser. [ Le Poète ] Comme il fait noir dans la vallée! J'ai cru qu'une forme voilée Flottait là-bas sur la forêt. Elle sortait de la prairie; Son pied rasait l'herbe fleurie; C'est une étrange rêverie; Elle s'efface et disparaît. [ La Muse ] Poète, prends ton luth; la nuit, sur la pelouse, Balance le zéphyr dans son voile odorant. La rose, vierge encor, se referme jalouse Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant. Écoute! tout se tait; songe à la bien-aimée. Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux. Ce soir, tout va fleurir: l'immortelle nature Se remplit de parfums, d'amour et de murmure, Comme le lit joyeux de deux jeunes époux. Alfred de musset | Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 14:26  yasmine pour ce poème
| arwen - 2258363 Publié le 07/04/2008 à 14:42  vraiment beau ce fil Tricia..  | yasmine - 2145378 Publié le 07/04/2008 à 17:31 
La suite [ Le Poète ] Pourquoi mon coeur bat-il si vite? Qu'ai-je donc en moi qui s'agite Dont je me sens épouvanté? Ne frappe-t-on pas à ma porte? Pourquoi ma lampe à demi morte M'éblouit-elle de clarté? Dieu puissant! tout mon corps frissonne. Qui vient? qui m'appelle? – Personne. Je suis seul, c'est l'heure qui sonne; Ô solitude! ô pauvreté! [ La Muse ] Poète, prends ton luth; le vin de la jeunesse Fermente cette nuit dans les veines de Dieu. Mon sein est inquiet; la volupté l'oppresse, Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu. Ô paresseux enfant! regarde, je suis belle. Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas, Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile, Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras? Ah! je t'ai consolé d'une amère souffrance! Hélas! bien jeune encor, tu te mourais d'amour. Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance; J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour. [ Le Poète ] Est-ce toi dont la voix m'appelle, Ô ma pauvre Muse! est-ce toi? Ô ma fleur! O mon immortelle! Seul être pudique et fidèle Où vive encor l'amour de moi! Oui te voilà, c'est toi ma blonde, C'est toi, ma maîtresse et ma soeur! Et je sens, dans la nuit profonde, De ta robe d'or qui m'inonde Les rayons glisser dans mon cœur. De rien | Jade - 1330001 Publié le 07/04/2008 à 19:54 
trycia !... suis contente de te revoir ici et que tu es rouvert ton forum c'est pourquoi j'en profite pour te poster cette chanson de johnny sachant que tu l'aimes beaucoup... gros bisous
Citation: ALWAYS Always C'est ta main qui se perd dans ma main Always Ton rêve qui se réveille dans le mien Toujours Et jusqu 'à mon dernier jour Always C'est mon coeur qui demande à vivre Always L'éternité de nos souvenirs Dieu sait Combien de temps je pourrai Te dire L' Amour qui manque à ma vie Te dire encore Je t'aimerai aujourd'hui Oh, toujours Bien au- delà de la vie Te dire always Pour que jamais tu n'oublies Always Je serai le gardien de ton ange Always Tu garderas mon âme en échange Et moi J'écouterai tes silences Me dire L'Amour qui manque à la vie Me dire encore Je t'aimerai aujourd'hui Toujours Bien au-delà de la vie Me dire always Pour que jamais je n'oublie Toujours Et parce que rien ne finit Se dire always Comme on se dit «Pour la vie» Always Toujours et bien au-delà de la vie Always Johnny Halliday
| yasmine - 2145378 Publié le 07/04/2008 à 20:34  [ La Muse ] Poète, prends ton luth; c'est moi, ton immortelle, Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux, Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle, Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux. Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire Te ronge; quelque chose a gémi dans ton coeur; Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre, Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur. Viens, chantons devant Dieu; chantons dans tes pensées, Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées; Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu. Éveillons au hasard les échos de ta vie, Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie, Et que ce soit un rêve, et le premier venu. Inventons quelque part des lieux où l'on oublie; Partons, nous sommes seuls, l'univers est à nous. Voici la verte Écosse et la brune Italie, Et la Grèce, ma mère, où le miel est si doux, Argos, et Ptéléon, ville des hécatombes, Et Messa la divine, agréable aux colombes; Et le front chevelu du Pélion changeant; Et le bleu Titarèse, et le golfe d'argent Qui montre dans ses eaux, où le cygne se mire, La blanche Oloossone à la blanche Camyre. Dis-moi, quel songe d'or nos chants vont-ils bercer? D'où vont venir les pleurs que nous allons verser? Ce matin, quand le jour a frappé ta paupière, Quel séraphin pensif, courbé sur ton chevet, Secouait des lilas dans sa robe légère, Et te contait tout bas les amours qu'il rêvait? Chanterons-nous l'espoir, la tristesse ou la joie? Tremperons-nous de sang les bataillons d'acier? Suspendrons-nous l'amant sur l'échelle de soie? Jetterons-nous au vent l'écume du coursier? Dirons-nous quelle main, dans les lampes sans nombre De la maison céleste, allume nuit et jour L'huile sainte de vie et d'éternel amour? Crierons-nous à Tarquin: «Il est temps, voici l'ombre! » Descendrons-nous cueillir la perle au fond des mers? Mènerons-nous la chèvre aux ébéniers amers? Montrerons-nous le ciel à la Mélancolie? Suivrons-nous le chasseur sur les monts escarpés? La biche le regarde; elle pleure et supplie; Sa bruyère l'attend; ses faons sont nouveau-nés; Il se baisse, il l'égorge, il jette à la curée Sur les chiens en sueur son coeur encor vivant. Peindrons-nous une vierge à la joue empourprée, S'en allant à la messe, un page la suivant, Et d'un regard distrait, à côté de sa mère, Sur sa lèvre entr'ouverte oubliant sa prière? Elle écoute en tremblant, dans l'écho du pilier, Résonner l'éperon d'un hardi cavalier. Dirons-nous aux héros des vieux temps de la France De monter tout armés aux créneaux de leurs tours, Et de ressusciter la naïve romance Que leur gloire oubliée apprit aux troubadours? Vêtirons-nous de blanc une molle élégie? L'homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie, Et ce qu'il a fauché du troupeau des humains Avant que l'envoyé de la nuit éternelle Vînt sur son tertre vert l'abattre d'un coup d'aile, Et sur son coeur de fer lui croiser les deux mains? Clouerons-nous au poteau d'une satire altière Le nom sept fois vendu d'un pâle pamphlétaire, Qui, poussé par la faim, du fond de son oubli, S'en vient, tout grelottant d'envie et d'impuissance, Sur le front du génie insulter l'espérance, Et mordre le laurier que son souffle a sali? Prends ton luth! prends ton luth! je ne peux plus me taire; Mon aile me soulève au souffle du printemps. Le vent va m'emporter; je vais quitter la terre. Une larme de toi! Dieu m'écoute; il est temps.
| Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 21:25 
arwen d'être passée par là... yasmine
Jade ..." Le Retour " ....Que de souvenirs... Je te remercie pour " Always " de Johnny "
| Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 21:56 
Citation: Quand je regarde tomber la pluie, je me sens moins seule de savoir que le ciel pleure aussi..
| Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 22:11 
Citation: Il est des douleurs Parfois trop grandes pour pleurer... Il est des douleurs Qui ne pleurent qu'à l'intérieur...
| Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 22:39 
Croire à ses rêves...proverbe chinois
Citation: C'est dormir toute la vie, que de croire à ses rêves. Proverbe chinois.
| Diane - Rêveries d'automne - 2025831  Publié le 07/04/2008 à 22:40 
Trycia ! Alors je dors tout le temps moi
| Trycia. - 1710057 Publié le 07/04/2008 à 22:59  Diane...et bien alors bonne nuit emplie de doux rêves !
| yasmine - 2145378 Publié le 08/04/2008 à 13:49  [ Le Poète ] S'il ne te faut, ma soeur chérie, Qu'un baiser d'une lèvre amie Et qu'une larme de mes yeux, Je te les donnerai sans peine; De nos amours qu'il te souvienne, Si tu remontes dans les cieux. Je ne chante ni l'espérance, Ni la gloire, ni le bonheur, Hélas! pas même la souffrance. La bouche garde le silence Pour écouter parler le coeur. [ La Muse ] Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau, Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau? Ô poète! un baiser, c'est moi qui te le donne. L'herbe que je voulais arracher de ce lieu, C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu. Quel que soit le souci que ta jeunesse endure, Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur; Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur. Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète, Que ta voix ici-bas doive rester muette. Les plus désespérés sont les chants les plus beaux, Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots. Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage, Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux, Ses petits affamés courent sur le rivage En le voyant au loin s'abattre sur les eaux. Déjà, croyant saisir et partager leur proie, Ils courent à leur père avec des cris de joie En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux. Lui, gagnant à pas lents une roche élevée, De son aile pendante abritant sa couvée, Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux. Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte; En vain il a des mers fouillé la profondeur: L'Océan était vide et la plage déserte; Pour toute nourriture il apporte son coeur. Sombre et silencieux, étendu sur la pierre, Partageant à ses fils ses entrailles de père, Dans son amour sublime il berce sa douleur, Et, regardant couler sa sanglante mamelle, Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle, Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur. Mais parfois, au milieu du divin sacrifice, Fatigué de mourir dans un trop long supplice, Il craint que ses enfants ne le laissent vivant; Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent, Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage, Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu, Que les oiseaux des mers désertent le rivage, Et que le voyageur attardé sur la plage, Sentant passer la mort, se recommande à Dieu. Poète, c'est ainsi que font les grands poètes: Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps; Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes Ressemblent la plupart à ceux des pélicans. Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées, De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur, Ce n'est pas un concert à dilater le coeur. Leurs déclamations sont comme des épées: Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant, Mais il y pend toujours quelque goutte de sang. [ Le Poète ] Ô Muse! spectre insatiable, Ne m'en demande pas si long. L'homme n'écrit rien sur le sable A l'heure où passe l'aquilon. J'ai vu le temps où ma jeunesse Sur mes lèvres était sans cesse Prête à chanter comme un oiseau; Mais j'ai souffert un dur martyre, Et le moins que j'en pourrais dire, Si je l'essayais sur ma lyre, La briserait comme un roseau. | hallucine - 1895588 Publié le 08/04/2008 à 18:37  bonjour trycia je viens de découvrir ton fil il est sublime | yasmine - 2145378 Publié le 08/04/2008 à 20:46 
Le lac Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages, Dans la nuit éternelle emportés sans retour, Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges Jeter l'ancre un seul jour ? Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière, Et près des flots chéris qu'elle devait revoir, Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre Où tu la vis s'asseoir ! Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes, Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés, Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes Sur ses pieds adorés. Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ; On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux, Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence Tes flots harmonieux. Tout à coup des accents inconnus à la terre Du rivage charmé frappèrent les échos ; Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère Laissa tomber ces mots : " Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours : Laissez-nous savourer les rapides délices Des plus beaux de nos jours ! " Assez de malheureux ici-bas vous implorent, Coulez, coulez pour eux ; Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ; Oubliez les heureux. " Mais je demande en vain quelques moments encore, Le temps m'échappe et fuit ; Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore Va dissiper la nuit. " Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive, Hâtons-nous, jouissons ! L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ; Il coule, et nous passons ! " Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse, Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur, S'envolent loin de nous de la même vitesse Que les jours de malheur ? Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ? Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus ! Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface, Ne nous les rendra plus ! Éternité, néant, passé, sombres abîmes, Que faites-vous des jours que vous engloutissez ? Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes Que vous nous ravissez ? Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure ! Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir, Gardez de cette nuit, gardez, belle nature, Au moins le souvenir ! Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages, Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux, Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages Qui pendent sur tes eaux. Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe, Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés, Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface De ses molles clartés. Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire, Que les parfums légers de ton air embaumé, Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire, Tout dise : Ils ont aimé ! Lamartine | Trycia. - 1710057 Publié le 08/04/2008 à 20:48 
yasmine hallucine
Bonne soirée à vous...
| Diane - Rêveries d'automne - 2025831  Publié le 08/04/2008 à 20:49  Merci Yasmine ! Alphonse de Lamartine est un de mes poètes préférés ! "Le Lac" notamment est une merveille Bonsoir Trycia et Hallucine
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