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Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 04/04/2008 à 18:18 Demander à la modératrice de supprimer ce forum



Hello ...

L'envie me prend d' ouvrir à nouveau ce forum...dans le même " esprit " qu'en 2005


Poèmes... Citations... Pensées... Textes de chansons... Histoires...



Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 04/04/2008 à 18:23 supprimer cette contribution



Renouveau



Hier, néant, mort, passage obligé
Hier, nul besoin de parler, amputée
Hier, malmenée, emplie d'amerturme
Hier, ma vie se traîne sur le bitume

Ce soir, dans la nuit tombe la neige
Ce soir, mon coeur usé palpite
Ce soir, un voile obscure s'invite
Ce soir, ma vie devient manège

Ma vie, piétinée plus que de raison
Ma vie, déchirure, absurde déraison
Ma vie, toi qui n'est que long tourment
Ma vie, laisse-moi encore du temps

Ma fille, mon enfant, ma douce amie
Ma fille, plus qu'à l'habitude s'invite
Ma fille, ma chair, en moi, tu habites
Ma fille, ma chérie, tu vas donner la vie

Demain, ce demain sera le plus beau
Demain, les yeux embués mais comblée
Demain, je bercerai le nouveau-né
Demain, sonn'ra l'heure du renouveau





Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 05/04/2008 à 20:38 supprimer cette contribution



Le miroir de l'âme



Les yeux sont le reflet de l'âme
Des âmes claires, pures, grandes ouvertes
Yeux brûlants vifs comme une flamme
Yeux profonds comme une mer toute claire...

Yeux coquins, sournois, maquillés,
Perçants, froncés, crispés, serrés,
Agacés, Tristes, hagards, mouillés,
Veloutés, Sincères, Rassurés,

Yeux qu'on croise un jour par hasard
Déclenchant un feu d'étincelles
Alors que mille autres regards
Se noient dans le monde matériel !

Pourquoi parler, vouloir paraître ?
Quand un seul regard nous suffit
Pour voir l'art d'un tableau de Maître,
La perfection d'une goutte de pluie ?

Les yeux sont le guide de la vie,
Ils nous préviennent, extériorisent :
La joie, les pleurs, la sympathie,
La douleur, le bonheur limpide...

Il est dans les étoiles, des mondes,
Cachés et ignorés des hommes,
Où anges et yeux purs se confondent,
Dans la grande lumière d'un royaume...


Jean-Claude Brinette




Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 05/04/2008 à 23:19 supprimer cette contribution

Très bonne et douce nuit à toutes et à tous !!!







Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 12:24 supprimer cette contribution







Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 12:38 supprimer cette contribution



Brel


Tu es venu mourir aux portes de Paris,
Avec infiniment de larmes dans ta nuit,
Et des millions d'amis,
Dans un million d'adieux,
Quand les îles ont pris froid
Dans le fond de tes yeux.
Grand Jacques,
Tu vas retrouver la Mathilde
Ou bien Karieke et ses vingt ans,
Sûr que maint'nant elle va te dire :
" je t'attendais depuis longtemps ! "
On aurait pu comme un seul homme,
Te chanter : " Ne nous quitte pas. "
Tu as voulu revoir l'automne,
Tu es venu mourir aux portes de Paris...
Grand Jacques,
Y a pas que les marins qui meurent
Quand il fait nuit sur Amsterdam,
C'est pour de bon qu'tu pars aux fleurs
Comm' tu disais la paix dans l'âme,
On aurait pu comme un seul homme,
Te chanter : " Ne nous quitte pas. "
C'est dur de mourir en automne
Quand on croit que tout finit là.
Tu es venu mourir aux portes de Paris...
Grand Jacques,
On ira pécher la tendresse
Dans tes chansons de mal-aimé
tous les soleils que tu nous laisses
N'ont pas fini de se lever,
On aurait pu comme un seul homme,
Te chanter : " Ne nous quitte pas. "
Tu t'es sauvé de tes automnes
Sans prendre ton dernier repas.
Tu es venu mourir aux portes de Paris...



Paroles et Musique: Mannick " Je suis Eve "

Professeur Paganel - qui a la pèche ! - 980920 lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 12:39 supprimer cette contribution
- Putaing, elle date, cette photo
- A cause du noir et blanc ?
- Non. A cause de la clope.
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 13:19 supprimer cette contribution

Professeur... peut-être

Citation:
Jacques Brel fumait 80 cigarettes par jour




Professeur Paganel - qui a la pèche ! - 980920 lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 13:28 supprimer cette contribution
Citation:
Jacques Brel fumait 80 cigarettes par jour
Ben voilà. Résultat pour son public : au moins trois albums de moins à écouter pleurer
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 14:56 supprimer cette contribution



Moi qui t'ai donnée la vie...



Le plus beau cadeau au monde
Est de donner vie à un enfant
Mais parfois, la trahison fait trébucher le destin...
Les personnes qui s'aimaient,se séparent
Et voilà que la déchirure commence
La séparation,la cour, et tout ce qui en découle.

Aujourd'hui, je dois vivre dans cette dérive
Cela me déchire, je ne voulais pas me séparer de toi
Mais "ils" ont tout fait pour que cela arrive.
Voilà, nous sommes séparées depuis neuf ans...
"Ils" ont réussi à nous éloigner l'une de l'autre!

Aujourd'hui, tu poursuis le chemin de la vie
Mais jamais rien ne pourra me séparer de toi
Tu es mon sang, un jour, nos chemins vont se croiser
Cette fois, pour ne plus nous quitter
Plus rien ne viendra ternir cette complicité...

Crois-moi, je sais que pour toi, rien n'est facile
Cette séparation te fait souffrir autant qu'à moi!
Mais, ne t'inquiètes pas, mon petit ange
Tu es et resteras enfouie dans mon coeur

Toujours je pense à toi, je revois le jour où je t'ai donnée la vie
J'avais trente-huit ans, j'étais une maman épanouie
Je t'ai aimée, je t'ai chérie
C'était le plus beau jour de ma vie!

Un jour viendra, tu connaîtras la vérité
Tu sauras alors que j'ai tout essayé pour te garder...
Le coeur blessé de ne rien partager avec toi mon ange
Ce poème, sur le papier, t'est dédiée avec humilité.


Pour Toi mon

Maman.


Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 20:42 supprimer cette contribution



Avec le temps


Avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
on oublie le visage et l'on oublie la voix
le cœur, quand ça bat plus, c'est pas la peine d'aller
chercher plus loin, faut laisser faire et c'est très bien

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
l'autre qu'on adorait, qu'on cherchait sous la pluie
l'autre qu'on devinait au détour d'un regard
entre les mots, entre les lignes et sous le fard
d'un serment maquillé qui s'en va faire sa nuit
avec le temps tout s'évanouit

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
mêm' les plus chouett's souv'nirs ça t'as un' de ces gueules
à la gal'rie j'farfouille dans les rayons d'la mort
le samedi soir quand la tendresse s'en va tout' seule

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
l'autre à qui l'on croyait pour un rhume, pour un rien
l'autre à qui l'on donnait du vent et des bijoux
pour qui l'on eût vendu son âme pour quelques sous
devant quoi l'on s'traînait comme traînent les chiens
avec le temps, va, tout va bien

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
on oublie les passions et l'on oublie les voix
qui vous disaient tout bas les mots des pauvres gens
ne rentre pas trop tard, surtout ne prends pas froid

avec le temps...
avec le temps, va, tout s'en va
et l'on se sent blanchi comme un cheval fourbu
et l'on se sent glacé dans un lit de hasard
et l'on se sent tout seul peut-être mais peinard
et l'on se sent floué par les années perdues- alors vraiment
avec le temps on n'aime plus


Léo Ferré 1971



- 2293348lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 20:50 supprimer cette contribution
Léo Ferré - Avec le temps (Olympia 1972
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 21:52 supprimer cette contribution

Bien que je connaisse cette vidéo, c'est un réel plaisir de la regarder à nouveau



Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 06/04/2008 à 22:54 supprimer cette contribution





yasmine - 2145378lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 13:18 supprimer cette contribution
La Nuit de Mai

[ La Muse ]

Poète, prends ton luth et me donne un baiser;
La fleur de l'églantier sent ses bourgeons éclore.
Le printemps naît ce soir; les vents vont s'embraser;
Et la bergeronnette, en attendant l'aurore,
Aux premiers buissons verts commence à se poser;
Poète, prends ton luth et me donne un baiser.

[ Le Poète ]

Comme il fait noir dans la vallée!
J'ai cru qu'une forme voilée
Flottait là-bas sur la forêt.
Elle sortait de la prairie;
Son pied rasait l'herbe fleurie;
C'est une étrange rêverie;
Elle s'efface et disparaît.

[ La Muse ]

Poète, prends ton luth; la nuit, sur la pelouse,
Balance le zéphyr dans son voile odorant.
La rose, vierge encor, se referme jalouse
Sur le frelon nacré qu'elle enivre en mourant.
Écoute! tout se tait; songe à la bien-aimée.
Ce soir, sous les tilleuls, à la sombre ramée
Le rayon du couchant laisse un adieu plus doux.
Ce soir, tout va fleurir: l'immortelle nature
Se remplit de parfums, d'amour et de murmure,
Comme le lit joyeux de deux jeunes époux.

Alfred de musset
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 14:26 supprimer cette contribution

yasmine pour ce poème



arwen - 2258363lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 14:42 supprimer cette contribution
vraiment beau ce fil Tricia..
yasmine - 2145378lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 17:31 supprimer cette contribution



La suite

[ Le Poète ]

Pourquoi mon coeur bat-il si vite?
Qu'ai-je donc en moi qui s'agite
Dont je me sens épouvanté?
Ne frappe-t-on pas à ma porte?
Pourquoi ma lampe à demi morte
M'éblouit-elle de clarté?
Dieu puissant! tout mon corps frissonne.
Qui vient? qui m'appelle? – Personne.
Je suis seul, c'est l'heure qui sonne;
Ô solitude! ô pauvreté!

[ La Muse ]

Poète, prends ton luth; le vin de la jeunesse
Fermente cette nuit dans les veines de Dieu.
Mon sein est inquiet; la volupté l'oppresse,
Et les vents altérés m'ont mis la lèvre en feu.
Ô paresseux enfant! regarde, je suis belle.
Notre premier baiser, ne t'en souviens-tu pas,
Quand je te vis si pâle au toucher de mon aile,
Et que, les yeux en pleurs, tu tombas dans mes bras?
Ah! je t'ai consolé d'une amère souffrance!
Hélas! bien jeune encor, tu te mourais d'amour.
Console-moi ce soir, je me meurs d'espérance;
J'ai besoin de prier pour vivre jusqu'au jour.

[ Le Poète ]

Est-ce toi dont la voix m'appelle,
Ô ma pauvre Muse! est-ce toi?
Ô ma fleur! O mon immortelle!
Seul être pudique et fidèle
Où vive encor l'amour de moi!
Oui te voilà, c'est toi ma blonde,
C'est toi, ma maîtresse et ma soeur!
Et je sens, dans la nuit profonde,
De ta robe d'or qui m'inonde
Les rayons glisser dans mon cœur.

De rien
Jade - 1330001lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 19:54 supprimer cette contribution
trycia !... suis contente de te revoir ici et que tu es rouvert ton forum c'est pourquoi j'en profite pour te poster cette chanson de johnny sachant que tu l'aimes beaucoup... gros bisous

Citation:
ALWAYS

Always
C'est ta main qui se perd dans ma main
Always
Ton rêve qui se réveille dans le mien
Toujours
Et jusqu 'à mon dernier jour

Always
C'est mon coeur qui demande à vivre
Always
L'éternité de nos souvenirs
Dieu sait
Combien de temps je pourrai

Te dire
L' Amour qui manque à ma vie
Te dire encore
Je t'aimerai aujourd'hui
Oh, toujours
Bien au- delà de la vie
Te dire always
Pour que jamais tu n'oublies

Always
Je serai le gardien de ton ange
Always
Tu garderas mon âme en échange
Et moi
J'écouterai tes silences

Me dire
L'Amour qui manque à la vie
Me dire encore
Je t'aimerai aujourd'hui
Toujours
Bien au-delà de la vie
Me dire always
Pour que jamais je n'oublie

Toujours
Et parce que rien ne finit
Se dire always
Comme on se dit «Pour la vie»

Always
Toujours et bien au-delà de la vie
Always


Johnny Halliday






yasmine - 2145378lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 20:34 supprimer cette contribution
[ La Muse ]

Poète, prends ton luth; c'est moi, ton immortelle,
Qui t'ai vu cette nuit triste et silencieux,
Et qui, comme un oiseau que sa couvée appelle,
Pour pleurer avec toi descends du haut des cieux.
Viens, tu souffres, ami. Quelque ennui solitaire
Te ronge; quelque chose a gémi dans ton coeur;
Quelque amour t'est venu, comme on en voit sur terre,
Une ombre de plaisir, un semblant de bonheur.
Viens, chantons devant Dieu; chantons dans tes pensées,
Dans tes plaisirs perdus, dans tes peines passées;
Partons, dans un baiser, pour un monde inconnu.
Éveillons au hasard les échos de ta vie,
Parlons-nous de bonheur, de gloire et de folie,
Et que ce soit un rêve, et le premier venu.
Inventons quelque part des lieux où l'on oublie;
Partons, nous sommes seuls, l'univers est à nous.
Voici la verte Écosse et la brune Italie,
Et la Grèce, ma mère, où le miel est si doux,
Argos, et Ptéléon, ville des hécatombes,
Et Messa la divine, agréable aux colombes;
Et le front chevelu du Pélion changeant;
Et le bleu Titarèse, et le golfe d'argent
Qui montre dans ses eaux, où le cygne se mire,
La blanche Oloossone à la blanche Camyre.
Dis-moi, quel songe d'or nos chants vont-ils bercer?
D'où vont venir les pleurs que nous allons verser?
Ce matin, quand le jour a frappé ta paupière,
Quel séraphin pensif, courbé sur ton chevet,
Secouait des lilas dans sa robe légère,
Et te contait tout bas les amours qu'il rêvait?
Chanterons-nous l'espoir, la tristesse ou la joie?
Tremperons-nous de sang les bataillons d'acier?
Suspendrons-nous l'amant sur l'échelle de soie?
Jetterons-nous au vent l'écume du coursier?
Dirons-nous quelle main, dans les lampes sans nombre
De la maison céleste, allume nuit et jour
L'huile sainte de vie et d'éternel amour?
Crierons-nous à Tarquin: «Il est temps, voici l'ombre! »
Descendrons-nous cueillir la perle au fond des mers?
Mènerons-nous la chèvre aux ébéniers amers?
Montrerons-nous le ciel à la Mélancolie?
Suivrons-nous le chasseur sur les monts escarpés?
La biche le regarde; elle pleure et supplie;
Sa bruyère l'attend; ses faons sont nouveau-nés;
Il se baisse, il l'égorge, il jette à la curée
Sur les chiens en sueur son coeur encor vivant.
Peindrons-nous une vierge à la joue empourprée,
S'en allant à la messe, un page la suivant,
Et d'un regard distrait, à côté de sa mère,
Sur sa lèvre entr'ouverte oubliant sa prière?
Elle écoute en tremblant, dans l'écho du pilier,
Résonner l'éperon d'un hardi cavalier.
Dirons-nous aux héros des vieux temps de la France
De monter tout armés aux créneaux de leurs tours,
Et de ressusciter la naïve romance
Que leur gloire oubliée apprit aux troubadours?
Vêtirons-nous de blanc une molle élégie?
L'homme de Waterloo nous dira-t-il sa vie,
Et ce qu'il a fauché du troupeau des humains
Avant que l'envoyé de la nuit éternelle
Vînt sur son tertre vert l'abattre d'un coup d'aile,
Et sur son coeur de fer lui croiser les deux mains?
Clouerons-nous au poteau d'une satire altière
Le nom sept fois vendu d'un pâle pamphlétaire,
Qui, poussé par la faim, du fond de son oubli,
S'en vient, tout grelottant d'envie et d'impuissance,
Sur le front du génie insulter l'espérance,
Et mordre le laurier que son souffle a sali?
Prends ton luth! prends ton luth! je ne peux plus me taire;
Mon aile me soulève au souffle du printemps.
Le vent va m'emporter; je vais quitter la terre.
Une larme de toi! Dieu m'écoute; il est temps.

Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 21:25 supprimer cette contribution


arwen d'être passée par là...

yasmine



Jade ..." Le Retour "

....Que de souvenirs...

Je te remercie pour " Always " de Johnny "






Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 21:56 supprimer cette contribution



Citation:
Quand je regarde tomber la pluie, je me sens moins seule de savoir que le ciel pleure aussi..


Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 22:11 supprimer cette contribution
Citation:
Il est des douleurs
Parfois trop grandes pour pleurer...
Il est des douleurs
Qui ne pleurent qu'à l'intérieur...






Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 22:39 supprimer cette contribution




Croire à ses rêves...proverbe chinois

Citation:
C'est dormir toute la vie, que de croire à ses rêves.


Proverbe chinois.








Diane - Rêveries d'automne - 2025831 lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 22:40 supprimer cette contribution
Trycia !
Alors je dors tout le temps moi
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 07/04/2008 à 22:59 supprimer cette contribution
Diane...et bien alors bonne nuit emplie de doux rêves !




yasmine - 2145378lui écrire blog Publié le 08/04/2008 à 13:49 supprimer cette contribution
[ Le Poète ]

S'il ne te faut, ma soeur chérie,
Qu'un baiser d'une lèvre amie
Et qu'une larme de mes yeux,
Je te les donnerai sans peine;
De nos amours qu'il te souvienne,
Si tu remontes dans les cieux.
Je ne chante ni l'espérance,
Ni la gloire, ni le bonheur,
Hélas! pas même la souffrance.
La bouche garde le silence
Pour écouter parler le coeur.

[ La Muse ]

Crois-tu donc que je sois comme le vent d'automne
Qui se nourrit de pleurs jusque sur un tombeau,
Et pour qui la douleur n'est qu'une goutte d'eau?
Ô poète! un baiser, c'est moi qui te le donne.
L'herbe que je voulais arracher de ce lieu,
C'est ton oisiveté; ta douleur est à Dieu.
Quel que soit le souci que ta jeunesse endure,
Laisse-la s'élargir, cette sainte blessure
Que les noirs séraphins t'ont faite au fond du coeur;
Rien ne nous rend si grands qu'une grande douleur.
Mais, pour en être atteint, ne crois pas, ô poète,
Que ta voix ici-bas doive rester muette.
Les plus désespérés sont les chants les plus beaux,
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots.
Lorsque le pélican, lassé d'un long voyage,
Dans les brouillards du soir retourne à ses roseaux,
Ses petits affamés courent sur le rivage
En le voyant au loin s'abattre sur les eaux.
Déjà, croyant saisir et partager leur proie,
Ils courent à leur père avec des cris de joie
En secouant leurs becs sur leurs goîtres hideux.
Lui, gagnant à pas lents une roche élevée,
De son aile pendante abritant sa couvée,
Pêcheur mélancolique, il regarde les cieux.
Le sang coule à longs flots de sa poitrine ouverte;
En vain il a des mers fouillé la profondeur:
L'Océan était vide et la plage déserte;
Pour toute nourriture il apporte son coeur.
Sombre et silencieux, étendu sur la pierre,
Partageant à ses fils ses entrailles de père,
Dans son amour sublime il berce sa douleur,
Et, regardant couler sa sanglante mamelle,
Sur son festin de mort il s'affaisse et chancelle,
Ivre de volupté, de tendresse et d'horreur.
Mais parfois, au milieu du divin sacrifice,
Fatigué de mourir dans un trop long supplice,
Il craint que ses enfants ne le laissent vivant;
Alors, il se soulève, ouvre son aile au vent,
Et, se frappant le coeur avec un cri sauvage,
Il pousse dans la nuit un si funèbre adieu,
Que les oiseaux des mers désertent le rivage,
Et que le voyageur attardé sur la plage,
Sentant passer la mort, se recommande à Dieu.
Poète, c'est ainsi que font les grands poètes:
Ils laissent s'égayer ceux qui vivent un temps;
Mais les festins humains qu'ils servent à leurs fêtes
Ressemblent la plupart à ceux des pélicans.
Quand ils parlent ainsi d'espérances trompées,
De tristesse et d'oubli, d'amour et de malheur,
Ce n'est pas un concert à dilater le coeur.
Leurs déclamations sont comme des épées:
Elles tracent dans l'air un cercle éblouissant,
Mais il y pend toujours quelque goutte de sang.

[ Le Poète ]

Ô Muse! spectre insatiable,
Ne m'en demande pas si long.
L'homme n'écrit rien sur le sable
A l'heure où passe l'aquilon.
J'ai vu le temps où ma jeunesse
Sur mes lèvres était sans cesse
Prête à chanter comme un oiseau;
Mais j'ai souffert un dur martyre,
Et le moins que j'en pourrais dire,
Si je l'essayais sur ma lyre,
La briserait comme un roseau.


hallucine - 1895588lui écrire blog Publié le 08/04/2008 à 18:37 supprimer cette contribution
bonjour trycia

je viens de découvrir ton fil il est sublime
yasmine - 2145378lui écrire blog Publié le 08/04/2008 à 20:46 supprimer cette contribution


Le lac

Ainsi, toujours poussés vers de nouveaux rivages,
Dans la nuit éternelle emportés sans retour,
Ne pourrons-nous jamais sur l'océan des âges
Jeter l'ancre un seul jour ?

Ô lac ! l'année à peine a fini sa carrière,
Et près des flots chéris qu'elle devait revoir,
Regarde ! je viens seul m'asseoir sur cette pierre
Où tu la vis s'asseoir !

Tu mugissais ainsi sous ces roches profondes,
Ainsi tu te brisais sur leurs flancs déchirés,
Ainsi le vent jetait l'écume de tes ondes
Sur ses pieds adorés.

Un soir, t'en souvient-il ? nous voguions en silence ;
On n'entendait au loin, sur l'onde et sous les cieux,
Que le bruit des rameurs qui frappaient en cadence
Tes flots harmonieux.

Tout à coup des accents inconnus à la terre
Du rivage charmé frappèrent les échos ;
Le flot fut attentif, et la voix qui m'est chère
Laissa tomber ces mots :

" Ô temps ! suspends ton vol, et vous, heures propices !
Suspendez votre cours :
Laissez-nous savourer les rapides délices
Des plus beaux de nos jours !

" Assez de malheureux ici-bas vous implorent,
Coulez, coulez pour eux ;
Prenez avec leurs jours les soins qui les dévorent ;
Oubliez les heureux.

" Mais je demande en vain quelques moments encore,
Le temps m'échappe et fuit ;
Je dis à cette nuit : Sois plus lente ; et l'aurore
Va dissiper la nuit.

" Aimons donc, aimons donc ! de l'heure fugitive,
Hâtons-nous, jouissons !
L'homme n'a point de port, le temps n'a point de rive ;
Il coule, et nous passons ! "

Temps jaloux, se peut-il que ces moments d'ivresse,
Où l'amour à longs flots nous verse le bonheur,
S'envolent loin de nous de la même vitesse
Que les jours de malheur ?

Eh quoi ! n'en pourrons-nous fixer au moins la trace ?
Quoi ! passés pour jamais ! quoi ! tout entiers perdus !
Ce temps qui les donna, ce temps qui les efface,
Ne nous les rendra plus !

Éternité, néant, passé, sombres abîmes,
Que faites-vous des jours que vous engloutissez ?
Parlez : nous rendrez-vous ces extases sublimes
Que vous nous ravissez ?

Ô lac ! rochers muets ! grottes ! forêt obscure !
Vous, que le temps épargne ou qu'il peut rajeunir,
Gardez de cette nuit, gardez, belle nature,
Au moins le souvenir !

Qu'il soit dans ton repos, qu'il soit dans tes orages,
Beau lac, et dans l'aspect de tes riants coteaux,
Et dans ces noirs sapins, et dans ces rocs sauvages
Qui pendent sur tes eaux.

Qu'il soit dans le zéphyr qui frémit et qui passe,
Dans les bruits de tes bords par tes bords répétés,
Dans l'astre au front d'argent qui blanchit ta surface
De ses molles clartés.

Que le vent qui gémit, le roseau qui soupire,
Que les parfums légers de ton air embaumé,
Que tout ce qu'on entend, l'on voit ou l'on respire,
Tout dise : Ils ont aimé !


Lamartine
Trycia. - 1710057lui écrire blog Publié le 08/04/2008 à 20:48 supprimer cette contribution

yasmine

hallucine



Bonne soirée à vous...






Diane - Rêveries d'automne - 2025831 lui écrire blog Publié le 08/04/2008 à 20:49 supprimer cette contribution
Merci Yasmine !

Alphonse de Lamartine est un de mes poètes préférés !
"Le Lac" notamment est une merveille
Bonsoir Trycia et Hallucine
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