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2029504 Publié le 26/07/2008 à 14:26  Dans son roman « En affrontant le bois » écrit dans la première moitié des années soixante, le romancier israélien Abraham Yehoshua décrit l'état psychologique d'un étudiant israélien qui a été affecté à un poste de garde d'un bois planté par le Fonds National Juif (KKL) à l'emplacement d'un village arabe supprimé par les sionistes. Bien que ce garde aime la solitude, il rencontre un vieil Arabe sourd originaire de ce village, et qui s'occupait de ce bois avec l'aide de sa fille. Une relation d'amour et de haine naît entre l'Arabe et l'Israélien. L'Israélien a peur de la vengeance de l'Arabe qui a reçu son handicap pendant les opérations de nettoyage ethnique organisées par les sionistes en 1948, mais en même temps il se sent attiré par ce vieil Arabe d'une façon extraordinaire. Il découvre même, qu'il essaie inconsciemment de l'aider à mettre le feu au bois. Et quand finalement l'Arabe parvient à allumer le feu, le garde se libère de tous ses sentiments enfouis en son intérieur, et il ressent un confort étrange après que le bois a été brulé, c'est-à-dire après la fin d'Israël !
| Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 26/07/2008 à 15:37  Sauf erreur, le KKL achetait les terres, non ?
| 2029504 Publié le 26/07/2008 à 15:48  cette belle histoire d'achat des terres a une face sombre, que n’a pas retenu la conscience sioniste. "La terre a vraiment été achetée, souvent à un prix exorbitant, mais à de riches propriétaires absents, qui n’y vivaient pas et ne la cultivaient pas. Quand l’ancien Empire ottoman a été ruiné et a eu un pressant besoin d’argent, il a vendu d’énormes terrains à de riches marchands arabes à Jaffa, à Beyrouth et dans d’autres villes qui les ont achetés à titre d’investissements. Les fellahs arabes (fermiers), qui avaient labouré la terre pendant des générations étaient de simples locataires. Quand le KKL a acheté la terre, les fellahs ont été chassés, souvent avec l’aide des Turcs et plus tard de la police britannique. En dépit de tous ces efforts, quand les Nations unies ont décidé la partition du pays en un Etat juif et un Etat arabe, moins de 7% des terres appartenaient aux Juifs. Seule une partie de cette surface appartenait au KKL, le reste à des propriétaires juifs privés dans les villes et dans les « colonies » agricoles. La logique aurait voulu que, avec la fondation de l’Etat d’Israël, le KKL transfère ses terres à l’Etat. Après tout c’était l’esprit de la collecte d’argent. Mais cela ne s’est pas produit. Il s’est même passé exactement le contraire : le nouvel Etat a transféré au KKL des millions de dunams de terres dont des Arabes ont été expulsés - les réfugiés à qui on n’a pas permis de revenir (« absents » en langage juridique), ceux qui étaient restés dans le pays mais s’étaient absentés de leur village un jour donné (présents absents), de même que les Arabes devenus citoyens d’Israël. Il est important de le garder à l’esprit puisque cela contredit l’énorme mensonge qui plane sur l’ensemble du débat : que la terre du KKL a été achetée avec l’argent du peuple juif. La plus grande partie de la terre du KKL actuelle n’a pas été du tout achetée, mais conquise dans la guerre et transférée au KKL. Pourquoi transférée ? Pourquoi l’Etat souverain a-t-il transféré gratuitement des terres à un organisme non étatique ? Une seule raison vient à l’esprit : afin de poursuivre la discrimination contre les citoyens arabes. Lorsqu’il est impliqué officiellement dans une affaire, le KKL met en avant l’argument qu’il n’est pas soumis aux principes qui régissent l’Etat d’Israël tels qu’indiqués dans la Déclaration d’indépendance de 1948 (égalité entre tous les citoyens, sans tenir compte de la religion ou de la race), mais au « Peuple juif ». Cela veut dire que « le Peuple juif », qui n’est pas un organe politique, est présenté comme une entité indépendante supérieure à l’Etat d’Israël. Le KKL n’agit pas, bien sûr, pour « le Peuple juif ». Il est un instrument de la communauté juive israélienne contre la communauté arabe israélienne. Il est devenu un instrument pour la discrimination institutionnalisée. Le tour de passe-passe du procureur général, destiné à satisfaire la demande de la Cour suprême israélienne pour l’égalité entre les citoyens tout en permettant à un organisme fondé sur la discrimination de continuer à détenir 13% des terres de l’Etat, ne change pas la situation de fond. Le KKL n’est pas unique. Des discriminations existent dans de nombreux domaines. Dans les tout derniers jours seulement, les faits suivants sont apparus : * Les responsables du ministère des Finances ont réfléchi sur la façon de payer des allocations familiales aux familles nombreuses juives sans les payer aux familles nombreuses arabes (il y a deux communautés en Israël qui ont un taux de naissance élevé : les Juifs orthodoxes et les Arabes musulmans, particulièrement les Bédouins.) * Le ministère de l’Intérieur est en train promouvoir une loi qui permet à tous les étrangers qui épousent des Israéliens d’acquérir la citoyenneté israélienne, même s’ils ne sont pas Juifs - mais qui exclut explicitement les Arabes. Cela dénie à des milliers de jeunes Arabes citoyens d’Israël le droit de fonder une famille en Israël si l’épouse ou l’époux réside dans les territoires palestiniens, même si elle ou lui est un(e) parent(e). * Le ministère de l’Education a confirmé ce qui jusqu’à présent était un secret de polichinelle : que la nomination de tout professeur ou principal dans une école arabe en Israël est soumise à l’approbation du Service général de sécurité (Shin-Bet). Mais, avec le temps, le ministère progresse : jusqu’à présent, le représentant du Shin-Bet était automatiquement le vice-président du comité des nominations. A partir de maintenant, il ne sera plus qu’un simple membre du comité. Il serait agréable de pouvoir dire que ces phénomènes, et beaucoup d’autres du même genre, sont inspirés par la droite. Mais la vérité est que la plupart d’entre eux viennent de l’époque où la gauche sioniste était au pouvoir, et ils se perpétuent maintenant avec le soutien de la gauche dont les représentants sont dans le gouvernement Sharon. Ce n’est pas l’Etat que nous nous étions promis dans la Déclaration d’Indépendance. Nous avons devant nous un dur combat à mener jusqu’à ce qu’Israël devienne un Etat démocratique, libéral, laïque, pluraliste et égalitaire. Un pas dans cette direction serait la suppression du KKL et le transfert de ses terres à l’Etat." Texte publié le 5 février 2004 en hébreu et en anglais sur le site de Gush-Shalom - Traduit de l’anglais "Dunam After Dunam" : RM/SW | Professeur Paganel, evo-dévo - 980920  Publié le 26/07/2008 à 16:26 
Citation: "La terre a vraiment été achetée, souvent à un prix exorbitant, mais à de riches propriétaires absents, qui n’y vivaient pas et ne la cultivaient pas. Quand l’ancien Empire ottoman a été ruiné et a eu un pressant besoin d’argent, il a vendu d’énormes terrains à de riches marchands arabes à Jaffa, à Beyrouth et dans d’autres villes qui les ont achetés à titre d’investissements. Les fellahs arabes (fermiers), qui avaient labouré la terre pendant des générations étaient de simples locataires. Quand le KKL a acheté la terre, les fellahs ont été chassés, souvent avec l’aide des Turcs
Je vois que les musulmans n'ont pas toujours été tendres entre eux Cela étant, cela pose un problème plus général, qui est celui de la légitimité ou non de la (nue-)propriété par rapport à la possession (propriété accompagnée d'usage). Je ne veux pas nous envoyer de fleurs, mais c'est Proudhon, chez nous, qui a théorisé la chose, s'appuyant il est vrai sur les revendications des Gracques. Et en face ?Citation: quand les Nations unies ont décidé la partition du pays en un Etat juif et un Etat arabe, moins de 7% des terres appartenaient aux Juifs. Seule une partie de cette surface appartenait au KKL, le reste à des propriétaires juifs privés dans les villes et dans les « colonies » agricoles.
Cela change-t-il quelque chose ? Chez nous, en France, c'est pareil : je doute que plus de 20% des terres appartiennent à l'Etat (à vérifier tout de même); le reste est entre des mains privées. L'autorité administrative est une chose, l'autorité possédante une autre. Les choses se compliquent encore du fait que dans certains pays (comme les USA) le propriétaire d'un terrain possède également son sous-sol, et pas en France.Citation: le nouvel Etat a transféré au KKL des millions de dunams de terres dont des Arabes ont été expulsés - les réfugiés à qui on n’a pas permis de revenir (« absents » en langage juridique), ceux qui étaient restés dans le pays mais s’étaient absentés de leur village un jour donné (présents absents), de même que les Arabes devenus citoyens d’Israël.
Il existe pourtant 20% d'Israeliens arabes, que je sache. On excusera du peu ! Pour le reste, si je comprends bien, on a procédé à la même manipulation que le gouvernement algérien faisant main basse sur les biens des occupants français déclarés "biens vacants" et aussitôt réutilisés pour loger à des conditions défiant toute concurrence les petits copains du pouvoir en place ou leurs maîtresses. Pas beau d'un côté comme de l'autre, en effet, si c'est le cas.Citation: La plus grande partie de la terre du KKL actuelle n’a pas été du tout achetée, mais conquise dans la guerre et transférée au KKL.
Guerre de qui contre qui ? La Grande-Bretagne contre l'Irgoun ? Il est de fait que la page de "Tintin au pays de l'or noir" qui la mentionne a été fort opportunément escamotée depuis par Casterman (qui ne peut en revanche aller récupérer pour les détruire tous les exemplaires existant chez les collectionneurs; pour le coup, l'effet est raté, cette planche censurée étant devenue dès lors mythique et très cotée dans les ventes).Citation: Pourquoi transférée ? Pourquoi l’Etat souverain a-t-il transféré gratuitement des terres à un organisme non étatique ? Une seule raison vient à l’esprit : afin de poursuivre la discrimination contre les citoyens arabes.
Cette seue raison vient à ton esprit, mais es-tu certain qu'il ne soit pas quelque peu orienté ? Voire, osons appeler un chat un chat, qu'il n'ait pas été quelque peu orienté et cela à des fins précises ? Car enfin, quand on maniple les gens, ce n'est jamais pour le plaisir, car ça coûte cher; c'est parce qu'on veut en obtenir quelque chose.Citation: Lorsqu’il est impliqué officiellement dans une affaire, le KKL met en avant l’argument qu’il n’est pas soumis aux principes qui régissent l’Etat d’Israël tels qu’indiqués dans la Déclaration d’indépendance de 1948 (égalité entre tous les citoyens, sans tenir compte de la religion ou de la race), mais au « Peuple juif ». Cela veut dire que « le Peuple juif », qui n’est pas un organe politique, est présenté comme une entité indépendante supérieure à l’Etat d’Israël.
N'est-ce pas exactement ce qu'a fait Marc Blondel en déclarant qu'il n'était pas chargé de l'intérêt public, mais de celui de [ses] camarades syndiqués ? Le gouvernement de l'époque n'a pas moufté, alors qu'il aurait dû répliquer vertement. Je transmets cependant ton analyse aux gens qui m'avaient parlé du KKL, et qui ignorent peut-être cet aspect des choses. Tu vois bien qu'il vaut mieux quand on veut avancer faire circuler de l'information que des obus. |
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