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Hubert-Félix Thiéfaine

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- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:55 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Sans la zique...juste les paroles...
(vous pouvez compléter)


Hubert-Félix Thiéfaine




- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:56 supprimer cette contribution

113ème cigarette sans dormir

Les enfants de Napoléon,
Dans leurs mains, tiennent leurs roustons.
S'ils ont compris tous les clichés
Ça f'ra d'la bidoche pour l'armée...
Les partouzeurs de miss métro
Patrouillent au fond des souterrains
Mais ils rêvent d'être en hélico
À s'faire de nèg' et du youpin...
Les vopos gravent leurs initiales
Dans le brouillard des no man's lands
Et les démasqueurs de scandales
Prennent le goulag pour Disneyland...
Les gringos sortent un vieux crooner
Pour le western du silence
Demain, au Burgenbräukeller,
Je lègue'rai mon âme à la science...

Car moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Le petites filles de Mahomet
Mouillent aux anticoagulants
Depuis qu'un méchant gros minet
Joue au flipp avec le Coran.
Les dieux changent le beurre en vaseline
Et les prophètes jouent Dracula.
S'il vous reste un fond d' margarine,
J'en aurai besoin pour ma coda

Car moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Tu traînes ta queue dans la chaux vive
Et t'hésites à choisir ton camp.
T'as des aminches à Tel-Aviv
Et des amours à Téhéran...
Si tu veux jouer les maquisards
Va jouer plus loin, j'ai ma blenno.
Tu trouveras toujours d'autres fêtards.
C'est si facile d'être un héros...

Mais moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas de sots métiers.
Je ris à m'en faire crever !

Retour aux joints et à la bière.
Désertion du rayon képis !
J'ai rien contre vos partenaires
Mais rien contre vos p'tites sœurs ennemies.
Manipulez-vous dans la haine
Et dépecez-vous dans la joie.
Le crapaud qui gueulait : "je t'aime"
A fini planté sur une croix !

Et moi je n'irai pas plus loin
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas d'sots métiers...
Non moi je n'irai pas plus loin.
Je tiens ma tête entre mes mains.
Guignol connaît pas d'sots métiers.
Je ris à m'en faire crever.
Arsenic is good for you
À m'en faire crever
Arsenic is good for you

- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:57 supprimer cette contribution

Alligators 427


Alligators 427
Aux ailes de cachemire safran,
Je grille ma dernière cigarette.
Je vous attends.
Sur cette autoroute hystérique
Qui nous conduit chez les mutants,
J'ai troqué mon cœur contre une trique.
Je vous attends.
Je sais que vous avez la beauté destructive
Et le sourire vainqueur jusqu'au dernier soupir.
Je sais que vos mâchoires distillent l'agonie.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
À la queue de zinc et de sang,
Je m'tape une petite reniflette.
Je vous attends.
Dans cet étrange carnaval
On a vendu l'homo sapiens
Pour racheter du Neandertal.
Je vous attends.
Et les manufactures ont beau se recycler,
Y aura jamais assez de morphine pour tout le monde,
Surtout qu'à ce qu'on dit, vous aimez faire durer.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux longs regards phosphorescents,
Je mouche mon nez, remonte mes chaussettes.
Je vous attends.
Et je bloque mes lendemains.
Je sais que les mouches s'apprêtent,
Autour des tables du festin.
Je vous attends.
Et j'attends que se dressent vos prochains charniers.
J'ai raté l'autre guerre pour la photographie.
J'espère que vos macchabées seront bien faisandés.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux crocs venimeux et gluants,
Je donne un coup de brosse à mon squelette.
Je vous attends.
L'idiot du village fait la queue
Et tend sa carte d'adhérent
Pour prendre place dans le grand feu.
Je vous attends.
J'entends siffler le vent au-dessus des calvaires
Et je vois les vampires sortir de leurs cercueils
Pour venir saluer les anges nucléaires.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Aux griffes d'or et de diamant,
Je sais que la ciguë est prête.
Je vous attends.
Je sais que dans votre alchimie,
L'atome ça vaut des travellers chèques
Et ça suffit comme alibi.
Je vous attends.
A l'ombre de vos centrales, je crache mon cancer.
Je cherche un nouveau nom pour ma métamorphose.
Je sais que mes enfants s'appelleront vers de terre.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"

Alligators 427
Au cerveau de jaspe et d'argent,
Il est temps de sonner la fête.
Je vous attends.
Vous avez le goût du grand art
Et sur mon compteur électrique,
J'ai le portrait du prince-ringard.
Je vous attends.
Je sais que, désormais, vivre est un calembour.
La mort est devenue un état permanent.
Le monde est aux fantômes, aux hyènes et aux vautours.
Moi je vous dis : "bravo" et "vive la mort !"


- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:58 supprimer cette contribution

Amants destroy


Fille-fleur, sauvage acidulée,
Bouche cramoisie, jupe retroussée,
Scratchée sur la banquette arrière
D'un cabriolet Roadmaster.
Transfert d'orage, émeute sexuelle
Sous la rumeur des immortels,
Quand ses lèvres arrachent un par un
Les boutons de mon 501.

"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Saboter l'œil universel".
"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Faire payer ses grotesques erreurs
Au boss cannibale supérieur."

Travail de nuit, petit matin
Jouissance, violence entre ses seins.
Visage éclaboussé de nacre,
Amour, bagatelle et massacre.
Sur les fusibles du hasard,
Entre les quarks et les quasars,
Elle détruira son teddy-boy
Cunnibilingue et lousy boy

"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Saboter l'œil universel".
"Détruire, détruire", toujours dit-elle,
"Faire payer ses grotesques erreurs
Au boss cannibale supérieur."


- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:59 supprimer cette contribution

Autorisation de délirer

Nous voilà de nouveau branchés sur le hasard
Avec des générateurs diesel à la place du cœur
Et des pompes refoulantes au niveau des idées...

Le vent souffle
À travers nos crânes ITT Océanic couleurs !!!

A la page 144 de leur programme,
La petite cover-girl emballée
Sous Cellophane s'envoie en l'air à l'Ajax W.C.

Orgie de silence et de propreté ou celui qui aurait encore
Quelque chose à dire préfère se taire plutôt que d'avoir
À utiliser leurs formulaires d'autorisation de délirer...

Demain, nous reviendrons avec des revolvers au bout
De nos yeux morts...

- 1306128lui écrire blog Publié le 17/05/2005 à 23:59 supprimer cette contribution

Autoroutes jeudi d'automne

Elle m'envoie des cartes postales de son asile,
M'annonçant la nouvelle de son dernier combat.
Elle me dit que la nuit l'a rendue trop fragile
Et qu'elle veut plus ramer pour d'autres Guernica
Et moi je lis ses lettres le soir dans la tempête,
En buvant des cafés dans les stations-service
Et je calcule en moi le poids de sa défaite
Et je mesure le temps qui nous apoplexie
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...

Et je croise des vieillards qui font la sentinelle
Et me demandent si j'ai pas des cachous pour la nuit.
Je balance mes buvards et tire sur la ficelle
Pour appeler le dément qui inventa l'ennui
Et je promène son masque au fond de mes sacoches
Avec le négatif de nos photos futures.
Je mendie l'oxygène aux sorties des cinoches
Et je vends des compresseurs à mes ladies-bromure
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...

Il est bientôt minuit mais je fais beaucoup plus jeune.
Je piaffe et m'impatiente au fond des starting-blocks.
Je m'arrête pour mater mes corbeaux qui déjeunent
Et mes fleurs qui se tordent sous les électrochocs
Et j'imagine le rire de toutes nos cellules mortes
Quand on se tape la bascule en gommant nos années.
J'ai gardé mon turbo pour défoncer les portes
Mais parfois il me reste que les violons pour pleurer
Et je me dis "stop !"
Mais je remonte mon col, j'appuie sur le starter
Et je vais voir ailleurs, encore plus loin ailleurs...

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:00 supprimer cette contribution

Bipède à station verticale

15 milliards d'années sont passées
Depuis cette affaire de big-bang.
Vieux singe au cœur fossilisé,
J'ai des rhumatismes à ma gangue.
Avec mon parachute en torche
Et ma gueule de caterpilar,
Paraît qu' je viens d'une catastrophe
Mais les dieux sont pas très bavards.
Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout.
Bipède à station verticale
Parfois... parfois...
J'ai la nostalgie d'la gadoue
Malgré le computer central
Qui veille sur la zoo-clinique
J'suis l'animal bluesymental
Aux vieux relents d'amour gothique.
J'tombe amoureux des éprouvettes
Avec lesquelles je dois flirter
Pour l'usine de stupre en paillettes
Qui garantit mon pedigree.
Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout.
Bipède à station verticale,
La nuit je fouille les no man's lands
Comme un hibou décérébré
Cherchant le message d'un Atlante
Ou la formule d'un initié.
Câblé sur x moins zéro,
À l'heure des infos galactiques,
Je mets mon badge "Ecce Homo"
Et j'suis fier d'être un con cosmique.

Bipède à station verticale,
Toujours, faut se tenir debout,
Bipède à station verticale,
Parfois... parfois...
J'ai la nostalgie d'la gadoue

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:01 supprimer cette contribution

Buenas noches Jo

Morbac ascendant canular
Affilié au Human Fan Club,
Je pousse mon feu sous mon cigare
Et m'jette au fond du premier pub.
La barmaid qui joue Marilyn
Dans sa layette simili cuir
Me fait le plein de gazoline
En me caressant d'un soupir.
Buenas noches Jo,
Buenas noches babe.

Puis j'descends la rue principale
En suivant les murs de l'asile,
Ma carte d'handicapé spatial
Tendue vers les neuro-missiles
Et pendant que les chiens savants
Se jouent leur Best of the Q.I.,
Je me tire chez les émigrants
Qu'on des news au tarif de nuit.
Buenas noches Jo,
Buenas noches man.

Soudain, je t'aperçois, petite,
Entre un flipper et un juke-box
Frottant ton cul contre la bite
D'un hologramme de Rank Xérox
Et au moment où la machine
Te plaque sur son parking perdant,
J'arrache ta fermeture de jean

Et m'engouffre dans ton néant.
Buenas noches Jo,
Buenas noches man.

La tête mouillée entre tes cuisses
Et l'œil plombé de nostalgeo,
J'voudrais rentrer dans ta matrice
Comme au vieux temps de ma létargeo
Quand je jouais avec la matière
Dans la chambre des éprouvettes
Au milieu des années-lumière
Et du rougeoiement des planètes.
Buenas noches Jo,
Buenas noches babe.

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:02 supprimer cette contribution

Cabaret Sainte-Lilith

Y a toujours un cinglé au bout de son trimard
Qui se crame les yeux sur un ours en chaleur
Du côté de ces nuits où s'enfuit le hasard
Avec les doigts collés de foutre et de sueur.

Y a toujours en taxi qui se perd dans la brume
Avec une reine morte en pâture aux fantômes
Et de vieux corbeaux rances en marge du bitume
Qui s'en viennent crever au détour de ta zone.

Lilith ! Oh Lilith

Y a toujours un pingouin qui souffle ses poumons
À travers un saxo branché sur du mélo
Et des gosses exilés qui maquillent leurs noms
Sur les fiches-transit d'hôtels hallucinos.

Y a toujours un pigeon qui s'envole en fumée
Dans les couloirs visqueux d'un vieux rêve-agonie
Et des cigares bandants sur les lèvres flippées
De dieux défigurés maquillés par tes nuits.

Oh ! Lilith
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs roussis :
Les dingues de la déglingue
Qui s'flinguent derrière ton zinc
Lilith ! Lilith !
Tu sais comment comment ça jouit,
Les mecs complètements stress
Qui t'réclament aux toilettes
Une p'tite canette, une p'tite fumette,
Une reniflette, une seringuette,
Une bonne branlette
Et puis : ciao... dodo.

Y a toujours une petite frangine qui se noie dans ses nerfs
Au fond d'une arrière-salle d'un vieux boxon crado
Et d'autres qui s'en vont respirer le grand air
Sur une plage à Hambourg, à Belfast ou Glasgow.

Y a toujours un clébard de bar unijambiste
Qui largue ses cachetons dans le W.C. pour dames
Et des gonzes un peu raides au bras de vieilles groupies
Qui dégueulent en riant leur Canigou on ice.

Oh ! Lilith
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs roussis :
Tu marches nulle part à genoux sur mes rames
Avec des souvenirs à tringle du bourrin.
Tu descends le quartier où les mômes jouent aux dames
Et me font voir la came dans le creux de leurs mains
Mais j'ai perdu l'adresse des autres solitudes
À contempler la noille dans les yeux des passants.
Souvent t'en as croisé au bord de l'hébétude
Qui ne pouvaient dormir sans leur dose de sang.

Lilith !
Tu sais comment ça jouit,
Lilith,
Les mecs finis :
Les dingues de la déglingue
Qui s'flinguent derrière ton zinc
Lilith ! Lilith !
Tu sais comment, comment ça jouit
Les mecs complètement stress
Qui t'réclament aux toilettes
Une p'tite canette, une p'tite fumette,
Une reniflette, une seringuette,
Une bonne branlette
Et pis... ça joue ! ça jouit !


- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:02 supprimer cette contribution

Droïde song

Droïde équalisé sans désir de chaleur
Avec mes sentiments sur microprocesseur,
Parfois dans le silence obscur de mon hangar
Je déchausse mes circuits et débranche mon sonar.
Bouillie d'étoiles fondues sur mes lèvres plasma
De gargouille irradiée revenant du magma,
Quand j'ai besoin d'amour ou de fraternité,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber,
J'vais voir Caïn cherchant Abel pour le plomber.

Dans l'odeur des cités aux voiles d'hydrocarbures,
Les rires sont des ratures qui s'attirent et saturent
Et j'y traîne en réglant ma radio chimpanzé
Sur fréquence et mépris point zéro nullité.
Cosmonaute du trottoir, éboueur en transfert,
Je peins mes hiéroglyphes sur les murs des waters
Avant de m'enfoncer plus loin dans les égouts
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout,
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout,
Pour voir si l'océan se trouve toujours au bout.

Droïde, droïde,
Machine humanoïde
Aux chromosomes hybrides,
Droïde, droïde,
Carlingue anthropoïde,
Cœur en Celluloïd,
Droïde, droïde,
Regard Polaroïd,
Schizoïde et bifide,
Droïde, droïde,
Rêvant d'astéroïdes
Acides et translucides,
Libres...
Attirées par le vide

Le jour ou les terriens prendront figure humaine,
J'enlèverai ma cagoule pour entrer dans l'arène
Et je viendrai troubler de mon cri distordu
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues,
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues,
Les chants d'espoir qui bavent aux lèvres des statues.

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:03 supprimer cette contribution

Exil sur planète fantôme

En ce temps-là, nos fleurs vendaient leur viande aux chiens
Et nous habitions tous de sordides tripots
Avec des aiguillages pour nos petits matins,
Quand le beau macadam nous traitait de salauds,
Nous traitait de salaud.

Nous vivions nos vertiges dans des vibrations folles
Et gerbions nos enzymes en nous gueulant : moteur !
Mais entre deux voyages, entre deux verres d'alcool,
Nous n'avions pas le temps de décompter nos heures,
De décompter nos heures.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, le rien s'appelait quotidien
Et nous allions pointer dans les jobs interdits.
Dans les musiques blêmes, dans les sombres parfums
Dans les dédales obscurs où plane la folie
Où plane la folie

Et nous avions des gueules à briser les miroirs,
À ne montrer nos yeux que dans le contre-jour,
Mais entre deux délires, entre deux idées noires,
Nous étions les plus beaux, nous vivions à rebours,
Nous vivions à rebours.

Nous étions les danseurs d'un monde à l'agonie,
En même temps que fantômes conscients d'être mort-nés.
Nous étions fossoyeurs d'un monde à l'agonie.
En ce temps-là, les gens s'appelaient citoyens.
Nous, nous étions mutants, nous étions androgynes.
Aujourd'hui, la tempête a lynché mes copains
Et je suis le dernier à rater mon suicide,
À rater mon suicide.

Mais je veux vivre encore plus ivre de cramer.
Je veux ronger le mal jusque dans ses recoins.
J'ai traîné mes vingt siècles d'inutilité.
Je n'ai plus rien à perdre, mais j'en veux pour ma fin,
J'en veux pour ma faim.


- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:04 supprimer cette contribution

Je suis partout

Je suis partout,
Dans le héros, dans le vainqueur,
Le médaillé qui fait son beurre,
Dans la fille tondue qu'on trimbale
A poil devant les cannibales,
Dans le train Paris-gare d'Auschwitz
Entre les corps des amants juifs,
Dans ces millions d'enfants gazés
Qu'on voudrait me faire oublier.

Je suis partout,
Partout partouze,
Tendresse en S.O.S,
Eros uber alles.

Je suis partout
Dans le gentil petit caniche
Qui ratonne la nuit dans sa niche
Dans l'œil du bougnoule écœuré
Par cet Occident périmé
Dans le boxe des innocences
Avec la putain d'bonne conscience
Dans la peau du rocker-poubelle
Qui joue son je universel.

Je suis partout,
Partout partouze,
Je suis partout.
Dans la rue des amours toxiques
Au bras d'un monstre pathétique
Dans les annales des cœurs trav'lots,
Avec ma capote en croco
Entre tes seins, entre tes cuisses,
Entre tes cimes et tes abysses,
Humaniste sous ton collant,
La bite coincée entre tes dents,
Je suis partout,
Partout partouze,
Tendresse en S.O.S.,
Eros uber alles.

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:05 supprimer cette contribution

Je t'en remets au vent

D'avoir voulu vivre avec moi
T'as gâché deux ans de ta vie
Deux ans suspendus à ta croix
A veiller sur mes insomnies
Pourtant toi tu as tout donné
Et tout le meilleur de toi-même
A moi qui ai tout su garder
Toujours replié sur moi-même

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent

Toi tu essayais de comprendre
Ce que mes chansons voulaient dire
Agenouillée dans l'existence
Tu m'encourageais à écrire
Mais moi je restais hermétique
Indifférent à tes envies
A mettre sa vie en musique
On en oublie parfois de vivre

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent

Tout est de ma faute en ce jour
Et je reconnais mes erreurs
Indifférent à tant d'amour
J'accuse mes imbuvables humeurs
Mais toi ne te retourne pas
Va droit sur ton nouveau chemin
Je n'ai jamais aimé que moi
Et je reste sans lendemain

Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent
Mon pauvre amour, sois plus heureuse maintenant
Mon pauvre amour, je t'en remets au vent


- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:06 supprimer cette contribution

La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
Sur un chariot chargé de paille
Sur un chariot chargé de foin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Mais nous on était cinq chômeurs
A se lamenter sur not'malheur
En se disant qu'on se taperait bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
V'là qu'elle nous voit vers les murailles
Et qu'elle nous fait : coucou les gens !
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Ben, v'là qu'elle nous prend par la taille
Pis qu'elle nous emmène sur sa paille
Elle nous fait le coup du zeppelin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Ben nous on était cinq chômeurs
A se payer une tranche de bonheur
Une tranche de tagada tsoin-tsoin
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Quand on eut passé la ferraille
Elle nous fit fumer de sa paille
Sacré bon dieu que c'était bien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Plus question de chercher du travail
On pédalait dans les nuages
Au milieu des petits lapins
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

Elle descendait de la montagne
En chantant une chanson paillarde
Une chanson de collégien
La fille du coupeur de joints
La fille du coupeur de joints

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:07 supprimer cette contribution

Nyctalopus airline

Au nom du père, au nom du vice,
Au nom des rades et des mégots,
Je lève mon hanap et je glisse
Dans mon scaphandre à nébulos.
Je flye vers la doulce Atlantide,
Allumée dans mes courants d'air.
Je flye vers les chiens translucides
Et les licornes aux cheveux verts,
Et je patrouille dans mon cargo
Chez les ovnis du crépuscule
À collimater mes glaviots
Dans mon viseur de somnambule.
Je flye vers les radars au bar
Qui me montrent la voie lactée
Quand la fée aux yeux de lézard
Me plonge dans ses brouillards nacrés.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.

Au nom du père, au nom du vice,
Au nom des rades et des mégots,
Je lève ma Guinness et je glisse
Dans la moiteur des mélancos.

Je flye vers les parfums tactiles
Et vers l'androgyne ovipare.
Je flye vers l'assassin tranquille
Sous mon sourire d'aérogare
Et j'carbure aux années-lumière,
Mon astronef dans les rigoles,
Mes rétrofusées dans la bière
Pour la liturgie d'la picole.
Je flye vers le chaos caché
Dans les vestiges de ma mémoire
Quand je n'sais plus de quel côté
Se trouvent mes yeux dans les miroirs.
Je flye vers la cité-frontière
Dans la nuit des villes sans lumière.

- 1306128lui écrire blog Publié le 18/05/2005 à 00:08 supprimer cette contribution

Un automne à Tanger

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué,
Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

Nous venions du soleil
Comme des goélands,
Les yeux fardés de ciel
Et la queue dans le vent
Mais nous nous sommes perdus
Sous le joug des terriens
Dans ces rades et ces rues
Réservés aux pingouins.

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué.

Les vagues mourraient, blessées,
À la marée sans lune
En venant féconder
Le ventre des lagunes
Et nos corps écorchés
S'immolaient en riant
Sous les embruns glacés
D'une chambre océan.

Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

D'ivresse en arrogance,
Je reste et je survis,
Sans doute par élégance,
Peut-être par courtoisie
Mais j'devrais me cacher
Et parler à personne
Et ne plus fréquenter
Les miroirs autochtones.

Lui, sous la pluie
D'un automne à Tanger,
Lui qui poursuit
Son puzzle déglingué,
Lui, dans sa nuit
D'un automne à Tanger,
Lui qui détruit
Son ombre inachevée.

830852 Publié le 18/05/2005 à 21:56 supprimer cette contribution
Lui:

Merci Joke de m'y faire penser: je remets le couvert !!!
^-^zaz - 227027lui écrire blog Publié le 19/05/2005 à 00:00 supprimer cette contribution
Oups j’l’avais zappé… merci Joky… j’y retourne
Vous connaissez sans doute… mais pour les autres... http://www.thiefaine.com
Encore merci
- 1306128lui écrire blog Publié le 19/05/2005 à 12:50 supprimer cette contribution

Merci ^-^zaz
j'ai ajouté le lien en haut
965939 Publié le 19/05/2005 à 13:01 supprimer cette contribution
moi aussi, j'avais zappée!!! et pis finalement, je viens de ressortir mon 33tr poussiéreux "soleil cherche futur"
Merci Jok!!

Les dingues et les paumés

Les dingues et les paumés jouent avec leurs manies
Dans leurs chambres blindées leurs fleurs
sont carnivores
Et quand leurs monstres crient trop près de la sortie
Ils accouchent des scorpions et pleurent
des mandragores
Et leurs aéroports se transforment en bunkers
A quatre heures du matin derrière un téléphone
Quand leurs voix qui s'appellent se changent en revolvers
Et s'invitent à calter en se gueulant come on

Les dingues et les paumés se cherchent sous la pluie
Et se font boire le sang de leurs visions perdues
Et dans leurs yeux mescal masquant leur nostalgie
Ils voient se dérouler la fin d'une inconnue
Ils voient des rois fantômes sur des flippers en ruine
Crachant l'amour-folie de leurs nuits métropoles
Ils croient voir venir Dieu ils relisent Hölderlin
Et retombent dans leurs bras glacés de baby-doll

Les dingues et les paumés se traînent chez les Borgia
Suivis d'un vieil écho jouant du rock'n'roll
Puis s'enfoncent comme des rats dans leurs banlieues
by night
Essayant d'accrocher un regard à leur khôl
Et lorsque leurs tumbas jouent à guichet fermé
Ils tournent dans un cachot avec la gueule en moins
Et sont comme les joueurs courant décapités
Ramasser leurs jetons chez les dealers du coin

Les dingues et les paumés s'arrachent leur placenta
Et se greffent un pavé à la place du cerveau
Puis s'offrent des mygales au bout d'un bazooka
En se faisant danser jusqu'au dernier mambo
Ce sont des loups frileux au bras d'une autre mort
Piétinant dans la boue les dernières fleurs du mal
Ils ont cru s'enivrer des chants de Maldoror
Et maintenant ils s'écroulent dans leur ombre animale

Les dingues et les paumés sacrifient don Quichotte
Sur l'autel enfumé de leurs fibres nerveuses
Puis ils disent à leur reine en riant du boycott
La solitude n'est plus une maladie honteuse
Reprends tes walkyries pour tes valseurs maso
Mon cheval écorché m'appelle au fond d'un bar
Et cet ange qui me gueule viens chez moi mon salaud
M'invite à faire danser l'aiguille de mon radar







- 1306128lui écrire blog Publié le 19/05/2005 à 13:07 supprimer cette contribution

Merci Ange08

(Les dingues et les paumés) je l'adore celle là
j'ai l'album (en CD)


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 22:54 supprimer cette contribution

Chambre 2023 (et des poussières)

J'étais Caïn junior, le fils de Belzébuth,
Chevauchant dans la nuit mes dragons écarlates
Et m'arrêtant souvent chez les succubes en rut.
J'y buvais le venin dans le creux de leur chatte
Et les ptérodactyles me jouaient du trombone
Au 14e sous-sol, 42e couloir,
Où les anges déchus, sous un ciel de carbone,
Aux heures crépusculaires, sodomisent les miroirs.
Allez roule, roule, lady,
Roule en moi.

Et les filles des banshees m'entraînaient dans la brume
Et me faisaient ramper devant la lune noire.
Enivré de pollen et de parfum-bitume,
J'ai vu ta dépanneuse garée sur mon trottoir.
Et depuis je suis là, moi le cradingue amant,
Soufflant dans mon pipeau la chanson d'Eurydice,
Mais méfie-toi miquette je joue contre le vent
Pour mieux te polluer avec mes immondices.
Allez roule, roule, lady, dévaste-moi.
Allez roule, roule, lady, nullifie-moi.
Roule, roule, lady, engloutis-moi.

Les néons du drugstore flirtent avec les abîmes
De cette chambre enfumée où brûle Norma Jean
Cholest'n'rock'n'roll pour deux cinglés sublimes
Dans le chaud maelström de l'érotico-stream.

- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 22:55 supprimer cette contribution


Dies olé sparadrap joey


Coincé entre deux bidons d'huile,
Dans ce motel désaffecté,
J'prends des notes sur la chute des tuiles
Et sur les corps coagulés
'cause les ramoneurs du racket
M'ont passé à l'attendrisseur.
J'ai trois tonnes de trous dans la tête
Et un tomahawk sur le cœur.
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.

J'filais cette môme un peu mariole

Qui frimait dans sa Studebaker
Mais j'ai dû forcer sur la gnôle
Au lieu d' bosser mon Bullworker.
J' me suis r'trouvé au "Chaparal"
Donné au signet.
Ce rade où rodent les "rattlesnake"
Donné au signet.
Entre de fausses Lauren Bacall
Et des Bogart à moitié cake,
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.

La suite m'a laissé amnésique.
J'ai coulé dans mon bathyscaphe
Sous des uppercuts olympiques
Qui m'défonçaient le sismographe...
J'ai récupéré ma carcasse
Dans une piaule de cette taule en ruine
Où ça r'niffle la vieille radasse
Qui met du gas-oil dans son gin.
Si un jour je r'trouve la mémoire
Et deux-trois bières pour ma moquette
J' balanc'rai à la Série noire
Un truc à faire chialer Hammett.
Dies olé Sparadrap Joey
Douc'ment les filles. Faut pas flipper.
La bidoche est faite pour saigner.


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 22:56 supprimer cette contribution

La dèche, le twist et le reste


Tous les deux on pousse nos haillons
Dans un igloo à bon marché
Sous les toits d'une masure bidon
En compagnie des araignées
Toi tu vis ta vie d'alcoolique
Entre ces quatre murs lamentables
Moi je bricole et je fabrique
Des chansons qui sont invendables

Twist, chante, moi je flippe
Twist, chante, moi je flippe

On bouffe une fois tous les trois jours
Avec des boîtes de cassoulet
Qu'on arrive à paner en douce
Dans leurs superbes super-marchés
Et quand on est à bout de fric
Tu fous le camp chez les émigrés
Leur faire découvrir l'Amérique
Dans des passes non déclarées

Twist, chante, moi je flippe
Twist, chante, moi je flippe

Et quand je m'en vais prendre l'air
Du côté des femmes faciles
Tu te jettes sur la bouteille d'éther
Pour ton vol plané à deux mille
On ne s'aime plus d'amour et d'eau fraîche
La vue de l'eau te fait hurler
Et notre amour à coups de dèche
S'est peu à peu désintégré

Twist, chante, moi je flippe
Twist, chante, moi je flippe

On vit comme ça par habitude
Et surtout parce que c'est pratique
De pallier la solitude
En buvant à la même barrique
Ça peut durer jusqu'à toujours
A moins que l'on ait le courage
De se dire m.erde un beau jour
Et de mettre fin au naufrage

Twist, chante, moi je flippe
Twist, chante, moi je flippe

- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 22:58 supprimer cette contribution


La maison Borniol


Hé y a quelqu'un ?
Oh y a quelqu'un ?
C'est moi, Borniol
Et je viens livrer le cercueil.
Si vous m'payez un coup d'alcool,
Ben moi, j'vous fait les clous à l'œil.
Ouais c'est moi, Borniol,
Service rapide et je contente
Même la veuve du guignol,
Vu que je fais le service après-vente.

Les temps sont durs.
C'est pas mariole.
Vivement que revienne le choléra.
Je pourrai changer de chignole
Et me payer le cinéma
Et si le choléra marche bien,
Je pourrai faire des folies.
J'agrandirai mon magasin
Et je prendrai des apprentis.

Je serai la maison Borniol,
Le supermarché de la mort;
Cercueils à fleurs pour les pauvres mômes
Et à roulettes pour les vieillards.
Je serai la maison Borniol Borniol Borniol,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
Bières, cercueils, catafalques,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
Demandez notre catalogue automne, hiver,
Maison Borniol,
Maison Borniol,
15% d'réduction sur suicides collectifs,
Maison Borniol,
Maison Borniol.


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 22:58 supprimer cette contribution
La queue


J'ai fait la queue à la soupe populaire.
J'ai fait la queue devant les pissotières.
J'ai fait la queue dans les petits coins pervers
Avec ma réduction étudiant-militaire.
J'en ai ma claque de faire la queue. {2x}

J'ai fait la queue avec mon sac à dos
Chez les t'as-pas-100-balles ? Chez les babas schizos.
J'ai fait la queue pour jouer les héros
Avec mon casque à pointe et mes pinces à vélo.
J'en ai ma claque de faire la queue. {2x}

Alors je me mets à rêver
Que je suis un slip de carmélite
Que personne ne peut ne toucher
Sans se noyer dans l'eau bénite.

J'ai fait la queue pour être solidaire
De bastille à nation, par devant, par derrière.
J'ai fait la queue avec la France entière,
Avec le samedi-soir le touche-touche hebdomadaire.
J'en ai ma claque de faire la queue. {2x}

J'ai fait la queue avec mon numéro,
Ma bagnole et mon chien, ma femme et mon frigo.
J'ai fait la queue chez mon papa-psycho
Qui m'aide à faire la queue chez mon alter-ego.
J'en ai ma claque de faire la queue. {2x}

Alors je rêve d'être un fusil,
Un bazooka, un bombardier
Ou bien encore un champs de mines
Ou tu viendrais te faire sauter.

J'ai fait la queue pour chercher la lumière
Chez Darty, chez Moon, chez Glucksman, chez Jobert.
J'ai fait la queue pour chauffer ma cuillère
Avec le désir fou d'être enfin solitaire.
J'en ai ma claque de faire la queue. {2x}

Alors je rêve d'être un tombeau
Avec des lumières tamisées
Ou je pourrais compter mes os
En attendant l'éternité.
Oh, oui! je rêve d'être un tombeau
Avec des lumières tamisées
Ou je pourrais compter mes os
En attendant l'éternité.


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 23:00 supprimer cette contribution


Le chant du fou


Le fou a chanté dix-sept fois
Les yeux croisés sur son perchoir
Une vérité au bout des doigts
Une lampe entre les mâchoires

Le fou a chanté dix-sept fois
Puis il est mort de désespoir
Dans un champ de labiales carnivores
Tous les tombeaux se sont ouverts
Pour voir passer le mort vainqueur
L'alcool s'est figé sur ton verre
Ta cigarette tombe sur ton cœur
Et tu cherches une vérité par-delà l'espace
Ouais, tu cherches une vérité par-delà l'espace

Un autre fou sort de son trou
Les yeux recouverts de poussière
De trois siècles passés chez Lucifer

Un autre fou sort de son trou
Et vient respirer la lumière
Qui gerce les murs d'Hangui-Tcheou
Comme un grand coup de cimeterre
Les feuilles tombent des cocas
Et se répandent sur l'Occident
Demain tu verras tous ces petits alchimistes
Pulvériser un continent
Et ta tête tombe de son socle de rêves
Ouais ta tête tombe de son socle de rêves


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 23:01 supprimer cette contribution


Septembre Rose

Naufrage virtuose
D'un amour clandestin
Dans la métamorphose
Des embruns souterrains,
Tu jaillis ruisselant
D'une vague utérine
Sur ce ventre brûlant
De tendresse féminine,
Baby boy,
Sweet baby boy.

Ton premier cri réveille,
De son écho brisé,
L'ouragan qui sommeille
Dans mes veines oxydées
Et mon regard prélude
Le jeu de la pudeur
Quand, par manque d'habitude,
On s'méfie du bonheur,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy,
Oh ! my son of the wind
My little wunderkind,
Oh ! mon septembre rose
D'amour apothéose,
Baby boy.

Passées les cruautés
Du transfert organique,
Tu retournes apaisé
Vers ta faune onirique
Ou les miroirs d'automne
Reflètent à fleur de flamme
Ta jeune écorce d'homme
Éclaboussée de femme,
Baby boy,
Sweet baby boy,
My baby boy...


- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 23:01 supprimer cette contribution


Stalag-tilt


Milliards d'étoiles
Mettant leurs voiles
Carbonisées,
Soleils factices,
Fin d'orifice
Climatisé,
Reviens,
Reviens petite.
Les stalactites
Veulent m'emmurer.
Reviens,
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé,
Périmé.
Les p'tites frangines
Des magazines
Me laissent leurs clés
Et je m'ébranle
Dans le chambranle
Des pages tournées,
Tournées.
Reviens,
Reviens petite,
Dans ma guérite,
Érotiser.
Reviens.
Déconne pas.
Sans toi, mon cas
Est périmé.

- 1306128lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 23:02 supprimer cette contribution


Taxiphonant d'un pack de Kro


"Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Excusez-moi de vous déranger
Mais si j'peux encore vous causer,
C'est qu' mon pétard est enrayé.
Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Je crois bien qu'ça vient du chargeur.
Est-ce que vous pouvez m'envoyer
Assez rapidement le dépanneur ?
Allô SOS Amitié ?
La vie c'est pas du bubble-gum
Et rien qu' le fait de respirer,
Ça m' fout des crampes dans le sternum !
Allô SOS Amitié,
Allô SOS Amitié ?
Allô, allô ?
Les mannequins des cortèges officiels ont goudronné
Ma tendresse et la famille Duraton veut m'obliger
À finir mon tapioca alors que ça fait bientôt
2000 ans que je n'ai plus faim.
Allô SOS Amitié,
Allô ?
J'suis dans un train fantôme bloqué
Sur une voie de garage.
Est-ce que ma carte vermeille
Me donne droit au sleeping ?
Allô ? Ici SOS Amitié.
Vous êtes sur répondeur automatique
Et vous avez 30 secondes pour vous pendre !



Candy - 981564lui écrire blog Publié le 22/05/2005 à 23:08 supprimer cette contribution
Merci Jok !

L'ascenseur de 22h43

Attention, attention, la concierge se trouve
Actuellement dans l'escalier
Mais comme elle ne le sait pas
Vous êtes priés de ne pas la déranger

J'arriverai par l'ascenseur de 22 h 43
En provenance de Babylone
Les quais seront encombrés de pendus
Laissant claquer leurs mâchoires dans le vent
En guise de discours de bienvenue
En guise de discours de bienvenue

J'arriverai par l'ascenseur de 22 h 43
En provenance de Babylone
Je ne connaîtrai rien de tes habitudes
Il se peut même que tu sois décédée
Mais j'demanderai ta main pour la couper
Mais j'demanderai ta main pour la couper

Attention, attention, sur le palier numéro 2
L'ascenseur de 22 h 43 en provenance
De Babylone est annoncé
Veuillez dégager le vide-ordures s'il vous plaît
Et ne pas laisser les enfants s'amuser avec les fils
A haute tension
Tout corps vivant branché sur le secteur
Étant appelé à s'émouvoir

J'arriverai par l'ascenseur de 22 h 43
Et je viendrai relever le compteur de ton ennui
Il te faudra sans doute changer de tête
Et puis brancher ton cerveau sur ton coeur
Rien ne sera jamais plus comme avant
Rien ne sera jamais plus comme avant

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Sans la zique...juste les paroles... (vous pouvez compléter) http: www.thiefaine.com Hubert-Félix Thiéfaine http: www.sonymusic.fr thiefaine thiefaine 13 photo images 01.jpg
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