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hymne à la MÔME  

Auteur :
intense frivolité - 1509252lui écrire blog
(Ses albums)
  Impression :

(Détail)
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Description : ------------------------------------------------

"Des yeux qui font baisser les miens

Un rire qui se perd sur sa bouche

Voilà le portrait sans retouches

De l'homme auquel j'appartiens"



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« Il faut tant et tant de larmes pour avoir le droit d'aimer »

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L'hymne à l'amour:(cliquer sur photos)





Non, je ne regrette rien

 la vie en rose 1947



La Vie en rose est une chanson d'Édith Piaf, musique de Louiguy (Louis Gugliemi) et Marguerite Monnot (qui ne la signa finalement pas).

C’est une de ses amies, Marianne Michel, qui popularisa la chanson, avant que Piaf ne l’enregistre en 1946.

Cette chanson est devenue un standard, reprise, entre autres, par Louis Armstrong, Bola de Nieve, Cyndi Lauper, Plácido Domingo, Dalida, Mireille Mathieu, Michèle Torr, Yves Montand, Grace Jones et Donna Summer (versions disco), le groupe de salsa africain Africando, Patricia Kaas, Ute Lemper, Diana Krall, Thalía, Trio Esperanza, Danny Chan (Hong Kong), et en versions instrumentales (jazz pour certaines) par Richard Clayderman, André Rieu, Michel Legrand, Stéphane Grappelli, Kenny G, Michael Bublé, etc. Elle fût aussi reprise par Zazie, pour la bande originale du film Jeux d'enfants
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Des yeux qui font baisser les miens

Un rire qui se perd sur sa bouche

Voilà le portrait sans retouches

De l'homme auquel j'appartiens

Quand il me prend dans ses bras

Il me parle tout bas

Je vois la vie en rose

Il me dit des mots d'amour

Des mots de tous les jours

Et ça m'fait quelque chose

Il est entré dans mon coeur

Une part de bonheur

Dont je connais la cause

C'est lui pour moi, moi pour lui, dans la vie

Il me l'a dit, l'a juré, pour la vie

Et dès que je l'aperçois

Alors je sens dans moi,

Mon coeur qui bat

Des nuits d'amour à plus finir

Un grand bonheur qui prend sa place

Les ennuis, les chagrins s'effacent

Heureux, heureux à en mourir

Quand il me prend dans ses bras

Il me parle tout bas

Je vois la vie en rose

Il me dit des mots d'amour

Des mots de tous les jours

Et ça m'fait quelque chose

Il est entré dans mon coeur

Une part de bonheur

Dont je connais la cause

C'est toi pour moi, moi pour toi, dans la vie

Tu me l'as dit, l'as juré, pour la vie

Et dès que je t'aperçois

Alors je sens dans moi

Mon coeur qui bat.

 L'hymne à l'Amour



Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1949
autres interprètes: Armand Mestral, Michel Chaineaud, Marcel Merkés, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday, Georgette Lemaire


Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer
Et la terre peut bien s'écrouler
Peu m'importe si tu m'aimes
Je me fous du monde entier
Tant qu'l'amour inond'ra mes matins
Tant que mon corps frémira sous tes mains
Peu m'importe les problèmes
Mon amour puisque tu m'aimes

J'irais jusqu'au bout du monde
Je me ferais teindre en blonde
Si tu me le demandais
J'irais décrocher la lune
J'irais voler la fortune
Si tu me le demandais

Je renierais ma patrie
Je renierais mes amis
Si tu me le demandais
On peut bien rire de moi
Je ferais n'importe quoi
Si tu me le demandais

Si un jour la vie t'arrache à moi
Si tu meurs que tu sois loin de moi
Peu m'importe si tu m'aimes
Car moi je mourrais aussi
Nous aurons pour nous l'éternité
Dans le bleu de toute l'immensité
Dans le ciel plus de problèmes
Mon amour crois-tu qu'on s'aime
Dieu réunit ceux qui s'aiment

 Non, je ne regrette rien1960



Musique: Marc Heyal
autres interprètes: Nicole Martin


Non! Rien de rien ...
Non ! Je ne regrette rien
Ni le bien qu'on m'a fait
Ni le mal tout ça m'est bien égal !

Non ! Rien de rien ...
Non ! Je ne regrette rien...
C'est payé, balayé, oublié
Je me fous du passé!

Avec mes souvenirs
J'ai allumé le feu
Mes chagrins, mes plaisirs
Je n'ai plus besoin d'eux !

Balayés les amours
Et tous leurs trémolos
Balayés pour toujours
Je repars à zéro ...

Non ! Rien de rien ...
Non ! Je ne regrette nen ...
Ni le bien, qu'on m'a fait
Ni le mal, tout ça m'est bien égal !

Non ! Rien de rien ...
Non ! Je ne regrette rien ...
Car ma vie, car mes joies
Aujourd'hui, ça commence avec toi !
 Milord



Milord

Paroles: Georges Moustaki. Musique: Marguerite Monnot 1959


Allez venez! Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue...

Pourtant, je vous ai frôlé
Quand vous passiez hier
Vous n'étiez pas peu fier
Dame! le ciel vous comblait
Votre foulard de soie
Flottant sur vos épaules
Vous aviez le beau rôle
On aurait dit le roi
Vous marchiez en vainqueur
Au bras d'une demoiselle
Mon Dieu! qu'elle était belle
J'en ai froid dans le cœur...

Allez venez! Milord
Vous asseoir à ma table
Il fait si froid dehors
Ici, c'est confortable
Laissez-vous faire, Milord
Et prenez bien vos aises
Vos peines sur mon cœur
Et vos pieds sur une chaise
Je vous connais, Milord
Vous ne m'avez jamais vue
Je ne suis qu'une fille du port
Une ombre de la rue...

Dire qu'il suffit parfois
Qu'il y ait un navire
Pour que tout se déchire
Quand le navire s'en va
Il emmenait avec lui
La douce aux yeux si tendres
Qui n'a pas su comprendre
Qu'elle brisait votre vie
L'amour, ça fait pleurer
Comme quoi l'existence
Ça vous donne toutes les chances
Pour les reprendre après...

Allez venez! Milord
Vous avez l'air d'un môme
Laissez-vous faire, Milord
Venez dans mon royaume
Je soigne les remords
Je chante la romance
Je chante les milords
Qui n'ont pas eu de chance
Regardez-moi, Milord
Vous ne m'avez jamais vue...
Mais vous pleurez, Milord
Ça, j' l'aurais jamais cru.

+parlé:

Eh! bien voyons, Milord
Souriez-moi, Milord
Mieux que ça, un p'tit effort...
Voilà, c'est ça!
Allez riez! Milord
Allez chantez! Milord
Ta da da da...
Mais oui, dansez, Milord
Ta da da da...
Bravo! Milord...
Encore, Milord...
Ta da da da...

 À l'enseigne de la fille sans coeur




À l'enseigne de la fille sans coeur

Paroles et Musique: Jean Villard 1947
autres interprètes: Georgette Plana, Les Quatre Barbus


Le ciel est bleu, le vent du large
Creuse la mer bien joliment
Vers le port montant à la charge
Galopent ses escadrons blancs
C'est un port tout au bord du monde
Dont les rues s'ouvrent sur l'infini
Mais de là comme la terre est ronde,
On ne voit pas les États-Unis.

Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
Y a un bar chez Rita la blonde
Tout le monde s'en fout, y a du bonheur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur!
L'accordéon joue en majeur
Les refrains de ce vaste monde
Y a Rita et ses accroch' cœur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.

Dans ce petit bar, c'est là qu'elle règne
On voit flamber sa toison d'or
Sa bouche est comme un fruit qui saigne
Mais on dit que son coeur est mort
Pourtant les gars sont là, tout drôles:
Les petits, les durs, les malabars
Qui entrent en roulant des épaules
Y en a qui sont venus de Dakar.

Y en a d'Anvers, Y en a d'Honfleur,
Bourlinguant parfois jusqu'aux pôles
Ils la regardent, c'est tout leur bonheur,
Mais pas un n' connaît ses faveurs
L'accordéon joue en majeur
Tous les airs: les tristes, les drôles...
Y'a la bell' blonde, cette rose en fleurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.

Ils l'aimaient, plus elle était dur'
Plus son regard était cruel
Mettaient un cran à leur ceintur'
c'était l’enfer, c’était le ciel.
Un sourire et c’était dimanche
Les gars disaient : » bois avec nous »
Ils tremblaient devant sa main blanche
Versant le rhum et le vin doux

Bière, café, bons vins et liqueurs
Le patron retroussait ses manches
L’argent roulait, c’était un bonheur
A l’enseigne de la fille sans cœur
L’accordéon joue en majeur
L’ouvertur’ de « La dame blanche »
Et des gars qui jouent leur bonheur
A l’enseigne de la fill’ sans cœur.

L’ patron connaissait la musique:
Il aimait le son des écus
Il disait à sa fille unique:
"Fuis l'amour, c'est du temps perdu!"
Mais un soir, la mer faisait rage...
On vit entrer un étranger
Aux beaux yeux d'azur sans nuages
C'est alors que tout a changé...

Il a r’gardé la fille sans coeur
Elle était comme un ciel d'orage
Quelqu'un a fait: "Y a un malheur"
On entendait battre les coeurs.
L'accordéon joue en mineur
Une chanson »dans le vent sauvage «
Y a une fill’ le visage en pleurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.

Il a dit: "C'est toi, ma divine!"
Elle répondit: "Je suis à toi..."
Elle a pleuré sur sa poitrine
Il l'a serrée entre ses bras.
Les autr’s alors mélancoliqu’s
Sont partis avec un soupir...
Le vent chantait sur l'Atlantique
Pour ce coeur qui venait de s'ouvrir

Ils ont filé vers leur grand bonheur
Le patron dut fermer boutique
On l'a vu boire toutes ses liqueurs
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur
Alors , l'État, cet accapareur,
Qu'a jamais eu l’ sens du comique
A mis le bureau du Percepteur
À l'enseigne de la Fille Sans Coeur...
 À quoi ça sert l'amour ?



À quoi ça sert l'amour ?

Paroles et Musique: Michel Emer 1962
note: duo: Edith Piaf et Théo Sarapo

A quoi ça sert l'amour ?
On raconte toujours
Des histoires insensées.
A quoi ça sert d'aimer ?

L'amour ne s'explique pas !
C'est une chose comme ça,
Qui vient on ne sait d'où
Et vous prend tout à coup.

Moi, j'ai entendu dire
Que l'amour fait souffrir,
Que l'amour fait pleurer.
A quoi ça sert d'aimer ?

L'amour ça sert à quoi ?
A nous donner d' la joie
Avec des larmes aux yeux...
C'est triste et merveilleux !

Pourtant on dit souvent
Que l'amour est décevant,
Qu'il y en a un sur deux
Qui n'est jamais heureux...

Même quand on l'a perdu,
L'amour qu'on a connu
Vous laisse un goùt de miel.
L'amour c'est éternel !

Tout ça, c'est très joli,
Mais quand tout est fini,
Il ne vous reste rien
Qu'un immense chagrin...

Tout ce qui maintenant
Te semble déchirant,
Demain, sera pour toi
Un souvenir de joie !

En somme, si j'ai compris,
Sans amour dans la vie,
Sans ses joies, ses chagrins,
On a vécu pour rien ?

Mais oui ! Regarde-moi !
A chaque fois j'y crois
Et j'y croirai toujours...
Ça sert à ça, l'amour !
Mais toi, t'es le dernier,
Mais toi, t'es le premier !
Avant toi, 'y avait rien,
Avec toi je suis bien !
C'est toi que je voulais,
C'est toi qu'il me fallait !
Toi qui j'aimerai toujours...
Ça sert à ça, l'amour !...
 Adieu mon coeur



Adieu mon coeur

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946


On te jette au malheur.
Tu n'auras pas mes yeux
Pour mourir...
Adieu mon cœur.
Les échos du bonheur
Font tes chants tristes
Autant qu'un repentir.

Autrefois tu respirais le soleil d'or.
Tu marchais sur des trèsors.
On était vagabonds.
On aimait les chansons.
Ç'a fini dans les prisons.

Adieu mon cœur.
On te jette au malheur.
Tu n'auras pas mes yeux
Pour mourir...
Adieu mon cœur.
Les échos du bonheur
Font tes chants tristes
Autant qu'un repentir...
Un repentir...
 Au bal de la chance



Au bal de la chance

Paroles: Jacques Larue. Musique: Norbert Glanzberg 1952

Le long de l'herbe,
L'eau coule et fait des ronds.
Le ciel superbe
Éblouit les environs.
Le grand soleil joue aux boules
Avec les pommiers fleuris.
Le bal, devant l'eau qui coule,
Rabâche des airs de Paris.

Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse ma rêverie...

Les parasols sur la berge en gestes lents
Saluent d'une révérence
Les chalands.
Tandis qu'une fille danse
Dans les bras d'un marinier,
Le ciel fait des imprudences
Mais l'amour n'est pas le dernier...

Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse au ciel printanier...

Le vent, tournant dans les feuilles des bosquets,
Avec le chant des pinsons, fait des bouquets
Mais elle n'écoute guère
Que les mots de ce garçon,
Des mots d'amour si vulgaires
Qu'ils font rire au ciel les pinsons.

Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse avec ma chanson...

Je pense encore à ce jour de l'an dernier.
Sur mon épaule, mon rêve est prisonnier.
Celà n'a ni queue ni tête.
Pourtant, j'ai le cœur bien gros
Pour les marins en goguette.
L'amour, ça coule au fil de l'eau.

Danse, danse au bal de la chance,
Danse, danse mon cœur d'oiseau...
 Avant l'heure, c'est pas l'heure.



Avant l'heure

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Je l'ai rencontré un peu trop tard.
Il avait déjà vu Germaine.
Il m'a aimée pendant cinq semaines.
Je me foutais du tiers comme du quart
Et puis un jour, il a compris.
Il m'a menti encore trois semaines
Puis il est allé vers Germaine.
Ah mes enfants ! Qu'est-ce que j'ai pris !...
J' lui en veux pas...
Que faire à ça ?
Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Quand on dit "moins l' quart", c'est moins le quart !
Je l'ai rencontré un peu trop tard !

Pierre aime la femme de Jean.
Jean aime la femme de Pierre.
La femme de Pierre aime un sergent.
La femme de Jean aime un notaire.
Qu'est-ce qu'ils espèrent,
Ces pauvres gens ?
Si la femme de Pierre avait vu le sergent
Avant de rencontrer Pierre...
Si la femme de Jean avait vu le notaire
Avant de rencontrer Jean...
Ce serait une toute autre affaire !
'y aurait du bonheur à Nogent
Au lieu qu'on y pleure...

L'heure, c'est l'heure...

Avant l'heure, c'est pas l'heure.
Après l'heure, c'est plus l'heure.
Quand on dit "moins l' quart", c'est moins l' quart !
Je l'ai rencontré un peu trop tard !

...trop tard !...
 Avant nous



Avant nous

Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1956


Un printemps meurt, en vient un autre
Et tout change, et tout est pareil.
Le bonheur n'est pas le nôtre,
Pas plus que le soleil.
Écoute, écoute dans le monde
Cet orchestre de cœurs battants.
De partout ils se répondent
Depuis combien de temps ?

Avant nous,
D'autres amants ont dit : "Je t'aime."
Comme nous...
Avant nous,
D'autres ont souffert, ont trahi même,
Comme...
Non ! Ne crois pas ça ! Ne crois pas ça !
L'amour n'est pas cette misère.
L'amour, c'est toi entre mes bras...
Avant nous,
D'autres ont dansé sur des "Je t'aime."
Comme nous...
Avant nous,
D'autres se sont quittés quand même
Comme...
Non ! Pas comme nous... Ne crois pas ça !
On a dansé sur toute la terre
Et l'on dansera sur ces mots-là.

Aimons-nous
Comme ceux-là qui tant s'aimèrent,
Comme nous
Et comme ceux qui nous suivront,
Et comme ceux qui s'aimeront...
Après nous...

 Avec ce soleil



Avec ce soleil

Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe Gérard 1954


Avec ce soleil, on avait envie
De ne pas parler,
De boire de la vie
A petites goulées.
Sous le ciel superbe
Le long du talus, mâchant un brin d'herbe
Et jupe collée, elle regardait
D'un air triomphant
Ce jeune homme imberbe
Ou encore presqu'enfant
Qui la désirait.
Il aurait fallu presque rien, peut-être,
Un geste de lui,
Un sourire d'elle qui lui dise "viens".
Il aurait fallu presque rien, peut-être,
Qu'un oiseau s'enfuie
Avec un bruit d'ailes pour que tout soit bien...

Pour que par-dessus le toit de l'usine,
Le long des murs gris,
Pour que par-dessus la route voisine
Et ses pavés gris,
Pour que par-dessus toutes les collines,
Pour que par-dessus toutes les forêts,
Pour que monte au ciel, sans cloches et sans noces,
Un amour de gosses
Qui purifierait...
Mais c'était déjà deux enfants durcis
Qui ne croyaient plus d'avoir à se dire
Que les mots des grands...
Que la vie déjà, broyait sans merci,
Qui ne savaient plus ni rêver, ni rire
Cœur indifférent...

Et ce jour encore
Le long du talus
Le coquelicots avec les bleuets
En vain attendirent
Une main cruelle
Qui les cueillerait...
 Bal dans ma rue



Bal dans ma rue

Paroles et Musique: Michel Emer 1949

Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore, on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue
Et, dans le p'tit bistrot
Où la joie coule à flots,
Sept musiciens perchés sur un tréteau
Jouent pour les amoureux
Qui tournent deux par deux,
Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux.
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Tout l'monde se sent un peu ému.
Peut-être bien qu'on a trop bu.
Il y a bal dans ma rue.

Il était si beau que lorsqu'il me sortait,
Aussitôt tout le monde sur lui se retournait.
J'étais si fière de lui, j'ai pas pu résister
A ma meilleure amie, un jour j' l'ai présenté.
Ils se sont plus immédiatement
Ils se sont mariés ce matin.
Ils formaient un couple épatant
Et moi, j'étais témoin...
Et voilà pourquoi...

Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue
Et, dans le p'tit bistrot
Où la joie coule à flots,
Sept musiciens perchés sur un tréteau
Jouent pour les amoureux
Qui tournent deux par deux,
Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux.
Ce soir, il y a bal dans ma rue.
Jamais encore on n'avait vu
Une telle gaieté, une telle cohue.
Il y a bal dans ma rue...
'y a eu bal dans ma rue...
  Boulevard du crime




Boulevard du crime

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude Léveillée 1960

Sur le boulevard du Crime,
Pour voir la pantomyme,
Ce soir, on se bouscule.
Au théâtre des Funambules,
Les amours de Pierrot,
Ça fait pleurer Margot
Et rire dans la tourmente
Le Paris de mille huit cent trente.
Masques sont vert damasques
Et la foule coasse,
Au milieu du carnaval des grimaces.

Mais dans la foule qui rit de Pierrot,
Il y a toujours un Arlequin.
Dans la vie, faut des arlequins,
Sans quoi l'amour, ce ne serait que des mots.
Aussi, lorsque Pierrot sourit,
C'est là-haut vers les amants du paradis...

Sur le boulevard du Crime,
Pour voir la pantomyme,
Ce soir, on se bouscule.
Au théâtre des Funambules,
Les amours de Pierrot,
Ça fait pleurer Margot
Et rire dans la tourmente
Le Paris de mille huit cent trente.
Masques sont vert damasques
Pour des danses fantasques
Et la foule coasse
Au milieu du carnaval des grimaces.

Mais tous ces gens qui rient de Pierrot.
Il n'y a que lui, pleure pour de vrai
Puisque la femme qu'il aimait
Est partie ce soir sans un mot.
Aussi, lorsque Pierrot sourit,
Tout là-haut pleurent les amants du paradis...

Sur le boulevard du Crime,
Pour voir la pantomyme,
Ce soir, on se bouscule.
Au théâtre des Funambules,
Les malheurs de Pierrot
Sous les cris, les bravos
Font rire dans la tourmente
Le Paris de mille huit cent trente.
Quel talent fantastique.
Qu'il est drôle et comique.
Ça, c'est un vrai Pierrot.
Allez ! Vas-y ! Refais ton numéro...

Tout là-haut pleurent les amants du paradis.

 Bravo pour le clown



Bravo pour le clown

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1953


Un clown est mon ami
Un clown bien ridicule
Et dont le nom s'écrit
En gifles majuscules
Pas beau pour un empire
Plus triste qu'un chapeau
Il boit d'énormes rires
Et mange des bravos

Pour ton nez qui s'allume
Bravo ! Bravo !
Tes cheveux que l'on plume
Bravo ! Bravo !
Tu croques des assiettes
Assis sur un jet d'eau
Tu ronges des paillettes
Tordu dans un tonneau
Pour ton nez qui s'allume
Bravo ! Bravo !
Tes cheveux que l'on plume
Bravo ! Bravo !

La foule aux grandes mains
S'accroche à ses oreilles
Lui vole ses chagrins
Et vide ses bouteilles
Son cœur qui se dévisse
Ne peut les attrister
C'est là qu'ils applaudissent
La vie qu'il a ratée !

Pour la femme infidèle
Bravo ! Bravo !
Et tu fais la vaisselle
Bravo ! Bravo !
Ta vie est un reproche
Qui claque dans ton dos
Ton fils te fait les poches
Et toi, tu fais l'idiot
Pour la femme infidèle
Bravo ! Bravo !
Et tu fais la vaisselle
Bravo ! Bravo !

Le cirque est déserté
Le rire est inutile
Mon clown est enfermé
Dans un certain asile
Succès de camisole
Bravos de cabanon
Des mains devenues folles
Lui battent leur chanson

Je suis roi et je règne
Bravo ! Bravo !
J'ai des rires qui saignent
Bravo ! Bravo !
Venez, que l'on m'acclame
J'ai fait mon numéro
Tout en jetant ma femme
Du haut du chapiteau
Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo !
 Browning



Browning

Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1938

Y avait qu'à r'garder sa figure
Et tout de suite on comprenait :
Monsieur Browning, qu'on l'appelait,
Un nom qui sentait l'aventure.
C'était le roi du revolver.
Il en avait de magnifiques
Qu'il avait ram'nés d'Amérique,
Où qu'on fabriqu' les vrais gangsters.
Il nous racontait son histoire,
Son premier crim' et puis la gloire,
Browning, Browning.
Il nous montrait des tas d'photos
Pris's en premièr' pag' des journaux,
Browning, Browning.
Il nous disait : "Vous autr's en France,
Vous manquez encor' d'expérience.",
Browning, Browning.
Avec ça, pas besoin d'êtr' fort.
C'est l'maladroit qu'a toujours tort
Et viv' Browning.

Parc' qu'il avait de l'élégance
Et des costum's de cinéma,
Il nous r'gardait de haut en bas
Avec mépris et insolence
Et tout's nos femm's, ell's l'admiraient
"Ah ! comment c'est qu'il a d'allure
Et ce typ' là, quelle envergure."
Mais nous, les homm's, il nous courait.
C'était toujours la mêm' histoire :
Son premier crim' et puis la gloire,
Browning, Browning.
On l'voyait sur les grands journaux,
Juste à côté d'Greta Garbo,
Browning, Browning.
A l'écouter, on d'venait bête.
On n'avait plus qu'ça dans la tête,
Browning, Browning
Et nous pensions "Marre à la fin !
Il nous ennuie, l'Américain
Et son Browning."

Pour nous apprendr' la vraie manière,
Pour nous donner un' bonn' leçon,
Il a tenu, ce brav' garçon,
A nous montrer son savoir-faire.
C'est dans un' sall' de restaurant
Qu'il a voulu fair' l'expérience,
Mais le pauvr' typ' n'a pas eu d'chance.
Comme il sortait ses instruments,
Il a roulé sous la banquette
Avec un p'tit trou dans la tête,
Browning, Browning.
Oh ça n'a pas claqué bien fort
Mais tout de mêm', il en est mort,
Browning, Browning,
Et puis quelqu'un dans le silence
A dit "Maint'nant à quoi qu'tu penses,
Browning, Browning ?"
Il pens' plus rien puisqu'il est mort.
Tu parlais trop... ben t'as eu tort.
Bye-Bye, Browning.

 C'est à hambourg



C'est à hambourg

Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1955

C'est à Hambourg, à Santiago,
A White Chapel, ou Bornéo,
C'est à Hambourg, à Santiago,
A Rotterdam, ou à Frisco...

Hello boy ! You come with me ?
Amigo ! Te quiero mucho !
Liebling ! Kom dort mit mir !

C'est à Hambourg, au ciel de pluie,
Quand les nuages vont à pas lents,
Comme s'en vont les lourds chalands,
Le long des quais, crevant d'ennui,
C'est à Hambourg ou bien ailleurs
Qu'à tous les gars en mal d'amour,
Qu'à tous les gars, depuis toujours,
Moi j'balance du rêve en plein cœur...

C'est à Hambourg, à Santiago,
A White Chapel, ou Bornéo,
C'est à Hambourg, à Santiago,
A Rotterdam, ou à Frisco...

C'est à Hambourg, au ciel de pluie,
Qu'il a posé ses mains sur moi
Et qu'il m'a fait crier de joie
En me serrant fort contre lui,
M'a dit "je t'aime !" à plus finir,
"Laisse donc là tous tes marins !
Laisse donc la mer, et puis viens !
Moi, j'ai du bonheur à t'offrir..."

"Ma p'tite gueule..."

C'est à Hambourg, au ciel de pluie,
Dans les bastringues à matelots
Que je trimballe encore ma peau,
Les bras ouverts à l'infini...
Car moi je suis comme la mer,
J'ai l' cœur trop grand pour un seul gars,
J'ai l' cœur trop grand et c'est pour ça
Qu' j'ai pris l'amour sur toute la terre...

C'est à Hambourg, à Santiago
A White Chapel, ou Bornéo...

So long, boy...
Adios, amigo...
Nacher, Schatz...
...Au r'voir, p'tite gueule !...

 Carmen's story



Carmen's story

Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961

Dans le grand studio
De cinéma,
Sur le plateau,
Tout le monde est là,
Les deux vedettes et les acteurs,
Metteur en scène et producteur,
Décorateurs, et assistants
Et puis la foule des figurants.
On va tourner la première scène
Du nouveau film d'après Carmen
Et quelqu'un crie : "Silence ! On tourne !"
Carmen's story ! Carmen's story !

Comme si le destin, tout simplement
N'attendait plus que ce moment,
Il vient frapper en cet instant
Parmi la foule des figurants.
Alors soudain, elle l'aperçoit,
Il lève la tête, et il la voit,
Et dans leurs yeux il y a l'amour,
Mais un amour de fin des jours...
Et quelqu'un crie : "Très bon ! Coupez !"
Carmen's story ! Carmen's story !

Elle ne voit que lui dans le studio,
Il ne voit qu'elle sur le plateau,
Et dans la foule des figurants
Habit brodé, habit clinquant,
En somnambules, au fil des jours,
Illuminés par leur amour,
Sans le savoir, transfigurés,
Ils sont Carmen et Don José,
Et quelqu'un crie : "Silence ! On tourne !"
Carmen's story ! Carmen's story !

Mais dans le studio de cinéma,
Voilà qu'un jour il l'aperçoit
En train de rire, rire aux éclats
Avec cet homme qui est là-bas...
Ça lui fait mal, il veut partir...
Mais le destin doit s'accomplir
Et dans la foule des figurants
Elle est tombée, sans même crier...
Quelqu'un a dit : "Très bon ! Coupez !"
Carmen's story ! Carmen's story !
 C'est d'la faute à tes yeux



C'est d'la faute à tes yeux

Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1950

J'avais tant d'amour pour un homme.
Il en avait si peu pour moi.
C'est peu de chose la vie, en somme.
Je l'ai tué, tant pis pour moi...

Tout ça... C'est d'la faute à ses yeux,
Aux tiédeurs des matins,
A son corps près du mien.
Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours,
C'est d'la faute à l'amour,
Le ciel était trop bleu...

L'avocat qui prit ma défense
Conta notre roman d'amour
Et, pour prouver mon innocence,
Il en salit les plus beaux jours...

Tout ça... C'est d'la faute à tes yeux,
Aux tiédeurs des matins,
A son corps près du mien.
Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours,
C'est d'la faute à l'amour,
Mon ciel était trop bleu...

Le juge avait un air sévère.
Ses yeux n'avaient pas d'horizon.
D'une voix grave et sans colère,
M'a condamnée à la prison.

Tout ça... C'est d'la faute à mes yeux.
Ils ont vu dans les tiens
Que dansait mon chagrin.
Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours
Et j'ai vu mon amour
Pleurer sur mon ciel bleu...

 C'est l'amour



C'est l'amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1960

C'est l'amour qui fait qu'on aime.
C'est l'amour qui fait rêver.
C'est l'amour qui veut qu'on s'aime.
C'est l'amour qui fait pleurer...

Mais tous ceux qui croient qu'ils s'aiment,
Ceux qui font semblant d'aimer,
Oui, tous ceux qui croient qu'ils s'aiment
Ne pourront jamais pleurer...

Dans l'amour, il faut des larmes,
Dans l'amour, il faut donner...

Et ceux qui n'ont pas de larmes
Ne pourront jamais aimer...
Il faut tant, et tant de larmes
Pour avoir le droit d'aimer...

Mon amour, oh toi que j'aime,
Tu me fais souvent pleurer...

J'ai donné, donné mes larmes,
J'ai pleuré pour mieux t'aimer,
J'ai payé de tant de larmes
Pour toujours le droit d'aimer...
Pour toujours... le droit d'aimer !

 C'est lui que mon coeur à choisi



C'est lui que mon coeur à choisi

Paroles: Raymond Asso. Musique: Max d'Yresne 1938


Je m'rappelle plus comment on s'était rencontrés
Je ne sais plus si c'est lui qui a parlé l'premier
Ou bien si c'était moi qui avais fait les avances
Ça n'a plus d'importance
Tout c'que je veux me rappeler :

{Refrain:}
C'est lui que mon cœur à choisi
Et quand il me tient contre lui
Dans ses yeux caressants
Je vois le ciel qui fout le camp
C'est bon ... C'est épatant !
Il n'a pas besoin de parler
Il n'a rien qu'à me regarder
Et je suis à sa merci
Je peux rien contre lui
Car mon cœur l'a choisi.

Je n'sais pas s'il est riche ou s'il a des défauts,
Mais d'l'aimer comm' je l'aime, un homme est toujours beau.
Et quand on va danser, qu'il pose sur mes hanches
Ses belles mains si blanches,
Ça m'fait froid dans le dos

{Refrain}

J'sais pas c'qui m'arrivera, si ça dur'ra longtemps,
Mais j'me fich' du plus tard, j'veux penser qu'au présent.
En tout cas il m'a dit qu'il m'aim'rait tout'la vie
C'que la vie s'ra jolie
Si il m'aim'... pour tout l'temps !

{Refrain}

 C'est merveilleux



C'est merveilleux

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946

Le jour où tu m'as rencontrée
Etait un jour triste à mourir
Et je traînais dans mes pensées
Un ennui à n'en plus finir
Mais il a suffi que tu viennes
Pour que j'oublie toutes mes peines

{Refrain:}
C'est merveilleux
Quand on est tous les deux
Le bonheur nous surveille
C'est merveilleux
Quand on est amoureux
Les beaux jours se réveillent
C'est merveilleux
La vie est peinte en bleu
A grands coups de soleil
Puisque je t'aime et que tu m'aimes
C'est merveilleux

Nous passerons toute la vie
A chanter un si grand amour
Pour une chanson si jolie
La vie n'a pas assez de jours
Nous en ferons une harmonie
Qui ne sera jamais finie

{Refrain}

 C'est peut-être ça



C'est peut-être ça

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

C'est peut-être ça
L'amour, le grand amour,
C'est peut-être ça
Qui m'a prise à mon tour,
Ce je ne sais trop quoi
Qui fait froid dans le dos
Et soudain donne chaud
Quand tout le monde a froid...

C'est peut-être ça
Qui fait battre le cœur
Et, pendant des heures,
Vous fera rester là
Devant un téléphone
Pour entendre une voix,
Devant un téléphone
Qui ne sonnera pas...

C'est peut-être ça,
L'amour, le grand amour,
C'est peut-être ça
Qui m'a prise à mon tour,
Ce sentiment brutal,
Lorsque tout allait bien,
De se sentir très mal
Sans savoir d'où ça vient.

C'est peut-être ça
Qui fait pleurer de rire
Et vous fait courir
A minuit sous la pluie,
Sous la pluie, sans manteau
En gueulant qu'il fait beau,
En gueulant que la vie,
'y a rien de plus joli...
Avant, juste avant
D'aller se foutre à l'eau...

C'est peut-être ça
L'amour...Le grand amour !...
 C'est pour ça



C'est pour ça

Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1947

Il était une amoureuse
Qui vivait sans être heureuse.
Son amant ne l'aimait pas.
C'est drôle, mais c'était comme ça.
Elle courut à la fontaine
Afin d'y noyer sa peine
Et tout le diable et son train
La poussaient dans le chemin.

C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin,
C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien.
Les jours de lumière,
Les mots des prières,
Tous en procession,
Lui faisaient escorte
Mais la fille est morte
En criant : "pardon".
C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin,
C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien...

Toutes les fleurs se fanèrent
Et la nuit couvrit la terre
Pour chanter le dernier jour
De cette morte d'amour.
Échappés du noir manège,
Les mal-aimés en cortège
Partent essayer d'empêcher
Le soleil de se lever.

C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis,
C'est pour ça que le ciel cherchait un abri.
Les jeux et les rondes,
Toutes les joies du monde
Voulaient s'en aller
Et le cœur des hommes,
Tout pourri d'automne
Allait se fâner...
C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis,
C'est pour ça que le ciel cherchait un abri.

Mais voilà que ma légende
Va danser sous les guirlandes.
Ça ne pouvait pas durer.
L'amour a tout arrangé
Et, depuis, c'est lui qui chante.
Tant pis pour qui se tourmente.
Vous pouvez toujours pleurer.
Il est plus fort à chanter...

C'est pour ça qu'on entend les accordéons,
C'est pour ça que la rue éclate en chansons.
Le chagrin des âmes,
Dans tout ce vacarme,
On ne l'entend plus.
L'amour fait la fête
Et chacun, c'est bête,
A cœur que veux-tu.
C'est pour ça qu'on entend les accordéons,
C'est pour ça que la rue éclate en chansons.
 C'est toi le plus fort



C'est toi le plus fort

Paroles: Raymond Asso. Musique: R. Cloërec 1936

Ah, c'que t'es grand !
T'as une belle gueule
Et quand ton rire m'a croché le cœur,
Parc' que j'suis v'nue vers toi toute seule
Sans que tu m'cherches,
Tu fais le crâneur
Et, sur le boulevard,
Quand tu te balades,
Tu marches comme un bel animal.
Tu regardes les femmes.
Ça m'rend malade
Et tu le sais bien
Qu'ça m'fait du mal
Mais j'te dis rien
Parce que je t'aime.
Souffrir par toi
C'est bon tout d'même.
Tu pourrais m'faire
Plus de mal encore
Que j'dirais rien,
Alors t'es fort.

Parce que t'es grand,
Moi toute petite
Et que tes poings
Ont l'air d'être lourds,
J'dis toujours oui
Et t'en profites
Et j't'obéis.
Tu gagnes toujours.
Ah... t'es pas méchant.
T'es un peu brute.
C'est pas d'ta faute
Si t'es comm' ça,
Et puis moi
J'aime pas les disputes.
J'ai peur des coups.
On s'refait pas,
Alors j'dis rien
Parce que je t'aime
Et qu't'obéir
C'est bon tout d'même.
Puis ça vaut mieux
Car j'aurais tort.
Y a qu'à nous voir,
C'est toi le plus fort.

Mais y a des jours
Où t'es plus l'même.
Quand t'as l'cafard
Ou des ennuis,
Quand t'as besoin d'sentir
Qu'on t'aime
Et ces jours-là,
Tu deviens tout petit.
Alors j'te prends
Sur ma poitrine.
J'écoute ton cœur
Et c'est très doux.
J'deviens toute grande
Et j'te câline.
J'suis presque heureuse
Et j'oublie tout.
Là, dans mes bras,
T'oses plus rien dire.
T'as sur les lèvres
Un beau sourire
Et, comme un petit môme,
Tu t'endors.
Ben là... vraiment,
C'est toi l'plus fort.
 C'est un gars



C'est un gars

Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1949
© Raoul Breton 1949
autres interprètes: Lucienne Delyle

Sous mes pieds mes s'mell's se dérobent
On voit l'jour à travers ma robe
Mon corsage est tout rapiécé
Et mes effets très fatigués
Qu'import' ce qu'on dit à la ronde
Je me fous du reste du monde
Car depuis hier je suis aimée
C'est fou ce qui m'est arrivé

C'est un gars qu'est entré dans ma vie
C'est un gars qui m'a dit des folies
Tu es jolie, tu es jolie
On m'l'avait jamais dit
C'est un gars qui r'ssemblait à un ange
C'est un gars qui parlait comme un ange
Tu es jolie, tu es jolie
J'en suis tout étourdie

Mon Dieu je ne suis plus la même
Quand il me murmure je t'aime
Je trouve ça si merveilleux
Qu'il y a des larmes dans mes yeux
C'est beau l'amour qui se promène
Quand un beau gars en tient la chaîne
On voudrait rester prisonnier
Rien qu'pour contempler son geôlier

C'est un gars qu'est entré dans ma vie
C'est un gars qui m'a dit des folies
Tu es jolie, tu es jolie
On m'l'avait jamais dit
C'est un gars qui r'ssemblait à un ange
C'est un gars qui parlait comme un ange
Tu es jolie, tu es jolie
J'en suis tout étourdie

C'est merveilleux en moi la vie bourdonne
L'amour jaillit dès que je m'abandonne
Et quand il m'a soûlée
De mots et de baisers
Et qu'il sourit, c'est drôle
Je mords dans son épaule
C'est un gars qu'est entré dans ma vie
C'est un gars qui m'a dit des folies
Tu es jolie, tu es jolie
Veux-tu d'moi pour la vie
Oui.
 C'est un homme terrible



C'est un homme terrible

Paroles et Musique: JP Moulin 1958

C'est un homme terrible
Avec des yeux doux.
Il me prend pour cible.
Il me donne des coups.
Il me fait pleurer
Avec un regard.
Il me fait trembler
Quand il est en retard.
C'est un homme terrible
Avec des yeux verts.
Il voit à travers.
Il me passe au crible.
Je suis transparente
Quand il est devant moi.
Je pleure, je me lamente.
Je reste sans voix.
Je descends la pente
De la peur et de l'effroi.
Cet homme me hante.
Il me met en croix.
C'est un homme terrible.
C'est un homme terrible...

Mais quand il me caresse,
Quand je sens ses deux mains
Se poser comme des compresses
Sur mes yeux pleins de chagrin,
Alors je ressuscite,
Je retrouve le printemps.
Le bonheur invite
Au creux de mon amant.

C'est un homme terrible
Avec des yeux bleus.
Mon cœur est la cible
Où il vise le mieux.
Il revient vers moi.
Il revient toujours.
Avec un grand "A",
Ça s'appelle l'Amour.
C'est un homme terrible.
Il a peur, la nuit.
Dans mes bras fragiles,
Il s'apaise et rit
Et puis il s'endort
Et je le regarde.
Il n'a plus de force.
C'est moi qui le garde.
Sentinelle dehors,
A moi, la toquarde.
Quand viendra l'aurore,
Je quitterai la garde
De cet homme terrible,
De cet homme terrible,
De cet homme terrible,
De cet homme terrible,
Terrible ! Terrible !
Hhhhhan !

 C'est un monsieur très distingué



C'est un monsieur très distingué

Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941

Il descend dans les grands hôtels.
Il a beaucoup de personnel.
Il a aussi beaucoup d'argent,
C'est pour ça qu'il est mon amant.

C'est un Monsieur très distingué.
C'est un Monsieur qui est marié.
Ses enfants seront bien él'vés.
Sa femme est née dans le grand monde.
C'est un Monsieur très demandé.
Tous les gens l'écoutent parler.
Il est de la haute société.
C'est c'qu'on appell' un homme du monde.

Il a aussi un petit chien.
On dit qu'il fait beaucoup de bien.
Sa femme, moi et puis le chien,
Nous faisons partie de ses biens.

C'est un Monsieur très distingué.
C'est un Monsieur qui est marié.
Ses enfants seront très bien él'vés.
Comme il se doit, je n'suis pas blonde.
Je n'suis pas née dans le grand monde.
Ce Monsieur-là peut tout ach'ter,
Même l'illusion d'être aimé.
Il est de la haute société.
C'est c'qu'on appelle un homm' du monde.

Je sais pourtant qu'un jour viendra
Où, doucement, il me dira :
"Chère amie, je suis désolé,
Nos relations doivent cesser."

C'est un Monsieur très distingué.
C'est un Monsieur qui est marié.
Ses enfants seront très bien él'vés.
Comme il se doit, sa femme est blonde.
Sa femme est née dans le grand monde.
Je resterai seule à pleurer.
Mon amour sera bien payé.
C'est comm' ça dans la haut' société.
C'est c'qu'on appelle les gens du monde.
 C'était pas moi



C'était pas moi

Paroles: Robert Gall. Musique: Francis Laï 1963

Dans sa prison, il a pleuré,
S'est révolté, s'est résigné
Et d'une voix désespérée,
Il ne cessait de répéter :

"C'était pas moi qui, ce jour-là, passait par là.
C'était pas moi !
C'était pas moi qui avais fait ça, cette histoire-là.
Ce n'est pas moi !

Mais je n'ai pas su m'expliquer
Cet homme trouvé dans le fossé.
J'ai beau crier mon innocence
Dans ma prison,
J'ai beau crier dans le silence :
Non, non, et non !

Je reste là depuis des mois
Et j'attends là ce qu'on fera de moi...

Oui, je l'aimais
Cette femme pour qui
On a trouvé
Cet homme tué...
Oui, je l'aimais.
J'en étais fou
Et très jaloux
Mais c'est pas vrai !...

Coïncidence ?
Manque de chance ?
C'était pas moi !
C'était pas moi !

J'ai beau crier dans le silence
De ma prison,
J'ais beau crier mon innocence,
Non, non, et non !

Je reste là depuis des mois
Et j'attends là ce qu'on fera de moi...

Et face au ciel,
Mon seul témoin,
Tendant les mains
Je veux crier :
Ce n'est pas moi !
Ce n'est pas moi !
Ce n'est pas moi !
Ce n'est pas moi !"

 C'était un jour de fête



C'était un jour de fête

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941
© 1941 - Editions Micro

1. C'était un jour de fête
J'crois bien qu'c'était l'printemps
Ça m'a tourné la tête
J'venais d'avoir vingt ans
I' m'a dit qu'j'étais belle
Peut-être pour m'faire plaisir
M'a dit des ritournelles
Avec un beau sourire

{Refrain:}
I' m'en a donné des caresses
I' m'a fait tout plein de serments
Ce qu'il m'en a fait des promesses
Avant de dev'nir mon amant
I' m'en a donné des ivresses
M'a juré de m'aimer tout l'temps
Alors j'ai donné ma jeunesse
C'est comme ça qu'on perd ses vingt ans

2. On s'est mis en ménage
Dans le faubourg Saint-D'nis
Hôtel du Beau Rivage
Ça sentait bon Paris
C'est au sixième étage
Que j'ai connu l'amour
Vous parlez d'un voyage
Et quel joli séjour
{au Refrain}

3. Ces histoires là ça dure
Ce que ça doit durer
Ma petite aventure
Hélas est terminée
Fini le beau voyage
Me voici de retour
L'Hôtel du Beau Rivage
A gardé mes amours
{au Refrain}
 C'était une histoire d'amour



C'était une histoire d'amour

Paroles: Henri Contet. Musique: J.Jal 1943

J'ai connu des jours magnifiques.
L'amour était mon serviteur.
La vie chantait comme un' musique
Et elle m'offrait des tas d'bonheurs
Mais j'en achetais sans compter :
J'avais mon cœur à dépenser.

C'était un histoire d'amour.
C'était comme un beau jour de fête,
Plein de soleil et de guinguettes,
Où le printemps m'faisait la cour
Mais quand le histoir's sont trop jolies,
Ça ne peut pas durer toujours.
C'était une histoire d'amour.
Ma part de joie, ma part de rêve,
Il a bien fallu qu'ell' s'achève
Pour me faire un chagrin d'amour.

Et tant pis si mes nuits sont blanches,
Tant pis pour moi si j'pleur' tout l'temps.
C'est le chagrin qui prend sa r'vanche.
Y a qu'le chagrin qui est content.
Vraiment, il y a de quoi rire.
J'ai l'impression d'vouloir mourir.

C'était un histoire d'amour.
C'était comme un beau jour de fête,
Plein de soleil et de guinguettes,
Où le printemps m'faisait la cour
Mais quand les histoir's son trop jolies,
Ça ne peut pas durer toujours..
C'était une histoire d'amour
Dont rien désormais ne demeure.
Il faut toujours que quelqu'un pleure
Pour faire une histoire d'amour.
 Ça fait drôle



Ça fait drôle

Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962

Ça fait drôle, ça fait vraiment drôle
Quand nos corps se frôlent
De nous éveiller
Emerveillés...
Ça fait drôle de sortir d'un rêve
Au creux d'un lit tiède
Surpris par le jour
Dans notre amour...
L'existence,
Toujours étonnante,
Fait de ces miracles.
Faudrait l'applaudir
Comme au spectacle.
Ça fait drôle, j'avais peur de vivre
Et puis tout arrive,
Et ce tout pour moi,
Ça veut dire toi.

Ça fait drôle de rejouer ce rôle
Contre ton épaule,
Ce rôle oublié
De femme aimée...
De renaître,
De me reconnaître
Dans les yeux d'un être
Lorsque lui non plus
N'y croyait plus,
Il me semble
Que mes jambes tremblent,
Que tout recommence,
Après des années de longue absence.
Ça fait drôle, je reprends ma place.
Faut que je m'y fasse.
J'apprends le bonheur,
J' l'apprends par cœur.

Ces voyages, je ne peux pas y croire,
J'ai eu trop d'histoires.
Je traîne avec moi trop de mémoire
Mais quand même :
Ça fait drôle quand même
D'entendre "je t'aime"
Car si cette fois-ci...
Si cette fois-ci...
Si cette fois-ci...
Si cette fois-ci...
Si cette fois-ci...
Si cette fois-ci...
 Céline



Céline

Paroles: Arrangements: L. Liébart, Marc Herrand 1946

Sont trois jeunes garçons
S'en allant à la guerre,
S'en allant à la guerre,
Tout droit en regrettant,
Tout droit en regrettant
Bien leurs maîtresses.

Le plus jeune des trois
Regrettait bien la sienne,
Regrettait bien la sienne
Et il a bien raison :
C'est la plus jolie fille
De tous les environs.

Le bon soldat s'en va
Trouver son capitaine :
"Bonjour, mon capitaine.
Donnez-moi mon congé
Pour allez voir Céline
Qui ne fait que pleurer..."

Son capitaine répond
Comme un homme de guerre
Ton joli passeport
Va t'en, va voir ta fille
Tu reviendras d'abord.

Puis le galant s'en va
Au château de son père.
"Bonjour mon père, ma mère.
Bonjour mes chers parents,
Sans oublier Céline
Que mon cœur aime tant."

Son père lui répond :
"Mais ta Céline est morte
Mais ta Céline est morte,
Est morte en t'appelant.
Son corps est dans la terre,
Son âme, au Paradis."

Puis le galant s'en va
Pleurer dessus sa tombe :
"Céline, ma Céline,
Parle, parle, parle-moi !
Mon cœur se désespère
De jamais plus te voir..."
Céline lui répond :
"Ma bouche est pleine de terre
Ma bouche est pleine de terre...
La tienne est pleine d'amour !
Je garde l'espérance
De te revoir un jour..."

Le bon soldat s'en va
Trouver son capitaine
"Bonjour, mon capitaine !
Me voici de retour
Puisque Céline est morte,
Je servirai toujours..."

 Celui qui ne savait pas pleurer



Celui qui ne savait pas pleurer

Paroles: Henri Contet. Musique: Ch.Normand 1936

C'est l'histoire d'un type moyen
Qui n'avait jamais pu pleurer.
Il en avait pas les moyens,
Pourtant, il aurait bien aimé,
Car de pleurer, ça vous soulage
Et ça vous met du baume dans l'cœur,
Mais lui, il avait passé l'âge
D'apprendre le chagrin par cœur.
Il essayait de se concentrer
Pour s'émouvoir à l'improviste,
Mais non : il savait pas pleurer
Et c'est ça qui le rendait triste.
Pour se payer ce petit instant
Où l'on est vraiment malheureux,
Y s'fabriquait des embêtements,
Inventait des ennuis sérieux
Et pour ça, il savait s'y prendre,
A en juger par son passé.
Il avait même tenté de se pendre,
Preuve qu'il aimait pas rigoler.
Quand s'présentait un beau malheur,
Tout de suite il lui faisait du charme
Mais il avait beau s'crever l'cœur,
Il pouvait pas trouver une larme.
Ça lui a passé subitement,
Rencontrant près d'une fontaine
Où se débarbouillait l'printemps,
Une gosse qui avait de la peine.
Dans son petit tablier de toile,
Elle pleurait comme une enfant.
Il a vu ses yeux pleins d'étoiles,
Alors il en a fait autant.
Un type comme ça, c'est pas commun
Car il était pas comme nous autres.
Puisque, pour qu'il ait du chagrin,
Il lui fallait l'chagrin des autres.
La gosse était toute seule au monde,
Tout' seule le jour, tout' seule la nuit
Et puis surtout, elle était blonde,
Alors il l'a prise avec lui.
Il est content puisque c'est elle
Qui lui a appris à pleurer
Mais la leçon était trop belle
La fille aussi... tout a raté.
Il est devenu bien malheureux,
Trompé plus qu'il ne le mérite
Et tous les jours, il pleure un peu
Maintenant qu'il sait, il en profite.
 'Chand d'habits



'Chand d'habits

Paroles: J. Bourgeat. Musique: R. Alfred 1936

Dis-moi, 'chand d'habits,
N'as-tu pas trouvé,
Parmi le lot de mes vieilles défroques
Que, ce matin, je te vendis à regret,
'Chand d'habits, parmi elles,
N'as-tu trouvé, tout en loques,
Triste, lamentable, déchiré,
Un douloureux cœur abandonné ?
Rends-moi, je t'en prie, mon ami,
Cette chose meurtrie...
C'est mon pauvre cœur... j'en ai besoin...
Crois-tu, mon vieux, que c'est bête !
Quand tu est venu à mon appel
Faire l'emplette
Je croyais bien n'y pas tenir autant...

Quand tu partis chargé de ton triste fardeau,
Tout mon passé suivit, et je pleure...
Je pleure mes soucis, mon enfance,
Mes chers amours qui ne sont plus que souvenance...
Rends-moi mon pauvre cœur,
Triste objet périmé...
Revends-moi la joie qui m'a quittée...
Dis ! 'chand d'habits !...
Cette pauvre chose, c'était pour l'oubli...
C'est toute ma vie...
Oui...
Dis-moi, 'chand d'habits,
Parmi mes défroques,
N'as-tu pas trouvé mon pauvre cœur en loques ?...

 Chanson bleue



Chanson bleue

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951

Je vais te faire une chanson bleue
Pour que tu aies des rêves d'enfant
Où tes nuits n'auront plus de tourments.
Alors, le jour, tu vas chanter
Pour que les autres puissent espérer...
Quand le monde l'aura appris,
Tu pourras quitter la vie.
Tu viendras chanter dans les cieux...
...Chanson Bleue...

Tu feras pleurer les anges
En leur racontant tes souffrances.
Apporte dans tes mains trop jolies,
Ton cœur, tes pleurs, et puis la vie...
Quand Jésus est mort sur sa croix,
Il a souffert autant que toi,
Pardonne ta mère, et le Bon Dieu
Et laisse sur la terre comme Dieu...
...Chanson Bleue...

Voilà ta mission terminée...
Tes amis, tu vas les quitter...
Caresse les cheveux des enfants,
Souris aux vieillards en passant,
Toi, tu n'as plus de lendemains :
Finis tes matins pleins de chagrin...
Saint-Pierre, les anges, et le Bon Dieu
Vont t'ouvrir les portes des cieux...
...Chanson Bleue...
 Chanson de Catherine



Chanson de Catherine

Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951
Chanson de Catherine

Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951

Te voilà mariée, Catherine,
Sans joie et sans amour.
Celui que tu aimes, Catherine,
Est perdu pour toujours...

Qu'ils étaient doux, les jours passés,
Mais à quoi bon les évoquer ?
Un oiseau noir crie dans la nuit.
Hier, Catherine, tu as dit "oui"
Et maintenant, il faut danser.
Il faut danser... et oublier.
Pourquoi pleurer, la belle enfant ?
Les violons jouent tendrement...

Te voilà mariée, Catherine,
Sans joie et sans amour.
Celui que tu aimes, Catherine,
Est perdu pour toujours...

Il est au bout de ton jardin,
Un très vieux chêne, où un garçon
Avait jadis gravé ton nom
Dans un seul cœur, auprès du sien.
Vois-tu, celui qui tu aimais,
Vois-tu, celui qui tant t'aimait...
Eh ! L'oiseau noir !... Que me dis-tu ?
C'est à ce chêne qu'il s'est pendu...

Te voilà mariée, Catherine,
Sans joie et sans amour.
Celui que tu aimes, Catherine,
Est perdu pour toujours...

Petite Catherine, demain matin,
Dans l'eau glacée de ton chagrin,
Dans l'eau étrange de la mer,
Tu flotteras, les yeux ouverts,
Les yeux ouverts sur ton destin
Et, dans ta robe de satin,
Juste où la mer se mêle au ciel,
Tu rejoindras l'amant fidèle...

Te voilà mariée, Catherine,
Mariée avec l'amour...
Celui que tu aimes, Catherine,
Est à toi pour toujours...
 Comme moi



Comme moi

Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1957

Peut-être bien qu'ailleurs,
Une femme a le cœur
Eperdu de bonheur
Comme moi...
Et que d'un geste heureux
Elle soulève un peu
Le rideau de soie bleue,
Comme moi...
Pour regarder en bas
Son amour qui viendra
La prendre dans ses bras,
Comme moi...
Elle attend son amour,
Les yeux de son amour,
Les bras de son amour,
Comme moi...

Peut-être bien aussi,
Qu'à l'instant, elle vit,
Le meilleur de sa vie,
Comme moi...
Et qu'en fermant les yeux,
Elle abandonne un peu
Sa main dans ses cheveux,
Comme moi...
Peut-être qu'à son cœur,
Elle épingle une fleur
Et puis regarde l'heure,
Comme moi...
Et pense à son amour,
Aux yeux de son amour,
Aux bras de son amour,
Comme moi...

Peut-être bien encore
Qu'elle entendra plus fort
Son cœur battre et qu'alors,
Comme moi...
Elle voudra crier
En entendant monter
Un pas dans l'escalier,
Comme moi...
Comme moi dans l'instant
Où mon cœur en suspens
Se retient un moment,
Contre toi...
Et puis meure, mon amour,
Dans tes yeux, mon amour,
Dans tes bras mon amour,
Mon amour...
 Comme un moineau



Comme un moineau

Paroles: M.Hély. Musique: J.Lenoir 1925
© 1925 - Editions SEMI
autres interprètes: Edith Piaf

1. C'est près d'une gouttière à matous
Dans une mansarde de n'importe où
A Montparnasse
Que j'suis venue au monde sur les toits
Et que j'ai pour la première fois
Ouvert les chasses
Mes pères et mères déchards comme tout
Qui de plus n'aimaient pas beaucoup
Sucer d'la glace
A l'heure des repas dans notre garno
M'laissaient souvent sans un mélo
Le bec ouvert
Comme un moineau !

2. A l'âge où tous les autres marmots
A l'école vont s'meubler l'cerveau
De bonne grammaire
Avec un tas d'mauvais loupiots
Dans les coins on allait jouer au
Père et à la mère
Bien sûr ces petit jeux innocents
Ne développent pas précisément
Les bonnes manières
A quinze ans, droite sur mes ergots
J'allumais tous les gigolos
L'œil effronté
Comme un moineau !

3. L'premier qu'a voulu ma vertu
Pour me posséder n'a pas eu
A faire de siège
Il n'a eu qu'à m'ouvrir les bras
Et mon amour est tombé là
Comme dans un piège
Si j'avais l'esprit perverti
Mon cœur, au contraire, était lui
Pur comme la neige
Nous éveillant sous les bécots
Nous allions à tous les échos
Chanter l'amour
Comme deux moineaux !

4. Il me plaqua, a-t-il eu tort ?
Je me suis consolée d'un sort
Qui est le nôtre
Avec un p'tit gars dessalé,
Mais qui, pour ne pas travailler,
M'vendit à d'autres
On s'accoutume à ne plus voir
La poussière grise du trottoir
Où l'on se vautre
Chaque soir sur l'pavé parigot
On cherche son pain dans le ruisseau
Le cœur joyeux
Comme des moineaux !

5. L'hiver viendra et mon seul bien
Ce pauvre corps qui, je l'sens bien
Déjà se lasse
Tombera sur le pavé brutal
J'passerai sur un lit d'hôpital
Un soir d'angoisse
Pas plus mauvaise que beaucoup
J'aurais préféré malgré tout,
Au lieu d'un poisse
Un homme qui m'eût aimée d'amour
Pour avec lui finir mes jours
Dans un nid chaud
Comme un moineau !
 Corrèque et réguyer



Corrèque et réguyer

Paroles: M.Hély. Musique: Paul Maye 1938

Le grand Totor qu'est en ménage avec Totoche
Qui la filoche
Et la défend,
C'est pas un mec à la mie d'pain, poisse à la manque
Qui fait sa planque
Comme un feignant.
Comme un chef d'administration,
Il organise la production,
Le nécessaire et l'superflu.
Tout est réglé, tout est prévu.
Pendant les heur's d'exploitation,
C'est pas un homme', c'est un démon
Mais, en dehors de ses fonctions,
C'est pas un homme, c'est un mouton.

Après l'boulot, si qu'elle veut faire des heures en plus,
C'est son affaire et dans l'fond ça n'le r'garde plus.
Comm' dit Totor, ça m'fait pas tort.
Pour l'argent qu'ell' gagne au-dehors,
On est d'accord, comm' dit Totor.
Faut pas s'conduire comme un butor.
Comm' dit Totor, j'y laisse le droit d'la dépenser
A volonté, d'la ramasser ou d'la placer,
De s'tuyauter, d'boursicoter,
D'ach'ter d'la rente ou du foncier
En suivant les cours financiers
Des charbonnages ou des aciers.
J'ai pas l'droit d'y fourrer mon nez.
CORRÈQUE... et RÉGUYER !

Pendant qu'les autres vont jouer l'pastis à la belote
Avec les potes
Dans les bistros,
Totor contrôl' tout c'que la Totoche lui raconte
Et fait des comptes
Dans son bureau.
Pour le resquillage et l'boni,
Avant qu'elle parle il a compris.
Y a rien à chiquer avec lui.
C'est pas un homme, c'est un taxi.
A moins d'erreur ou d'omission,
A la première contestation,
La machine à coller des j'tons
Est prête pour la distribution.

Dans les affair's, quand on s'laiss'faire, on est foutu.
Comm' dit Totor : Il faut d'abord, quand ça n'va plus,
Y aller d'autor et taper fort.
Mais un' fois qu'on a fait du sport,
Comm' dit Totor, ce s'rait un tort
Que de s'conduir' comme un butor.
Quand qu'c'est réglé, à quoi qu'ça sert d'êtr' rancunier.
Comm' dit Totor, un' fois qu'il a la main tournée,
Il lui coll' du taff'tas gommé
Et lui dit pour la consoler :
Blessée en servic' commandé,
C'est un accident du métier...
Demain, t'iras pas travailler.
CORRÈQUE et RÉGUYER !

Et malgré ça, y a des jours où qu' la môm' Totoche
Fait sa caboche
Et r'prend l'dessus.
Ça fait qu'un soir a s'est fait voir avec Tatave,
Et c'qu'est l'plus grave,
Totor l'a su !
Comm' dit Totor, qu'on soy' bourgeois,
Barbeau, prince ou n'importe quoi,
Chacun son bien, chacun son dû,
Sans ça la morale est foutue,
C'qui fait qu'en sortant du restaur'
Tatav' s'est trouvé d'vant Totor,
Qui y a dit, les yeux dans les yeux,
On va régler ça tous les deux.

Dans les affair's, quand on s'laiss' faire, on est foutu,
Mais l'môm' Tatav' y a dit : Totor, j'te comprends pus.
J'te jure, Totor, t'est dans mon tort.
Avec la môm' j'ai pas d'remords.
On est d'accord, et quand on a sort,
J'y r'fil' cent ball's dans l'collidor,
Alors Totor y a dit : j'ai rien à te r'procher.
Tu vois, mon pot', si tu m'avais pas renseigné,
On s'rait en train d's'entrelarder,
Mais moi, j'pouvais pas l'deviner
Vu qu'a m'a jamais rien donné.
Final'ment tu peux t'en aller,
Mais c'est ell' qui va dérouiller.
CORRÈQUE et RÉGUYER !

 Coup de grisou



Coup de grisou

Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943

C'était un homm' sans condition,
Un typ' qu'avait pas d'ambition,
Pourtant, Bon Dieu ! qu'il était fort.
Il n'avait pas d'situation
Et il travaillait au charbon
Dans les villes noires du Nord.
On l'avait app'lé : "Coup d'grisou"
Un jour qu'il était en colère
Et qu'il avait mis sens d'ssus d'ssous
Tout un bistro avec les verres.
A forc' de peiner dans le noir,
Il n'aimait qu'la couleur du soir.
Le soleil lui brûlait les yeux.
Le grand jour l'empêchait d'parler.
C'était un dieu d'l'obscurité,
Un dieu bien triste et malheureux,
Un dieu bien triste et malheureux

Car il aimait par-dessus tout
Un' fill' des plain's aux cheveux roux,
Roux comm' les sarments des vignes,
Des cheveux où la lumièr' pleut.
Ça l'forçait à cligner des yeux
Comm' si l'soleil lui faisait sign'.
Ell' l'emmenait dans les moissons
Par les frais chemins du dimanche.
Tout était clair, tout était blond
Et la clarté prenait sa r'vanche.
Ça lui f'sait mal derrièr' le front
Mais il faisait des concessions.
Dame, il essayait d'être heureux.
C'est comm' ça qu'on perd un amour.
Ell' l'a trompé par un beau jour
Avec un qui aimait l'ciel bleu,
Avec un qui aimait l'ciel bleu.

Quand "Coup d'grisou" a tout appris,
Il travaillait au fond du puits
Tout luisant de reflets tout noirs
Pendant dix s'cond's il n'a rien dit
Et puis d'un seul coup ça l'a pris.
Ah ! c'était pas joli à voir,
Rien qu'à l'entendre on s'demandait
Si l'diable n'était pas sous terre.
Probabl' que ça lui ressemblait
Puisqu'il a tout foutu par terre.
Quand l'vrai grisou s'en est mêlé,
A eux deux, ils ont fait sauter
La terre, la mine et tout l'fourbi !
Après trois jours on l'a r'monté
Avec sa part d'éternité
Et quand on l'a sorti du puits,
La lumièr' se moquait de lui.
Le soleil donnait un gala
Pour l'embêter un' dernièr' fois
Mais Coup d'grisou était guéri :
Il avait épousé la nuit...
 Cri du coeur



Cri du coeur

Paroles: Jacques Prévert. Musique: Henri Crolla 1960

C'est pas seulement ma voix qui chante.
C'est l'autre voix, une foule de voix,
Voix d'aujourd'hui ou d'autrefois,
Des voix marrantes, ensoleillées,
Désespérées, émerveillées,
Voix déchirantes et brisées,
Voix souriantes et affolées,
Folles de douleur et de gaieté.

C'est la voix d'un chagrin tout neuf,
La voix de l'amour mort ou vif,
La voix d'un pauvre fugitif,
La voix d'un noyé qui fait plouf.
C'est la voix d'une enfant qu'on gifle,
C'est la voix d'un oiseau craintif,
La voix d'un moineau mort de froid
Sur le pavé d' la rue d' la joie...

Et toujours, toujours, quand je chante,
Cet oiseau-là chante avec moi.
Toujours, toujours, encore vivante,
Sa pauvre voix tremble pour moi.
Si je disais tout ce qu'il chante,
Tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais,
J'en dirais trop et pas assez
Et tout ça, je veux l'oublier.

D'autres voix chantent un vieux refrain.
C'est leur souvenir, c'est plus le mien.
Je n'ai plus qu'un seul cri du cœur :
"J'aime pas l'malheur ! J'aime pas l'malheur !"
Et le malheur me le rend bien
Mais je l' connais, il m' fait plus peur.
Il dit qu'on est mariés ensemble.
Même si c'est vrai, je n'en crois rien.

Sans pitié, j'écrase mes larmes.
Je leur fais pas d'publicité.
Si on tirait l'signal d'alarme
Pour des chagrins particuliers,
Jamais les trains n'pourraient rouler
Et je regarde le paysage.
Si par hasard, il est trop laid,
J'attends qu'il se refasse une beauté

Et les douaniers du désespoir
Peuvent bien éventrer mes bagages,
Me palper et me questionner,
J'ai jamais rien à déclarer.
L'amour, comme moi, part en voyage.
Un jour je le rencontrerai.
A peine j'aurai vu son visage,
Tout de suite je le reconnaîtrai...
 Dans leur baiser



Dans leur baiser

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961
Dans leur baiser

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961

Il y avait dans leur baiser,
Dans leur baiser désespéré,
Tous les regrets, tous les chagrins du monde entier,
Tout le chagrin de nos amants
Que le destin va séparer,
De deux amants qui ont compris
Que c'est fini...

Ce n'était, parmi tant d'autres,
Qu'un pauvre baiser d'adieu.
Ce n'étaient, parmi tant d'autres,
Que deux cœurs très malheureux.

Il y avait dans leur baiser,
Dans leur baiser désespéré,
Le désarroi d'un grand amour qui s'est brisé,
Le désarroi d'un grand amour
Contre lequel tout s'est ligué.
Il y avait dans leur baiser
Deux vies ratées.

Ce n'était, parmi tant d'autres,
Qu'un pauvre baiser d'adieu.
Ce n'étaient, parmi tant d'autres,
Que deux cœurs très malheureux.

Il y avait dans leur baiser,
Dans leur baiser désespéré,
Ce grand secret dont les passants se moquaient bien,
Dont les passants se moquaient bien
Comme ils s'étaient moqués de nous,
Moqués de nous, ah ! Ce triste soir
Comme ce soir...

Ce n'était, parmi tant d'autres,
Qu'un pauvre baiser d'adieu
Mais soudain, c'était le nôtre,
Mais soudain, c'était nous deux...

Et c'était toi, et c'était nous
Que tout d'un coup je voyais là...
Dans ce baiser,
Dans ce baiser désespéré...

 Dans ma rue



Dans ma rue

Paroles: Edith Piaf. Musique: Jacques Datin 1952

J'habite un coin du vieux Montmartre
Mon père rentre soûl tous les soirs
Et pour nous nourrir tous les quatre
Ma pauvr' mére travaille au lavoir.
Moi j'suis malade, j'rêve à ma fenêtre
Je r'garde passer les gens d'ailleurs
Quand le jour vient à disparaître
Il y a des choses qui me font un peu peur

Dans ma rue il y a des gens qui s' promènent
J'les entends chuchoter dans la nuit
Quand je m'endors bercée par une rengaine
J'suis soudain réveillée par des cris
Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent
Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur

Dans ma rue il y a des ombres qui s' promènent
Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur

Mon père m'a dit un jour : "la fille,
Tu ne vas pas rester là sans fin
T'es bonn' à rien, ça c'est d'famille
Faudrait voir à gagner ton pain
Les hommes te trouvent plutôt jolie
Tu n'auras qu'à sortir le soir
Il y'a bien des femmes qui gagnent leur vie
En "s' balladant sur le trottoir"

Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent
J'les entends fredonner dans la nuit
Quand je m'endors bercée par une rengaine
J'suis soudain réveillée par des cris
Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent
Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur

Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent
Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur

Et depuis des semaines et des semaines
J'ai plus d' maison, j'ai plus d'argent
J' sais pas comment les autres s'y prennent
Mais j'ai pas pu trouver d' client
J'demande l'aumône aux gens qui passent
Un morceau d' pain, un peu d' chaleur
J'ai pourtant pas beaucoup d'audace
Maintenant c'est moi qui leur fait peur

Dans ma rue tous les soirs je m' promène
On m'entend sangloter dans la nuit
Quand le vent jette au ciel sa rengaine
Tout mon corps est glacé par la pluie

Mais je n' peux plus, j'attends sans cesse que le bon Dieu vienne
Pour m'inviter à me réchauffer tout près de Lui

Dans ma rue il y a des anges qui m'emmènent
Pour toujours mon cauchemar est fini

 De l'autre côté de la rue



De l'autre côté de la rue

Paroles et Musique: M.Emer 1943

Des murs qui se lézardent,
Un escalier étroit,
Une vieille mansarde
Et me voilà chez moi.
Un lit qui se gondole,
Un' table de guingois,
Une lampe à pétrole
Et me voilà chez moi
Mais le soir, quand le cafard me pénètre
Et que mon cœur est par trop malheureux,
J'écarte les rideaux de ma fenêtre
Et j'écarquille les yeux.

{Refrain:}
D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fille,
Y a un' bell' fille
Qui a tout c'qu'il lui faut
Et mêm' le superflu.
D'l'autr' côté d'la rue,
Elle a d'l'argent, un' maison, des voitures,
Des draps en soie, des bijoux, des fourrures.
D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fille,
Y a un' bell' fille.
Si j'en avais le quart, je n'en d'mand'rais pas plus,
D'l'autr' côté d'la rue.

Souvent, l'âme chagrine,
Quand je rentre chez moi,
Je vais courbant l'échine,
Il pleut ou il fait froid.
Faut monter sept étages,
Suivre un long corridor.
Je n'ai plus de courage.
Je me couche et je dors
Et le lend'main faut que tout recommence.
J'pars au travail dans le matin glacé,
Alors je m'dis y'en a qui ont trop d'chance
Et les autres pas assez.

D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fill',
Y a un' bell' fille
Pour qui tout's nos misèr's
S'ront toujours inconnues.
D'l'autr' côté d'la rue,
Quand il fait froid, ell' dans' des nuits entières,
Quand il fait chaud, ell' s'en va en croisière.
D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fill',
Y a un' bell' fille.
Vivre un seul jour sa vie, je n'en d'mand'rais pas plus,
D'l'autr' côté d'la rue.

J'le connaissais à peine,
On s'était vu trois fois
Mais à la fin d'la s'maine
Il est venu chez moi.
Dans ma chambre au septième,
Au bout du corridor,
Il murmura : "Je t'aime".
Moi j'ai dit : "Je t'adore".
Il m'a comblée de baisers, de caresses,
Je ne désire plus rien dans ses bras.
Je vois ses yeux tout remplis de tendresse,
Alors je me dis tout bas :

D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fill',
Y a un' pauvr' fille
Qui n'connaît rien d'l'amour,
Ni d'ses joies éperdues.
D'l'autre côté d'la rue,
Ell' peut garder son monsieur qu'ell' déteste,
Ses beaux bijoux, tout son luxe et le reste.
D'l'autr' côté d'la rue,
Y a un' fill',
Y a un' pauvr' fille
Qui regarde souvent, d'un air triste et perdu,
D'l'autr' côté d'la rue.

 Demain (il fera jour)



Demain (il fera jour)

Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951

Demain il fera jour.
C'est quand tout est perdu
Que tout commence.
Demain il fera jour.
Après l'amour,
Un autre amour commence.
Un petit gars viendra en sifflotant,
Demain...
Il aura les bras chargés de printemps,
Demain...
Les cloches sonneront dans votre ciel,
Demain...
Tu verras la lune de miel briller,
Demain...
Car demain :
Tu vas sourire encore,
Aimer encore, souffrir encore,
Toujours...
Demain il fera jour.

Dans ton cœur brisé pour toujours,
Il reste encore de l'amour.
Tu crois ta douleur si profonde
Que ta vie va s'arrêter là...
La plus belle fille du monde
Peut toujours donner plus qu'elle a...

Demain il fera jour.
C'est quand tout est perdu
Que tout commence.
Demain il fera jour.
Après l'amour,
Un autre amour commence.
Un petit gars viendra en sifflotant,
Demain...
Il aura les bras chargés de printemps,
Demain...
Les cloches sonneront dans votre ciel,
Demain...
Tu verras la lune de miel briller
Demain...
Car demain :
Tu vas sourire encore,
Aimer encore, souffrir encore,
Toujours...
Demain il fera jour.
Demain...
 Des histoires



Des histoires

Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960

Histoire de pas savoir pour qui,
Histoire de pas savoir pourquoi j' vivais ma vie,
Je me suis raconté, raconté, raconté,
Je me suis raconté, raconté des histoires,
Histoire d' savoir pourquoi on rit,
Pourquoi on pleure.
A quoi ça sert d'avoir un cœur ?
Je me suis raconté, raconté, raconté
Je me suis raconté, raconté des histoires
Et, petit à petit,
J'ai fini par t'aimer
Et un jour ton histoire
Est entrée dans ma vie.

Histoire de pas être aguerrie,
J'ai d'abord pas très bien compris
Mais malgré moi, je me suis raconté, raconté, raconté,
Je me suis raconté, raconté des histoires,
Histoires d'amour, un peu, beaucoup,
Jamais toujours, et tout d'un coup, à la folie.
Je me suis raconté, raconté, raconté,
Je me suis raconté, raconté des histoires
Et, petit à petit,
J'ai fini par t'aimer,
Par beaucoup trop t'aimer
Pour que tu m'aimes aussi.

Histoire de pas savoir pour qui,
Histoire de pas savoir pourquoi tu m'as quittée,
Je me suis raconté, raconté, raconté,
Je me suis raconté, raconté des histoires :
C'était pas vrai, ton manque de cœur
Et qu' tu voulais seulement me faire peur,
Que tu reviendrais,
Que c'était jamais rien, jamais rien, jamais rien,
Que c'était jamais rien, jamais rien qu'une histoire,
Mais il était trop tard,
Cette fois-là, pour le croire,
Trop tard pour t'oublier,
Trop tard pour plus t'aimer.

Histoire de pas savoir pour qui...
Histoire de pas savoir pourquoi...
 Ding din dong



Ding din dong

Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936

Quand il naquit, son père sa mère,
Depuis longtemps, ne s'aimaient plus.
Ça fait qu'il arriva sur terre
Un peu comme un enfant perdu.
Quand on est môme, ça vous dégoûte
De ne jamais rire de tout son cœur,
Alors, très jeune, il prit la route
Et s'enfuit chercher le bonheur.

{Refrain:}
Ding Din Dong, chantons sa plainte.
Ding Din Dong, chantons-la donc.

Il chercha dans la solitude.
Il chercha aussi dans le bruit.
De chercher, ayant l'habitude,
Quand il le trouva, il s'enfuit.
Puis il aima, elle était blonde.
Elle l'aimait bien, oui mais voilà :
Elle se donnait à tout le monde.
Il la battit puis s'en alla.

{Refrain}

Il se dit : "Les blondes sont volages,
Mais les cheveux noirs c'est plus sérieux."
Il prit un brune, promit mariage,
Pensant qu'cette fois il s'rait heureux.
Au bout de cinq à six semaines,
Elle s'ennuyait à la maison.
"Vraiment", dit-il, "je n'ai pas d'veine.
Elle a pourtant pas les ch'veux blonds."

{Refrain}

Il ne savait pas que les femmes,
Ça n'aime pas l'bonheur quotidien
Et l'pauvre garçon s'torturait l'âme :
"Mais j'l'aime... mon Dieu... Ah que j'l'aime bien."
Et, mordu par la jalousie,
Y n'savait plus que s'lamenter.
"On va m'la prendre, elle est jolie."
Alors il voulut la tuer.

{Refrain}

Mais elle était vraiment fidèle.
Il l'aimait tant qu'il préféra
Se faire sauter la cervelle.
Il en mourut et puis voilà.
Si cette histoire vous fait rire,
C'est que vous n'avez rien compris.
Il cherchait le bonheur, le pire
Est qu'il trouva la mort, tant pis...

Ding Din Dong, finit sa plainte...
Ding Din Dong, et Ding et Dong...
 Du matin jusqu'au soir



Du matin jusqu'au soir

Paroles et Musique: Edith Piaf 1951


Du matin jusqu'au soir
Et du soir au matin,
Moi, je l'aime.
Ce qu'il dit, ce qu'il fait,
Moi, je trouve ça parfait
Car je l'aime...
Dès le lever du jour,
Ce sont des mots d'amour.
Dis m'amour,
On s'aimera toujours...
Il sourit, puis il dit :
"Tu bouleverses ma vie."
C'est qu'il m'aime.
C'est bon d'être amoureux
Surtout quand on est deux
Et qu'on s'aime.
Je t'aime, tu m'aimes,
On s'aime...
Je l'aime, il m'aime
Et l'on s'aime...
Du matin jusqu'au soir
Et du soir au matin.

Je ne suis pas du tout
Aveuglée par l'amour.
Je vois objectivement
Le contre et puis le pour.
Vous voyez qu'honnêtement
Je ne suis pas de parti pris
Mais j'avoue franchement
'y en a pas deux comme lui...

Du matin jusqu'au soir
Et du soir au matin,
Moi, je l'aime.
Ce qu'il dit, ce qu'il fait,
Moi, je trouve ça parfait
Car je l'aime.
Dès le lever du jour
Ce sont des mots d'amour.
Dis m'amour,
On s'aimera toujours...
Il sourit puis il dit :
"Tu bouleverses ma vie."
C'est qu'il m'aime.
C'est bon d'être amoureux
Surtout quand on est deux
Et qu'on s'aime.
Je t'aime, tu m'aimes,
On s'aime.
Je l'aime, il m'aime
Et l'on s'aime
Du matin jusqu'au soir
Et du soir au matin...
 Eden blues



Eden blues
roles et Musique: Georges Moustaki 1960
© 1960 Editions MCA Caravelle
autres interprètes: Edith Piaf, Yvette Giraud
En descendant le fleuve argent
Qui roule jusqu'au Névada
On voit la plaine qui s'étend
A l'est de Santa Lucia
Les villes s'appellent Natividad,
San Miguel ou San Lorenzo
Les filles s'appellent Soledad
Les garçons gardent les troupeaux

C'est là que Jim a rencontré
Sur une route un soir de pluie
Catherine la fille d'un fermier
Et qu'ils s'aimèrent toute la nuit
Le soleil fait briller son or
Dans quelques rares flaques d'eau
Le cactus forme le décor
Le chardon couvre les coteaux

C'est là qu'Adam le sénateur
Est venu finir ses vieux jours
Puis il est mort d'un coup au cœur
On prétend que c'est du mal d'amour
Mais les fleurs couchées par le vent
Semblent prier pour son repos
La lune verse une larme d'argent
Sur la croix blanche du tombeau

En descendant le fleuve argent
Qui roule jusqu'au Névada
On voit la plaine qui s'étend
A l'est de Santa Lucia
Les villes s'appellent Natividad,
San Miguel ou San Lorenzo
Les filles s'appellent Soledad
Les garçons gardent les troupeaux
 Elle a dit



Elle a dit

Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert Bécaud 1952

Elle a dit : "Tu sais, nous deux, c'est fini !
A quoi ça sert de s'accrocher ?
Il faut savoir garder sa dignité,
Et puis... j'aime pas voir un homme pleurer...
Il vaut mieux qu'on se quitte bons amis,
Comprends, aide-moi, et souris..."
Alors il a fait comme elle demandait :
Devant elle, en partant, il chantait

Là-là-là...

Elle a dit : "Tu sais, nous deux, c'est fini !
A quoi ça sert de s'accrocher ?
Il faut savoir garder sa dignité,
Et puis... j'aime pas voir un homme pleurer..."
Quand il s'est couché seul dans son grand lit,
Alors d'un coup, il a compris
Que ça serait plus dur qu'il ne pensait,
Et tout seul dans son lit, il pleurait...

Ah-ah-ah...

Il a dit : "J'peux pas croire que c'est fini !
Je sens que je vais m'accrocher...
C'est très beau de garder sa dignité
Et ça fait tellement de bien de pleurer.
Quand je pense au jour qui va se lever,
Aux choses qu'il me faudra cacher,
Je sens que j'pourrai jamais m'habituer..."
Pour finir dignement, il s'est...

Aaaah-aaaah-aaaah...
Tout seul il pleure dans l'éternité...
 Elle fréquentait la rue Pigalle



Elle fréquentait la rue Pigalle

Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Maitrier 1939

Ell' fréquentait la rue Pigalle.
Ell' sentait l'vice à bon marché.
Elle était tout' noire de péchés
Avec un pauvr' visage tout pâle.
Pourtant, y avait dans l'fond d'ses yeux
Comm' quequ' chos' de miraculeux
Qui semblait mettre un peu d'ciel bleu
Dans celui tout sale de Pigalle.

Il lui avait dit : "Vous êt's belle."
Et d'habitud', dans c'quartier-là,
On dit jamais les chos's comm' ça
Aux fill's qui font l'mêm' métier qu'elle
Et comme ell' voulait s'confesser,
Il la couvrait tout' de baisers,
En lui disant : "Laiss' ton passé,
Moi, j'vois qu'un' chos', c'est qu' tu es belle."

Y a des imag's qui vous tracassent
Et, quand ell' sortait avec lui,
Depuis Barbès jusqu'à Clichy
Son passé lui f'sait la grimace
Et sur les trottoirs plein d'souv'nirs,
Ell' voyait son amour s'flétrir,
Alors, ell' lui d'manda d'partir,
Et il l'emm'na vers Montparnasse.

Ell' croyait r'commencer sa vie,
Mais c'est lui qui s'mit à changer.
Il la r'gardait tout étonné,
Disant : "J'te croyais plus jolie,
Ici, le jour t'éclair' de trop,
On voit tes vic's à fleur de peau.
Vaudrait p't'êtr' mieux qu' tu r'tourn's là-haut
Et qu'on reprenn' chacun sa vie."

Elle est r'tourné' dans son Pigalle.
Y a plus personn' pour la r'pêcher.
Elle a r'trouvée tous ses péchés,
Ses coins d'ombre et ses trottoirs sales
Mais quand ell' voit des amoureux
Qui r'mont'nt la rue d'un air joyeux,
Y a des larm's dans ses grands yeux bleus
Qui coul'nt le long d'ses jou's tout's pâles.
 Embrasse-moi



Embrasse-moi

Paroles: Jacques Prévert. Musique: Wal-Berg 1940

C'était dans un quartier de la ville Lumière
Où il fait toujours noir où il n'y a jamais d'air
Et l'hiver comme l'été là c'est toujours l'hiver
Elle était dans l'escalier
Lui à côté d'elle elle à côté de lui
C'était la nuit
Et elle lui disait
Ici il fait noir
Il n'y a pas d'air
L'hiver comme l'été c'est toujours l'hiver
Le soleil du bon Dieu ne brill' pas de notr' côté
Il a bien trop à faire dans les riches quartiers
Serre moi dans tes bras
Embrasse-moi
Embrasse-moi longtemps
Embrasse-moi
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c'est maintenant
Ici on crèv' de tout
De chaud de froid
On gèle on étouffe
On n'a pas d'air
Si tu cessais de m'embrasser
Il m'semble que j'mourrais étouffée
T'as quinze ans j'ai quinze ans
A nous deux ça fait trente
A trente ans on n'est plus des enfants
On a bien le droit de travailler
On a bien celui de s'embrasser
Plus tard il sera trop tard
Notre vie c'est maintenant
Embrasse-moi

 Enfin le printemps



Enfin le printemps

Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1954

Vises, mon Jules,
Cette crapule
Qui nous tombe sur les bras.
Depuis le temps
Qu'on l'attend,
Comme une bombe, le voilà.
Le voilà, le printemps,
Tout fleuri de lilas
Qui rapplique en dansant,
En dansant la java.
Le voilà, ce voyou,
Au son d' l'accordéon
Qui court le guilledou
En poussant la chanson.
Entend comme ça chahute
Dans tous les palpitants.
L'hiver se tire des flûtes.
Enfin le printemps...

Ne fais pas la tête.
Tu serais bien bête
De te faire du mouron
Quand sur toute la terre
Flotte un petit air
De révolution.
J'ai sorti pour toi
Ma robe de soie,
Mes colifichets
Pour dormir sur l'herbe
En écoutant tinter les muguets...

Vises, mon Jules,
Cette crapule
Qui nous tombe sur les bras.
Depuis le temps
Qu'on l'attend
Comme une bombe, le voilà.
Le revoilà, le printemps
Tout fleuri de lilas
Qui rapplique en dansant,
En dansant la java.
'y a la foule dans les rues
Qui suit les orphéons,
Des épaules toutes nues
Et du monde au balcon.
C'est la fête aux poètes
Et je t'aime éperduement
Et ça tourne dans ma tête.
Enfin le printemps...

J'ai le vertige dans tes yeux.
Je voltige dans du bleu.
Je vois double et c'est mieux.
Vise mon cœur tout là-haut...
Qui fait du cerf-volant.
Rattrape-le si tu peux,
Mon amour, mon amour
Qui fout le camp...
Enfin le printemps !!!
 Entre Saint-Ouen et Clignancourt



Entre Saint-Ouen et Clignancourt

Paroles: M.Aubret. Musique: A.Sablon 1933

J'ai vendu des fleurs aux terrasses
Quand j'avais dix-sept ans
Mais la roue tourne, le temps passe :
J'ai du fric, à présent.
Eh bien ! Malgré mon compte en banque,
Ma bagnole, mes bijoux,
Certains jours quelque chose me manque.
J'ai l'cafard tout à coup.

Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
Sur la zone.
Je r'trouve alors tout mon passé,
Le ciel si doux, les durs pavés,
L'herbe jaune
Et, pataugeant dans les ruisseaux,
Des bandes de gosses moitié poulbots,
Moitié faunes,
L'odeur de frites et de lilas.
En frissonnant je r'trouve tout ça
Sur la zone.

A mon avis, les gens du monde
Ne sav'nt pas fair' l'amour.
Au moment critique ils abondent
En bobards, en discours,
Alors cell's qui, comm' moi, connaissent
C'que c'est qu'un mâle, un vrai,
Cell's 'là s'dis'nt : un mec, en vitesse
Et je me rattrap'rai.

Entre Saint-Ouen et Clignancourt,
De temps en temps faut qu'j'fasse un tour
Sur la zone.
On s'envoie chez le gros Léon,
Tandis que chant' l'accordéon,
Un vieux Beaune.
C'est le printemps et c'est le soir.
Calmes et forts, devant l'comptoir,
Des gars trônent
Et dans l'tas on n'a qu'à choisir
Pour apaiser tous les désirs
Sur la zone.

Quelquefois mêm' le cœur s'en mêle
Et pour entendre mieux,
La voix qui dit : "Môm' c'que t'es belle"
On ferme les deux yeux
Mais on n'vit d'amour et d'eau claire
Que dans certains romans,
Alors, bien vite, on s'fait la paire
Sans rêver plus longtemps.

Entre Saint-Ouen et Clignancourt
Je suis rev'nue hier faire un tour
Sur la zone.
Quel chang'ment alors j'ai trouvé :
On démolit de tous côtés.
Quel cyclone...
Plus d'bosquets, plus d'baraqu's en bois,
Plus d'ces chansons qu'étaient pour moi
Une aumône
Et devant mes souv'nirs détruits,
Tout' seul' j'ai pleuré dans la nuit
Sur la zone.

 Escale



Escale

Paroles: J.Marèze. Musique: M.Monnot 1945

Le ciel est bleu la mer est verte
Laisse un peu la f'nêtre ouverte

Le flot qui roule à l'horizon
Me fait penser à un garçon
Qui ne croyait ni Dieu ni diable
Je l'ai rencontré vers le nord
Un soir d'escale sur un port
Dans un bastringue abominable
L'air sentait la sueur et l'alcool
Il ne portait pas de faux col
Mais un douteux foulard de soie
En entrant je n'ai vu que lui
Et mon cœur en fut ébloui
De joie

Le ciel est bleu la mer est verte
Laisse un peu la f'nêtre ouverte

Il me prit la main sans un mot
Il m'entraîna hors du bistro
Tout simplement d'un geste tendre
Ce n'était pas un compliqué
Il demeurait au bord du quai
Je n'ai pas cherché à comprendre
Sa chambre donnait sur le port
Des marins saouls chantaient dehors
Un bec de gaz un halo blême
Éclairait le triste réduit
Il m'écrasait tout contre lui
Je t'aime

Le ciel est bleu la mer est verte
Laisse un peu la f'nêtre ouverte

Son baiser me brûle toujours
Est ce là ce qu'on dit l'amour
Son bateau mouillait dans la rade
Chassant les ombres de la nuit
Au jour naissant il s'est enfui
Pour rejoindre ses camarades
Je l'ai vu monter sur le pont
Et si je ne sais pas son nom
Je connais celui du navire
Un navire qui s'est perdu
Quant au marin je ne l'ose plus
Rien dire

Le ciel est bas la mer est grise
Ferme la f'nêtre à la brise
 ADIEU LA MÔME






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------------------------------------------------ Des yeux qui font baisser les miens Un rire qui se perd sur sa bouche Voilà le portrait sans retouches De l'homme auquel j'appartiens http: video.google.fr videoplay?docid=155502761403151638 http: a69.g.akamai.net n 69 10688 v1 img5.allocine.fr acmedia medias nmedia 18 60 15 65 18700880.jpg ------------------------------------------------- « Il faut tant et tant de larmes pour avoir le droit d'aimer » ------------------------------------------------ L'hymne à l'amour:(cliquer sur photos) http: www.dailymotion.com visited search piaf video xlger_lhymne-a-lamour http: www.affectionplus.com images album petit 19777_1V4868738.jpg http: www.dailymotion.com visited search je%2Bne%2Bregrette%2Brien video x1a75_edith-piaf-non-je-ne-regrette-rien Non, je ne regrette rien http: www.dailymotion.com visited search piaf video x1a75_edith-piaf-non-je-ne-regrette-rien ta http: static-02.dailymotion.com dyn preview 160x120 59873.jpg
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