la vie en rose 1947

La Vie en rose est une chanson d'Édith Piaf, musique de Louiguy (Louis Gugliemi) et Marguerite Monnot (qui ne la signa finalement pas).
C’est une de ses amies, Marianne Michel, qui popularisa la chanson, avant que Piaf ne l’enregistre en 1946.
Cette chanson est devenue un standard, reprise, entre autres, par Louis Armstrong, Bola de Nieve, Cyndi Lauper, Plácido Domingo, Dalida, Mireille Mathieu, Michèle Torr, Yves Montand, Grace Jones et Donna Summer (versions disco), le groupe de salsa africain Africando, Patricia Kaas, Ute Lemper, Diana Krall, Thalía, Trio Esperanza, Danny Chan (Hong Kong), et en versions instrumentales (jazz pour certaines) par Richard Clayderman, André Rieu, Michel Legrand, Stéphane Grappelli, Kenny G, Michael Bublé, etc. Elle fût aussi reprise par Zazie, pour la bande originale du film Jeux d'enfants -------------------------------
Des yeux qui font baisser les miens
Un rire qui se perd sur sa bouche
Voilà le portrait sans retouches
De l'homme auquel j'appartiens
Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça m'fait quelque chose
Il est entré dans mon coeur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est lui pour moi, moi pour lui, dans la vie
Il me l'a dit, l'a juré, pour la vie
Et dès que je l'aperçois
Alors je sens dans moi,
Mon coeur qui bat
Des nuits d'amour à plus finir
Un grand bonheur qui prend sa place
Les ennuis, les chagrins s'effacent
Heureux, heureux à en mourir
Quand il me prend dans ses bras
Il me parle tout bas
Je vois la vie en rose
Il me dit des mots d'amour
Des mots de tous les jours
Et ça m'fait quelque chose
Il est entré dans mon coeur
Une part de bonheur
Dont je connais la cause
C'est toi pour moi, moi pour toi, dans la vie
Tu me l'as dit, l'as juré, pour la vie
Et dès que je t'aperçois
Alors je sens dans moi
Mon coeur qui bat.
|
| L'hymne à l'Amour

Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1949 autres interprètes: Armand Mestral, Michel Chaineaud, Marcel Merkés, Mireille Mathieu, Johnny Hallyday, Georgette Lemaire
Le ciel bleu sur nous peut s'effondrer Et la terre peut bien s'écrouler Peu m'importe si tu m'aimes Je me fous du monde entier Tant qu'l'amour inond'ra mes matins Tant que mon corps frémira sous tes mains Peu m'importe les problèmes Mon amour puisque tu m'aimes
J'irais jusqu'au bout du monde Je me ferais teindre en blonde Si tu me le demandais J'irais décrocher la lune J'irais voler la fortune Si tu me le demandais
Je renierais ma patrie Je renierais mes amis Si tu me le demandais On peut bien rire de moi Je ferais n'importe quoi Si tu me le demandais
Si un jour la vie t'arrache à moi Si tu meurs que tu sois loin de moi Peu m'importe si tu m'aimes Car moi je mourrais aussi Nous aurons pour nous l'éternité Dans le bleu de toute l'immensité Dans le ciel plus de problèmes Mon amour crois-tu qu'on s'aime Dieu réunit ceux qui s'aiment
|
| Non, je ne regrette rien1960

Musique: Marc Heyal autres interprètes: Nicole Martin
Non! Rien de rien ... Non ! Je ne regrette rien Ni le bien qu'on m'a fait Ni le mal tout ça m'est bien égal !
Non ! Rien de rien ... Non ! Je ne regrette rien... C'est payé, balayé, oublié Je me fous du passé!
Avec mes souvenirs J'ai allumé le feu Mes chagrins, mes plaisirs Je n'ai plus besoin d'eux !
Balayés les amours Et tous leurs trémolos Balayés pour toujours Je repars à zéro ...
Non ! Rien de rien ... Non ! Je ne regrette nen ... Ni le bien, qu'on m'a fait Ni le mal, tout ça m'est bien égal !
Non ! Rien de rien ... Non ! Je ne regrette rien ... Car ma vie, car mes joies Aujourd'hui, ça commence avec toi !
|
| Milord

Milord Paroles: Georges Moustaki. Musique: Marguerite Monnot 1959
Allez venez! Milord Vous asseoir à ma table Il fait si froid dehors Ici, c'est confortable Laissez-vous faire, Milord Et prenez bien vos aises Vos peines sur mon cœur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord Vous ne m'avez jamais vue Je ne suis qu'une fille du port Une ombre de la rue...
Pourtant, je vous ai frôlé Quand vous passiez hier Vous n'étiez pas peu fier Dame! le ciel vous comblait Votre foulard de soie Flottant sur vos épaules Vous aviez le beau rôle On aurait dit le roi Vous marchiez en vainqueur Au bras d'une demoiselle Mon Dieu! qu'elle était belle J'en ai froid dans le cœur...
Allez venez! Milord Vous asseoir à ma table Il fait si froid dehors Ici, c'est confortable Laissez-vous faire, Milord Et prenez bien vos aises Vos peines sur mon cœur Et vos pieds sur une chaise Je vous connais, Milord Vous ne m'avez jamais vue Je ne suis qu'une fille du port Une ombre de la rue...
Dire qu'il suffit parfois Qu'il y ait un navire Pour que tout se déchire Quand le navire s'en va Il emmenait avec lui La douce aux yeux si tendres Qui n'a pas su comprendre Qu'elle brisait votre vie L'amour, ça fait pleurer Comme quoi l'existence Ça vous donne toutes les chances Pour les reprendre après...
Allez venez! Milord Vous avez l'air d'un môme Laissez-vous faire, Milord Venez dans mon royaume Je soigne les remords Je chante la romance Je chante les milords Qui n'ont pas eu de chance Regardez-moi, Milord Vous ne m'avez jamais vue... Mais vous pleurez, Milord Ça, j' l'aurais jamais cru.
+parlé:
Eh! bien voyons, Milord Souriez-moi, Milord Mieux que ça, un p'tit effort... Voilà, c'est ça! Allez riez! Milord Allez chantez! Milord Ta da da da... Mais oui, dansez, Milord Ta da da da... Bravo! Milord... Encore, Milord... Ta da da da...
|
| À l'enseigne de la fille sans coeur

À l'enseigne de la fille sans coeur Paroles et Musique: Jean Villard 1947 autres interprètes: Georgette Plana, Les Quatre Barbus
Le ciel est bleu, le vent du large Creuse la mer bien joliment Vers le port montant à la charge Galopent ses escadrons blancs C'est un port tout au bord du monde Dont les rues s'ouvrent sur l'infini Mais de là comme la terre est ronde, On ne voit pas les États-Unis.
Tout le monde s'en fout, y a du bonheur Y a un bar chez Rita la blonde Tout le monde s'en fout, y a du bonheur À l'enseigne de la Fille Sans Coeur! L'accordéon joue en majeur Les refrains de ce vaste monde Y a Rita et ses accroch' cœur À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Dans ce petit bar, c'est là qu'elle règne On voit flamber sa toison d'or Sa bouche est comme un fruit qui saigne Mais on dit que son coeur est mort Pourtant les gars sont là, tout drôles: Les petits, les durs, les malabars Qui entrent en roulant des épaules Y en a qui sont venus de Dakar.
Y en a d'Anvers, Y en a d'Honfleur, Bourlinguant parfois jusqu'aux pôles Ils la regardent, c'est tout leur bonheur, Mais pas un n' connaît ses faveurs L'accordéon joue en majeur Tous les airs: les tristes, les drôles... Y'a la bell' blonde, cette rose en fleurs À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Ils l'aimaient, plus elle était dur' Plus son regard était cruel Mettaient un cran à leur ceintur' c'était l’enfer, c’était le ciel. Un sourire et c’était dimanche Les gars disaient : » bois avec nous » Ils tremblaient devant sa main blanche Versant le rhum et le vin doux
Bière, café, bons vins et liqueurs Le patron retroussait ses manches L’argent roulait, c’était un bonheur A l’enseigne de la fille sans cœur L’accordéon joue en majeur L’ouvertur’ de « La dame blanche » Et des gars qui jouent leur bonheur A l’enseigne de la fill’ sans cœur.
L’ patron connaissait la musique: Il aimait le son des écus Il disait à sa fille unique: "Fuis l'amour, c'est du temps perdu!" Mais un soir, la mer faisait rage... On vit entrer un étranger Aux beaux yeux d'azur sans nuages C'est alors que tout a changé...
Il a r’gardé la fille sans coeur Elle était comme un ciel d'orage Quelqu'un a fait: "Y a un malheur" On entendait battre les coeurs. L'accordéon joue en mineur Une chanson »dans le vent sauvage « Y a une fill’ le visage en pleurs À l'enseigne de la Fille Sans Coeur.
Il a dit: "C'est toi, ma divine!" Elle répondit: "Je suis à toi..." Elle a pleuré sur sa poitrine Il l'a serrée entre ses bras. Les autr’s alors mélancoliqu’s Sont partis avec un soupir... Le vent chantait sur l'Atlantique Pour ce coeur qui venait de s'ouvrir
Ils ont filé vers leur grand bonheur Le patron dut fermer boutique On l'a vu boire toutes ses liqueurs À l'enseigne de la Fille Sans Coeur Alors , l'État, cet accapareur, Qu'a jamais eu l’ sens du comique A mis le bureau du Percepteur À l'enseigne de la Fille Sans Coeur...
|
| À quoi ça sert l'amour ?

À quoi ça sert l'amour ? Paroles et Musique: Michel Emer 1962 note: duo: Edith Piaf et Théo Sarapo
A quoi ça sert l'amour ? On raconte toujours Des histoires insensées. A quoi ça sert d'aimer ?
L'amour ne s'explique pas ! C'est une chose comme ça, Qui vient on ne sait d'où Et vous prend tout à coup.
Moi, j'ai entendu dire Que l'amour fait souffrir, Que l'amour fait pleurer. A quoi ça sert d'aimer ?
L'amour ça sert à quoi ? A nous donner d' la joie Avec des larmes aux yeux... C'est triste et merveilleux !
Pourtant on dit souvent Que l'amour est décevant, Qu'il y en a un sur deux Qui n'est jamais heureux...
Même quand on l'a perdu, L'amour qu'on a connu Vous laisse un goùt de miel. L'amour c'est éternel !
Tout ça, c'est très joli, Mais quand tout est fini, Il ne vous reste rien Qu'un immense chagrin...
Tout ce qui maintenant Te semble déchirant, Demain, sera pour toi Un souvenir de joie !
En somme, si j'ai compris, Sans amour dans la vie, Sans ses joies, ses chagrins, On a vécu pour rien ?
Mais oui ! Regarde-moi ! A chaque fois j'y crois Et j'y croirai toujours... Ça sert à ça, l'amour ! Mais toi, t'es le dernier, Mais toi, t'es le premier ! Avant toi, 'y avait rien, Avec toi je suis bien ! C'est toi que je voulais, C'est toi qu'il me fallait ! Toi qui j'aimerai toujours... Ça sert à ça, l'amour !...
|
| Adieu mon coeur

Adieu mon coeur Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946
On te jette au malheur. Tu n'auras pas mes yeux Pour mourir... Adieu mon cœur. Les échos du bonheur Font tes chants tristes Autant qu'un repentir.
Autrefois tu respirais le soleil d'or. Tu marchais sur des trèsors. On était vagabonds. On aimait les chansons. Ç'a fini dans les prisons.
Adieu mon cœur. On te jette au malheur. Tu n'auras pas mes yeux Pour mourir... Adieu mon cœur. Les échos du bonheur Font tes chants tristes Autant qu'un repentir... Un repentir...
|
| Au bal de la chance

Au bal de la chance Paroles: Jacques Larue. Musique: Norbert Glanzberg 1952
Le long de l'herbe, L'eau coule et fait des ronds. Le ciel superbe Éblouit les environs. Le grand soleil joue aux boules Avec les pommiers fleuris. Le bal, devant l'eau qui coule, Rabâche des airs de Paris.
Danse, danse au bal de la chance, Danse, danse ma rêverie...
Les parasols sur la berge en gestes lents Saluent d'une révérence Les chalands. Tandis qu'une fille danse Dans les bras d'un marinier, Le ciel fait des imprudences Mais l'amour n'est pas le dernier...
Danse, danse au bal de la chance, Danse, danse au ciel printanier...
Le vent, tournant dans les feuilles des bosquets, Avec le chant des pinsons, fait des bouquets Mais elle n'écoute guère Que les mots de ce garçon, Des mots d'amour si vulgaires Qu'ils font rire au ciel les pinsons.
Danse, danse au bal de la chance, Danse, danse avec ma chanson...
Je pense encore à ce jour de l'an dernier. Sur mon épaule, mon rêve est prisonnier. Celà n'a ni queue ni tête. Pourtant, j'ai le cœur bien gros Pour les marins en goguette. L'amour, ça coule au fil de l'eau.
Danse, danse au bal de la chance, Danse, danse mon cœur d'oiseau...
|
| Avant l'heure, c'est pas l'heure.

Avant l'heure Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951
Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Je l'ai rencontré un peu trop tard. Il avait déjà vu Germaine. Il m'a aimée pendant cinq semaines. Je me foutais du tiers comme du quart Et puis un jour, il a compris. Il m'a menti encore trois semaines Puis il est allé vers Germaine. Ah mes enfants ! Qu'est-ce que j'ai pris !... J' lui en veux pas... Que faire à ça ? Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Quand on dit "moins l' quart", c'est moins le quart ! Je l'ai rencontré un peu trop tard !
Pierre aime la femme de Jean. Jean aime la femme de Pierre. La femme de Pierre aime un sergent. La femme de Jean aime un notaire. Qu'est-ce qu'ils espèrent, Ces pauvres gens ? Si la femme de Pierre avait vu le sergent Avant de rencontrer Pierre... Si la femme de Jean avait vu le notaire Avant de rencontrer Jean... Ce serait une toute autre affaire ! 'y aurait du bonheur à Nogent Au lieu qu'on y pleure...
L'heure, c'est l'heure...
Avant l'heure, c'est pas l'heure. Après l'heure, c'est plus l'heure. Quand on dit "moins l' quart", c'est moins l' quart ! Je l'ai rencontré un peu trop tard !
...trop tard !...
|
| Avant nous

Avant nous Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1956
Un printemps meurt, en vient un autre Et tout change, et tout est pareil. Le bonheur n'est pas le nôtre, Pas plus que le soleil. Écoute, écoute dans le monde Cet orchestre de cœurs battants. De partout ils se répondent Depuis combien de temps ?
Avant nous, D'autres amants ont dit : "Je t'aime." Comme nous... Avant nous, D'autres ont souffert, ont trahi même, Comme... Non ! Ne crois pas ça ! Ne crois pas ça ! L'amour n'est pas cette misère. L'amour, c'est toi entre mes bras... Avant nous, D'autres ont dansé sur des "Je t'aime." Comme nous... Avant nous, D'autres se sont quittés quand même Comme... Non ! Pas comme nous... Ne crois pas ça ! On a dansé sur toute la terre Et l'on dansera sur ces mots-là.
Aimons-nous Comme ceux-là qui tant s'aimèrent, Comme nous Et comme ceux qui nous suivront, Et comme ceux qui s'aimeront... Après nous...
|
| Avec ce soleil

Avec ce soleil Paroles: Jacques Larue. Musique: Philippe Gérard 1954
Avec ce soleil, on avait envie De ne pas parler, De boire de la vie A petites goulées. Sous le ciel superbe Le long du talus, mâchant un brin d'herbe Et jupe collée, elle regardait D'un air triomphant Ce jeune homme imberbe Ou encore presqu'enfant Qui la désirait. Il aurait fallu presque rien, peut-être, Un geste de lui, Un sourire d'elle qui lui dise "viens". Il aurait fallu presque rien, peut-être, Qu'un oiseau s'enfuie Avec un bruit d'ailes pour que tout soit bien...
Pour que par-dessus le toit de l'usine, Le long des murs gris, Pour que par-dessus la route voisine Et ses pavés gris, Pour que par-dessus toutes les collines, Pour que par-dessus toutes les forêts, Pour que monte au ciel, sans cloches et sans noces, Un amour de gosses Qui purifierait... Mais c'était déjà deux enfants durcis Qui ne croyaient plus d'avoir à se dire Que les mots des grands... Que la vie déjà, broyait sans merci, Qui ne savaient plus ni rêver, ni rire Cœur indifférent...
Et ce jour encore Le long du talus Le coquelicots avec les bleuets En vain attendirent Une main cruelle Qui les cueillerait...
|
| Bal dans ma rue

Bal dans ma rue Paroles et Musique: Michel Emer 1949
Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore, on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue Et, dans le p'tit bistrot Où la joie coule à flots, Sept musiciens perchés sur un tréteau Jouent pour les amoureux Qui tournent deux par deux, Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux. Ce soir, il y a bal dans ma rue. Tout l'monde se sent un peu ému. Peut-être bien qu'on a trop bu. Il y a bal dans ma rue.
Il était si beau que lorsqu'il me sortait, Aussitôt tout le monde sur lui se retournait. J'étais si fière de lui, j'ai pas pu résister A ma meilleure amie, un jour j' l'ai présenté. Ils se sont plus immédiatement Ils se sont mariés ce matin. Ils formaient un couple épatant Et moi, j'étais témoin... Et voilà pourquoi...
Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue Et, dans le p'tit bistrot Où la joie coule à flots, Sept musiciens perchés sur un tréteau Jouent pour les amoureux Qui tournent deux par deux, Le rire aux lèvres et les yeux dans les yeux. Ce soir, il y a bal dans ma rue. Jamais encore on n'avait vu Une telle gaieté, une telle cohue. Il y a bal dans ma rue... 'y a eu bal dans ma rue...
|
| Boulevard du crime

Boulevard du crime Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Claude Léveillée 1960
Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les amours de Pierrot, Ça fait pleurer Margot Et rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Masques sont vert damasques Et la foule coasse, Au milieu du carnaval des grimaces.
Mais dans la foule qui rit de Pierrot, Il y a toujours un Arlequin. Dans la vie, faut des arlequins, Sans quoi l'amour, ce ne serait que des mots. Aussi, lorsque Pierrot sourit, C'est là-haut vers les amants du paradis...
Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les amours de Pierrot, Ça fait pleurer Margot Et rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Masques sont vert damasques Pour des danses fantasques Et la foule coasse Au milieu du carnaval des grimaces.
Mais tous ces gens qui rient de Pierrot. Il n'y a que lui, pleure pour de vrai Puisque la femme qu'il aimait Est partie ce soir sans un mot. Aussi, lorsque Pierrot sourit, Tout là-haut pleurent les amants du paradis...
Sur le boulevard du Crime, Pour voir la pantomyme, Ce soir, on se bouscule. Au théâtre des Funambules, Les malheurs de Pierrot Sous les cris, les bravos Font rire dans la tourmente Le Paris de mille huit cent trente. Quel talent fantastique. Qu'il est drôle et comique. Ça, c'est un vrai Pierrot. Allez ! Vas-y ! Refais ton numéro...
Tout là-haut pleurent les amants du paradis.
|
| Bravo pour le clown

Bravo pour le clown Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1953
Un clown est mon ami Un clown bien ridicule Et dont le nom s'écrit En gifles majuscules Pas beau pour un empire Plus triste qu'un chapeau Il boit d'énormes rires Et mange des bravos
Pour ton nez qui s'allume Bravo ! Bravo ! Tes cheveux que l'on plume Bravo ! Bravo ! Tu croques des assiettes Assis sur un jet d'eau Tu ronges des paillettes Tordu dans un tonneau Pour ton nez qui s'allume Bravo ! Bravo ! Tes cheveux que l'on plume Bravo ! Bravo !
La foule aux grandes mains S'accroche à ses oreilles Lui vole ses chagrins Et vide ses bouteilles Son cœur qui se dévisse Ne peut les attrister C'est là qu'ils applaudissent La vie qu'il a ratée !
Pour la femme infidèle Bravo ! Bravo ! Et tu fais la vaisselle Bravo ! Bravo ! Ta vie est un reproche Qui claque dans ton dos Ton fils te fait les poches Et toi, tu fais l'idiot Pour la femme infidèle Bravo ! Bravo ! Et tu fais la vaisselle Bravo ! Bravo !
Le cirque est déserté Le rire est inutile Mon clown est enfermé Dans un certain asile Succès de camisole Bravos de cabanon Des mains devenues folles Lui battent leur chanson
Je suis roi et je règne Bravo ! Bravo ! J'ai des rires qui saignent Bravo ! Bravo ! Venez, que l'on m'acclame J'ai fait mon numéro Tout en jetant ma femme Du haut du chapiteau Bravo ! Bravo ! Bravo ! Bravo !
|
| Browning

Browning Paroles: Raymond Asso. Musique: Jean Villard 1938
Y avait qu'à r'garder sa figure Et tout de suite on comprenait : Monsieur Browning, qu'on l'appelait, Un nom qui sentait l'aventure. C'était le roi du revolver. Il en avait de magnifiques Qu'il avait ram'nés d'Amérique, Où qu'on fabriqu' les vrais gangsters. Il nous racontait son histoire, Son premier crim' et puis la gloire, Browning, Browning. Il nous montrait des tas d'photos Pris's en premièr' pag' des journaux, Browning, Browning. Il nous disait : "Vous autr's en France, Vous manquez encor' d'expérience.", Browning, Browning. Avec ça, pas besoin d'êtr' fort. C'est l'maladroit qu'a toujours tort Et viv' Browning.
Parc' qu'il avait de l'élégance Et des costum's de cinéma, Il nous r'gardait de haut en bas Avec mépris et insolence Et tout's nos femm's, ell's l'admiraient "Ah ! comment c'est qu'il a d'allure Et ce typ' là, quelle envergure." Mais nous, les homm's, il nous courait. C'était toujours la mêm' histoire : Son premier crim' et puis la gloire, Browning, Browning. On l'voyait sur les grands journaux, Juste à côté d'Greta Garbo, Browning, Browning. A l'écouter, on d'venait bête. On n'avait plus qu'ça dans la tête, Browning, Browning Et nous pensions "Marre à la fin ! Il nous ennuie, l'Américain Et son Browning."
Pour nous apprendr' la vraie manière, Pour nous donner un' bonn' leçon, Il a tenu, ce brav' garçon, A nous montrer son savoir-faire. C'est dans un' sall' de restaurant Qu'il a voulu fair' l'expérience, Mais le pauvr' typ' n'a pas eu d'chance. Comme il sortait ses instruments, Il a roulé sous la banquette Avec un p'tit trou dans la tête, Browning, Browning. Oh ça n'a pas claqué bien fort Mais tout de mêm', il en est mort, Browning, Browning, Et puis quelqu'un dans le silence A dit "Maint'nant à quoi qu'tu penses, Browning, Browning ?" Il pens' plus rien puisqu'il est mort. Tu parlais trop... ben t'as eu tort. Bye-Bye, Browning.
|
| C'est à hambourg

C'est à hambourg Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1955
C'est à Hambourg, à Santiago, A White Chapel, ou Bornéo, C'est à Hambourg, à Santiago, A Rotterdam, ou à Frisco...
Hello boy ! You come with me ? Amigo ! Te quiero mucho ! Liebling ! Kom dort mit mir !
C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Quand les nuages vont à pas lents, Comme s'en vont les lourds chalands, Le long des quais, crevant d'ennui, C'est à Hambourg ou bien ailleurs Qu'à tous les gars en mal d'amour, Qu'à tous les gars, depuis toujours, Moi j'balance du rêve en plein cœur...
C'est à Hambourg, à Santiago, A White Chapel, ou Bornéo, C'est à Hambourg, à Santiago, A Rotterdam, ou à Frisco...
C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Qu'il a posé ses mains sur moi Et qu'il m'a fait crier de joie En me serrant fort contre lui, M'a dit "je t'aime !" à plus finir, "Laisse donc là tous tes marins ! Laisse donc la mer, et puis viens ! Moi, j'ai du bonheur à t'offrir..."
"Ma p'tite gueule..."
C'est à Hambourg, au ciel de pluie, Dans les bastringues à matelots Que je trimballe encore ma peau, Les bras ouverts à l'infini... Car moi je suis comme la mer, J'ai l' cœur trop grand pour un seul gars, J'ai l' cœur trop grand et c'est pour ça Qu' j'ai pris l'amour sur toute la terre...
C'est à Hambourg, à Santiago A White Chapel, ou Bornéo...
So long, boy... Adios, amigo... Nacher, Schatz... ...Au r'voir, p'tite gueule !...
|
| Carmen's story

Carmen's story Paroles: Michel Rivgauche. Musique: Charles Dumont 1961
Dans le grand studio De cinéma, Sur le plateau, Tout le monde est là, Les deux vedettes et les acteurs, Metteur en scène et producteur, Décorateurs, et assistants Et puis la foule des figurants. On va tourner la première scène Du nouveau film d'après Carmen Et quelqu'un crie : "Silence ! On tourne !" Carmen's story ! Carmen's story !
Comme si le destin, tout simplement N'attendait plus que ce moment, Il vient frapper en cet instant Parmi la foule des figurants. Alors soudain, elle l'aperçoit, Il lève la tête, et il la voit, Et dans leurs yeux il y a l'amour, Mais un amour de fin des jours... Et quelqu'un crie : "Très bon ! Coupez !" Carmen's story ! Carmen's story !
Elle ne voit que lui dans le studio, Il ne voit qu'elle sur le plateau, Et dans la foule des figurants Habit brodé, habit clinquant, En somnambules, au fil des jours, Illuminés par leur amour, Sans le savoir, transfigurés, Ils sont Carmen et Don José, Et quelqu'un crie : "Silence ! On tourne !" Carmen's story ! Carmen's story !
Mais dans le studio de cinéma, Voilà qu'un jour il l'aperçoit En train de rire, rire aux éclats Avec cet homme qui est là-bas... Ça lui fait mal, il veut partir... Mais le destin doit s'accomplir Et dans la foule des figurants Elle est tombée, sans même crier... Quelqu'un a dit : "Très bon ! Coupez !" Carmen's story ! Carmen's story !
|
| C'est d'la faute à tes yeux

C'est d'la faute à tes yeux Paroles: Edith Piaf. Musique: Robert Chauvigny 1950
J'avais tant d'amour pour un homme. Il en avait si peu pour moi. C'est peu de chose la vie, en somme. Je l'ai tué, tant pis pour moi...
Tout ça... C'est d'la faute à ses yeux, Aux tiédeurs des matins, A son corps près du mien. Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours, C'est d'la faute à l'amour, Le ciel était trop bleu...
L'avocat qui prit ma défense Conta notre roman d'amour Et, pour prouver mon innocence, Il en salit les plus beaux jours...
Tout ça... C'est d'la faute à tes yeux, Aux tiédeurs des matins, A son corps près du mien. Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours, C'est d'la faute à l'amour, Mon ciel était trop bleu...
Le juge avait un air sévère. Ses yeux n'avaient pas d'horizon. D'une voix grave et sans colère, M'a condamnée à la prison.
Tout ça... C'est d'la faute à mes yeux. Ils ont vu dans les tiens Que dansait mon chagrin. Tout ça... C'est d'la faute aux beaux jours Et j'ai vu mon amour Pleurer sur mon ciel bleu...
|
| C'est l'amour

C'est l'amour Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1960
C'est l'amour qui fait qu'on aime. C'est l'amour qui fait rêver. C'est l'amour qui veut qu'on s'aime. C'est l'amour qui fait pleurer...
Mais tous ceux qui croient qu'ils s'aiment, Ceux qui font semblant d'aimer, Oui, tous ceux qui croient qu'ils s'aiment Ne pourront jamais pleurer...
Dans l'amour, il faut des larmes, Dans l'amour, il faut donner...
Et ceux qui n'ont pas de larmes Ne pourront jamais aimer... Il faut tant, et tant de larmes Pour avoir le droit d'aimer...
Mon amour, oh toi que j'aime, Tu me fais souvent pleurer...
J'ai donné, donné mes larmes, J'ai pleuré pour mieux t'aimer, J'ai payé de tant de larmes Pour toujours le droit d'aimer... Pour toujours... le droit d'aimer !
|
| C'est lui que mon coeur à choisi

C'est lui que mon coeur à choisi Paroles: Raymond Asso. Musique: Max d'Yresne 1938
Je m'rappelle plus comment on s'était rencontrés Je ne sais plus si c'est lui qui a parlé l'premier Ou bien si c'était moi qui avais fait les avances Ça n'a plus d'importance Tout c'que je veux me rappeler :
{Refrain:} C'est lui que mon cœur à choisi Et quand il me tient contre lui Dans ses yeux caressants Je vois le ciel qui fout le camp C'est bon ... C'est épatant ! Il n'a pas besoin de parler Il n'a rien qu'à me regarder Et je suis à sa merci Je peux rien contre lui Car mon cœur l'a choisi.
Je n'sais pas s'il est riche ou s'il a des défauts, Mais d'l'aimer comm' je l'aime, un homme est toujours beau. Et quand on va danser, qu'il pose sur mes hanches Ses belles mains si blanches, Ça m'fait froid dans le dos
{Refrain}
J'sais pas c'qui m'arrivera, si ça dur'ra longtemps, Mais j'me fich' du plus tard, j'veux penser qu'au présent. En tout cas il m'a dit qu'il m'aim'rait tout'la vie C'que la vie s'ra jolie Si il m'aim'... pour tout l'temps !
{Refrain}
|
| C'est merveilleux

C'est merveilleux Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1946
Le jour où tu m'as rencontrée Etait un jour triste à mourir Et je traînais dans mes pensées Un ennui à n'en plus finir Mais il a suffi que tu viennes Pour que j'oublie toutes mes peines
{Refrain:} C'est merveilleux Quand on est tous les deux Le bonheur nous surveille C'est merveilleux Quand on est amoureux Les beaux jours se réveillent C'est merveilleux La vie est peinte en bleu A grands coups de soleil Puisque je t'aime et que tu m'aimes C'est merveilleux
Nous passerons toute la vie A chanter un si grand amour Pour une chanson si jolie La vie n'a pas assez de jours Nous en ferons une harmonie Qui ne sera jamais finie
{Refrain}
|
| C'est peut-être ça

C'est peut-être ça Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961
C'est peut-être ça L'amour, le grand amour, C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour, Ce je ne sais trop quoi Qui fait froid dans le dos Et soudain donne chaud Quand tout le monde a froid...
C'est peut-être ça Qui fait battre le cœur Et, pendant des heures, Vous fera rester là Devant un téléphone Pour entendre une voix, Devant un téléphone Qui ne sonnera pas...
C'est peut-être ça, L'amour, le grand amour, C'est peut-être ça Qui m'a prise à mon tour, Ce sentiment brutal, Lorsque tout allait bien, De se sentir très mal Sans savoir d'où ça vient.
C'est peut-être ça Qui fait pleurer de rire Et vous fait courir A minuit sous la pluie, Sous la pluie, sans manteau En gueulant qu'il fait beau, En gueulant que la vie, 'y a rien de plus joli... Avant, juste avant D'aller se foutre à l'eau...
C'est peut-être ça L'amour...Le grand amour !...
|
| C'est pour ça

C'est pour ça Paroles: Henri Contet. Musique: Marguerite Monnot 1947
Il était une amoureuse Qui vivait sans être heureuse. Son amant ne l'aimait pas. C'est drôle, mais c'était comme ça. Elle courut à la fontaine Afin d'y noyer sa peine Et tout le diable et son train La poussaient dans le chemin.
C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin, C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien. Les jours de lumière, Les mots des prières, Tous en procession, Lui faisaient escorte Mais la fille est morte En criant : "pardon". C'est pour ça que l'amour pleurait dans son coin, C'est pour ça que le ciel n'y comprenait rien...
Toutes les fleurs se fanèrent Et la nuit couvrit la terre Pour chanter le dernier jour De cette morte d'amour. Échappés du noir manège, Les mal-aimés en cortège Partent essayer d'empêcher Le soleil de se lever.
C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis, C'est pour ça que le ciel cherchait un abri. Les jeux et les rondes, Toutes les joies du monde Voulaient s'en aller Et le cœur des hommes, Tout pourri d'automne Allait se fâner... C'est pour ça que l'amour n'avait plus d'amis, C'est pour ça que le ciel cherchait un abri.
Mais voilà que ma légende Va danser sous les guirlandes. Ça ne pouvait pas durer. L'amour a tout arrangé Et, depuis, c'est lui qui chante. Tant pis pour qui se tourmente. Vous pouvez toujours pleurer. Il est plus fort à chanter...
C'est pour ça qu'on entend les accordéons, C'est pour ça que la rue éclate en chansons. Le chagrin des âmes, Dans tout ce vacarme, On ne l'entend plus. L'amour fait la fête Et chacun, c'est bête, A cœur que veux-tu. C'est pour ça qu'on entend les accordéons, C'est pour ça que la rue éclate en chansons.
|
| C'est toi le plus fort

C'est toi le plus fort Paroles: Raymond Asso. Musique: R. Cloërec 1936
Ah, c'que t'es grand ! T'as une belle gueule Et quand ton rire m'a croché le cœur, Parc' que j'suis v'nue vers toi toute seule Sans que tu m'cherches, Tu fais le crâneur Et, sur le boulevard, Quand tu te balades, Tu marches comme un bel animal. Tu regardes les femmes. Ça m'rend malade Et tu le sais bien Qu'ça m'fait du mal Mais j'te dis rien Parce que je t'aime. Souffrir par toi C'est bon tout d'même. Tu pourrais m'faire Plus de mal encore Que j'dirais rien, Alors t'es fort.
Parce que t'es grand, Moi toute petite Et que tes poings Ont l'air d'être lourds, J'dis toujours oui Et t'en profites Et j't'obéis. Tu gagnes toujours. Ah... t'es pas méchant. T'es un peu brute. C'est pas d'ta faute Si t'es comm' ça, Et puis moi J'aime pas les disputes. J'ai peur des coups. On s'refait pas, Alors j'dis rien Parce que je t'aime Et qu't'obéir C'est bon tout d'même. Puis ça vaut mieux Car j'aurais tort. Y a qu'à nous voir, C'est toi le plus fort.
Mais y a des jours Où t'es plus l'même. Quand t'as l'cafard Ou des ennuis, Quand t'as besoin d'sentir Qu'on t'aime Et ces jours-là, Tu deviens tout petit. Alors j'te prends Sur ma poitrine. J'écoute ton cœur Et c'est très doux. J'deviens toute grande Et j'te câline. J'suis presque heureuse Et j'oublie tout. Là, dans mes bras, T'oses plus rien dire. T'as sur les lèvres Un beau sourire Et, comme un petit môme, Tu t'endors. Ben là... vraiment, C'est toi l'plus fort.
|
| C'est un gars

C'est un gars Paroles: Charles Aznavour. Musique: Pierre Roche 1949 © Raoul Breton 1949 autres interprètes: Lucienne Delyle
Sous mes pieds mes s'mell's se dérobent On voit l'jour à travers ma robe Mon corsage est tout rapiécé Et mes effets très fatigués Qu'import' ce qu'on dit à la ronde Je me fous du reste du monde Car depuis hier je suis aimée C'est fou ce qui m'est arrivé
C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie On m'l'avait jamais dit C'est un gars qui r'ssemblait à un ange C'est un gars qui parlait comme un ange Tu es jolie, tu es jolie J'en suis tout étourdie
Mon Dieu je ne suis plus la même Quand il me murmure je t'aime Je trouve ça si merveilleux Qu'il y a des larmes dans mes yeux C'est beau l'amour qui se promène Quand un beau gars en tient la chaîne On voudrait rester prisonnier Rien qu'pour contempler son geôlier
C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie On m'l'avait jamais dit C'est un gars qui r'ssemblait à un ange C'est un gars qui parlait comme un ange Tu es jolie, tu es jolie J'en suis tout étourdie
C'est merveilleux en moi la vie bourdonne L'amour jaillit dès que je m'abandonne Et quand il m'a soûlée De mots et de baisers Et qu'il sourit, c'est drôle Je mords dans son épaule C'est un gars qu'est entré dans ma vie C'est un gars qui m'a dit des folies Tu es jolie, tu es jolie Veux-tu d'moi pour la vie Oui.
|
| C'est un homme terrible

C'est un homme terrible Paroles et Musique: JP Moulin 1958
C'est un homme terrible Avec des yeux doux. Il me prend pour cible. Il me donne des coups. Il me fait pleurer Avec un regard. Il me fait trembler Quand il est en retard. C'est un homme terrible Avec des yeux verts. Il voit à travers. Il me passe au crible. Je suis transparente Quand il est devant moi. Je pleure, je me lamente. Je reste sans voix. Je descends la pente De la peur et de l'effroi. Cet homme me hante. Il me met en croix. C'est un homme terrible. C'est un homme terrible...
Mais quand il me caresse, Quand je sens ses deux mains Se poser comme des compresses Sur mes yeux pleins de chagrin, Alors je ressuscite, Je retrouve le printemps. Le bonheur invite Au creux de mon amant.
C'est un homme terrible Avec des yeux bleus. Mon cœur est la cible Où il vise le mieux. Il revient vers moi. Il revient toujours. Avec un grand "A", Ça s'appelle l'Amour. C'est un homme terrible. Il a peur, la nuit. Dans mes bras fragiles, Il s'apaise et rit Et puis il s'endort Et je le regarde. Il n'a plus de force. C'est moi qui le garde. Sentinelle dehors, A moi, la toquarde. Quand viendra l'aurore, Je quitterai la garde De cet homme terrible, De cet homme terrible, De cet homme terrible, De cet homme terrible, Terrible ! Terrible ! Hhhhhan !
|
| C'est un monsieur très distingué

C'est un monsieur très distingué Paroles: Edith Piaf. Musique: Louiguy 1941
Il descend dans les grands hôtels. Il a beaucoup de personnel. Il a aussi beaucoup d'argent, C'est pour ça qu'il est mon amant.
C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront bien él'vés. Sa femme est née dans le grand monde. C'est un Monsieur très demandé. Tous les gens l'écoutent parler. Il est de la haute société. C'est c'qu'on appell' un homme du monde.
Il a aussi un petit chien. On dit qu'il fait beaucoup de bien. Sa femme, moi et puis le chien, Nous faisons partie de ses biens.
C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront très bien él'vés. Comme il se doit, je n'suis pas blonde. Je n'suis pas née dans le grand monde. Ce Monsieur-là peut tout ach'ter, Même l'illusion d'être aimé. Il est de la haute société. C'est c'qu'on appelle un homm' du monde.
Je sais pourtant qu'un jour viendra Où, doucement, il me dira : "Chère amie, je suis désolé, Nos relations doivent cesser."
C'est un Monsieur très distingué. C'est un Monsieur qui est marié. Ses enfants seront très bien él'vés. Comme il se doit, sa femme est blonde. Sa femme est née dans le grand monde. Je resterai seule à pleurer. Mon amour sera bien payé. C'est comm' ça dans la haut' société. C'est c'qu'on appelle les gens du monde.
|
| C'était pas moi

C'était pas moi Paroles: Robert Gall. Musique: Francis Laï 1963
Dans sa prison, il a pleuré, S'est révolté, s'est résigné Et d'une voix désespérée, Il ne cessait de répéter :
"C'était pas moi qui, ce jour-là, passait par là. C'était pas moi ! C'était pas moi qui avais fait ça, cette histoire-là. Ce n'est pas moi !
Mais je n'ai pas su m'expliquer Cet homme trouvé dans le fossé. J'ai beau crier mon innocence Dans ma prison, J'ai beau crier dans le silence : Non, non, et non !
Je reste là depuis des mois Et j'attends là ce qu'on fera de moi...
Oui, je l'aimais Cette femme pour qui On a trouvé Cet homme tué... Oui, je l'aimais. J'en étais fou Et très jaloux Mais c'est pas vrai !...
Coïncidence ? Manque de chance ? C'était pas moi ! C'était pas moi !
J'ai beau crier dans le silence De ma prison, J'ais beau crier mon innocence, Non, non, et non !
Je reste là depuis des mois Et j'attends là ce qu'on fera de moi...
Et face au ciel, Mon seul témoin, Tendant les mains Je veux crier : Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas moi ! Ce n'est pas moi !"
|
| C'était un jour de fête

C'était un jour de fête Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1941 © 1941 - Editions Micro
1. C'était un jour de fête J'crois bien qu'c'était l'printemps Ça m'a tourné la tête J'venais d'avoir vingt ans I' m'a dit qu'j'étais belle Peut-être pour m'faire plaisir M'a dit des ritournelles Avec un beau sourire
{Refrain:} I' m'en a donné des caresses I' m'a fait tout plein de serments Ce qu'il m'en a fait des promesses Avant de dev'nir mon amant I' m'en a donné des ivresses M'a juré de m'aimer tout l'temps Alors j'ai donné ma jeunesse C'est comme ça qu'on perd ses vingt ans
2. On s'est mis en ménage Dans le faubourg Saint-D'nis Hôtel du Beau Rivage Ça sentait bon Paris C'est au sixième étage Que j'ai connu l'amour Vous parlez d'un voyage Et quel joli séjour {au Refrain}
3. Ces histoires là ça dure Ce que ça doit durer Ma petite aventure Hélas est terminée Fini le beau voyage Me voici de retour L'Hôtel du Beau Rivage A gardé mes amours {au Refrain}
|
| C'était une histoire d'amour

C'était une histoire d'amour Paroles: Henri Contet. Musique: J.Jal 1943
J'ai connu des jours magnifiques. L'amour était mon serviteur. La vie chantait comme un' musique Et elle m'offrait des tas d'bonheurs Mais j'en achetais sans compter : J'avais mon cœur à dépenser.
C'était un histoire d'amour. C'était comme un beau jour de fête, Plein de soleil et de guinguettes, Où le printemps m'faisait la cour Mais quand le histoir's sont trop jolies, Ça ne peut pas durer toujours. C'était une histoire d'amour. Ma part de joie, ma part de rêve, Il a bien fallu qu'ell' s'achève Pour me faire un chagrin d'amour.
Et tant pis si mes nuits sont blanches, Tant pis pour moi si j'pleur' tout l'temps. C'est le chagrin qui prend sa r'vanche. Y a qu'le chagrin qui est content. Vraiment, il y a de quoi rire. J'ai l'impression d'vouloir mourir.
C'était un histoire d'amour. C'était comme un beau jour de fête, Plein de soleil et de guinguettes, Où le printemps m'faisait la cour Mais quand les histoir's son trop jolies, Ça ne peut pas durer toujours.. C'était une histoire d'amour Dont rien désormais ne demeure. Il faut toujours que quelqu'un pleure Pour faire une histoire d'amour.
|
| Ça fait drôle

Ça fait drôle Paroles: Jacques Plante. Musique: Charles Dumont 1962
Ça fait drôle, ça fait vraiment drôle Quand nos corps se frôlent De nous éveiller Emerveillés... Ça fait drôle de sortir d'un rêve Au creux d'un lit tiède Surpris par le jour Dans notre amour... L'existence, Toujours étonnante, Fait de ces miracles. Faudrait l'applaudir Comme au spectacle. Ça fait drôle, j'avais peur de vivre Et puis tout arrive, Et ce tout pour moi, Ça veut dire toi.
Ça fait drôle de rejouer ce rôle Contre ton épaule, Ce rôle oublié De femme aimée... De renaître, De me reconnaître Dans les yeux d'un être Lorsque lui non plus N'y croyait plus, Il me semble Que mes jambes tremblent, Que tout recommence, Après des années de longue absence. Ça fait drôle, je reprends ma place. Faut que je m'y fasse. J'apprends le bonheur, J' l'apprends par cœur.
Ces voyages, je ne peux pas y croire, J'ai eu trop d'histoires. Je traîne avec moi trop de mémoire Mais quand même : Ça fait drôle quand même D'entendre "je t'aime" Car si cette fois-ci... Si cette fois-ci... Si cette fois-ci... Si cette fois-ci... Si cette fois-ci... Si cette fois-ci...
|
| Céline

Céline Paroles: Arrangements: L. Liébart, Marc Herrand 1946
Sont trois jeunes garçons S'en allant à la guerre, S'en allant à la guerre, Tout droit en regrettant, Tout droit en regrettant Bien leurs maîtresses.
Le plus jeune des trois Regrettait bien la sienne, Regrettait bien la sienne Et il a bien raison : C'est la plus jolie fille De tous les environs.
Le bon soldat s'en va Trouver son capitaine : "Bonjour, mon capitaine. Donnez-moi mon congé Pour allez voir Céline Qui ne fait que pleurer..."
Son capitaine répond Comme un homme de guerre Ton joli passeport Va t'en, va voir ta fille Tu reviendras d'abord.
Puis le galant s'en va Au château de son père. "Bonjour mon père, ma mère. Bonjour mes chers parents, Sans oublier Céline Que mon cœur aime tant."
Son père lui répond : "Mais ta Céline est morte Mais ta Céline est morte, Est morte en t'appelant. Son corps est dans la terre, Son âme, au Paradis."
Puis le galant s'en va Pleurer dessus sa tombe : "Céline, ma Céline, Parle, parle, parle-moi ! Mon cœur se désespère De jamais plus te voir..." Céline lui répond : "Ma bouche est pleine de terre Ma bouche est pleine de terre... La tienne est pleine d'amour ! Je garde l'espérance De te revoir un jour..."
Le bon soldat s'en va Trouver son capitaine "Bonjour, mon capitaine ! Me voici de retour Puisque Céline est morte, Je servirai toujours..."
|
| Celui qui ne savait pas pleurer

Celui qui ne savait pas pleurer Paroles: Henri Contet. Musique: Ch.Normand 1936
C'est l'histoire d'un type moyen Qui n'avait jamais pu pleurer. Il en avait pas les moyens, Pourtant, il aurait bien aimé, Car de pleurer, ça vous soulage Et ça vous met du baume dans l'cœur, Mais lui, il avait passé l'âge D'apprendre le chagrin par cœur. Il essayait de se concentrer Pour s'émouvoir à l'improviste, Mais non : il savait pas pleurer Et c'est ça qui le rendait triste. Pour se payer ce petit instant Où l'on est vraiment malheureux, Y s'fabriquait des embêtements, Inventait des ennuis sérieux Et pour ça, il savait s'y prendre, A en juger par son passé. Il avait même tenté de se pendre, Preuve qu'il aimait pas rigoler. Quand s'présentait un beau malheur, Tout de suite il lui faisait du charme Mais il avait beau s'crever l'cœur, Il pouvait pas trouver une larme. Ça lui a passé subitement, Rencontrant près d'une fontaine Où se débarbouillait l'printemps, Une gosse qui avait de la peine. Dans son petit tablier de toile, Elle pleurait comme une enfant. Il a vu ses yeux pleins d'étoiles, Alors il en a fait autant. Un type comme ça, c'est pas commun Car il était pas comme nous autres. Puisque, pour qu'il ait du chagrin, Il lui fallait l'chagrin des autres. La gosse était toute seule au monde, Tout' seule le jour, tout' seule la nuit Et puis surtout, elle était blonde, Alors il l'a prise avec lui. Il est content puisque c'est elle Qui lui a appris à pleurer Mais la leçon était trop belle La fille aussi... tout a raté. Il est devenu bien malheureux, Trompé plus qu'il ne le mérite Et tous les jours, il pleure un peu Maintenant qu'il sait, il en profite.
|
| 'Chand d'habits

'Chand d'habits Paroles: J. Bourgeat. Musique: R. Alfred 1936
Dis-moi, 'chand d'habits, N'as-tu pas trouvé, Parmi le lot de mes vieilles défroques Que, ce matin, je te vendis à regret, 'Chand d'habits, parmi elles, N'as-tu trouvé, tout en loques, Triste, lamentable, déchiré, Un douloureux cœur abandonné ? Rends-moi, je t'en prie, mon ami, Cette chose meurtrie... C'est mon pauvre cœur... j'en ai besoin... Crois-tu, mon vieux, que c'est bête ! Quand tu est venu à mon appel Faire l'emplette Je croyais bien n'y pas tenir autant...
Quand tu partis chargé de ton triste fardeau, Tout mon passé suivit, et je pleure... Je pleure mes soucis, mon enfance, Mes chers amours qui ne sont plus que souvenance... Rends-moi mon pauvre cœur, Triste objet périmé... Revends-moi la joie qui m'a quittée... Dis ! 'chand d'habits !... Cette pauvre chose, c'était pour l'oubli... C'est toute ma vie... Oui... Dis-moi, 'chand d'habits, Parmi mes défroques, N'as-tu pas trouvé mon pauvre cœur en loques ?...
|
| Chanson bleue

Chanson bleue Paroles: Edith Piaf. Musique: Marguerite Monnot 1951
Je vais te faire une chanson bleue Pour que tu aies des rêves d'enfant Où tes nuits n'auront plus de tourments. Alors, le jour, tu vas chanter Pour que les autres puissent espérer... Quand le monde l'aura appris, Tu pourras quitter la vie. Tu viendras chanter dans les cieux... ...Chanson Bleue...
Tu feras pleurer les anges En leur racontant tes souffrances. Apporte dans tes mains trop jolies, Ton cœur, tes pleurs, et puis la vie... Quand Jésus est mort sur sa croix, Il a souffert autant que toi, Pardonne ta mère, et le Bon Dieu Et laisse sur la terre comme Dieu... ...Chanson Bleue...
Voilà ta mission terminée... Tes amis, tu vas les quitter... Caresse les cheveux des enfants, Souris aux vieillards en passant, Toi, tu n'as plus de lendemains : Finis tes matins pleins de chagrin... Saint-Pierre, les anges, et le Bon Dieu Vont t'ouvrir les portes des cieux... ...Chanson Bleue...
|
| Chanson de Catherine

Chanson de Catherine Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951 Chanson de Catherine Paroles: C. Youri, A. Joumiaux. Musique: P. Damine 1951
Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours...
Qu'ils étaient doux, les jours passés, Mais à quoi bon les évoquer ? Un oiseau noir crie dans la nuit. Hier, Catherine, tu as dit "oui" Et maintenant, il faut danser. Il faut danser... et oublier. Pourquoi pleurer, la belle enfant ? Les violons jouent tendrement...
Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours...
Il est au bout de ton jardin, Un très vieux chêne, où un garçon Avait jadis gravé ton nom Dans un seul cœur, auprès du sien. Vois-tu, celui qui tu aimais, Vois-tu, celui qui tant t'aimait... Eh ! L'oiseau noir !... Que me dis-tu ? C'est à ce chêne qu'il s'est pendu...
Te voilà mariée, Catherine, Sans joie et sans amour. Celui que tu aimes, Catherine, Est perdu pour toujours...
Petite Catherine, demain matin, Dans l'eau glacée de ton chagrin, Dans l'eau étrange de la mer, Tu flotteras, les yeux ouverts, Les yeux ouverts sur ton destin Et, dans ta robe de satin, Juste où la mer se mêle au ciel, Tu rejoindras l'amant fidèle...
Te voilà mariée, Catherine, Mariée avec l'amour... Celui que tu aimes, Catherine, Est à toi pour toujours...
|
| Comme moi

Comme moi Paroles: Claude Delécluse, Michèle Senlis. Musique: Marguerite Monnot 1957
Peut-être bien qu'ailleurs, Une femme a le cœur Eperdu de bonheur Comme moi... Et que d'un geste heureux Elle soulève un peu Le rideau de soie bleue, Comme moi... Pour regarder en bas Son amour qui viendra La prendre dans ses bras, Comme moi... Elle attend son amour, Les yeux de son amour, Les bras de son amour, Comme moi...
Peut-être bien aussi, Qu'à l'instant, elle vit, Le meilleur de sa vie, Comme moi... Et qu'en fermant les yeux, Elle abandonne un peu Sa main dans ses cheveux, Comme moi... Peut-être qu'à son cœur, Elle épingle une fleur Et puis regarde l'heure, Comme moi... Et pense à son amour, Aux yeux de son amour, Aux bras de son amour, Comme moi...
Peut-être bien encore Qu'elle entendra plus fort Son cœur battre et qu'alors, Comme moi... Elle voudra crier En entendant monter Un pas dans l'escalier, Comme moi... Comme moi dans l'instant Où mon cœur en suspens Se retient un moment, Contre toi... Et puis meure, mon amour, Dans tes yeux, mon amour, Dans tes bras mon amour, Mon amour...
|
| Comme un moineau

Comme un moineau Paroles: M.Hély. Musique: J.Lenoir 1925 © 1925 - Editions SEMI autres interprètes: Edith Piaf
1. C'est près d'une gouttière à matous Dans une mansarde de n'importe où A Montparnasse Que j'suis venue au monde sur les toits Et que j'ai pour la première fois Ouvert les chasses Mes pères et mères déchards comme tout Qui de plus n'aimaient pas beaucoup Sucer d'la glace A l'heure des repas dans notre garno M'laissaient souvent sans un mélo Le bec ouvert Comme un moineau !
2. A l'âge où tous les autres marmots A l'école vont s'meubler l'cerveau De bonne grammaire Avec un tas d'mauvais loupiots Dans les coins on allait jouer au Père et à la mère Bien sûr ces petit jeux innocents Ne développent pas précisément Les bonnes manières A quinze ans, droite sur mes ergots J'allumais tous les gigolos L'œil effronté Comme un moineau !
3. L'premier qu'a voulu ma vertu Pour me posséder n'a pas eu A faire de siège Il n'a eu qu'à m'ouvrir les bras Et mon amour est tombé là Comme dans un piège Si j'avais l'esprit perverti Mon cœur, au contraire, était lui Pur comme la neige Nous éveillant sous les bécots Nous allions à tous les échos Chanter l'amour Comme deux moineaux !
4. Il me plaqua, a-t-il eu tort ? Je me suis consolée d'un sort Qui est le nôtre Avec un p'tit gars dessalé, Mais qui, pour ne pas travailler, M'vendit à d'autres On s'accoutume à ne plus voir La poussière grise du trottoir Où l'on se vautre Chaque soir sur l'pavé parigot On cherche son pain dans le ruisseau Le cœur joyeux Comme des moineaux !
5. L'hiver viendra et mon seul bien Ce pauvre corps qui, je l'sens bien Déjà se lasse Tombera sur le pavé brutal J'passerai sur un lit d'hôpital Un soir d'angoisse Pas plus mauvaise que beaucoup J'aurais préféré malgré tout, Au lieu d'un poisse Un homme qui m'eût aimée d'amour Pour avec lui finir mes jours Dans un nid chaud Comme un moineau !
|
| Corrèque et réguyer

Corrèque et réguyer Paroles: M.Hély. Musique: Paul Maye 1938
Le grand Totor qu'est en ménage avec Totoche Qui la filoche Et la défend, C'est pas un mec à la mie d'pain, poisse à la manque Qui fait sa planque Comme un feignant. Comme un chef d'administration, Il organise la production, Le nécessaire et l'superflu. Tout est réglé, tout est prévu. Pendant les heur's d'exploitation, C'est pas un homme', c'est un démon Mais, en dehors de ses fonctions, C'est pas un homme, c'est un mouton.
Après l'boulot, si qu'elle veut faire des heures en plus, C'est son affaire et dans l'fond ça n'le r'garde plus. Comm' dit Totor, ça m'fait pas tort. Pour l'argent qu'ell' gagne au-dehors, On est d'accord, comm' dit Totor. Faut pas s'conduire comme un butor. Comm' dit Totor, j'y laisse le droit d'la dépenser A volonté, d'la ramasser ou d'la placer, De s'tuyauter, d'boursicoter, D'ach'ter d'la rente ou du foncier En suivant les cours financiers Des charbonnages ou des aciers. J'ai pas l'droit d'y fourrer mon nez. CORRÈQUE... et RÉGUYER !
Pendant qu'les autres vont jouer l'pastis à la belote Avec les potes Dans les bistros, Totor contrôl' tout c'que la Totoche lui raconte Et fait des comptes Dans son bureau. Pour le resquillage et l'boni, Avant qu'elle parle il a compris. Y a rien à chiquer avec lui. C'est pas un homme, c'est un taxi. A moins d'erreur ou d'omission, A la première contestation, La machine à coller des j'tons Est prête pour la distribution.
Dans les affair's, quand on s'laiss'faire, on est foutu. Comm' dit Totor : Il faut d'abord, quand ça n'va plus, Y aller d'autor et taper fort. Mais un' fois qu'on a fait du sport, Comm' dit Totor, ce s'rait un tort Que de s'conduir' comme un butor. Quand qu'c'est réglé, à quoi qu'ça sert d'êtr' rancunier. Comm' dit Totor, un' fois qu'il a la main tournée, Il lui coll' du taff'tas gommé Et lui dit pour la consoler : Blessée en servic' commandé, C'est un accident du métier... Demain, t'iras pas travailler. CORRÈQUE et RÉGUYER !
Et malgré ça, y a des jours où qu' la môm' Totoche Fait sa caboche Et r'prend l'dessus. Ça fait qu'un soir a s'est fait voir avec Tatave, Et c'qu'est l'plus grave, Totor l'a su ! Comm' dit Totor, qu'on soy' bourgeois, Barbeau, prince ou n'importe quoi, Chacun son bien, chacun son dû, Sans ça la morale est foutue, C'qui fait qu'en sortant du restaur' Tatav' s'est trouvé d'vant Totor, Qui y a dit, les yeux dans les yeux, On va régler ça tous les deux.
Dans les affair's, quand on s'laiss' faire, on est foutu, Mais l'môm' Tatav' y a dit : Totor, j'te comprends pus. J'te jure, Totor, t'est dans mon tort. Avec la môm' j'ai pas d'remords. On est d'accord, et quand on a sort, J'y r'fil' cent ball's dans l'collidor, Alors Totor y a dit : j'ai rien à te r'procher. Tu vois, mon pot', si tu m'avais pas renseigné, On s'rait en train d's'entrelarder, Mais moi, j'pouvais pas l'deviner Vu qu'a m'a jamais rien donné. Final'ment tu peux t'en aller, Mais c'est ell' qui va dérouiller. CORRÈQUE et RÉGUYER !
|
| Coup de grisou

Coup de grisou Paroles: Henri Contet. Musique: Louiguy 1943
C'était un homm' sans condition, Un typ' qu'avait pas d'ambition, Pourtant, Bon Dieu ! qu'il était fort. Il n'avait pas d'situation Et il travaillait au charbon Dans les villes noires du Nord. On l'avait app'lé : "Coup d'grisou" Un jour qu'il était en colère Et qu'il avait mis sens d'ssus d'ssous Tout un bistro avec les verres. A forc' de peiner dans le noir, Il n'aimait qu'la couleur du soir. Le soleil lui brûlait les yeux. Le grand jour l'empêchait d'parler. C'était un dieu d'l'obscurité, Un dieu bien triste et malheureux, Un dieu bien triste et malheureux
Car il aimait par-dessus tout Un' fill' des plain's aux cheveux roux, Roux comm' les sarments des vignes, Des cheveux où la lumièr' pleut. Ça l'forçait à cligner des yeux Comm' si l'soleil lui faisait sign'. Ell' l'emmenait dans les moissons Par les frais chemins du dimanche. Tout était clair, tout était blond Et la clarté prenait sa r'vanche. Ça lui f'sait mal derrièr' le front Mais il faisait des concessions. Dame, il essayait d'être heureux. C'est comm' ça qu'on perd un amour. Ell' l'a trompé par un beau jour Avec un qui aimait l'ciel bleu, Avec un qui aimait l'ciel bleu.
Quand "Coup d'grisou" a tout appris, Il travaillait au fond du puits Tout luisant de reflets tout noirs Pendant dix s'cond's il n'a rien dit Et puis d'un seul coup ça l'a pris. Ah ! c'était pas joli à voir, Rien qu'à l'entendre on s'demandait Si l'diable n'était pas sous terre. Probabl' que ça lui ressemblait Puisqu'il a tout foutu par terre. Quand l'vrai grisou s'en est mêlé, A eux deux, ils ont fait sauter La terre, la mine et tout l'fourbi ! Après trois jours on l'a r'monté Avec sa part d'éternité Et quand on l'a sorti du puits, La lumièr' se moquait de lui. Le soleil donnait un gala Pour l'embêter un' dernièr' fois Mais Coup d'grisou était guéri : Il avait épousé la nuit...
|
| Cri du coeur

Cri du coeur Paroles: Jacques Prévert. Musique: Henri Crolla 1960
C'est pas seulement ma voix qui chante. C'est l'autre voix, une foule de voix, Voix d'aujourd'hui ou d'autrefois, Des voix marrantes, ensoleillées, Désespérées, émerveillées, Voix déchirantes et brisées, Voix souriantes et affolées, Folles de douleur et de gaieté.
C'est la voix d'un chagrin tout neuf, La voix de l'amour mort ou vif, La voix d'un pauvre fugitif, La voix d'un noyé qui fait plouf. C'est la voix d'une enfant qu'on gifle, C'est la voix d'un oiseau craintif, La voix d'un moineau mort de froid Sur le pavé d' la rue d' la joie...
Et toujours, toujours, quand je chante, Cet oiseau-là chante avec moi. Toujours, toujours, encore vivante, Sa pauvre voix tremble pour moi. Si je disais tout ce qu'il chante, Tout c'que j'ai vu et tout c'que j'sais, J'en dirais trop et pas assez Et tout ça, je veux l'oublier.
D'autres voix chantent un vieux refrain. C'est leur souvenir, c'est plus le mien. Je n'ai plus qu'un seul cri du cœur : "J'aime pas l'malheur ! J'aime pas l'malheur !" Et le malheur me le rend bien Mais je l' connais, il m' fait plus peur. Il dit qu'on est mariés ensemble. Même si c'est vrai, je n'en crois rien.
Sans pitié, j'écrase mes larmes. Je leur fais pas d'publicité. Si on tirait l'signal d'alarme Pour des chagrins particuliers, Jamais les trains n'pourraient rouler Et je regarde le paysage. Si par hasard, il est trop laid, J'attends qu'il se refasse une beauté
Et les douaniers du désespoir Peuvent bien éventrer mes bagages, Me palper et me questionner, J'ai jamais rien à déclarer. L'amour, comme moi, part en voyage. Un jour je le rencontrerai. A peine j'aurai vu son visage, Tout de suite je le reconnaîtrai...
|
| Dans leur baiser

Dans leur baiser Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961 Dans leur baiser Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1961
Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Tous les regrets, tous les chagrins du monde entier, Tout le chagrin de nos amants Que le destin va séparer, De deux amants qui ont compris Que c'est fini...
Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu. Ce n'étaient, parmi tant d'autres, Que deux cœurs très malheureux.
Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Le désarroi d'un grand amour qui s'est brisé, Le désarroi d'un grand amour Contre lequel tout s'est ligué. Il y avait dans leur baiser Deux vies ratées.
Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu. Ce n'étaient, parmi tant d'autres, Que deux cœurs très malheureux.
Il y avait dans leur baiser, Dans leur baiser désespéré, Ce grand secret dont les passants se moquaient bien, Dont les passants se moquaient bien Comme ils s'étaient moqués de nous, Moqués de nous, ah ! Ce triste soir Comme ce soir...
Ce n'était, parmi tant d'autres, Qu'un pauvre baiser d'adieu Mais soudain, c'était le nôtre, Mais soudain, c'était nous deux...
Et c'était toi, et c'était nous Que tout d'un coup je voyais là... Dans ce baiser, Dans ce baiser désespéré...
|
| Dans ma rue

Dans ma rue Paroles: Edith Piaf. Musique: Jacques Datin 1952
J'habite un coin du vieux Montmartre Mon père rentre soûl tous les soirs Et pour nous nourrir tous les quatre Ma pauvr' mére travaille au lavoir. Moi j'suis malade, j'rêve à ma fenêtre Je r'garde passer les gens d'ailleurs Quand le jour vient à disparaître Il y a des choses qui me font un peu peur
Dans ma rue il y a des gens qui s' promènent J'les entends chuchoter dans la nuit Quand je m'endors bercée par une rengaine J'suis soudain réveillée par des cris Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur
Dans ma rue il y a des ombres qui s' promènent Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur
Mon père m'a dit un jour : "la fille, Tu ne vas pas rester là sans fin T'es bonn' à rien, ça c'est d'famille Faudrait voir à gagner ton pain Les hommes te trouvent plutôt jolie Tu n'auras qu'à sortir le soir Il y'a bien des femmes qui gagnent leur vie En "s' balladant sur le trottoir"
Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent J'les entends fredonner dans la nuit Quand je m'endors bercée par une rengaine J'suis soudain réveillée par des cris Des coups d'sifflet, des pas qui traînent, qui vont et viennent Puis le silence qui me fait froid dans tout le coeur
Dans ma rue il y a des femmes qui s' promènent Et je tremble et j'ai froid et j'ai peur
Et depuis des semaines et des semaines J'ai plus d' maison, j'ai plus d'argent J' sais pas comment les autres s'y prennent Mais j'ai pas pu trouver d' client J'demande l'aumône aux gens qui passent Un morceau d' pain, un peu d' chaleur J'ai pourtant pas beaucoup d'audace Maintenant c'est moi qui leur fait peur
Dans ma rue tous les soirs je m' promène On m'entend sangloter dans la nuit Quand le vent jette au ciel sa rengaine Tout mon corps est glacé par la pluie
Mais je n' peux plus, j'attends sans cesse que le bon Dieu vienne Pour m'inviter à me réchauffer tout près de Lui
Dans ma rue il y a des anges qui m'emmènent Pour toujours mon cauchemar est fini
|
| De l'autre côté de la rue

De l'autre côté de la rue Paroles et Musique: M.Emer 1943
Des murs qui se lézardent, Un escalier étroit, Une vieille mansarde Et me voilà chez moi. Un lit qui se gondole, Un' table de guingois, Une lampe à pétrole Et me voilà chez moi Mais le soir, quand le cafard me pénètre Et que mon cœur est par trop malheureux, J'écarte les rideaux de ma fenêtre Et j'écarquille les yeux.
{Refrain:} D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fille, Y a un' bell' fille Qui a tout c'qu'il lui faut Et mêm' le superflu. D'l'autr' côté d'la rue, Elle a d'l'argent, un' maison, des voitures, Des draps en soie, des bijoux, des fourrures. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fille, Y a un' bell' fille. Si j'en avais le quart, je n'en d'mand'rais pas plus, D'l'autr' côté d'la rue.
Souvent, l'âme chagrine, Quand je rentre chez moi, Je vais courbant l'échine, Il pleut ou il fait froid. Faut monter sept étages, Suivre un long corridor. Je n'ai plus de courage. Je me couche et je dors Et le lend'main faut que tout recommence. J'pars au travail dans le matin glacé, Alors je m'dis y'en a qui ont trop d'chance Et les autres pas assez.
D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' bell' fille Pour qui tout's nos misèr's S'ront toujours inconnues. D'l'autr' côté d'la rue, Quand il fait froid, ell' dans' des nuits entières, Quand il fait chaud, ell' s'en va en croisière. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' bell' fille. Vivre un seul jour sa vie, je n'en d'mand'rais pas plus, D'l'autr' côté d'la rue.
J'le connaissais à peine, On s'était vu trois fois Mais à la fin d'la s'maine Il est venu chez moi. Dans ma chambre au septième, Au bout du corridor, Il murmura : "Je t'aime". Moi j'ai dit : "Je t'adore". Il m'a comblée de baisers, de caresses, Je ne désire plus rien dans ses bras. Je vois ses yeux tout remplis de tendresse, Alors je me dis tout bas :
D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' pauvr' fille Qui n'connaît rien d'l'amour, Ni d'ses joies éperdues. D'l'autre côté d'la rue, Ell' peut garder son monsieur qu'ell' déteste, Ses beaux bijoux, tout son luxe et le reste. D'l'autr' côté d'la rue, Y a un' fill', Y a un' pauvr' fille Qui regarde souvent, d'un air triste et perdu, D'l'autr' côté d'la rue.
|
| Demain (il fera jour)

Demain (il fera jour) Paroles: Marcel Achard. Musique: Marguerite Monnot 1951
Demain il fera jour. C'est quand tout est perdu Que tout commence. Demain il fera jour. Après l'amour, Un autre amour commence. Un petit gars viendra en sifflotant, Demain... Il aura les bras chargés de printemps, Demain... Les cloches sonneront dans votre ciel, Demain... Tu verras la lune de miel briller, Demain... Car demain : Tu vas sourire encore, Aimer encore, souffrir encore, Toujours... Demain il fera jour.
Dans ton cœur brisé pour toujours, Il reste encore de l'amour. Tu crois ta douleur si profonde Que ta vie va s'arrêter là... La plus belle fille du monde Peut toujours donner plus qu'elle a...
Demain il fera jour. C'est quand tout est perdu Que tout commence. Demain il fera jour. Après l'amour, Un autre amour commence. Un petit gars viendra en sifflotant, Demain... Il aura les bras chargés de printemps, Demain... Les cloches sonneront dans votre ciel, Demain... Tu verras la lune de miel briller Demain... Car demain : Tu vas sourire encore, Aimer encore, souffrir encore, Toujours... Demain il fera jour. Demain...
|
| Des histoires

Des histoires Paroles: Michel Vaucaire. Musique: Charles Dumont 1960
Histoire de pas savoir pour qui, Histoire de pas savoir pourquoi j' vivais ma vie, Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires, Histoire d' savoir pourquoi on rit, Pourquoi on pleure. A quoi ça sert d'avoir un cœur ? Je me suis raconté, raconté, raconté Je me suis raconté, raconté des histoires Et, petit à petit, J'ai fini par t'aimer Et un jour ton histoire Est entrée dans ma vie.
Histoire de pas être aguerrie, J'ai d'abord pas très bien compris Mais malgré moi, je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires, Histoires d'amour, un peu, beaucoup, Jamais toujours, et tout d'un coup, à la folie. Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires Et, petit à petit, J'ai fini par t'aimer, Par beaucoup trop t'aimer Pour que tu m'aimes aussi.
Histoire de pas savoir pour qui, Histoire de pas savoir pourquoi tu m'as quittée, Je me suis raconté, raconté, raconté, Je me suis raconté, raconté des histoires : C'était pas vrai, ton manque de cœur Et qu' tu voulais seulement me faire peur, Que tu reviendrais, Que c'était jamais rien, jamais rien, jamais rien, Que c'était jamais rien, jamais rien qu'une histoire, Mais il était trop tard, Cette fois-là, pour le croire, Trop tard pour t'oublier, Trop tard pour plus t'aimer.
Histoire de pas savoir pour qui... Histoire de pas savoir pourquoi...
|
| Ding din dong

Ding din dong Paroles: Raymond Asso. Musique: P. Dreyfus 1936
Quand il naquit, son père sa mère, Depuis longtemps, ne s'aimaient plus. Ça fait qu'il arriva sur terre Un peu comme un enfant perdu. Quand on est môme, ça vous dégoûte De ne jamais rire de tout son cœur, Alors, très jeune, il prit la route Et s'enfuit chercher le bonheur.
{Refrain:} Ding Din Dong, chantons sa plainte. Ding Din Dong, chantons-la donc.
Il chercha dans la solitude. Il chercha aussi dans le bruit. De chercher, ayant l'habitude, Quand il le trouva, il s'enfuit. Puis il aima, elle était blonde. Elle l'aimait bien, oui mais voilà : Elle se donnait à tout le monde. Il la battit puis s'en alla.
{Refrain}
Il se dit : "Les blondes sont volages, Mais les cheveux noirs c'est plus sérieux." Il prit un brune, promit mariage, Pensant qu'cette fois il s'rait heureux. Au bout de cinq à six semaines, Elle s'ennuyait à la maison. "Vraiment", dit-il, "je n'ai pas d'veine. Elle a pourtant pas les ch'veux blonds."
{Refrain}
Il ne savait pas que les femmes, Ça n'aime pas l'bonheur quotidien Et l'pauvre garçon s'torturait l'âme : "Mais j'l'aime... mon Dieu... Ah que j'l'aime bien." Et, mordu par la jalousie, Y n'savait plus que s'lamenter. "On va m'la prendre, elle est jolie." Alors il voulut la tuer.
{Refrain}
Mais elle était vraiment fidèle. Il l'aimait tant qu'il préféra Se faire sauter la cervelle. Il en mourut et puis voilà. Si cette histoire vous fait rire, C'est que vous n'avez rien compris. Il cherchait le bonheur, le pire Est qu'il trouva la mort, tant pis...
Ding Din Dong, finit sa plainte... Ding Din Dong, et Ding et Dong...
|
| Du matin jusqu'au soir

Du matin jusqu'au soir Paroles et Musique: Edith Piaf 1951
Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin, Moi, je l'aime. Ce qu'il dit, ce qu'il fait, Moi, je trouve ça parfait Car je l'aime... Dès le lever du jour, Ce sont des mots d'amour. Dis m'amour, On s'aimera toujours... Il sourit, puis il dit : "Tu bouleverses ma vie." C'est qu'il m'aime. C'est bon d'être amoureux Surtout quand on est deux Et qu'on s'aime. Je t'aime, tu m'aimes, On s'aime... Je l'aime, il m'aime Et l'on s'aime... Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin.
Je ne suis pas du tout Aveuglée par l'amour. Je vois objectivement Le contre et puis le pour. Vous voyez qu'honnêtement Je ne suis pas de parti pris Mais j'avoue franchement 'y en a pas deux comme lui...
Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin, Moi, je l'aime. Ce qu'il dit, ce qu'il fait, Moi, je trouve ça parfait Car je l'aime. Dès le lever du jour Ce sont des mots d'amour. Dis m'amour, On s'aimera toujours... Il sourit puis il dit : "Tu bouleverses ma vie." C'est qu'il m'aime. C'est bon d'être amoureux Surtout quand on est deux Et qu'on s'aime. Je t'aime, tu m'aimes, On s'aime. Je l'aime, il m'aime Et l'on s'aime Du matin jusqu'au soir Et du soir au matin...
|
| Eden blues

Eden blues roles et Musique: Georges Moustaki 1960 © 1960 Editions MCA Caravelle autres interprètes: Edith Piaf, Yvette Giraud En descendant le fleuve argent Qui roule jusqu'au Névada On voit la plaine qui s'étend A l'est de Santa Lucia Les villes s'appellent Natividad, San Miguel ou San Lorenzo Les filles s'appellent Soledad Les garçons gardent les troupeaux
C'est là que Jim a rencontré Sur une route un soir de pluie Catherine la fille d'un fermier Et qu'ils s'aimèrent toute la nuit Le soleil fait briller son or Dans quelques rares flaques d'eau Le cactus forme le décor Le chardon couvre les coteaux
C'est là qu'Adam le sénateur Est venu finir ses vieux jours Puis il est mort d'un coup au cœur On prétend que c'est du mal d'amour Mais les fleurs couchées par le vent Semblent prier pour son repos La lune verse une larme d'argent Sur la croix blanche du tombeau
En descendant le fleuve argent Qui roule jusqu'au Névada On voit la plaine qui s'étend A l'est de Santa Lucia Les villes s'appellent Natividad, San Miguel ou San Lorenzo Les filles s'appellent Soledad Les garçons gardent les troupeaux
|
| Elle a dit

Elle a dit Paroles: Edith Piaf. Musique: Gilbert Bécaud 1952
Elle a dit : "Tu sais, nous deux, c'est fini ! A quoi ça sert de s'accrocher ? Il faut savoir garder sa dignité, Et puis... j'aime pas voir un homme pleurer... Il vaut mieux qu'on se quitte bons amis, Comprends, aide-moi, et souris..." Alors il a fait comme elle demandait : Devant elle, en partant, il chantait
Là-là-là...
Elle a dit : "Tu sais, nous deux, c'est fini ! A quoi ça sert de s'accrocher ? Il faut savoir garder sa dignité, Et puis... j'aime pas voir un homme pleurer..." Quand il s'est couché seul dans son grand lit, Alors d'un coup, il a compris Que ça serait plus dur qu'il ne pensait, Et tout seul dans son lit, il pleurait...
Ah-ah-ah...
Il a dit : "J'peux pas croire que c'est fini ! Je sens que je vais m'accrocher... C'est très beau de garder sa dignité Et ça fait tellement de bien de pleurer. Quand je pense au jour qui va se lever, Aux choses qu'il me faudra cacher, Je sens que j'pourrai jamais m'habituer..." Pour finir dignement, il s'est...
Aaaah-aaaah-aaaah... Tout seul il pleure dans l'éternité...
|
| Elle fréquentait la rue Pigalle

Elle fréquentait la rue Pigalle Paroles: Raymond Asso. Musique: L.Maitrier 1939
Ell' fréquentait la rue Pigalle. Ell' sentait l'vice à bon marché. Elle était tout' noire de péchés Avec un pauvr' visage tout pâle. Pourtant, y avait dans l'fond d'ses yeux Comm' quequ' chos' de miraculeux Qui semblait mettre un peu d'ciel bleu Dans celui tout sale de Pigalle.
Il lui avait dit : "Vous êt's belle." Et d'habitud', dans c'quartier-là, On dit jamais les chos's comm' ça Aux fill's qui font l'mêm' métier qu'elle Et comme ell' voulait s'confesser, Il la couvrait tout' de baisers, En lui disant : "Laiss' ton passé, Moi, j'vois qu'un' chos', c'est qu' tu es belle."
Y a des imag's qui vous tracassent Et, quand ell' sortait avec lui, Depuis Barbès jusqu'à Clichy Son passé lui f'sait la grimace Et sur les trottoirs plein d'souv'nirs, Ell' voyait son amour s'flétrir, Alors, ell' lui d'manda d'partir, Et il l'emm'na vers Montparnasse.
Ell' croyait r'commencer sa vie, Mais c'est lui qui s'mit à changer. Il la r'gardait tout étonné, Disant : "J'te croyais plus jolie, Ici, le jour t'éclair' de trop, On voit tes vic's à fleur de peau. Vaudrait p't'êtr' mieux qu' tu r'tourn's là-haut Et qu'on reprenn' chacun sa vie."
Elle est r'tourné' dans son Pigalle. Y a plus personn' pour la r'pêcher. Elle a r'trouvée tous ses péchés, Ses coins d'ombre et ses trottoirs sales Mais quand ell' voit des amoureux Qui r'mont'nt la rue d'un air joyeux, Y a des larm's dans ses grands yeux bleus Qui coul'nt le long d'ses jou's tout's pâles.
|
| Embrasse-moi

Embrasse-moi Paroles: Jacques Prévert. Musique: Wal-Berg 1940
C'était dans un quartier de la ville Lumière Où il fait toujours noir où il n'y a jamais d'air Et l'hiver comme l'été là c'est toujours l'hiver Elle était dans l'escalier Lui à côté d'elle elle à côté de lui C'était la nuit Et elle lui disait Ici il fait noir Il n'y a pas d'air L'hiver comme l'été c'est toujours l'hiver Le soleil du bon Dieu ne brill' pas de notr' côté Il a bien trop à faire dans les riches quartiers Serre moi dans tes bras Embrasse-moi Embrasse-moi longtemps Embrasse-moi Plus tard il sera trop tard Notre vie c'est maintenant Ici on crèv' de tout De chaud de froid On gèle on étouffe On n'a pas d'air Si tu cessais de m'embrasser Il m'semble que j'mourrais étouffée T'as quinze ans j'ai quinze ans A nous deux ça fait trente A trente ans on n'est plus des enfants On a bien le droit de travailler On a bien celui de s'embrasser Plus tard il sera trop tard Notre vie c'est maintenant Embrasse-moi
|
| Enfin le printemps

Enfin le printemps Paroles: René Rouzaud. Musique: Marguerite Monnot 1954
Vises, mon Jules, Cette crapule Qui nous tombe sur les bras. Depuis le temps Qu'on l'attend, Comme une bombe, le voilà. Le voilà, le printemps, Tout fleuri de lilas Qui rapplique en dansant, En dansant la java. Le voilà, ce voyou, Au son d' l'accordéon Qui court le guilledou En poussant la chanson. Entend comme ça chahute Dans tous les palpitants. L'hiver se tire des flûtes. Enfin le printemps...
Ne fais pas la tête. Tu serais bien bête De te faire du mouron Quand sur toute la terre Flotte un petit air De révolution. J'ai sorti pour toi Ma robe de soie, Mes colifichets Pour dormir sur l'herbe En écoutant tinter les muguets...
Vises, mon Jules, Cette crapule Qui nous tombe sur les bras. Depuis le temps Qu'on l'attend Comme une bombe, le voilà. Le revoilà, le printemps Tout fleuri de lilas Qui rapplique en dansant, En dansant la java. 'y a la foule dans les rues Qui suit les orphéons, Des épaules toutes nues Et du monde au balcon. C'est la fête aux poètes Et je t'aime éperduement Et ça tourne dans ma tête. Enfin le printemps...
J'ai le vertige dans tes yeux. Je voltige dans du bleu. Je vois double et c'est mieux. Vise mon cœur tout là-haut... Qui fait du cerf-volant. Rattrape-le si tu peux, Mon amour, mon amour Qui fout le camp... Enfin le printemps !!!
|
| Entre Saint-Ouen et Clignancourt

Entre Saint-Ouen et Clignancourt Paroles: M.Aubret. Musique: A.Sablon 1933
J'ai vendu des fleurs aux terrasses Quand j'avais dix-sept ans Mais la roue tourne, le temps passe : J'ai du fric, à présent. Eh bien ! Malgré mon compte en banque, Ma bagnole, mes bijoux, Certains jours quelque chose me manque. J'ai l'cafard tout à coup.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt, De temps en temps faut qu'j'fasse un tour Sur la zone. Je r'trouve alors tout mon passé, Le ciel si doux, les durs pavés, L'herbe jaune Et, pataugeant dans les ruisseaux, Des bandes de gosses moitié poulbots, Moitié faunes, L'odeur de frites et de lilas. En frissonnant je r'trouve tout ça Sur la zone.
A mon avis, les gens du monde Ne sav'nt pas fair' l'amour. Au moment critique ils abondent En bobards, en discours, Alors cell's qui, comm' moi, connaissent C'que c'est qu'un mâle, un vrai, Cell's 'là s'dis'nt : un mec, en vitesse Et je me rattrap'rai.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt, De temps en temps faut qu'j'fasse un tour Sur la zone. On s'envoie chez le gros Léon, Tandis que chant' l'accordéon, Un vieux Beaune. C'est le printemps et c'est le soir. Calmes et forts, devant l'comptoir, Des gars trônent Et dans l'tas on n'a qu'à choisir Pour apaiser tous les désirs Sur la zone.
Quelquefois mêm' le cœur s'en mêle Et pour entendre mieux, La voix qui dit : "Môm' c'que t'es belle" On ferme les deux yeux Mais on n'vit d'amour et d'eau claire Que dans certains romans, Alors, bien vite, on s'fait la paire Sans rêver plus longtemps.
Entre Saint-Ouen et Clignancourt Je suis rev'nue hier faire un tour Sur la zone. Quel chang'ment alors j'ai trouvé : On démolit de tous côtés. Quel cyclone... Plus d'bosquets, plus d'baraqu's en bois, Plus d'ces chansons qu'étaient pour moi Une aumône Et devant mes souv'nirs détruits, Tout' seul' j'ai pleuré dans la nuit Sur la zone.
|
| Escale

Escale Paroles: J.Marèze. Musique: M.Monnot 1945
Le ciel est bleu la mer est verte Laisse un peu la f'nêtre ouverte
Le flot qui roule à l'horizon Me fait penser à un garçon Qui ne croyait ni Dieu ni diable Je l'ai rencontré vers le nord Un soir d'escale sur un port Dans un bastringue abominable L'air sentait la sueur et l'alcool Il ne portait pas de faux col Mais un douteux foulard de soie En entrant je n'ai vu que lui Et mon cœur en fut ébloui De joie
Le ciel est bleu la mer est verte Laisse un peu la f'nêtre ouverte
Il me prit la main sans un mot Il m'entraîna hors du bistro Tout simplement d'un geste tendre Ce n'était pas un compliqué Il demeurait au bord du quai Je n'ai pas cherché à comprendre Sa chambre donnait sur le port Des marins saouls chantaient dehors Un bec de gaz un halo blême Éclairait le triste réduit Il m'écrasait tout contre lui Je t'aime
Le ciel est bleu la mer est verte Laisse un peu la f'nêtre ouverte
Son baiser me brûle toujours Est ce là ce qu'on dit l'amour Son bateau mouillait dans la rade Chassant les ombres de la nuit Au jour naissant il s'est enfui Pour rejoindre ses camarades Je l'ai vu monter sur le pont Et si je ne sais pas son nom Je connais celui du navire Un navire qui s'est perdu Quant au marin je ne l'ose plus Rien dire
Le ciel est bas la mer est grise Ferme la f'nêtre à la brise
|
| |
|