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alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 19/12/2007 à 23:49 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
Citation:
Je sais moi des sorciers qui invoquent les jets
Dans la jungle de Nouvelle-Guinée
Ils scrutent le zénith convoitant les guinées
Que leur rapporterait le pillage du fret

Sur la mer de corail au passage de cet
Appareil ces créatures non dénuées
De raison ces papous attendent des nuées
L'avarie du Viscount et celle du Comet

Et comme leur totem n'a jamais pu abattre
A leurs pieds ni Bœing ni même D.C. quatre
Ils rêvent de hijacks et d'accidents d'oiseaux

Ces naufrageurs naïfs armés de sarbacanes
Qui sacrifient ainsi au culte du cargo
En soufflant vers l'azur et les aéroplanes.




Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 19/12/2007 à 23:51 supprimer cette contribution

Petite piqûre de rappel.
alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 22/12/2007 à 16:48 supprimer cette contribution
ça tient!
alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 22/12/2007 à 18:00 supprimer cette contribution
Citation:

L'homme a créé des dieux l'inverse tu rigoles
Croire c'est aussi fumeux que la ganja
Tire sur ton joint pauvre rasta
Et inhale tes paraboles

Là bas en Ethiopie est une sombre idole
Haïlé Sélassié négus roi des rois
Descendant de Moïse à ce qu'en croient
Certains quant à moi je les crois sur parole

Des esclaves le protègent sous de noirs parasols
Du ciel blanc d'Addis Abéba
A ses pieds un lionceau embême de Juda
Symbole

Dans son lointain palais le négus s'isole
Prisonnier après un nouveau coup d'état
Peut être passé par les armes va savoir qui ou quoi
Demande donc à la C.I.A ou Interpol


nettement plus polémique, mais pas mal non plus, non? (les trois dernières strophes ça se lit un peu comme du Heredia - moins la prosodie classique parfaite toutefois)

alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 09/01/2008 à 04:02 supprimer cette contribution
Citation:
Quand le premier chantre du monde
Expira sur les bords glacés,
Où l'Ebre effrayé dans son onde
Reçut ses membres dispersés,
Le Thrace errant sur les montagnes,
Remplit les bois et les campagnes
Du cri perçant de ses douleurs :
Les champs de l'air en retentirent,
Et dans les antres qui gémirent,
Le lion répandit des pleurs.

La France a perdu son Orphée ;
Muses, dans ces moments de deuil,
Elevez le pompeux trophée
Que vous demande son cercueil :
Laissez par de nouveaux prodiges,
D'éclatants et dignes vestiges
D'un jour marqué par vos regrets.
Ainsi le tombeau de Virgile
Est couvert du laurier fertile
Qui par vos soins ne meurt jamais.

D'une brillante et triste vie
Rousseau quitte aujourd' hui les fers,
Et loin du ciel de sa patrie,
La mort termine ses revers.
D'où ses maux ont-ils pris leur source ?
Quelles épines dans sa course
Etouffaient les fleurs sous ses pas ?
Quels ennuis ! Quelle vie errante,
Et quelle foule renaissante
D'adversaires et de combats !

Vous, dont l'inimitié durable
L'accusa de ces chants affreux,
Qui méritaient, s'il fût coupable,
Un châtiment plus rigoureux ;
Dans le sanctuaire suprême,
Grâce à vos soins, par Thémis même
Son honneur est encore terni.
J'abandonne son innocence ;
Que veut de plus votre vengeance ?
Il fut malheureux et puni.

Jusques à quand, mortels farouches,
Vivrons-nous de haine et d'aigreur ?
Prêterons-nous toujours nos bouches
Au langage de la fureur ?
Implacable dans ma colère,
Je m'applaudis de la misère
De mon ennemi terrassé ;
Il se relève, je succombe,
Et moi-même à ses pieds je tombe
Frappé du trait que j'ai lancé.

Songeons que l'imposture habite
Parmi le peuple et chez les grands ;
Qu'il n'est dignité ni mérite
A l'abri de ses traits errants ;
Que la calomnie écoutée,
A la vertu persécutée
Porte souvent un coup mortel,
Et poursuit sans que rien l'étonne,
Le monarque sous la couronne,
Et le pontife sur l'autel.

Du sein des ombres éternelles
S'élevant au trône des dieux,
L'envie offusque de ses ailes
Tout éclat qui frappe ses yeux.
Quel ministre, quel capitaine,
Quel monarque vaincra sa haine,
Et les injustices du sort !
Le temps à peine les consomme ;
Et jamais le prix du grand homme
N'est bien connu qu'après sa mort.

Oui, la mort seule nous délivre
Des ennemis de nos vertus,
Et notre gloire ne peut vivre
Que lorsque nous ne vivons plus.
Le chantre d'Ulysse et d'Achille
Sans protecteur et sans asile,
Fut ignoré jusqu'au tombeau :
Il expire, le charme cesse,
Et tous les peuples de la Grèce
Entr'eux disputent son berceau.

Le Nil a vu sur ses rivages
De noirs habitants des déserts,
Insulter par leurs cris sauvages
L'astre éclatant de l'univers.
Crimes impuissants ! Fureurs bizarres !
Tandis que ces monstres barbares
Poussaient d'insolentes clameurs,
Le dieu poursuivant sa carrière,
Versait des torrents de lumière
Sur ses obscurs blasphémateurs.

Souveraine des chants lyriques,
Toi que Rousseau dans nos climats
Appela des jeux olympiques,
Qui semblaient seuls fixer tes pas ;
Par qui ta trompette éclatante
Secondant ta voix triomphante,
Formera-t-elle des concerts ?
Des héros, Muse magnanime,
Par quel organe assez sublime
Vas-tu parler à l' univers ?

Favoris, élèves dociles
De ce ministre d'Apollon,
Vous à qui ses conseils utiles
Ont ouvert le sacré vallon ;
Accourez, troupe désolée,
Déposez sur son mausolée
Votre lyre qu'il inspirait ;
La mort a frappé votre maître,
Et d'un souffle a fait disparaître
Le flambeau qui vous éclairait.

Et vous dont sa fière harmonie
Egala les superbes sons,
Qui reviviez dans ce génie
Formé par vos seules leçons ;
Mânes d'Alcé et de Pindare,
Que votre suffrage répare
La rigueur de son sort fatal.
Dans la nuit du séjour funèbre,
Consolez son ombre célèbre,
Et couronnez votre rival.


et ça, de Lefranc de Pompignan?

Curieux soleil pourtant que l’œuvre de JB Rousseau -et curieux bonhomme
(exemple :
Citation:
À UN PIED-PLAT
Qui faisait courir de faux bruits contre moi.

Vil imposteur, je vois ce qui te flatte :
Tu crois peut-être aigrir mon Apollon
Par tes discours ; et, nouvel Érostrate,
À prix d’honneur, tu veux te faire un nom ?
Dans ce dessein tu sèmes, ce dit-on,
D’un faux récit la maligne imposture.
Mais dans mes vers, malgré ta conjecture,
Jamais ton nom ne sera proféré ;
Et j’aime mieux endurer une injure,
Que d’illustrer un faquin ignoré.



), mais l’ode de Pompignan est belle, non? Et je ne crois pas que le parfait magicien (selon Baudelaire) Théophile Gautier n'aura pas appréciée cette ode à un soleil au siècle suivant où il écrivit Ténèbres.
alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:17 supprimer cette contribution
finalement le poème entier cité n'a pas tenu longtemps (ce sonnet n'est pourtant qu'un extrait de l'intégralié de la chanson, qui en contient un autre et un quatrain ).
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:26 supprimer cette contribution
À regarder le monde s'agiter et paraître
En habit d'imposture et de supercherie,
On peut être mendiant et orgueilleux de l'être
Et porter ses guenilles sans en être appauvri.

L'humour n'a pas de rang : il traîne dans la rue
Avec la dérision pour compagne fidèle.
La force est impuissante devant les mains nues
De ceux qui savent rire encore, et de plus belle

On voit sur le trottoir des maîtres philosophes
Qui n'ont jamais rien lu, mais qui ont tout compris.
On voit dans le ruisseau des filles qui vous offrent
Un instant qui ressemble à mille et une nuits.

Il y a des enfants rois que le soleil couronne
Même si leurs palais ne sont que des taudis;
Ils vivent en seigneurs dans une Babylone
Aux jardins suspendus de légumes et des fruits

À l'heure où tous les bruits de la ville se taisent,
Un verre de thé noir à l'ombre d'un café,
Un peu d'herbe qui brûle sur un feu de braise,
Le paradis perdu est enfin retrouvé.

(Moustaki)
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:35 supprimer cette contribution
Je l'aime beaucoup ce poème de Moustaki !

Surtout la quatrième strophe !

Tout cela est vrai
alizel - 1112925lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:48 supprimer cette contribution
...et c'est tellement bien dit!
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:49 supprimer cette contribution
Citation:
Je l'aime beaucoup ce poème de Moustaki !
Celui-là se défend aussi :

Votre fille a vingt ans, que le temps passe vite;
Madame, hier encore, elle était si petite
Et ses premiers tourments sont vos premières rides,
Madame,
Et vos premiers soucis.

Chacun de ses vingt ans pour vous a compté double,
Vous connaissez déjà tout ce qu'elle découvre;
Vous avez oublié les choses qui la troublent,
Madame,
Et vous troublaient aussi.

On la trouvait jolie et voici qu'elle est belle
Pour un individu presqu'aussi jeune qu'elle;
Un garçon qui ressemble à celui pour lequel,
Madame,
Vous aviez embelli.

Ils se font un jardin d'un coin de mauvaise herbe,
Nouant la fleur de l'âge en un bouquet superbe,
Il y a longtemps que nul ne vous a mise en gerbe,
Madame,
Le printemps vous oublie.

Chaque nuit, qui vous semble à chaque nuit semblable
Pendant que vous rêvez vos rêves raisonnables,
De plaisir et d'amour, ils se rendent coupables,
Madame,
Au creux du même lit.

Mais coupables jamais n'ont eu tant d'innocence,
Aussi peu de regrets et tant d'insouciance
Qu'ils ne demandent même pas votre indulgence,
Madame,
Pour leurs tendres délits.

Jusqu'au jour où peut-être à la première larme,
À la première peine d'amour et de femme,
Il ne tiendra qu'à vous de sourire,
Madame,
Pour qu'elle vous sourie.
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:53 supprimer cette contribution
Oui,
Celui-ci je m'en souviens bien ;

En fait il décrit avec aisance et sincérité les vraies choses de la vie !
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:54 supprimer cette contribution
Celui-ci semble plus adapté au présent serveur :

Je ne t'attends pas au bout d'une ligne droite
Je sais qu'il faudra faire encore des détours
Et voir passer encore des jours et des jours
Mais sans que rien ne vienne éteindre notre hâte

Il pleut chez toi, chez moi le soleil est de plomb
Quand pourrons-nous enfin marier nos saisons
Quand pourrons-nous rentrer ensemble à la maison
Nous avons le temps, mais pourquoi est-ce si long

Mes habits ont parfois des traces de poussière
Et le parfum fané des amours passagères
Qui m'ont rendu ma solitude plus légère
A l'aube de mes nuits blanches et solitaires

Et toi mon bel amour, dis moi s'il y a des hommes
Qui t'ont rendu la vie un peu moins monotone
Qui t'aident à supporter l'hiver après l'automne
Et les silences obstinés du téléphone

Nous nous raconterons nos triomphes, nos fêtes
Mais comment s'avouer toutes nos défaites
L'angoisse qui nous tient, l'angoisse qui nous guette
Et s'accroche à chaque pensée, à chaque geste

Je sais que tu seras au bout de mes voyages
Je sais que tu viendras malgré tous les détours
Nous dormirons ensemble et nous ferons l'amour
Dans un monde réinventé à notre image
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 22:58 supprimer cette contribution
.....
Il a peur des hautes herbes,
Et de ces fantômes errant,
Dans le crépuscule venant
Enfin apaiser ses craintes
De son enfance hurlante,
La tête baissée, les mains jointes,
Sur son beau visage imberbe.
.....
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 15/01/2008 à 23:01 supprimer cette contribution
Ouh ...

Qu'il est touchant ce poème
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 16/01/2008 à 08:39 supprimer cette contribution
et celui-ci, toujours du même ?

La carte du Tendre

Le long du fleuve qui remonte
Par les rives de la rencontre
Aux sources d'émerveillement
On voit dans le jour qui se lève
S'ouvrir tout un pays de rêve
Le tendre pays des amants
On part avec le cœur qui tremble
Du bonheur de partir ensemble
Sans savoir ce qui nous attend
Ainsi commence le voyage
Semé d'écueils et de mirages
De l'amour et de ses tourments

Quelques torrents de médisance
Viennent déchirer le silence
Essayant de tout emporter
Et puis on risque le naufrage
Lorsque le vent vous mène au large
Des îles d'infidélité
Plus loin le courant vous emporte
Vers les rochers de la discorde
Et du mal à se supporter
Enfin la terre se dénude
C'est le désert de l'habitude
L'ennui y a tout dévasté

Quand la route paraît trop longue
Il y a l'escale du mensonge
L'auberge de la jalousie
On y déjeune de rancune
Et l'on s'enivre d'amertume
L'orgueil vous y tient compagnie
Mais quand tout semble à la dérive
Le fleuve roule son eau vive
Et l'on repart à l'infini
Où l'on découvre au bord du Tendre
Le jardin où l'on peut s'étendre
La terre promise de l'oubli


1103900 Publié le 16/01/2008 à 08:47 supprimer cette contribution
agréable lecture de si bon matin..
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 16/01/2008 à 08:47 supprimer cette contribution
Comme j'aimerais que quelqu'un m'écrive de tels vers !
Ils parlent des choses de la vie de façon si poétique
Professeur Paganel - Assigné à résidence - 980920 lui écrire blog Publié le 16/01/2008 à 14:22 supprimer cette contribution
Citation:
Ils parlent des choses de la vie de façon si poétique
Je veux !

La fille près de qui je dors
M'enroule dans ses cheveux d'or
Comme une araignée dans sa toile

Moi j'en appelle à mon étoile
Qui me fera trouver le Nord

Les bateaux reposent encore
Dans les eaux profondes du port
Épuisés par leur long voyage

Moi j'en appelle au vent du large
Qui me fera quitter le bord

Et la nuit que défie l'aurore
N'est plus que l'envers du décor
De tous mes rêves périssables

J'en appelle au désert de sable
Qui me fera trouver de l'or

Je m'en irai l'âme et le corps
Guidés par un commun accord
De tous mes sens insatiables

J'en appelle à Dieu à Diable
Qui me feront trouver la mort
Diane - My blessed engagement - 2025831 lui écrire blog Publié le 03/02/2008 à 15:02 supprimer cette contribution
J'aime ces vers de José-Maria de Hérédia !

Chaque soir, espérant des lendemains épiques,
L'azur phosphorescent de la mer des Tropiques
Enchantait leur sommeil d'un mirage doré ;

Ou penchés à l'avant des blanches caravelles,
Ils regardaient monter en un ciel ignoré
Du fond de l'océan des étoiles nouvelles.

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