Bientôt minuit, bientôt la nuit, toujours ce gris au compteur ! Dans le noir complet, un téléphone sonne, c’nest plus l’heure Cette sonnerie grêle insolite, inhabituelle et venue d’ailleurs Ce grand miroir mural, reflétant ce visage terne et chiffonné N’importe où, à n’importe quelle heure, témoin de sa peur Cette peur omniprésente, frôlant l’indécence sans leurres. Qu’importent les non-dits, la fade noirceur de sa triste vie. Naïve autrefois, c’est avec ample lucidité qu’aujourd’hui, Vaincue mais sereine, elle sillonne le chemin glacial de l’oubli, Rêvant d’un autre paradis, blanc, où ne règne que pureté, Où les démons sont bannis, les tortionnaires enfin jugés ! Pourquoi croire en ce monde, où règne la corruption, Où les monstres coupables jouissent de divins plaisirs, Où les innocents bafoués, meurtris, salis dans leur chair, Doivent vivre sous le poids de l’injustice pour l’éternité Les laissant choir dans de vastes contrées au goût amer. Plus de place pour le rêve, plus de trêves, plus de répits, Ainsi va le chemin sinueux à souhait, face à l’ennemi. Lui, il se fait passer pour roi, enjôleur et sournois. Elle, il en fait sa proie, indigne, habitée par la folie ! Soumise, il la désirait pour lui ! Rebelle, sans foi ni loi, Elle, enfin, se libère de ses trop lourdes chaînes, meurtrie A jamais ! Son existence, sa force et sa douce survie Elle les puise dans l’amour irraisonné, pur et puissant, Que seule une maman comblée et aimante a pour ses enfants.
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