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1312177 Publié le 10/04/2005 à 19:44 Demander à la modératrice de supprimer ce forum
livres, auteurs, poètes, qui ont sucité un plaisir de lire ...

pour ma part Arthur Rimbaud tient la chandelle, ils sont tous merveilleux les poètes, Victor hugo, Ronsard, Baudelaire, Verlaine,Lamartine...et j'en passe ...vous aimez un poème, vous l'avez lu et vous l'avez laissé vous pénétrer l'âme et l'esprit...

le poème qui suit a sur moi un effet inexprimable...il me semble tellement ancré de véracité



Sensation


Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue,
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la nature, heureux comme avec une femme.


mars 1870

xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 06:52 supprimer cette contribution
moi, c'est le rêve familier de verlaine qui me fait cet effet là (mais sinon je voue aux nues rimbaud )

Mon rêve familier

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime,
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Poème extrait de Melancholta (1866) in Poèmes Saturniens


Mladen - 595300 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 07:36 supprimer cette contribution
Oh, punaise! Un de mes poèmes préférés de Verlaine! Un chef d'oeuvre!!!
FRANK - 770362 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 08:35 supprimer cette contribution
"Les joujoux de la morte" de Théophile Gautier...à chaque fois, j'en ai les larmes aux yeux... à tous


La petite Marie est morte,
Et son cercueil est si peu long
Qu'il tient sous le bras qui l'emporte
Comme un étui de violon.
Sur le tapis et sur la table
Traîne l'héritage enfantin,
Les bras ballants, l'air lamentable,
Tout affaissé, gît le pantin.
Et si la poupée est plus ferme,
C'est la faute de son bâton ;
Dans son œil une larme germe,
Un soupir gonfle son carton.
Une dînette abandonnée
Mêle ses plats de bois verni
A la troupe désarçonnée
Des écuyers de Franconi.
La boîte à musique est muette ;
Mais, quand on pousse le ressort
Où se posait sa main fluette,
Un murmure plaintif en sort.
L'émotion chevrote et tremble
Dans : Ah ! vous dirai-je maman !
Le Quadrille des Lanciers semble
Triste comme un enterrement,
Et des pleurs vous mouillent la joue
Quand la Donna è mobile,
Sur le rouleau qui tourne et joue,
Expire avec un son filé.
Le cœur se navre à ce mélange
Puérilement douloureux,
Joujoux d'enfant laissés par l'ange,
Berceau que la tombe a fait creux !
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 10:27 supprimer cette contribution
c'est épouvantable ce poème franky !!!
1391587 Publié le 11/04/2005 à 13:00 supprimer cette contribution
FRANK - 770362 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 18:02 supprimer cette contribution
ça plait à Necro en tout cas!!!!!

...celui là aussi est pas mal :

Demain, dès l'aube...de Victor Hugo


Demain, dès l'aube, à l'heure où blanchit la campagne,
Je partirai. Vois-tu, je sais que tu m'attends,
J'irai par la forêt, j'irai par la montagne,
Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps,

Je marcherai les yeux fixés sur mes pensées,
Sans rien voir au dehors, sans entendre aucun bruit,
Seul, inconnu, le dos courbé, les mains croisées,
Triste, et le jour pour moi sera comme la nuit,

Je ne regarderai ni l'or du soir qui tombe
Ni les voiles au loin descendant vers Harfleur,
Et quand j'arriverai, je mettrai sur ta tombe
Un bouquet de houx vert et de bruyère en fleur,




xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 11/04/2005 à 19:49 supprimer cette contribution
1391587 Publié le 12/04/2005 à 10:38 supprimer cette contribution
1391587 Publié le 12/04/2005 à 13:10 supprimer cette contribution
if there are any heavens my mother

if there are any heavens my mother will(all by herself)have
one. It will not be a pansy heaven nor
a fragile heaven of lilies-of-the-valley but
it will be a heaven of blackred roses

my father will be(deep like a rose
tall like a rose)

standing near my

(swaying over her
silent)
with eyes which are really petals and see

nothing with the face of a poet really which
is a flower and not a face with
hands
which whisper
This is my beloved my

(suddenly in sunlight

he will bow,

& the whole garden will bow)



ee cummings

1312177 Publié le 12/04/2005 à 20:30 supprimer cette contribution
en parlant de "mon rêve familier" de verlaine coïncidence étrange ce dimanche un ami avec qui j'avais la même conversation au sujet des poèmes qui étreignent l'âme et l'esprit il m'a cité ce dernier je ne le connaissait pas mais en le lisant je l'ai tt de suite ressenti...par contre "les joujous de la mortes" c'est pas un peu morne, et terriblement révoltant franck...
"demain dès l'aube"
je trouve en ce poème un lien familier avec sensation, ce désir d'aventure, ou de fuite d'ailleurs ce besoin d'être libre et heureux, merci à tous...
je voudrais partager celui ci avec vous "la chanson de barberine" d'alfred de vigny...je pense qu'il s'applique encore de nos jours à certains...grosses bises


Chanson de Barberine

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire si loin d'ici?
Voyez-vous pas que la nuit est profonde,
Et que le monde n'est que souci?

Vous qui croyez qu'une amour délaissée
De la pensée s'enfuit ainsi,
Hélas! hélas! chercheurs de renommée,
Votre fumée s'envole aussi.

Beau chevalier qui partez pour la guerre,
Qu'allez-vous faire si loin de nous?
J'en vais pleurer, moi qui me laissais dire
Que mon sourire était si doux.

FRANK - 770362 lui écrire blog Publié le 13/04/2005 à 07:42 supprimer cette contribution
Comme on parle de Verlaine (mon chouchoux), je n'hésite pas au plaisir de vous faire partager ceci :

Soleils couchants

Une aube affaiblie
Verse par les champs
La mélancolie
Des soleils couchants.
La mélancolie
Berce de doux chants
Mon coeur qui s'oublie
Aux soleils couchants.
Et d'étranges rêves
Comme des soleils
Couchants sur les grèves,
Fantômes vermeils,
Défilent sans trêves,
Défilent, pareils
À des grands soleils
Couchants sur les grèves.

Je pense que ce poème est souvent oublié...il est supérieur à mon goût à la fameuse :
Chanson d'automne

Les sanglots longs
Des violons
De l'automne
Blessent mon coeur
D'une langueur
Monotone.
Tout suffocant
Et blême, quand
Sonne l'heure,
Je me souviens
Des jours anciens
Et je pleure ;
Et je m'en vais
Au vent mauvais
Qui m'emporte
Deçà, delà,
Pareil à la
Feuille morte.
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 13/04/2005 à 07:47 supprimer cette contribution
mae, que penses-tu de celui-ci ?

Le chant des Harpies

La lune se noie dans le lierre.
Vêtues de blanc, vêtues de noir,
Aiguisons l'ongle sur la pierre.

Regarde, regarde-moi, ma soeur,
Et quatre miroirs dans nos yeux
Et huit et seize et l'infini.
J'entends la proie venir vers la soif de nos bouches,
Je sens son odeur de pâleur.
J'entends battre un flot rouge aux falaises des os,
Entends-tu, entends-tu ma soeur ?
J'entends des lacs de crin crisser sur le chemin,
Brune résille de la peur.
Regarde, regarde-moi, ma soeur,
Et quatre miroirs dans nos yeux
Et huit et seize et l'infini.

La lune se noie dans le lierre.
Vêtues de blanc, vêtues de noir,
Aiguisons l'ongle sur la pierre.


(Gabrielle Wittkop)
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 13/04/2005 à 07:47 supprimer cette contribution
et de celui-ci ?

Articulations

Et go to go and go
Et garce !
Sarcospèle sur Saricot
Bourbourane à Talico
ou te bourdourra le bodogo,
Bodogi.
Croupe, croupe à la Chinon,
Et bourrecul à la misère.


(Henri Michaux)
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 13/04/2005 à 07:48 supprimer cette contribution
ou encore celui-ci ?

Un bœuf gris de la Chine
couché dans son étable
étire son échine
et dans le même instant
un bœuf de l’Uruguay
se retourne pour voir
si quelqu’un a bougé
passe sur l’un et l’autre
à travers jour et nuit
l’oiseau qui fait sans bruit
le tour de la planète
et jamais ne la touche
et jamais ne s’arrête.


(Jules Supervielle)
L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 13/04/2005 à 21:39 supprimer cette contribution
De Louise Labbé (16ème siècle)que j'ai connu grace à une forumeuse (que je remercie) dans "plaisir d'écrire"

Je vis, je meurs : je me brule et me noye
J’ay chaut estreme en endurant froidure
La vie m’est et trop molle et trop dure
J’ay grans ennuis entremeslez de joyes

Tout à coup je ris et je larmoye
Et en plaisir maint grief tourment j’endure
Mon bien s’en va, et à jamais il dure
Tout en un coup je seiche et je verdoye

Ainsi Amour inconstamment me meine
Et quand je pense avoir plus de douleur,
Sans y penser je me trouve hors de peine.

Puis quand je croy ma joye estre certeine,
Et estre au haut de mon desiré bonheur,
Il me remet en mon premier malheur.

Je propose cette "traduction" pour ceux qui auront peut-être un peu de mal avec ce vieux françois

Je vis, je meurs. Je me brûle et me noie
J'ai très chaud tout en souffrant du froid
La vie m'est à la fois douceur et souffrance
J'ai de gros chagrins entremêlés de joie

Tout à coup je ris et je sanglote
Et avec plaisir j'endure tous les tourments
je suis pauvre et riche à la fois jusqu'à la fin des temps
En même temps, je m'assèche et m'épanouis

Ainsi l'amour inconstant me mène
Et quand je pense avoir plus de douleur
Sans y penser je me trouve hors de peine

Puis quand je pense être sûre de ma joie
Et être au sommet du bonheur que je désire
Il me remet en mon premier malheur




Voir ici son excellent: Baise m'encor, rebaise moy et baise: /forum/topic.asp?topic_id=28502


1312177 Publié le 14/04/2005 à 14:54 supprimer cette contribution
salut frank,
pour "soleils couchants" pour moi grande découverte mais trop mélancolique par contre chanson d'automne est un classique personne ne l'oublie il rime avec verlaine maintenant dès que t'en parle on te cite les sanglots longs...amicalement grosses bises
salut ziane,
pour le chant des harpies je pense que ta gabrielle était pas 100% hétéro, henri michaux a dû être super inspiré pour "articulations" et par contre jules supervielle était inspiré par les boeufs et els oiseaus si ce n'est qu'il les compare à la nature humaine de certaines personnes faceà la vie ...très jolie!
salut zorro,
bisou mon ange, tu as connu louise labbé et je remercie celle qui te l'a fait connaître...d'autre part je te hais parce que tu connais mes gouts en poésie et que tu l'as mis là tt en sachant que j'allais l'adorer...je vais le mémoriser d'ailleurs par coeur...

je vous embrasse tous et vous remercie, vous refaites mon éducation sentimentale peu à peu....
1312177 Publié le 14/04/2005 à 16:34 supprimer cette contribution
J'ai envie de partager avec vous une poésie d'un de nos auteurs actuels, je trouve la fin de son poème admirable il s'appelle greg H:
Coeur de pieuvre

Si ton cœur est une pierre et que tes larmes de sable
Déchirent tes yeux et transforment ton visage aimable.
Si le flegme entoure les contours de ta silhouette
Et absorbe tes jours et enferme tes gestes.
Quelle miraculeuse lumière saurait atteindre ton ombre ?

Ton cœur est une pierre qui veut briser le monde
Mais ce monde est trop fière, ce monde est trop haut,
Pour qu’un cailloux empli de haine n’atteigne son diadème.
Et tes pleurs sont trop secs pour attendrir le marbre de son architecte.

Sous ta pierre pourtant il y a une forme suspecte.
Sous ta pierre c’est la pieuvre endormie, abyssale
Et qui respecte ton choix, et qui n’attend rien de ton mal.
Ses artères, bras profonds, bras en croix, bras d’amour
Attendent d’embrasser avec, tout ce qui vit alentour.

Moi qui fût ton jumeau,
L’habit le plus juste de jeunesse et révolte
J’ai laissé tomber cette pierre dans un puits de sanglots
Pour laisser aller la pieuvre désinvolte.

Et mon seul drame d’aujourd’hui
C’est de n’avoir plus assez de ce cœur
Pour m’aimer moi-même.

Mais le miracle s’est produit,
Le monde reste au monde infecte
Mais mon cœur de pieuvre
Me hisse plus haut que lui.

xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 15/04/2005 à 07:31 supprimer cette contribution
mae, va falloir que je le relise sur le papier là j'ai du mal

pour le reste
Citation:
salut ziane,
pour le chant des harpies je pense que ta gabrielle était pas 100% hétéro
je suis xiane et pas ziane (mais c'est pas (très) grave) et oui, elle était 100% lesbienne la vieille dame indigne, et ... chose rigolote, elle a malgré tout épousé un homme (mais 100% homo lui aussi) !!
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 15/04/2005 à 13:45 supprimer cette contribution
mae, même sur le papier je n'ai pas tout compris et j'ai été moins sensible que toi à ce texte ...

comme quoi on peut aimer les mêmes choses, certaines fois, mais pas tout le temps
1312177 Publié le 15/04/2005 à 17:48 supprimer cette contribution
euh xiane c'est ça? bisou d'excuse pr mon manque d'attention... apparement les poètes actuels ont du mal à se faire comprendre...100% homo et 100% hétéro tu disais un couple spécial, devrais-t-on les envier?
xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 15/04/2005 à 20:14 supprimer cette contribution
un jour je te raconterai leur histoire, et non, je ne pense pas que leur histoire (dont il faut parler au passé) était enviable ...

mais c'était une sacrée bonne-femme que cette gabrielle wittkop elle a écrit, notamment, le nécrophile qui est un superbe bouquin, malsain, oui, mais poétiquement gothique
L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 19/04/2005 à 17:39 supprimer cette contribution
Afin que tu me détestes un peu plus, Mae:


Las ! que me sert, que si parfaitement
Louas jadis et ma tresse doree,
Et de mes yeus la beauté comparee
A deus soleils, dont Amour finement

Tira les trets causez de ton tourment ?
Où estes vous, pleurs de peu de duree ?
Et Mort par qui devoit estre honoree
Ta ferme amour et iteré serment ?

Donques c'estoit le but de ta malice
De m'asservir sous ombre de service ?
Pardonne moy, Ami, à cette fois,

Estant outree et de despit et d'ire :
Mais je m'assure, quelque part que tu sois,
Qu'autant que moy tu soufres de martire.


Las, à quoi me sert que, si plaisammant,
Tu loues autrefois, et mes tresses dorées,
Et la beauté de mes yeux comparés
A deux soleils, dont Amour adroitement

Tira les flèches, causes de ton tourment.
Où êtes vous, sanglots éphémères?
Et mort par qui devait être honorée
Tes serments d'amour éternel?

Alors, c'était fourberie de ta part
De m'asservir, faisant semblant de me servir?
Pardonne-moi, amie, mais aujourd'hui

Submergée de dépit et de colère
Je me persuade qu'où que tu sois,
Autant que moi, tu souffres le martyr.






xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 19/04/2005 à 20:02 supprimer cette contribution
tudieue ce que c'est beau !!!
L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 20/04/2005 à 11:47 supprimer cette contribution

N'est-ce pas qu'elle est fichtrement moderne?
L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 20/04/2005 à 12:15 supprimer cette contribution


O longs désirs, O esperances vaines,
Tristes soupirs et larmes coutumieres
A engendrer de moy maintes rivieres,
Dont mes deus yeus sont sources et fontaines :

O cruautez, o durtez inhumaines,
Piteus regars des celestes lumieres :
Du coeur transi o passions premieres,
Estimez vous croitre encore mes peines ?

Qu'encor Amour sur moy son arc essaie,
Que nouveaus feus me gette et nouveaus dars :
Qu'il se despite, et pis qu'il pourra face :

Car je suis tant navree en toutes pars,
Que plus en moy une nouvelle plaie,
Pour m'empirer ne pourroit trouver place.


O longs désirs, O espérances vaines
Tristes soupirs et trop fréquentes larmes
Qui font couler de moi maintes rivières
Dont mes deux yeux sont sources et fontaines

O cruautés, O duretés inhumaines
Regards compatissants des célestes lumières
Du coeur transi, O passions primitives
Ferez-vous encore augmenter mes peines?

Qu'à nouveau l'amour essaye son arc sur moi
Qu'à nouveau,il me jette ses feux et ses flèches
Qu'il se fâche et me fasse le pire...


Car je suis tellement blessée de toute part
Qu'aucune nouvelle plaie ne pourrait sur moi
Trouver une place et empirer mon état.




xiane - 381776 lui écrire blog Publié le 20/04/2005 à 13:09 supprimer cette contribution
c'est superbe et intemporel !!
1312177 Publié le 21/04/2005 à 15:24 supprimer cette contribution
le second poème m'a transporté, zorro tu fais vraiment exprès? n'est-pas léo FERRE?

J'ai du savon qui lave
Les péchés capitaux
Un stylo-bille qui grave
Le goût d'un apéro
Un soutien-gorge à piles
Qui n's'allum' qu'aux beaux yeux
Un dentifrice habile
A blanchir les aveux
Un buvard facétieux
Qui sèche les chagrins
Un oeil pour lire à deux
Quand le jour s'est éteint
Un violon capital
Voilé de Chambertin
A fair'sonner le mal
Plus fort que le tocsin

Si ça n'va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demand'ras
La Poésie
On t'ouvrira
Mêm' si ell' n'est pas là
D'ailleurs ell' n'est pas là
Mais dans la têt' d'un fou
Ou bien chez des voyous
Habillés de chagrin
Qui vont par les chemins
Chercher leur bonne amie
La Poésie

J'ai des bas pour boiteuse
A fair'boiter l'ennui
Et des parfums de gueuse
A remplir tout Paris
Des pendul's à marquer
Le temps d'un beau silence
Des lassos à lacer
Les garces de la chance
Des machin's à souffler
Le vert de l'espérance
Et des vign's à chanter
Les mess's de la démence
Des oiseaux-transistors
Qui chantent sur la neige
Garantis plaqués-or
Plaqués par le solfège

Si ça n'va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demand'ras
La Poésie
On t'ouvrira
Même si ell' n'est pas là
D'ailleurs ell' n'est pas là
Mais dans la têt' d'un fou
Qui s'prend pour un hibou
A regarder la nuit
Habillée de souris
Comme sa bonne amie
La Poésie

J'ai du cirage blond
Quand les blés vont blêmir
De la glace à façon
Pour glacer les soupirs
Des lèvres pour baiser
Les aubes dévêtues
Quand le givre est passé
Avec ses doigts pointus
J'ai tant d'azur dans l'âme
Qu'on n'y voit que du bleu
Quand le rouge m'enflamme
C'est moi qui suis le feu
J'ai la blancheur du cygne
A blanchir tout Saint-Cyr
Et sur un de mes signes
On meurt pour le plaisir

Si ça n'va pas
Tu peux toujours aller la voir
Tu demand'ras
La Poésie
On t'ouvrira
Des fois qu'ell' serait là
Ell' te r'cevrait mêm' pas
Ell' n'est là pour personne
Ell' n'aim'pas qu'on la sonne
C'est pas une domestique
Ell' sait bouffer des briques
Mais quand ell' veut, Ell' crie

LA POESIE !






1312177 Publié le 21/04/2005 à 15:42 supprimer cette contribution
encore lui mais ce poème est bien plus beau..

A mon enterrement j'aurai des cheveux blancs
Des dingues et des Pop aux sabots de guitare
Des cheveux pleins de fleurs des champs dedans leurs yeux
Hennissant des chansons de nuit quand y'en a marre
J'aurai des mômes de passe, ceux que j'ai pas finis
Des filles de douze ans qui gonflent sous l'outrage
Des Chinoises des Russes des Nordiques remplies
Des rues décapitées par des girls de passage

A mon enterrement

Et je ferai l'amour avec le croque-mort
Avec sa tête d'ange et ses dix-huit automnes
Douze pour la vertu et six mourant au port
Quand son navire mouillera comme un aumône
A mon enterrement j'aurai un cœur de fer
Et me suivrai tout seul sur le dernier bitume
Lâchant mon ombre enfin pour me mettre en enfer
Dans le dernier taxi tapinant dans la brume

A mon enterrement

Comme un pendu tout sec perforé de corbeaux
A mon enterrement je gueulerai quand même
J'aurai l'ordinateur facile avec les mots
Des cartes perforées me perforant le thème
Je mettrai en chanson la tristesse du vent
Quand il vient s'affaler sur la gueule des pierres
La nausée de la mer quand revient le jusant
Et qu'il faut de nouveau descendre et puis se taire

A mon enterrement

A mon enterrement je ne veux que des morts
Des rossignols sans voix des chagrins littéraires
Des peintres sans couleurs des acteurs sans décor
Des silences sans bruits des soleils sans lumière
Je veux du noir partout à me crever les yeux
Et n'avoir jamais plus qu'une idée de voyance
Sous l'œil indifférent du regard le plus creux
Dans la dernière métaphore de l'offense

A mon enterrement


L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 22/04/2005 à 11:07 supprimer cette contribution
Yes, A mon enterrement, de léo, c'est extra!
L'enfer est pavé de bonnes intentions - 709689lui écrire blog Publié le 25/04/2005 à 12:42 supprimer cette contribution
Lettre de Joseph Stephan à Louise Labé.

"Ma mie, nous ne nous verrons plus. Depuis hier, je ne vous aime plus. Ce bel amour que j'avais pour vous, cette complicité qui nous unissait, cette tendre et douce amitié est morte. Hier, je vous ai désiré, vous en êtes vous aperçu?
Je ne veux pas qu'il en soit ainsi.
Puisque je vous désire, je dois vous posséder
Et je ne veux pas qu'il en soit ainsi.

Ma mie, je ne veux pas devenir aveugle et que vous soyez mon guide. Je veux garder intact le souvenir de vos rires, de vos bons mots et de vos pudiques confidences.
Je vais partir, je quitte cette ville sans vous dire adieu, puisqu'hier, alors que je baisais vos mains, je désirais votre bouche.
Cette nature humaine m'encombre, elle m'empêche dorénavant de vous bien aimer. Je ne veux pas vous oublier, je vous emmene en voyage avec moi, je parlerai de vous avec flamme, j'évoquerai nos lumineuses soirées et je tairai cette fin brutale. Que vais-je inventer, peut-être une mort brutale. Les gens seront tristes, il me diront: "Je suis désolé" et j'éclaterais de rire car je te sais vivante. Je vais t'aimer de loin ma mie. Je suis triste et j'ai mal.
Joseph, à toi, pour toujours"
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