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Le père Noël égoïste

 
Le père Noël égoïste.

Il était une fois un homme.
Ce matin là devait, faire de sa vie, une belle et riche histoire de lui. Était ce si facile pour lui de trouver dans une journée, sans une seule envolée d’esprit et d’amour, le temps des autres ? Il fumait, ses idées, sans s’attacher à une direction.
Le clapotis de la pluie, transformait l’atmosphère. La claquette de l’humidité froide aux pas intenables avait éteint la cheminée. Les cendres froides, ne respiraient plus.

Le reste du cendrier de la veille empesté l’atmosphère sa chambre. Le froid de la pièce, lui demanda de remonter sa couverture. Il se blottît, et engageait un corps à corps avec son âme pour se réchauffer. Il se leva prit la direction de la cuisine, et fit couler un café. L’horloge marquait sept heures. La cafetière de la matinée précédente, annonçait celle de demain.
Il emboita un pas après l’autre et se dirigea vers sa salle de bain, le goute à goute odorant, raisonnait, il annonçait le début d’une nouvelle journée. Face à son mur de glace, le bouc grisonnant de plusieurs jours, il se regardait. Cette image, lui rappela, qu’il n’avait pas assez dormi comme toutes les nuits précédentes, l’insomnie avait cernés ses yeux.

Les jets de la pomme de douche, le fouettaient il se réveilla l’esprit.
Mug en main, le regard vers demain, l’odeur du café au parfum matinal, enlevait à la pièce la froide empreinte de son cendrier. L’idée de son présent, en cette période de fête, tambourinait à ses tempes. Il avait décidé de vivre Noël cette année. Il ne l’avait pas fait depuis qu’il était petit. Monde étrange. Mais, pas une once de début, ni même les prémices d’une idée de décision, lui apparaissait. Seul, coupé du monde, en congé avec lui même. Il vivait de ses habitudes.

Il prit son pardessus aux couleurs de l’hiver, et se chaussa. Il mit ses gants puis se décida à marquer le pas de sa nouvelle vie d’essai, vers son ouvrage journalier.
Il ouvrit la porte de sa cachette, comme chaque matin.
La pluie avait cessé de tomber. Il regarda, le journal plié, jeté sur la terrasse, le ramassa, et sans rien lire, en devina les titres.

Chroniques annoncés : titres récurrents, le déclin du monde, un maya l’avait dit, la fin c’est pour demain, 2012.

La Crise de se monde, étrange.

Il s’y sentait comme un extérieur, les pires nouvelles de la politique, ne le dominaient plus, à l’exception, il finissait tout de même par s’en balancer rapidement et préférait regarder, les autres manger le met d’un mâchon de poulet, sans aucune serviette. Il évitait ainsi, le sacro saint dominical rébarbatif des polémiques. Trop religieux ce monde à son goût. Il ne se salissait point les mains d’idée de graisses animales et politiques, il vivait de sa terre, sa culture personnelle d’esprit.

Il jeta d’un geste rapide et précis, la triste ubiquité de cette fausse fraîcheur, mauvais papier en direction de la poubelle à recycler. Bing boum, le bruit creux de son geste l’invita à regarder vers le sapin au milieu de la cours, il scintillait à sa façon. L’aube était là. Elle lui parlait.

Il se dirigea d’un pas lent et mesuré vers le tas de bois. La hache plantée dans une buche. Elle paraissait froide comme la mort, sans état d’âme. Elle prenait posture, tel le L, de Liberté.
De ses gants chauds serrés, il fit faire un aller et retour au manche et entama d’un tour de bras assuré la découpe de sa chauffe, la soirée de son noël 2011 en dépendait.

Pan, han, pan han, l’écho régulier, emplissait le lointain. Le chant des oiseaux s’était arrêté. Le monticule de bois, grandissant d’un stère suffisant. Il planta pour finir sa tâche, le tranchant de la lame dans une bûche près de son billeau. Il redonnait ainsi au manche, son L.

L’effort l’avait réchauffé. Les oiseaux reprirent leur chant. Il ramassa sa découpe de bois, le disposa de façon parfaite sur le traineau à proximité qui lui servait d’esclave portant. Il s’attela d’une sangle de traine, et d’un tour de rein, fit glisser sa besogne, vers l’entrée de sa demeure.

Son regard fut soudain attiré, comme un aimant. Cela, l’arrêtât net au pas de sa demeure. Le journal, jeté était revenu. La nouvelle tapageuse, envahissante, qu’il fuyait, gisait tel un corps mort sur le parvis de sa terrasse avec une grise insolence.

Il transpirait, le cœur battant, les yeux en alerte, les genoux bien durs, près à bondir sur ce papier sans vie. Il se fixa, surprit, la rétine rétrécie, il regarda autour de lui, la lisère du bois, rien, pas de trace, juste celles des ses pas de son aller au rang de bois. Il avait quitté, le monde des autres. Étranger, son cœur palpitait, la sueur coulait le long de sa barbe grise, il ne comprenait pas.

Il se dessangla rapidement, avança d’un pas prudent et sure, ramassa le journal et lu, sur la première page ceci :

« Cher Papa, toi qui nous aime tant.

Tu es parti il y a déjà bien longtemps. Stop !
Nous avons donc pensé cette année à t’envoyer notre journal magique sans faire de liste de cadeau. Stop !
Nous pensons beaucoup à toi, chaque jour de l’année, papa, tu es notre cadeau. Stop !
Il est maintenant dans tes mains ce journal. C’est un peu de nos nouvelles fraîches, notre façon de te dire que l’on t’aime. Stop !
Un peu comme quand, les soirs de Noël chaque famille découvre les lumières magiques du marché de Noel. Les lumières de la campagne, de la folie de ce soir qui donne à nous enfants, le droit de rêver. Stop !
De ce qui nous ferait tant plaisir, c’est de le partager avec toi, c’est si simple. Stop !
L’odeur, du pain d’épice de tes chocolats chauds, des couleurs de tes bougies, les senteurs orangées de tes paniers. Oui nous nous souvenons de la puissante résine de notre sapin, elle embaumait nos écharpes, voilà notre essentiel. Stop !
Tu vis dans ton monde, papa, l’Etranger c’est toi. Stop !
Nous, nous te voulons, libre. Stop ! »
Sans hache, reviens nous chérir. Stop !
Ton bois coupé, arrêtes donc ce bois et envoles toi vers nous. Stop !
Viens, reviens à la socialisation. Stop !
Laisse tes vieux démons. Nous, nous battrons avec toi. Nous t’aimons. Stop ! »


Les mains tremblantes, le rêve de cette nuit surement. Le mur froid de la salle de bain, un cauchemar les yeux ouverts. Le café, bur-nout de la veille. Il laissa tomber ses bras le long de son corps, le journal en tenaille dans sa main droite. Le cœur à la vitesse de ces nouvelles, il respirait rapidement. Le bois coupé qu’il ramenait, sentait bon, la résine de pin martelait, ses sens, il était humide de sueur.
Il ne savait pas s’il devait ranger ce stère de bois ou garder son statut d’étranger. Quant à partir rejoindre ses filles pour ce Noël, qu’il aime tant. Il fit son choix, prit sa douche, oui après tant d’efforts, et cette surprise.
Il savait maintenant ce que le labeur d’une vie ce matin avait fait de lui. Une belle et riche histoire. Il prenait la mesure du temps, la Liberté de l’avoir lu cette actualité à son attention.

Il se dirigea d’un pas lent et assuré vers le taxi traineau, il carillonnait annonçant le départ imminent. Notre père "arborait ce soir-là une suave écharpe de soie, d'impeccables chaussures vernies, un pardessus du bon faiseur et un chapeau d'au moins vingt louis."


Enregistré le 9 Janvier 2012 à 18:03
par 2828084

Oeuvre Originale

Auteur :
Dimi

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