Mon père, ma grande souffrance et ma désespérance A mon enfance égarée et à ma rebelle adolescence Je t’ai accusé diverses fois d’être un père tortionnaire Je pensais que je ne méritais pas d’avoir un tel père Je reprochais à la vie de faire de moi ta pitoyable fille Et je rêvais d’avoir vécu dans une merveilleuse famille Dont le père dit à leur précieux enfants : je vous aime Qui jouait avec eux et leur chantent parfois des poèmes Qui n’oublie jamais de leur prendre dans ses bras J’ai alors rêvé que tu avançais vers moi d’un pas Pour me dire une seule fois que tu m’aimes vraiment Et j’ai douté même que tu ne m’aimais pas réellement
Tu nous faisais habiller, manger, boire plus que coutume Et dans tout cela, je ne voyais qu’une triste brume Qui cachait ce fier lion de ses lionceaux et sa forêt Un lion qui assurait la vie de ses lionceaux adorés Tu songeais aussi à notre avenir, à notre sort humain Et tu avais l’espoir de nous voir grands le lendemain Alors que moi l’enfant avec l’âme triste et mutinée Je grandissais en gardant des peines obstinées J’ai même détesté ma vie en lutte avec ma souffrance En lutte aussi avec moi-même et ma désespérance Alors que j’étais au seuil de mon printemps vert Et puis un jour je t’ai vu accablé et plus triste que l’hiver
Je t’ai vu affaiblir à cause de cette maladie incurable Qui t'absorbait doucement dans son ventre impitoyable: Un cruel démon que j’ai maudit de toute mon âme J’espérais qu’il se présente à moi tel un véritable homme Qu’il apparaisse pour lui livrer le plus cruel combat Sans reculer devant ses horreurs d’aucune pas Mais ce démon perfide n’avait aucune prouesse Il se cachait en mon père adoré et de ma vengeresse Pourtant je voyais à tes yeux une paisible lumière Je me suis approchée de toi triste mais fière Et je t’ai demandé : « mon père, j’ai besoin de toi » Tu m’as répondu avec une voix pleine de foi : « Ma fille, je t’aime mais je dois partir chez Dieu » Et tu es parti avec un tranquille silence dans les cieux
Mon père, ma grande souffrance et ma désespérance A mon enfance égarée et à ma rebelle adolescence Je t’ai accusé diverses fois d’être un père tortionnaire Je pensais que je ne méritais pas d’avoir pere