« Quand les géants de l’agrochimie ne régnaient pas en maître sur le monde alimentaire, les agriculteurs béarnais avaient le temps d’observer la nature.
Certains découvrirent que si l’on sème en même temps, dans le même trou un haricot et un grain de maïs, non seulement ils s’entendent bien mais surtout ils se protègent mutuellement. »
Pourquoi ? Mystère ! Le haricot pousse gaillardement le long de la tige du maïs (ce doit être le « Haricot magique » du conte !). Bien niché sous les feuilles, il protège son protecteur des vermines.
Comment se nomme cette alliance efficace ? LA SYMBIOSE (tellement recherchée en matière amoureuse, n’est-il pas ?).
L’observation est une activité lénifiante… Mais les agriculteurs d’antan étaient intelligents et n’avaient pas sommeil… -Levés à l’aube, couchés avec le soleil. Ils comprirent que Dame Nature leur offrait des fayots d’exception et du maïs très sain au moindre coût.
Et, en plus, imaginez ! ces haricots avaient un goût exceptionnel et une peau très fine.
Normal, protégés par un parasol naturel, ils pouvaient se la couler doucer et pousser sans fatigue…
En Béarn, pendant 4 siècles on ne sema que le haricot-maïs !
PUIS… Puis… Devinez qui est venu nous sauver de l’agriculture artisanale qui rapporte pas d’argent à ceux qui ne font rien ? Monsanto et ses amis semenciers bien sûr ! Avec leurs grains de maïs OGM depuis longtemps, il faut le savoir. .
ILS FIRENT DISPARAÎTRE L’AGRICULTURE ANCESTRALE vite fait bien fait ! Exit le haricot-maïs ! Rayé de la carte des semences ! Au début des années 90 on n’en trouvait déjà plus. Des initiés se refilaient l’adresse des « résistants » qui n’aimaient que ces haricots-là et en préservaient jalousement les graines…
En 1994, quelques jeunes béarnais nostalgiques décidèrent de sauver cette vénérable production. Aujourd’hui, sur environ 30 ha, sont produits 35 t de ce haricot.
« Un pur délice ! Fondant comme un sourire du Bon Dieu, merveilleux en salade.
On en trouve dans les épicerie fines et chez quelques restaurateurs . »
C’est tout de même un comble de payer de nos jours des HARICOTS à prix d’or, non ?
Ce n’est pas le monde à l’envers, ça ?
Résumé d’un article de Michel Gardère dans Marianne du 18 janvier 08.
Chronique des légumes oubliés « Quand les géants de l’agrochimie ne régnaient pas en maître sur le monde alimentaire, les agriculteurs béarnais avaient le temps d’observer la nature. Certains d haricot,bearn