Je me retrouve dans une gare, sur le chemin de retour dans mon village perdu; sur un banc, sur le quai ; j’attends mon train ; ma mère à gauche, ma sœur à droite ; j’aperçois et seule à apercevoir cela ; un moment de complicité entre deux personnes ; j’étais la seule à avoir capter cela ; pourquoi avais-je capter cela ? j’étais jeune et sans expérience ; elles se sont dit au revoir d’une très grande douceur (du regard) et seule moi parmi tant d’autres avais ressenti qu’en vérité ces deux jeunes femmes était un couple ;elles n’ont fait aucun geste qui pouvait induire en « erreur » ; juste des regards ; ces regards qui m’indiquaient que c’étaient des lesbiennes. Je ne regardais pas dans leur direction de peur que ma mère s’en aperçoive ; mais je regardais du coin de l’œil...j’étais jeune. La quinzaine ou un peu plus; cela m’avait troublée ; j’avais toujours voulu être l’une d’entres elles. Oui déjà toute jeune je le savais ; je savais qui j’étais ; et au dernier moment leur au revoir « amicale » aux yeux de mes voisins s’est transformé en un au revoir sensuelle : un doux baiser lèvres contre lèvres, une main plongée dans les cheveux. … Je me projetais dans l’une d’entres elles en me disant que j’aimerai un jour me foutre du regard des autres ; aujourd’hui et après beaucoup de temps, je n’ai pu fuir celle que je suis ; je suis aujourd’hui l’une d’entre elles ; je voulais, je ne sais pour quelle raison, vous raconter cette anecdote à laquelle je pense de temps en temps ; Je l’ai toujours su…ça a eu le temps de mûrir… et ça fait du bien d’être soi même…aux yeux de ma mère…de ma sœur…
Je me retrouve dans une gare, sur le chemin de retour dans mon village perdu; sur un banc, sur le quai ; j’attends mon train ; ma mère à gauche, ma sœur à droite ; j’aperçois et seule à apercevoir cel petite,histoire