Le soleil se couchait sur ce village déjà endormi et emportait avec lui mes fragiles espoirs. Les lumières artificielles s'éteignaient au rythme biologique de mes voisins. Je scrutais l'obscurité et mes pensées prenaient une direction imprévue m'entraînant dans les souvenances tumultueuses de ma dernière sortie en ville.
Tu es là ma belle tout auréolée de cette tendresse que je t'offre sur un plateau doré et dont tu ne veux pas toujours. Sportive, tu gravis rapidement cet escalier sans fin à la recherche du bouquin coup de cœur qui te ferait oublier le quotidien. Je te suivais subjugué par ta démarche et oubliant les mots durs proférés ce matin même. Soudain tu te retournes et me fixes avec insistance. Je m'interroge sur la raison de ton immobilité. Tes cheveux semblent pousser à vue d'œil et bientôt entourent ton visage d'ange pour s'entremêler en boucles folles. Tu me parais si loin si irréelle. Je hurle ; ma gorge reste silencieuse. Ces escaliers qui t'emportent se tordent, s'émiettent. Il fait chaud, le soleil tape, je me suis évanoui. Je n'entends rien que ma respiration saccadée qui pousse mon corps à immerger. Doucement je lève les paupières, la lumière me brûle, ma bouche s'assèche. Je me redresse et contemple jusqu'à l'horizon des dunes de sable en vague régulière. Je n'ai plus peur, étrangement. J'attends la mort, la chaleur déjà emprisonne mes poumons. Je ferme les yeux. Je sombre. Des heures, des jours passent, je ne sais plus. Mon âme refuse de s'envoler. Je perçois une présence douce, bienveillante, je ne veux pas m'arrêter de rêver. Une voix me parle tranquillement, une main caresse mon front brûlant et mes joues moites, porte à ma joue un peu d'eau. Mon amour. Tu es là. Pour me sauver. Je t'aime. Je voudrais te prendre dans mes bras. Je suis trop faible. Tu me souffles dans le creux de l'oreille Des mots d'encouragements. M'aimerais-tu tant que cela ? Comme je souhaite que ce rêve ne s'arrête jamais.
Je me réveille dans mes draps froissés, apercevant au-dessus des toits les premières lueurs de l’aube. Je suis malheureux, je voudrais retourner dans mes songes et ne plus en sortir. Je me lève. J'ai froid. Quelque chose glisse entre mes doigts. Je regarde intrigué. Du sable ! ! !
Le soleil se couchait sur ce village déjà endormi et emportait avec lui mes fragiles espoirs. Les lumières artificielles s'éteignaient au rythme biologique de mes voisins. Je scrutais l'obscurité et songes,deserts