Neurone, drôle de nom bizarre, et pourtant Il sert, oui, mais il sert à quoi me direz-vous. A être autre chose qu’un légume ou un fou. Mais ils meurent si vite que c’en est agaçant. Toi qui me dis souvent, mon neurone marche mal. Sais-tu qu’en vingt quatre heures j’en ai perdu cent mille, Ça te semble rapide, l’usure du capital, Et pourtant ce n’est rien, ce n’est qu’une broutille. J’ai hérité en fait d’un pécule incroyable, Cent milliards de neurones pour meubler ma carcasse, Et tu vois malgré ça, j’suis parfois incapable De savoir comment faire pour sortir de l’impasse. Quand le médecin m’a dit, vous avez mon ami Détruit depuis vingt ans, environ un milliard De vos chers neurones. J’ai cru au tsunami Qui allait me ruiner, je n’vaudrais plus un liard. Si je suis toujours là, un demi siècle après Moins riche en quantité, mais pas en qualité, C’est que j’ai su garder ceux qui sont les meilleurs Pour faire que de ma vie, je sois encore acteur.
|