Puisqu’avec toi je partirai, Les poches pleines d’aventure, Passant par Valence ou Cambrai, Passant par Troie passant par Lure. Puisque nous chanterons ensemble, Au hasard des rimes du vent, Que faisant ce que bon nous semble, Nous marcherons tout en rêvant. Puisque là-haut la pluie sourit, Déjà de nous mouiller les yeux, Avec un peu du Missouri, Qui s’est envolé dans les cieux. Alors j’ai hâte de partir, O Joie je sais que tu existes, Je ne veux plus être un martyr, A qui l’on dit la vie est triste. Je veux être l’enfant riant, Au son clair des flûtes du Sud, Voir le feu d’or des Barbarians, Et voir l’étoile du Talmud. Je veux me fondre dans la mer, Et te retrouver sur la plage, Dans un grand coquillage vert, Te prenant pour un chat sauvage. Je veux croire aux rêves d’abeilles, Je veux croire aux fleurs et au miel, À la nature qui sommeille, Aux fées cachées sous l’arc en ciel. Mangerons-nous des pommes bleues, Cueillies aux jardins idylliques, O Joie les bottes de sept lieues, Les chausserons-nous pour l’Afrique. Et pour l’Asie et pour la Lune, Prendrons-nous l’avion barbotant, Qui vole la vague aux lagunes, Et qui ronronne en cahotant. Tandis que tu pars je t’attends, Réponds moi dès que tu le peux, Mais ne cours pas dis prends ton temps, Je reste jeune encore un peu.
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