Chapitre 14 : Veni, Vidi, Vici J’étais parti un peu précipitamment, certes, et je n’avais pas vraiment eu le temps de prendre les affaires adéquates. En fait, loin de me préoccuper pour ces quelques raisons, je constatais amusé que cet accès d’humeur avait à moitié été joué. Partir sous le coup de la colère arrangeait grandement mes plans : je n’avais pas à affronter de longues explications avec Mina, ni même avec Python ; je n’avais pas non plus de regret à avoir, sur le coup je n’avais pas de combat intérieur à mener. Et maintenant, sans équipement, je n’avais plus qu’une solution, qui allait me permettre d’obtenir le nec plus ultra dans l’art d’énucléer, éviscérer, vider ses adversaires, bref, l’art culinaire à son sommet, et ce à la place d’une pauvre carabine, au mieux une grenade chipée aux soldats du phoenix. Bref, un acte manqué dans toute sa splendeur. J’allais donc, le cœur léger, vers la villa des Corleone, qui s’étaient engagés à m’équiper pour les venger des quatre Attilas en moto. Je déchantais assez rapidement lorsque je fus agressé par une sorte de bûcheron qui n’avait jamais du connaître l’eau, d’après son odeur, même pas pour boire, puisqu’il trébucha sur une pierre, s’étala de tout son long, et se vomit dessus, pour ne plus se relever. Devant le ridicule de l’homme, encore plus que de la situation, je fus un instant pris de pitié, avant de me souvenir qu’il s’avançait vers moi pour m’écraser la tête à mains nues. La prison se situait un peu en dehors de la ville, au sud. Il allait me falloir une bonne semaine pour atteindre à pied la villa des quatre vents, et j’allais certainement faire d’autres mauvaises rencontres. Je ramassai un bout de tuyau en fer, mais ça n’allait pas suffire. Ce qui est amusant avec ces temps de chaos, c’est que, alors qu’il est préférable de rester enfermé chez soi avec des amis et des armes, on trouve toujours un clampin dans les parages. Il suffit d’écouter attentivement, de trouver une ancienne rue un peu délabrée avec une vaste vue, pour voir débarquer un Yann le Celte ou un Dan le Barde qui peut vous renseigner sur le coin. Ce fut le cas, je trouvai facilement après un peu de recherche un paysan insouciant, bine sur l’épaule, allant bêcher je ne sais où. Il m’indiqua la présence d’un groupement humain assez proche. « Et il y a de quoi faire des achats ? -Oui, tu pourras trouver un Prisunic. -Où ça ? -Au nord du village, dans un ancien Prisunic. -Ce que je cherche se situerait plutôt dans une ancienne armurerie. -Il y a aussi. C’est Blingbling, le dealer du coin. Une star au village, c’est lui qui fournit tous ceux qui veulent s’amuser. Ses fournisseurs lui donnent aussi des armes, il en fait la contrebande. Mais bon, par chez nous on n’en a pas besoin. » Le dealer n’avait pas l’air bien méchant, s’il permettait aux autres de ‘’s’amuser’’. Je me dirigeais donc vers la direction indiquée, le cœur léger, depuis que j’avais quitté la prison, et pour un certain temps après, je me sentais.. bien… Je planais dans le bonheur, tout était facile, j’étais le meilleur, et j’allais tout détruire sur mon passage. Notamment ces ridicules motards, j’allais leur faire bouffer leurs cordées de mains. J’allais ; je verrai, je vaincrai. Simple formalité. On reconnaît facilement les groupements humains, car ce sont là où les rues sont bordées d’immondices et couvertes de déjections et ordures de toutes sortes. Les ruines abandonnées s |