L’homme s’avançait sur le sable jaune. Il regardait, émerveillé, ces immenses dunes qui ondulaient sous la caresse du vent. Elles s’étendaient, là, devant lui, tantôt pointues, tantôt rondes et voluptueuses, comme des seins de femme soumise. Elles se laissaient brûler pas les rayons ardents du soleil, sans protester, sans combattre. Elles se laissaient palper et fouetter par ces tempêtes immortelles. Elles qui plaquaient leurs grains sous leurs mains puissantes et voraces. Et tandis que gémissait cette mer d’or liquide, un ciel bleu d’huile s’étirait sur l’horizon. Pour mieux épouser, pour mieux sentir chacune de ses poitrines offertes. Il les soutenait de sa voûte grandiose, tel un toit de silence et de plénitude. L’homme, la bouche entrouverte par l’émotion qui lui coulait des larmes, s’agenouilla lentement dans ce sable de dunes. Puis il s’allongea, face contre terre, pour boire ce sang de sable qui le noyait sous ses vagues d’écume d’or. Il s’y laissa dériver, happé par ce vide insondable qui le jetait sur cette terre brûlée. Il s’y laissa naufrager, sans résister, et sans se révolter, jusqu’à ce que son esprit s’envole, libre, vers les cieux qui l’abritaient. Il resta ainsi, prostré, couché dans la poussière jaune, qui avait été foulée par d’innombrables sandales, d’innombrables âmes dévorées de chaleur aride. Il resta sale et désoeuvré, roulé dans ce champ de sècheresse. Il écouta les ruades insensées du vent qui hurlait dans les dunes. Il le vit, lui, le démon des sables s’égosiller entre ses poitrines de brûlures d’hommes pauvres aux mains crevées de souffrances. Il le vit, dégringoler, le corps auréolé de lumière éclatante, sur ses longues rondeurs qui coulaient sous ses vieilles sandales de pèlerin... Si vous voulez lire la suite, laissez-moi un message ! |