Le rôle exact joué par les
phéromones, ces molécules qui attisent l'attirance sexuelle copulative
chez les animaux, est beaucoup moins clair chez les humains.
Personne
ne peut contester l'importance des odeurs dans l'attraction corporelle et
sexuelle. Personne ne peut mettre en doute que certaines odeurs dérivées
plus ou moins du musc animal exercent un effet déclencheur de sexualité
chez beaucoup d'hommes et de femmes, les parfumeries en ajoutent dans une
large variété de produits. Plus encore, certaines odeurs indétectables
consciemment par un nez humain ont la capacité d'influencer le rythme des
menstruations. Chez le bébé, un vêtement imprégné même très
légèrement de l'odeur maternelle suffit à calmer bien des pleurs. Et
bien d'autres exemples encore pourraient s'ajouter à cette courte liste.
Ce qui amènerait à conclure que les phéromones sont une clef pour
comprendre l'attrait sexuel. Mais, il y a un mais.
Malgré
des décennies de recherches industrielles et scientifiques, aucune
molécule extraite de sécrétions corporelles ne provoque chez une
véritable majorité de gens une réaction ou un fantasme sexuels. L'odeur
de la testostérone par exemple rappellera chez une moitié de femmes
celle de l'urine bien plus que celle d'un parfum érotisant. Celle du musc
mentionnée ci-dessus doit être souvent associée à d'autres substances
qui n'ont rien à voir avec le sexe pour ne pas indisposer une grande
partie des gens, même dans l'intimité. Dans un autre registre, pour
certaines femmes, l'odeur de la sueur d'un vestiaire ou d'un gymnase
masculin provoque instantanément une puissante excitation. Et pour
compliquer davantage le rôle des phéromones, même chez des animaux
comme la souris, les préférences des femelles changent si elles
reçoivent un contraceptif. Elles préfèrent alors l'odeur des mâles qui
ont un système... immunitaire semblable au leur.
La
compréhension du rôle chez l'humain de ces substances demeurent toujours
embryonnaire. Par contre, récemment, des chercheurs ont mis en évidence
la sensibilité aux phéromones d'un groupe de cellules situées dans le
nez, que tous les mammifères possèdent aussi et qui jusque là
semblaient être un résidu de l'évolution. Ces cellules réagissent à
des odeurs des centaines de fois trop faibles pour être perçues
consciemment. Elles réagissent toutefois sans qu'un lien avec l'intérêt
sexuel envers quelqu'un puisse être confirmé.