Des personnes déficientes intellectuelles peuvent-elles avoir un vécu
amoureux dans notre société?

Votre question soulève des ambiguïtés puisqu'elle vise des niveaux de réalités
distincts: d'abord la déficience intellectuelle en elle-même et ensuite les attitudes
sociales qui se subdivisent à leur tour en deux sous questions, la première sur la
capacité des personnes déficientes intellectuelles à intégrer les valeurs sociales et
la seconde l'attitude de la société envers le vécu amoureux des ces personnes.
La possibilité pour une personne déficiente intellectuelle de ressentir un sentiment
amoureux ne fait aucun doute chez la très grande majorité d'entre elles. La plupart des
parties du cerveau impliquées dans ces sentiments ne sont habituellement pas diminuées
par la déficience de la pensée. Il arrive même, de l'avis et des témoignages multiples
des gens de leur entourage, que l'expression de leur sentiment amoureux soit plus
spontanée, plus transparente, que celle des gens sans déficience connue. Cela peut être
vu comme un élément positif par plusieurs mais pose également un défi d'intégration.
L'adaptation sociale est une réalité complexe dans ses éléments et dans son
évaluation. Dire jusqu'à quel point les personnes vivant avec une déficience
intellectuelle réussissent à se conformer au code de valeur de la société qui les
entoure demande une conclusion nuancée basée sur le cas par cas. Le rôle joué par leur
particularité apparaît exagéré. Il est trop facile en effet de mettre sur le compte de
la déficience intellectuelle des comportements ou des attitudes qui ne plaisent pas
spontanément aux yeux des spectateurs alors que l'explication peut être toute autre. Des
mythes tenaces continuent de circuler à propos de ces personnes qui seront tantôt vues
comme dénuées de sexualité ou au contraire comme obnubilées par leur libido. En
réalité, leur sexualité obéit aux mêmes besoins que la nôtre. Leur capacité de
vivre et d'exprimer un sentiment amoureux dépend ainsi beaucoup pour les mêmes raisons,
de la réaction des gens qui les entourent. Ce n'est donc pas la déficience
intellectuelle de la personne qui sera le point déterminant mais la perception de leur
réalité par l'entourage.

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