Chapitre 15 : Citius venit periclum cum contemnitur.
Les volutes de fumée dansaient doucement devant le visage de Vassili. S'il n'avait eu cette lueur dans le regard, on eût pu croire que la cigarette se consumait entre les doigts d'un mort. Ce sont les yeux d'un homme qui peuvent nous faire croire à l'existence de l'âme. Les morts ont le regard vide. Quand la vie quitte leurs yeux, il ne reste qu'un corps, qu'advient-il alors de cette lueur ? On peine à croire qu'elle retourne au néant.
Vassili et moi avions donc décidé de faire une partie de chasse ensemble. Un problème se posa donc, puisque nous ne pouvions voyager à deux sur la moto très longtemps, surtout en cas de combat, et je le voyais mal à pied, poussant son bolide à côté de moi. Je lui proposais donc de retourner au bastion que nous avions investi avec le gang de python, près de « Notre Liberté ». Nous y avions laissé pas mal de matériel, notamment le Hummer. Plus dépités qu’autre chose, sans voir son utilité, pensant également retrouver une vie plus calme, nous avions tout laissé en plan. Après avoir bien entendu miné le terrain. La tour n’était pas loin, Vassili nous y conduit rapidement, de là je retrouvai le chemin pour notre ancienne base « le Trocadéro ». Le portail d’entrée était gardé par un cadavre, et je reconnu en me rapprochant le promoteur qui nous avait montré la place. Il avait du vouloir la récupérer, mais des nouveaux locataires avaient du lui montrer leur intention de rester. Je me rendis soudain compte de la stupidité d’avoir laissé tant de matériel de valeur à la portée de tous. Je m’approchais sans précaution, repoussais la grille, et entrais.
Quelque chose passa à coté de ma figure et vint s’écraser sur le mur derrière moi. Cela m’énerva encore plus, surtout quand, en examinant les restes du projectile, je reconnus la tête en porcelaine d’une poupée que Mina avait un jour trouvé dans des ruines ; elle y tenait beaucoup, mais n’avait pas eu le temps de la reprendre, n’étant pas vital c’était secondaire. Je regardai dans la direction d’où était venu le projectile : au milieu de la cour, autour d’un feu, trois personnages qu’on aurait directement qualifié de clochards avant la guerre. De nos jours, c’étaient juste des junkies. Un dormait par terre, les habits imbibés de bière, autant que son cerveau, un second, debout, me regardait hébété, apparemment ne comprenant pas comment il avait réussit à me rater, et le troisième, assis à coté, rigolant. Titubant, mon agresseur commença à m’insulter. Etant de fort méchante humeur, je sortis mon revolver et tirai trois coups dans sa direction. Il sursauta et tomba, émettant à terre des sons peu ragoûtants. Son compagnon assis se leva, pris un antique mauser caché dans son dos, et n’eut pas le temps de me braquer car il reçut un violent coup de pied dans le ventre. Plié sur lui-même, je lui relevais le menton du bout de mon canon. « L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. » J’appuyais sur la gâchette, et un mélange peu avenant de cervelle de sang et d’os jaillit de sa nuque en même temps qu’il était projeté en arrière.
Le dormeur du val ouvrit un œil, puis affolé se leva et sembla chercher quelque chose. Je lui désignais ma première victime, qui touché au ventre, était encore conscient et avait régulièrement des spasmes, tout en râlant et crachant du sang. « Ton ami a
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