|  |
1625924 Publié le 27/10/2008 à 17:16  L’An neuf de l’Hégire (1858) Comme s'il pressentait que son heure était proche, Grave, il ne faisait plus à personne un reproche ; Il marchait en rendant aux passants leur salut ; On le voyait vieillir chaque jour, quoiqu'il eût À peine vingt poils blancs à sa barbe encor noire ; Il s'arrêtait parfois pour voir les chameaux boire, Se souvenant du temps qu'il était chamelier. Il songeait longuement devant le saint pilier ; Par moments, il faisait mettre une femme nue Et la regardait, puis il contemplait la nue, Et disait : « La beauté sur terre, au ciel le jour. » Il semblait avoir vu l'Éden, l'âge d'amour, Les temps antérieurs, l'ère immémoriale. Il avait le front haut, la joue impériale, Le sourcil chauve, l'œil profond et diligent, Le cou pareil au col d'une amphore d'argent, L'air d'un Noé qui sait le secret du déluge. Si des hommes venaient le consulter, ce juge Laissant l'un affirmer, l'autre rire et nier, Écoutait en silence et parlait le dernier. Sa bouche était toujours en train d'une prière ; Il mangeait peu, serrant sur son ventre une pierre ; Il s'occupait lui-même à traire ses brebis ; il s'asseyait à terre et cousait ses habits. Il jeûnait plus longtemps qu'autrui les jours de jeûne, Quoiqu'il perdît sa force et qu'il ne fût plus jeune. À soixante-trois ans, une fièvre le prit. Il relut le Koran de sa main même écrit, Puis il remit au fils de Séid la bannière, En lui disant : « Je touche à mon aube dernière, Il n'est pas d'autre Dieu que Dieu. Combats pour lui. » Et son œil, voilé d'ombre, avait ce morne ennui D'un vieux aigle forcé d'abandonner son aire. Il vint à la mosquée à son heure ordinaire, Appuyé sur Ali, le peuple le suivant ; Et l'étendard sacré se déployait au vent. Là, pâle, il s'écria, se tournant vers la foule : « Peuple, le jour s'éteint, l'homme passe et s'écoule ; La poussière et la nuit, c'est nous. Dieu seul est grand. Peuple, je suis l'aveugle et je suis l'ignorant. Sans Dieu je serais vil plus que la bête immonde. » Un scheik lui dit :« Ô chef des vrais croyants ! le monde, Sitôt qu'il t'entendit, en ta parole crut ; Le jour où tu naquis une étoile apparut, Et trois tours du palais de Chosroès tombèrent. » Lui, reprit : « Sur ma mort les anges délibèrent ; L'heure arrive. Écoutez. Si j'ai de l'un de vous Mal parlé, qu'il se lève, ô peuple, et devant tous Qu'il m'insulte et m'outrage avant que je m'échappe ; Si j'ai frappé quelqu'un, que celui-là me frappe. » Et, tranquille, il tendit aux passants son bâton. Une vieille, tondant la laine d'un mouton, Assise sur un seuil, lui cria : « Dieu t'assiste ! » Il semblait regarder quelque vision triste, Et songeait ; tout à coup, pensif, il dit : « Voilà, Vous tous : je suis un mot dans la bouche d'Allah ; Je suis cendre comme homme et feu comme prophète. J'ai complété d'Issa la lumière imparfaite. Je suis la force, enfants ; Jésus fut la douceur. Le soleil a toujours l'aube pour précurseur. Jésus m'a précédé, mais il n'est pas la Cause. Il est né d'une vierge aspirant une rose. Moi, comme être vivant, retenez bien ceci, Je ne suis qu'un limon par les vices noirci ; J'ai de tous les péchés subi l'approche étrange ; Ma chair a plus d'affront qu'un chemin n'a de fange, Et mon corps par le mal est tout déshonoré ; Ô vous tous, je serai bien vite dévoré Si dans l'obscurité du cercueil solitaire Chaque faute de l'homme engendre un ver de terre. Fils, le damné renaît au fond du froid caveau, Pour être par les vers dévoré de nouveau ; Toujours sa chair revit, jusqu'à ce que la peine, Finie, ouvre à son vol l'immensité sereine. Fils, je suis le champ vil des sublimes combats, Tantôt l'homme d'en haut, tantôt l'homme d'en bas, Et le mal dans ma bouche avec le bien alterne Comme dans le désert le sable et la citerne ; Ce qui n'empêche pas que je n'aie, ô croyants ! Tenu tête dans l'ombre aux anges effrayants Qui voudraient replonger l'homme dans les ténèbres ; J'ai parfois dans mes poings tordu leurs bras funèbres ; Souvent, comme Jacob, j'ai la nuit, pas à pas, Lutté contre quelqu'un que je ne voyais pas ; Mais les hommes surtout ont fait saigner ma vie ; Ils ont jeté sur moi leur haine et leur envie, Et, comme je sentais en moi la vérité, Je les ai combattus, mais sans être irrité ; Et, pendant le combat, je criais : « Laissez faire ! » Je suis seul, nu, sanglant, blessé ; je le préfère. » Qu'ils frappent sur moi tous ! que tout leur soit permis ! » Quand même, se ruant sur moi, mes ennemis » Auraient, pour m'attaquer dans cette voie étroite, » Le soleil à leur gauche et la lune à leur droite, » Ils ne me feraient point reculer ! » C'est ainsi Qu'après avoir lutté quarante ans, me voici Arrivé sur le bord de la tombe profonde, Et j'ai devant moi Dieu, derrière moi le monde. Quant à vous qui m'avez dans l'épreuve suivi, Comme les Grecs Hermès et les Hébreux Lévi, Vous avez bien souffert, mais vous verrez l'aurore. Après la froide nuit, vous verrez l'aube éclore ; Peuple, n'en doutez pas ; celui qui prodigua Les lions aux ravins du Jebel Kronnega, Les perles à la mer et les astres à l'ombre, Peut bien donner un peu de joie à l'homme sombre. » Il ajouta : « Croyez, veillez ; courbez le front. Ceux qui ne sont ni bons ni mauvais resteront Sur le mur qui sépare Éden d'avec l'abîme, Étant trop noirs pour Dieu, mais trop blancs pour le crime ; Presque personne n'est assez pur de péchés Pour ne pas mériter un châtiment ; tâchez, En priant, que vos corps touchent partout la terre ; L'enfer ne brûlera dans son fatal mystère Que ce qui n'aura point touché la cendre, et Dieu À qui baise la terre obscure, ouvre un ciel bleu ; Soyez hospitaliers ; soyez saints ; soyez justes ; Là-haut sont les fruits purs dans les arbres augustes ; Les chevaux sellés d'or, et, pour fuir aux sept cieux, Les chars vivants ayant des foudres pour essieux ; Chaque houri, sereine, incorruptible, heureuse, Habite un pavillon fait d'une perle creuse ; Le Gehennam attend les réprouvés ; malheur ! Ils auront des souliers de feu dont la chaleur Fera bouillir leur tête ainsi qu'une chaudière. La face des élus sera charmante et fière. » Il s'arrêta, donnant audience à l'esprit. Puis, poursuivant sa marche à pas lents, il reprit : « Ô vivants ! je répète à tous que voici l'heure Où je vais me cacher dans une autre demeure ; Donc, hâtez-vous. Il faut, le moment est venu, Que je sois dénoncé par ceux qui m'ont connu, Et que, si j'ai des torts, on me crache au visage. » La foule s'écartait muette à son passage. Il se lava la barbe au puits d'Aboulféia. Un homme réclama trois drachmes, qu'il paya, Disant : « Mieux vaut payer ici que dans la tombe. » L'œil du peuple était doux comme un œil de colombe En regardant cet homme auguste, son appui ; Tous pleuraient ; quand, plus tard, il fut rentré chez lui, Beaucoup restèrent là sans fermer la paupière, Et passèrent la nuit couchés sur une pierre. Le lendemain matin, voyant l'aube arriver : « Aboubèkre, dit-il, je ne puis me lever, Tu vas prendre le livre et faire la prière. » Et sa femme Aïscha se tenait en arrière ; Il écoutait pendant qu'Aboubèkre lisait, Et souvent à voix basse achevait le verset ; Et l'on pleurait pendant qu'il priait de la sorte. Et l'ange de la mort vers le soir à la porte Apparut, demandant qu'on lui permît d'entrer. « Qu'il entre. » On vit alors son regard s'éclairer De la même clarté qu'au jour de sa naissance ; Et l'ange lui dit : « Dieu désire ta présence. — Bien, » dit-il. Un frisson sur ses tempes courut, Un souffle ouvrit sa lèvre, et Mahomet mourut.
| 1625924 Publié le 27/10/2008 à 17:34 
Citation: et avait pour ambition de passer en revue une par une toutes les religions connues dans l'histoire de l'humanité. Rien d'étonnant donc à ce que Mahomet y figure. Au milieu de beaucoup d'autres.
Qui a jamais dit que c'était étonnant !! j'ai juste voulu mettre cette poésie sous le regard de mes amis ,tu as un problème toi Paganel ? | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 17:41 
Citation: et donc on leur donne si cela ne te dérange pas - et même si cela te dérange - quelques morceaux du reste. Désolé, y'a pas de censure ici, et tu me vois ravi si tu t'en trouves ennuyé
Pas du tout,allez accouches,j'attends le bébé | 2405977 Publié le 27/10/2008 à 17:42  je crois que quelque chose ne va pas chez paga § on peut pas avoir tous les memes idée que les tiens paga
| 1625924 Publié le 27/10/2008 à 17:47 
Citation: je crois que quelque chose ne va pas chez paga § on peut pas avoir tous les memes idée que les tiens paga
Justement j'essaie de le soigner mais vu son passé chaotique !! ça risque de prendre beaucoup de temps que prévu | 2405977 Publié le 27/10/2008 à 17:52  mdrrrr | zara de souss - 2221326 Publié le 27/10/2008 à 18:05  franchment vous deux cé comme tom and jerry | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 18:19 
Citation: franchment vous deux cé comme tom and jerry
Moi c'est Tom lui c'est jerry mais dans la réalité et non dans les B.D | zara de souss - 2221326 Publié le 27/10/2008 à 18:29  j'ai tjr eu un faible pr tom j'adore sa téte | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 19:18 
Citation: j'ai tjr eu un faible pr tom j'adore sa téte
Heummmmmmmmm dois-je prendre cela comme une invitation à te faire la cour ? | zara de souss - 2221326 Publié le 27/10/2008 à 19:20  tu attend quoi limace ,et puis yazid fait bien la cour a mimi sur son fil et bien moi aussi j'en veux yazid | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 19:37 
Citation: tu attend quoi limace ,et puis yazid fait bien la cour a mimi sur son fil et bien moi aussi j'en veux
Ok ! mais je ne veux pas être remplaçant au cas ou yazid te reviens ,je veux occuper la première place
| zara de souss - 2221326 Publié le 27/10/2008 à 19:47  c'est qui ce yazid je conné méme pa ,et puis lui il flatte mimi ,elle px le gagné si elle le veux ( ze3ema t'rbeh bih ) | 2273107 Publié le 27/10/2008 à 19:51  Arrêtez les enfants de draguer sur ce fil Très beau poème sudmango, merci de nous le faire découvrir | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 20:08 
Citation: Très beau poème sudmango, merci de nous le faire découvrir
Chut ! il faut parler en silence Paganel risque de s'éclater de colère | 1311537 Publié le 27/10/2008 à 20:08  Sudmango/ Zara : je les aime bien tous les deux, ils ont des qualités communes, mais attention Sud. Zara a du caractère ! bon, en cas de mariage je suis sûr d'être invité ... à vous deux . | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 20:11 
Citation: c'est qui ce yazid je conné méme pa ,et puis lui il flatte mimi ,elle px le gagné si elle le veux ( ze3ema t'rbeh bih )
Le champs est alors libre pour moi , une femme lésé en amour est une femme facile à prendre enfin du boulot pour moi | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 20:13 
Citation: bon, en cas de mariage je suis sûr d'être invité ... à vous deux .
Je ne peux imaginer aucune relation avec zara hors mariage ,mais si elle accepte tu sera invité au premier rang | 1311537 Publié le 27/10/2008 à 20:20  Merci cher Sud | 1625924 Publié le 27/10/2008 à 20:38 
Citation: Merci cher Sud
Il faut que Zara dit oui pour moi et oui pour t'inviter | 1311537 Publié le 27/10/2008 à 23:02  Bon alors Zara tu dis oui à SUd et tu m'invites au mariage ? | 2287638 Publié le 28/10/2008 à 01:02  je vs invite au miens sinon . non serieux tres joli poeme sudmango paga va pas rester bras croises il reagira surement | zara de souss - 2221326 Publié le 28/10/2008 à 10:46 
Citation: une femme facile à prendre
mon chér avc moi je vais te redifinire le mot facile tu verra
Citation: Je ne peux imaginer aucune relation avec zara hors mariage
mariage alors je sauve ma peau moi | zara de souss - 2221326 Publié le 28/10/2008 à 10:51 
Citation: non serieux tres joli poeme sudmango paga va pas rester bras croises il reagira surement
qd tom est là alors forcement jerry se cahe qlqpart , | 1625924 Publié le 28/10/2008 à 11:23 
Citation: paga va pas rester bras croises il reagira surement
ben, il pourra toujours crier que Hugo n'a jamais écrit ce poème et se taper la tête contre le mur | 1625924 Publié le 28/10/2008 à 11:27 
Citation: mon chér avc moi je vais te redifinire le mot facile tu verra
Mais pourquoi donc,qu'ai-je fais ?
Citation: mariage alors je sauve ma peau moi
Et ben voilà ! quand les choses sérieuses commencent il n'y a plus personne | 1625924 Publié le 28/10/2008 à 11:38 
Citation: qd tom est là alors forcement jerry se cahe qlqpart
Je suppose qu'il demeure caché dans son trou à rat et qu'il surveille mes moindres faits et gestes Il ne doit pas avoir la vie facile le pauvre | zara de souss - 2221326 Publié le 28/10/2008 à 11:59 
Citation: Il ne doit pas avoir la vie facile le pauvre
bah il faut lui laissé le temps a son age sa ne dois pa etre facile de se levé avc se froid ,le veiux crinque ,ne va pa tardé a afaire tourné la manivelle | 1625924 Publié le 28/10/2008 à 21:37 
Citation: bah il faut lui laissé le temps a son age sa ne dois pa etre facile de se levé avc se froid ,le veiux crinque ,ne va pa tardé a afaire tourné la manivelle
La vieillesse est certes pas un défaut mais quand elle est couplée avec la bêtise et l'entêtement c'est vrai qu'il y a de quoi fuir l'infortuné | zara de souss - 2221326 Publié le 29/10/2008 à 11:42  en tt cas il en s'ai pa encore manifesté le paga | 1625924 Publié le 05/11/2008 à 07:50 
Citation: en tt cas il en s'ai pa encore manifesté le paga
Il s'est arraché les cheveux, il ne se manifestera pas tant que ses cheveux n'auront pas poussé à nouveau |
Page 1
Accueil | Conditions générales | FAQ | Contact
|  |
 Voyance
Shopping
 Lingerie
|